Ascension du Licancabur (5916m)

Surplombant la laguna Verde, le Licancabur est l'un des plus beau volcans du Sud Lipez.

Auteur : HimalAnda
HimalAnda

[ ? ] Un topo décrit l'accès à une rando, son itinéraire, son dénivelé, sa difficulté. C'est la fiche de référence avec un album photos propre.

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  • : Difficile
  • : 1300 mètres
  • : 1 jour
  • Pays : Bolivie

Accès

bord de la laguna Verde

Itinéraire

Randonnée de 10 heures. 1300 m de dénivelé. Altitude max : 5916 m.

La nuit dans le lodge au bord de la laguna Verde fut courte : lever à trois heures du matin, petit-déjeûner une demi-heure plus tard et départ en 4x4 à quatre heures. Après avoir suivi pendant une trentaine de minutes la piste courant le long de la rive sud de la lagune, les véhicules nous déposent au pied du volcan, vers 4600 mètres d’altitude.

Le début de la randonnée se fait à la frontale. Le chemin que nous suivons se faufile entre deux collines puis s’élève bientôt. Malgré une acclimatation certaine, le souffle est assez court. La température extérieure est froide, sûrement un peu en dessous de zéro degré, et je ne regrette pas d’avoir opté pour l’anorak. Quelques cairns s’élèvent ça et là, ombres dans l’obscurité. Le choc de nos bâtons de marche sur les roches provoque de temps en temps des étincelles. Il doit être presque sept heures du matin quand le soleil émerge de l’horizon. La laguna Verde émerge petit à petit de la nuit, en contrebas. Malgré notre rythme assez lent mais régulier, nous avons déjà bien monté.

Vers 5500 mètres d’altitude, je me sens moins bien. C’est une impression diffuse, comme si le rythme devenait graduellement un peu trop élevé pour moi. Pourtant notre guide n’a pas accéléré, son pas est resté le même. Je dois me forcer de plus en plus pour garder une distance constante avec la personne qui me précède. C’est lors de notre pause vers 5600 mètres que je comprends mon erreur. Nous nous arrêtons quelques instants pour boire et manger, attendre une ou deux personnes. Au moment de repartir, je m’aperçois que je n’ai plus de jus. Le coup de fatigue dans toute sa splendeur. Je me résigne à laisser partir les autres devant moi. Tous les trois cents mètres, je m’arrête pour reprendre mon souffle, affalé sur mes bâtons de marche que je chéris alors plus que tout. Pour corser le tout, les cent cinquante derniers mètres de dénivelé se font au milieu de blocs de roches, le sentier est plus raide, et parfois je dois m’aider de mes mains. Deux personnes m’ont rejoint, dont l’une souffre de vomissements consécutifs à l’altitude. Nous arrivons quasiment ensemble au sommet, à 5916 mètres. De là, la vue est extraordinaire sur la laguna Verde et les volcans s’étendant à perte de vue aux alentours. Lors de la montée, j’avais déjà remarqué le cratère parfait du Juriques (5704 m), le voisin du Licancabur : vu d’ici il est encore plus joli. Et que dire du cratère du Licancabur lui-même. Son centre est occupé par un lac totalement gelé. Aussi incroyable que cela puisse paraître de la vie y a été trouvée. Dans un épisode d’Ushuaia, Nicolas Hulot avait d’ailleurs fait une plongée dans ce lac.

Il fait froid, le vent souffle, et j’entame seul la descente par un autre flanc du volcan, à environ un quart de tour de caldeira à gauche par rapport à mon point d’arrivée. Il n’y a aucun balisage, aucun cairn. Tout se fait plus ou moins feeling dans une forte pente alternant éboulis, pierriers et une sorte de sable grossier dans lequel mes chaussures s’enfoncent avant de glisser.

Après quelques dizaines de minutes, je rejoins un semblant de sentier. Etrangement, c’est dans cette descente que je souffre le plus du mal des montagnes. Je me sens nauséeux, j’ai du mal à prendre mon souffle, et je m’arrête régulièrement pour me reposer. La descente est longue, très longue, mais offre toujours une inoubliable vue sur la laguna Verde. Vers 5000 mètres d’altitude, mon mal des montagnes disparaît soudainement et je retrouve un pas plus alerte.

Quelques lacets plus bas, je rejoins le chemin que nous avions pris le matin. Le soleil se fait vraiment sentir et c’est en tee-shirt que je rallie nos 4x4 où m’attende trois membres du groupe. Quand le reste du groupe arrivera, nous apprendrons que l’un d’entre eux a fait une syncope à cinquante mètres du sommet et qu’il a fallu le placer dans le caisson hyperbare que transportait notre guide.

Quelques conseils :

  • prévoyez des vêtements chauds, un bonnet et des gants
  • emportez des bâtons de marche
  • si vous partez avec un guide, assurez-vous qu’il soit muni d’un caisson hyperbare ; il ne servira certainement pas, mais il peut vous sauver la vie

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Commentaires
  • le 8 août 2007 à 14h29 : thomas

    Et toujours ces superbes photos lumineuses , quelles splendeurs !
    Je crois que je vais me laisser tenter par ce secteur de la Bolivie.

  • le 30 août 2007 à 17h35 : noftal

    Bravo pour ce compte-rendu d’ascension ! Je m’y revois ! J’ai mis ton site en lien sur trivago pour permettre à de nouveaux internautes de venir profiter de cette anecdote.

  • le 15 juin 2009 à 22h51 : PierreDL (montagnesdepierre)

    J’ai moi aussi réalisé l’ascension de Licancabur en novembre 2007, au cours d’un trek "ALLIBERT" (Andes centrales 21jours)et je n’ai eu aucun problème, car nous avions déjà 6 jours de marche entre 2500m et 4200m.Comme quoi, une bonne acclimatation est un gage de réussite d’une ascension en très haute altitude.Je précise qu’avant ce trek, je n’avais jamais dépassé l’altitude de 4187m au Mt Blanc du Tacul(PierreDL)


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