[ ? ] Un topo décrit l'accès à une rando, son itinéraire, son dénivelé, sa difficulté. C'est la fiche de référence avec un album photos propre.
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Départ de VIZZANOVA
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Suite du récit de la partir Nord ICI
VIZZANOVA - BERGERIES D’E CAPANELLE
Il parait que le vent a soufflé toute la nuit , je n’ai rien entendu ...
Un petit déjeuner copieux avec l’équipe des marseillais et je redémarre à nouveau seul devant.
Le soleil est toujours de la partie !
Je franchis la RN 193, puis le GR monte en lacets par de bons sentiers forestiers dans les pins très secs et les hêtres.
Un canadair passe au dessus de moi et je ne suis pas bien tranquille en cas de feu , ce serait le piège.
On atteint le Bocca Palmente ( 1640m) par une raide montée , le franchit , et emprunte le chemin de ronde qui reste pratiquement à niveau sur le versant est.
Passage devant les bergeries d’Alzéta( 1560m) , de Cardu et arrivée à celles de Scarpacceghje .
Par une dure grimpette on rejoint la route de la station de ski de Ghisoni où se situe le refuge et le gîte des bergeries d’E Capanelle ( 1586m).
Il est 12h.
Le refuge est plein et je vais manger au restaurant du gîte et refaire mon plein de ravitaillement car je n’ai plus rien.
Le temps tourne un moment à l’orage ,puis se dégage à nouveau, mais il fait subitement froid , aussi je prends un bon souper corse, pour me refaire des forces.
BERGERIES D’E CAPANELLE - REFUGE DE PRATI
Toute la nuit le vent a encore soufflé .
Je refais mon sac et attend l’ouverture du restaurant pour prendre un petit déjeuner copieux avant le départ à7h45 sous le soleil évidemment.
Le GR suit un sentier boisé qui passe aux bergeries d’E Traghjete et descend au pont d’E Cassacce avant d’arriver au plateau de Gialgone (1591m).
On passe le torrent de Marmanu sur une passerelle et cheminement sur la rive droite parmi de gigantesques sapins.
Montée jusqu’au Bocca di a Fiasca (1430m) et croisement d’une harde de cochons sauvages.
Reprise d’une large piste forestière qui amène au Bocca di Verdi (1289m) et à son refuge.
Pause à ce refuge privé doté de tout le confort et qui fait du ravitaillement.
Reprise de mon chemin à travers bois en une rude montée sous des hêtres ,puis à découvert jusqu’au Bocca d’Oru ( 1840m).
Je traverse le plateau de Foce di Prati qui descend sur le refuge de Prati ( 1820m).
J’arrive à 13h30 le premier et je peux bénéficier de la douche chaude grâce à l’eau du tuyau chauffée par le soleil.
Le refuge qui avait brûlé est refait à neuf. Belle vue sur la mer et Solenzara.
A 16h le temps se couvre et il fait froid . La météo est annoncée très mauvaise pour les prochains jours.
J’ai attrapé " la tourista" et je suis à l’immodium.
Le refuge se remplit et les places deviennent chères !
La brume est là et il gèle, on n’y voit pas à trois mètres.
Dans la nuit l’orage éclate , violent et le vent souffle en rafales de plus de 100km/heure.
A 2H, je suis obligé de me lever pour aller aux toilettes , il pleut et je me trempe. J’ai du mal à retrouver le refuge, heureusement qu’il y avait le tuyau d’eau qui m’a servi de guide tellement le brouillard est intense.
Je grelotte dans mon duvet jusqu’au matin.
REFUGE DE PRATI - REFUGE DE LAPARO
A 7h, je me lève pour déjeuner.
Tout le monde est couché et la cuisine est encombrée de gens qui dorment par terre ( 90 personnes pour 30 places) !
A 8h, je me remets au lit. La météo est aussi mauvaise. Il fait froid et la brume est tenace . Je fait et refait mon sac , n’osant pas partir seul.
A 12h, je mange un morceau . Tout le monde est bloqué dans le refuge et ceux qui ont essayé de passer les crêtes ont fait demi tour à cause du vent.
A 13h, deux belges décident de partir quand même malgré les conseils défavorables du gardien. J’en ai marre d’attendre et je me joins à eux par mesure de sécurité. Nous seront les seuls ! C’est de la pure folie, nous assure le gardien qui nous suivra à la jumelle pour voir si nous réussissons à passer.
Le GR suit l’arête faîtière de près et gravit les raides contreforts de la Punta Capella.
On atteint une éminence cotée (1988m) . En restant à l’altitude de 2000m en contourne la Punta Capella (2041m) et on redescend dans une cuvette pierreuses , Bocca di Campitellu (1910m).
Le GR suit la crête en traversant des pentes rocheuses assez raides. Le vent souffle à plus de 140km/H et nous renverse malgré les bâtons et le sac. C’est dantesque et purement fou.
Après des gros blocs on passe sur les pentes de la Punta Latuncella au milieu des hêtres pour arriver sur le Bocca di Rapari ( 1614m).
On revient de nouveau sur le versant ouest et le GR en traversant les pentes de la Punta di Campulongu atteint le Bocca di Laparo , où sont implantées des antennes radio.
Ici se fait la jonction avec le Mare a Mare Centre.
Le ciel est à nouveau très couvert et l’orage gronde. On redescend jusqu’à un tout petit refuge (1400m) situé sous le col de Laparo ( 1525m) et peu connu.
Il est 15h.
Le refuge est non gardé , vide , mais on est à l’abri et au calme !
Je suis obligé de prendre de l’aspirine car je tremble de froid et j’ai un point dans les reins. Une petite heure dans le duvet et tout va mieux pour le souper .
Quel calme !
REFUGE DE LAPARO - ZICAVO
Les belges m’appellent à 4h30. J’ai bien dormi.
Le temps est gris et couvert , mais le vent souffle un peu moins fort.
Café, cachets....
Démarrage à 5h30 par la remontée jusqu’au col de Laparo. On quitte la forêt pour monter en lacets jusqu’à l’arête faîtière de Bocca di Munta Mozza( 1800m) . Le vent s’est à nouveau levé ainsi que le brouillard . On distingue à peine les marques du GR. Je m’accroche aux basques des belges pour ne pas les perdre. C’est angoissant et aucune vue à part ses propres pieds.
Passage sur le plateau pierreux de Bocca di a Furmicula ( 1950m) et descente sur le refuge d’Usciolu ( 1750m) ou on arrive à 7h45.
Tout le monde est encore couché y compris le gardien , car tous étaient , là aussi, bloqués par la tempête. Un petit moment d’arrêt et les belges me quittent car ils ont un timing très serré par leur départ en avion.
Je repars un peu plus tard , seul. Je suis l’arête du Bocca di Suragheddu ( 1850m). Le brouillard est intense et le vent souffle encore fort dans les brèches. Ce n’est pas le moment de se planter !
L’itinéraire chemine sur une portion d’arête baptisée Arête des Statues ( en raison des nombreux rochers aux formes bizarres ) que je distinguais à peine et passe au point culminant de la Punta di a Scaddatta ( 1836m) . La pluie se met à tomber en rafales . Je met ma cape ; puis c’est le grésil et enfin la neige . C’est la totale !Et on y voit toujours pas à deux mètres !
Je continue le sentier et à descendre jusqu’à la dépression de la Bocca di Agnonu ( 1570m) .
Il va falloir que je remonte sur le Monte Alcudina (2134m) avant d’arriver au refuge d’Asinau.
Compte tenu des conditions météo , il me faut prendre une décision rapide , les éléments étant déchaînés.
Je décide de redescendre dans la vallée sur le village de ZICAVO.
La descente est longue et pénible, sous des rideaux de pluie ayant transformés les chemins en véritables ruisseaux.
J’arrive au village à 12h30 , complètement trempé.
Je vais dans un restaurant où l’on me regarde de travers avec mes chaussures dégoulinantes.
Un bon repas quand même et je prends une chambre dans un hôtel pour passer la nuit et me soigner.
J’ai à nouveau froid et j’ai cette fois un rein complètement bloqué et toujours "la Tourista". Je déguste au prix fort soit le fait de ne pas avoir mis du micropur dans mon eau et pas avoir assez bu , soit d’avoir pris froid avant hier où les deux !
J’ai eu raison de redescendre car dans l’après midi le grésil et la neige se mettent à tomber sur le village à 780m . Ce ne doit pas être triste sur l’Incudine !
Un bon souper corse le soir et j’essaie de faire sécher mes chaussures et mon rechange qui a pris l’eau et je n’ai plus rien de sec.
ZICAVO - AJACCIO
Réveil à 7h.. Je refais mon sac encore trempé. Le soleil est de retour , mais les cimes sont blanches.
J’ai décidé de sauter le refuge d’Asinau et de rejoindre le col de Bavella , faire le tour des aiguilles par la variante des crêtes et redescendre par le GR et aller jusqu’au refuge de Paliri et finir tranquillement jusqu’à CONCA.
Pour cela je fais du stop à la sortie de Zicavo. Les heures passent et rien ... C’est vraiment le trou !
Bien des heures plus tard, n’ayant toujours pas de moyen de transport en direction de la montagne, je fais du stop en direction d’AJACCIO et là , cela marche.
Tant pis j’arrête mon périple là , je pourrai ainsi me soigner le rein qui m’oblige à prendre des spasfont à n’en plus finir.
Arrivée à Ajaccio à 15h.
Il fait chaud et je n’ai pas bonne mine avec mes 6 kilos perdus ! Deux jours d’attente dans un hôtel à me requinquer et attendre mon avion pour revenir dans la métropole .
Cela m’a permit de visiter Ajaccio de fond en comble et d’assister au feu d’artifice du 14 Juillet tiré dans la baie.
Embarquement à l’aéroport et arrivée à Satolas.
C’est la fin du voyage et du rêve , même si je n’ai pu faire et voir les aiguilles de Bavella , j’ai quand même accumulé 9400 mètres de dénivelé positif sur ce circuit merveilleux.
bravo pour ton courage
greg
Bonjour Thomas,
J’ai fais le GR20 en Aoùt 1999 et c’est très agréable de se remémorer ce périple avec ton carnet de route... Cependant, un détail me chagrine, en effet tu dis avoir fais ce trek en autonomie complète mais tu as profité des refuges et des restaurants !!! Je pense l’avoir fait en autonomie complète c’est à dire tente, ravito dans les villages traversés tous les 3 ou 4 jours donc provisions dans le sac... ce qui ajoute une certaine dose d’aventure (à ta décharge nous fonctionnions en binôme alors que tu était en solo).
Merci quand même d’avoir créé ce blog.
Greg
THOMAS (www.chalets-belledonne.com)
C’est exact que j’ai couché soit dans les refuges , soit à la belle étoile ( ah que le ciel était beau....),mais pour la nourriture ( 2 jours d’avance de lyophylisé dans le sac ) ,j’avais comme beaucoup de randonneurs mes paquets "de pâtes" à faire chauffer avec mon petit réchaud à alcool,le gaz étant toujours occupé par "les grosses troupes" et j’ai utilisé les restos quand il y en avait car mes repas n’étaient pas "gros" , (1 par jour , souvent que des barres de cérales ,sans fruit ni viande , le strict minimum vital , ce qui m’a joué bien des tours et des crampes d’estomac ...)et surtout pas assez de boissons. J’ai quand même perdu 6kg en quelques jours, mais je ne regrette rien ,c’est tellement beau !!
J’espère que comme moi , tu en as gardé un souvenir impérissable.