Pic de Rochebrune (3320m)

Depuis le Col Perdu : le Pic de Rochebrune.

Cette magnifique montagne, point culminant du Briançonnais ; mais pas du Queyras puisqu'il est dépassé par la Font Sancte ; est un énorme bastion de roches calcaires dolomitiques. L'ascension finale, à la frontière de l'alpinisme, ravira les randonneurs qui aiment se "servir des mains" et rechercher le meilleur itinéraire. Isolé, tout comme son célèbre "voisin éloigné" le Mont Viso, le Pic de Rochebrune, offre un sensationnel panorama à 360°. Un des grands sommets pour randonneurs.

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[ ? ] Un topo décrit l'accès à une randonnée, son itinéraire, son profil, et éventuellement la carte pour plus de détail. Quand un topo existe, nous vous invitons à déposer votre propre sortie, avec vos photos et les conditions lors de votre randonnée (météo, état du terrain)

Avertissements et Droit d'auteur

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Itinéraire

Le Pic de Rochebrune

Il est constitué de deux sommets principaux (3308m et 3320m), situés de part et d’autre de la brèche bien visible. Le point culminant, étant le Sommet Nord, à gauche de la brèche. En réalité ce Sommet Nord comprend trois pointes d’altitudes presque égales. L’arête, très déchiquetée, comportant de nombreuses pointes secondaires. Le Pic de Rochebrune, s’est longtemps appelé Grand Pic de Rochebrune ou encore Grand Rochebrune. Un sommet voisin, s’appelle le Petit Rochebrune et culmine à 3078m.

Par convention, nous nommerons les trois pointes du Sommet Nord : Pointe Sud, Pointe Centrale et Pointe Nord.

Par convention également, nous nommerons "brèche" uniquement la dépression entre le Sommet Nord et le Sommet Sud et "couloir" uniquement le couloir en partie délité qui aboutit entre la Pointe Sud et la Pointe Centrale du Sommet Nord.

Les Pointes Sud et Centrale sont dotées d’antennes dont l’une (en août 2011) pliée à 180°. La Pointe Centrale constitue le point culminant.

Matériel

Carte : IGN TOP 25 3536 OT BRIANCON/SERRE-CHEVALIER/MONTGENEVRE

Éventuellement, une petite corde (20m). Spits et mousquetons fixes sont en place.

Casque.

Difficulté

La première difficulté, est de se renseigner sur les dates des journées où le Col d’Izoard est réservé aux cyclistes amateurs, comme vous ou moi. Info ICI, mais il faut aussi tenir compte des courses cyclistes ou autres manifestations qui peuvent être organisées sur ce col, l’un des plus mythique des Alpes.

Le danger de chutes de pierres est réel entre le pied de la brèche et le sommet. Il faut donc se suivre de près. Partir tôt pour être les premiers sur la montagne est une bonne idée, qui de surcroît, garanti une montée jusqu’à la brèche dans l’ombre.

L’escalade : le Pic de Rochebrune est une montagne avec un final rocheux, plus ou moins long selon la variante choisie, pourvu de bonnes prises et donc assez facile. La traversée dans les vires est un peu aérienne et demande de l’attention sans plus. Quelques minutes de concentration à la brèche faciliterons l’ascension.

Carnet de route

- Altitudes

  • Départ  : 2360m
  • Col Perdu : 2479m
  • Point bas dans la Casse des Oules : 2380m
  • Col des Portes : 2916m
  • Brèche : 3288m

- Dénivelée : 1160m dont 100m pour le retour

- Horaires indicatifs :

  • Départ : 5h40
  • Col des Portes : 7h45
  • Sommet  : 9h15
  • Retour : 13h20

- Distance : 10,5 Km (11 Km pour le retour par le Lac de Souliers, en supposant un retour motorisé au Col d’Izoard)

Col des Portes

Du Col d’Izoard, prendre à l’Est le sentier qui part derrière le monument. (pancarte "Col des Portes")

Ce sentier parvient assez rapidement au Col Perdu à 2479m.

Franchir le col et prendre le sentier qui descend vers le Nord. A 2460m, c’est à dire presque de suite, laisser le sentier qui descend au fond du Ravin des Oules, pour prendre à droite, au Sud-Est, celui qui va traverser la Casse des Oules.

On passe au "point bas" à 2380m, avant de remonter en direction du Col des Portes.

Très bon sentier malgré les éboulis. Montée plus raide de 2800m, jusqu’au Col à 2916m. (Sur IGN, l’altitude 2962m, correspond au beau pilier rocheux qui domine le Col.

Ascension jusqu’à la brèche

Du Col des Portes, monter plein Est avec la brèche entre les deux sommets comme point de repère.

De nombreuses traces parcourent ce versant. Certaines correspondent à des traces de descentes. Il faudra constamment faire jouer son instinct de montagnard pour trouver le meilleur passage. On ne peut se fier que modérément aux cairns qui marquent plusieurs traces différentes. Pour résumer, on trouve des cairns partout !

Du Col des Portes, on peut voir, dans la pente supérieure, une énorme table, avec à proximité, à gauche, un étrange rocher gris, de profil triangulaire. La meilleure sente passe à droite de ces deux rochers caractéristiques.

Ces deux rochers dépassés, se diriger vers la brèche bien visible entre les deux sommets. Double brèche en fait puisque partagée par une tour rocheuse.

On se dirige vers la brèche de droite que l’on commence à gravir, puis on prend une large vire qui part à gauche. On gagne ainsi la brèche de gauche, la plus marquée à 3288m d’altitude.

De la brèche au sommet

Plusieurs solutions. Rappelons que le sommet principal est à gauche, au Nord.

- 1 - Descendre la brèche en versant Est et contourner l’éperon rocheux issu de la Pointe Sud. Remonter alors le couloir qui aboutit entre les Pointes Sud et Centrale. Les deux pointes s’atteignent alors facilement.

La Pointe Centrale, par l’Ouest avec un petit pas rocheux ou par des vires à l’Est.

Cet itinéraire, le plus facile est aussi le plus exposé aux chutes de pierres. Le bas du couloir étant en très mauvais état.

- 2 - Descendre de quelques mètres dans la brèche. On trouve une cheminée avec un bloc Coincé. (photo) Remonter cette cheminée (II) puis par des vires en versant Est, gagner le haut du couloir précité et le remonter jusqu’à son origine. Le haut du couloir étant beaucoup moins délité.

- 3 - A la brèche, on trouve à gauche, dans un mur rocheux de bonne qualité, une corde à nœuds (photo), suivie par une ligne de spits avec des mousquetons fixes.

Remonter le mur (II Sup sans s’aider de la corde), puis suivre la ligne de spits (II/III) et gagner soit la Pointe Sud, soit le haut du Couloir par des Vires.

Pour cet itinéraire, une petite corde est utile pour profiter des points d’assurage en place.

- 4 - A la brèche, remonter le long de la corde à nœuds. Cette corde n’est pas obligatoire, c’est du bon rocher avec de bonnes prises.

Au sommet de la corde, partir à droite, sur des vires qui contournent par l’Est le bloc rocheux et aboutissent dans le haut du couloir, que l’on remonte jusqu’à son origine.

Pour info, nous avons choisi la quatrième solution.

Le sommet

Complètement isolé, le Pic de Rochebrune, offre un extraordinaire 360°. Du Mont Rose au Mercantour en passant par le Mont Blanc et le versant italien des montagnes de la Haute Maurienne. Et bien entendu les hauts sommets entièrement français comme la Grande Sassière, la Grande Motte, la Grande Casse, la Pointe de Charbonnel, le Grand Roc Noir, la Pointe de Ronce etc. Le Massif des Ecrins, les Grandes Rousses, les Aiguilles d’Arves, le Massif de la Font Sancte, celui de Chambeyron, le Bric de Rubren et le Mont de Salsa, le Grand Glaiza et derrière, le Bric Froid, le Bric Bouchet, la Tête du Pelvas, le Mont Viso etc. etc... C’est un vrai défilé.

Lien vers le panorama 360° du sommet.

Lien vers le panorama 360°de Clot la Cime, sommet de l’autre côté du Col de l’Izoard.

Descente

Ce n’est pas le Mont Viso, pas de marques à la peinture. Il va falloir chercher la bonne vire qui ramène au niveau du haut de la corde à nœuds ou au niveau de la cheminée du bloc coincé.

Jean-Claude, mon compagnon est arrivé quelques mètres au-dessus de la corde et est descendu en désescalade sans problème. Je suis arrivé à, la cheminée du bloc coincé qui se descend facilement.

Au pire on peut descendre jusqu’au bas du couloir par des vires en rive droite, c’est à dire au Sud et remonter à la brèche.

De la brèche, on redescend jusqu’au Col des Portes puis jusqu’au Col Perdu par le même itinéraire.

Variante de descente par le lac de Souliers

Itinéraire que j’ai pratiqué lors de ma première ascension de ce sommet. C’est très très beau !

L’itinéraire par le Col Perdu est presque exclusivement minéral. Par le Lac de Souliers, on rencontre des pelouses fleuries, un joli lac et on termine par la traversée d’une belle forêt de mélèzes.

Du Col des Portes, descendre en versant Sud par un pierrier. On atteint la Casse des Clausins. Rester au maximum sous la Crête des Oules. Une sente contourne un éperon issu de la crête. On descend d’une centaine de mètres, puis par un parcours presque horizontal, on arrive au Lac de Souliers. Voir quelques photos sur ce TOPO.

Du lac prendre le bon sentier qui part au Sud-Ouest. Après avoir rejoint le GR58, il prend une direction Nord-Ouest jusqu’au parking au Sud de la Casse Déserte, sur la route du Col D’Izoard, versant Queyras.

Si l’on n’a pas disposé une deuxième voiture sur ce parking, il faut arrêter un véhicule montant (ce n’est pas une Nationale, les véhicules montent lentement) pour se faire ramener au Col. Cela marche très bien, bien mieux que le pouce levé.

Sinon, pour les timides, remonter soit par la route, soit par le sentier qui descend de 200m et va rejoindre le torrent de l’Izoard, avant de gagner le Col. Soit 360m de D+ !

Accès

  • De Briançon ou du Queyras, gagner le sommet du Col D’Izoard.

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Commentaires

  • le 5 août 2011 à 00h29 : auteur Laurent-34 (Lumières de Cimes)

    Merci pour ce topo très complet !
    J’ai de bons souvenirs de ce pic de Rochebrune, même si le terrain rend la progression un peu fastidieuse...

  • le 5 août 2011 à 00h52 : auteur alain

    Bonsoir Laurent. Trois jours auparavant, j’ai fait le Petit Rochebrune avec la traversée d’un pierrier sans traces. En comparaison, le Grand Rochebrune m’a semblé une "autoroute".

  • le 15 août 2011 à 18h05 : auteur Paul

    Salut Alain ,
    Merci pour ce topo,et ces belles photos.
    J’en profite pour ajouter un mot à la réflexion dont tu fais part à propos des cotations.
    Au vu des photos c’est "normal" que la cotation soit PD, dès qu’il y a un pas de II+ ce n’est plus du F...
    Evidemment comme tu le dis, cela n’a rien à voir avec une grande course glacière ou mixte cotée F ou PD... c’est toujours le problème de la cotation qui reste celle de la difficulté du passage le plus technique et qui ne tient pas compte de l’engagement physique et des dangers objectifs. Il faut en profiter pour rappeler que la cotation n’est pas toujours liée à la difficulté d’une course. Pour moi une voie cotée TD avec quelques passages de 6a bien protégés est bien moins difficile qu’un long itinéraire sauvage dans du IV non équipé et qui sera coté AD. Et que dire des pentes de neige de plusieures centaines de mètres soutenues à 45/50° ou l’erreur est fatale et qui sont cotés PD...
    C’est pour cela que l’on trouve maintenant plusieures cotations, difficulté, engagement, ...

    bien à toi

  • le 15 août 2011 à 20h01 : auteur Laurent-34 (Lumières de Cimes)

    Pour ma part j’ai l’impression qu’il existe une "cotation Ecrins", car dans ce massif certains sommets pourtant cotés F rebuteront bien des alpinistes...
    Un F dans les Ecrins c’est souvent plus costaud qu’en PD dans la Vanoise !

  • le 17 août 2011 à 16h20 : auteur alain

    Je suis aussi un peu de cet avis. Une F en rocher dans les Ecrins, ce n’est pas toujours très simple.

  • le 24 août 2011 à 20h08 : auteur alain

    Avec un peu de retard, merci à Paul pour ses explications sur les nuances des cotations.


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