Aiguille du Goléon (3427m), Aiguille Occ. de la Saussaz (3340m), Pic de la Buffe d’en Haut (2876m), grande boucle par les crêtes

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
2000m
Durée :
1 jour
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

C'est l'autre "grande boucle par les crêtes" au départ du Chazelet. Mais si celle autour du vallon du Gâ culmine au Pic du Mas de la Grave, celle autour du vallon de Martignare s'offre pour point d'orgue le seigneur des lieux l'Aiguille du Goléon, 400m plus élevée. Le parcours se déroule ici aussi essentiellement sur de belles lignes de crêtes confortables, garantissant un beau panorama tout le long du parcours. Cependant, l'ascension et la descente du bastion formé par le Goléon et la Saussaz par de raides pentes schisteuses ajoute un caractère beaucoup plus alpin au parcours.

Accès

Bourg d’Oisans - La Grave - Le Chazelet, parking des remontées mécaniques.

Précisions sur la difficulté

La principale difficulté provient de la longueur du parcours au dénivelé assez conséquent. Il est également un peu en dents de scie sur sa deuxième moitié.

Une bonne partie de l’itinéraire se déroule sur de confortables crêtes sans difficultés. Cependant, la partie en haute altitude (au-dessus de 3000m) offre un caractère beaucoup plus raide et technique. L’essentiel de la difficulté se concentre sur l’ascension de la face sud du Goléon et la descente de la face ouest de la Saussaz, les deux étant formés de raides dévers de roches schisteuses parfois un peu croulantes. Bien qu’impressionnants, ils ne sont guère difficiles ni vraiment exposés. L’abondance de caillasse terreuse rend la montée un peu pénible mais amortit et enraye les glissades, tout en limitant le risque de chutes de pierres. En choisissant bien les points de passages, il y a très peu de rocher à grimper et les mains ne sont guère utiles. Les passages nécessitant un peu de grimpe se concentrent surtout dans le franchissement des ressauts sous le sommet du Goléon puis dans le parcours du haut de l’arête. Ces passages sont toujours courts, faciles et peu exposés. Tout au plus faut-il faire attention à ne pas s’agripper à n’importe quoi. C’est surtout un bon sens de l’itinéraire sur des terrains d’aventures hors sentier qui est nécessaire pour choisir les meilleurs passages évitant les difficultés sur un terrain sans indications (balisage, cairns, traces).

Une courte traversée sur le glacier Lombard est nécessaire. Si on suit l’itinéraire indiqué, le glacier n’est pas crevassé et ne nécessite pas d’encordement. Cependant, des crampons peuvent être nécessaires, notamment en fin de saison lorsque le glacier est déneigé.

Les infos essentielles

  • Altitude départ : 1780m.
  • Altitude sommet : 3427m (Aiguille du Goléon), 3340m (Aiguille O de la Saussaz), 2878m (Pic S de la Buffe d’en Haut).
  • Durée : 11h.
  • Carte : IGN TOP25 3435ET Valloire - Aiguilles d’Arves - Col du Galibier.

Période

Praticable en conditions estivales, lorsque la neige a libéré les parties raides de l’itinéraire. On prêtera particulièrement attention au névé tardif pouvant recouvrir le raide pierrier sous le versant ouest de la Saussaz. Il faudra parfois attendre le mois d’août. Beau temps de rigueur pour ce long périple en altitude. Eviter le terrain humide, ainsi que le terrain bétonné par le gel.

Itinéraire

Ascension de l’Aiguille du Goléon, 4h30

Du Chazelet, suivre les chemins et pistes de ski pour gagner la crête au sommet du téléski derrière la bosse boisée à l’est du village. Poursuivre la crête sur un sentier le long du fil, remontant vers la Côte Rouge, puis au Signal de la Grave. Poursuivre vers le nord sur le long faux-plat de la Grande Côte. La montée reprend vers la bosse du Pâquier du Roi, puis dans un décor plus minéral celle du Serret Blanc.

Ici commence la véritable ascension. Remonter les pierriers assez pénibles pour passer au-dessus de deux rochers caractéristiques. La suite, c’est tout droit dans la ligne de pente à l’aplomb de ces rochers. On aboutit rapidement aux premiers petits ressauts rocheux, qui se surmontent facilement en escaladant ou en contournant. Malgré la pente, la montée est plus facile qu’il ne paraît et l’exposition est toujours faible, la caillasse terreuse amortissant toute glissade. Cependant, ramer dans la caillasse peut être parfois un peu pénible, et on apprécie grimper sur du dur de temps en temps...

Un ressaut un peu plus haut que les autres se franchit par une faiblesse juste dans la ligne de montée. Au-dessus, le terrain se fait moins raide et plus caillasseux, un peu plus pénible. On finit par déboucher sur un replat de la crête sud-sud-est. Rejoindre la plus haute rampe rocheuse remontant sous le fil de la crête du bastion rocheux sommital. Cette rampe se remonte facilement avec un tout petit peu de grimpe. Sortir sur le fil de la crête dès que possible. Le sommet est tout proche et la vue est magnifique...

Traversée vers l’Aiguille Occidentale de la Saussaz, 1h30

Descendre la crête nord-ouest. On passe la plupart du temps sur le fil. La progression est ponctuée de quelques pas de grimpe facile sur des blocs, en contournant éventuellement certains ressauts difficiles par l’un ou l’autre des versants. Poursuivre sur la crête de plus en plus facile jusqu’au collet au pied du Bec du Grenier.

Il est important de poursuivre la crête jusqu’à ce collet, et ne pas être tenté de prendre pied prématurément sur le glacier. Le rebord sud du glacier est en effet coupé par une rimaye, qui peut être masquée par la neige. Il n’y a aucun risque de crevasses en prenant pied sur le glacier et en le parcourant au nord du collet du Bec du Grenier.

Traverser le glacier horizontalement vers le nord sous le Bec du Grenier. On visera le point le plus commode pour remonter la pente de caillasses au nord du glacier. Au-dessus, le sommet de l’Aiguille occidentale de la Saussaz s’atteint facilement.

Pour ceux qui seraient tentés par le détour, l’esthétique Aiguille centrale de la Saussaz (3361m) s’atteint facilement en aller-retour. Pour cela, rejoindre le col entre les deux aiguilles et remonter en traversée vers une faiblesse du ressaut défendant sa crête sud, facilement repérable par une tâche de rochers clairs. Grimper facilement par là et remonter facilement la crête jusqu’au sommet. Au retour, on repèrera la faiblesse par deux blocs rocheux caractéristiques. Compter 45min et 100m de dénivelé en plus pour le détour.

Traversée vers le Pic de la Buffe d’en Haut, 2h

À une dizaine de mètres au sud du sommet, repérer une petite croupe permettant de facilement descendre dans la raide face de schistes du versant ouest. Puis, dès que possible, rejoindre le petit couloir à droite, permettant de descendre tout droit dans la raide face. Le terrain est raide et croulant, mais l’abondance de caillasse terreuse rend la progression assez sûre en limitant le risque de glissades. Descendre ce couloir jusqu’au niveau de rochers jaunâtres, où il faudra se rapprocher à droite du fil de la crête pour contourner un petit ressaut plus raide.

Poursuivre la descente au mieux pour basculer à gauche dans un large pierrier en direction d’une grande cuvette. Ce pierrier terreux se laisse très agréablement dévaler. Sitôt passé sous le niveau de belles falaises d’un gros bastion qui doit être contourné, tirer longuement en traversée vers la droite pour récupérer la crête.

Descendre la longue crête sur le fil vers l’ouest. On atteint un point bas, le col de Martignare, avant une bonne petite remontée pour rejoindre la Pic sud de la Buffe d’en Haut.

Le Pic nord de la Buffe d’en Haut (2933m) s’atteint facilement en aller-retour par le fil de la crête. Magnifique vue sur Valfroide, l’Arvan et la Vanoise. Compter 45min et 100m de dénivelé en plus pour le détour.

Descente, 3h

Descendre la crête vers le sud, sur le fil. Le cheminement sur le terrain peu caillouteux est agréable, seulement ponctué de petites remontées un peu pénibles à cause de jambes fatiguées. An atteint ainsi la Petite Buffe.

Plonger à droite dans la raide pente caillouteuse pour poursuivre la descente de la crête, qui se fait herbeuse et large. Après de longs replats, la descente finale redevient raide. Un petit ressaut reste à franchir, et on cherchera une faiblesse permettant de rejoindre facilement les pentes herbeuses inférieures dominant le hameau du Rivet du Pied. Rejoindre la piste au niveau d’un pont, puis remonter derrière les pentes herbeuses pour revenir au parking des pistes de ski.

Remarques

La boucle pourrait se parcourir dans l’autre sens, mais le sens décrit est préférable car il permet d’aborder la face sud du Goléon dans le sens de la montée, ce qui facilite la recherche du meilleur itinéraire entre les ressauts de la face. De plus, les raides pierriers sous la face ouest de la Saussaz pourront être dévalés en descente, alors que leur montée serait des plus pénibles.

Si nécessaire, des itinéraires alternatifs permettent de relier le Goléon au Chazelet. Ainsi, il est par exemple possible de descendre la crête sud-sud-est et traverser les Rochers du Vallon, pour ensuite plonger dans la face sud par un collet et traverser des pierriers pour atteindre le Pâquier du Roi. On peut également franchir le Cruq des Aiguilles pour relier la voie normale du Goléon au Signal de la Grave par une traversée dans les alpages sous la Pointe du Souchet.

Les extra-terrestres feront en une seule boucle le tour du vallon de Martignare et de du Gâ, combinant ainsi l’ascension du Goléon et du Pic du Mas de la Grave. Compter 550m de dénivelé supplémentaire, ou même 900m pour un tour intégral incluant le Gros Têt.

Détail de la sortie du 11 septembre 2018

Vous avez aimé le tour du vallon du Gâ ? Vous allez adorer le tour du vallon de Martignare !

Tel est la motivation qui permet un départ aux aurores (pour une fois) pour cette grande boucle. A 6h30, il fait sombre, froid, l’esprit est brouillé après une nuit trop courte, et après juste 10 minutes de marche les jambes sont déjà lourdes et on se demande bien comment il sera possible de tenir toute la journée. Mais le corps se réchauffe, les endorphines font leur effet, et la motivation revient avec l’arrivée du soleil qui commence progressivement à éclairer le sommets...

Au départ, l’idée était de découvrir et de parcourir la traversée de l’Aiguille Occidentale de la Saussaz dont le versant ouest semblait de visu, malgré sa raideur, pouvoir être franchi. Mais l’Aiguille du Goléon toute proche aurait été vexée d’être snobée ainsi pour une de ses vassales. On greffera donc à cette sortie un autre projet de longue date, l’ascension du Goléon par la face sud. Cela implique de découvrir le versant ouest de la Saussaz dans le sens de la descente, ce qui n’est peut-être pas l’idéal... Mais les difficultés éventuelles de cette descente étant concentrées sur le haut, il serait facile de rebrousser chemin et de descendre par le Cruq des Aiguilles si ça ne devait pas passer.

On trouve le soleil au Signal de la Grave, juste un peu déçu que tard en saison, les glaciers de la Meije n’y soient pas trop exposés et ne resplendissent pas mieux que ça. Mais ce n’est pas grave, c’est quand même joli.

Long faux plat... La perspective semble montrer le sommet tout proche, alors qu’il reste encore 1000m à monter. Des vaches paissent tranquillement à 2500m d’altitude, signe du réchauffement climatique ? D’ailleurs, il fait vraiment chaud pour la saison et l’heure.

On poursuit dans l’herbe, c’est plus long qu’il ne paraît. Mais le sommet se rapproche lentement, la pente se fait plus raide, le décor plus minéral. La face austère, qui de face semble abominablement raide, s’impose de plus en plus... 9h, voilà donc le Serret Blanc, un petit casse-croûte pour reprendre de l’énergie, les choses sérieuses vont commencer...

Un bon pierrier "un-pas-en-avant-deux-pas-en-arrière" est servi pour l’apéritif. D’abondantes traces de moutons semblent démontrer la supériorité des quadrupèdes sur ce genre de terrain (Mais que viennent-ils faire à cette altitude où il n’y a que de la caillasse ?). Puis au-dessus des deux rochers servant de "portail" à la face, voici les premiers ressauts...

La grimpe est finalement facile. Toute difficulté se contourne toujours. Il y a toujours moyen de passer par de sécurisants pierriers où les pieds s’enfoncent plutôt que de partir en glissade dans la pente, mais c’est un peu pénible, et rapidement on se prend au jeu d’aller chercher des rochers faciles pour grimpatouiller un peu sur du dur, même si ce bazar schisteux mériterait un peu de rangement. Les ressauts se succèdent, on prend de l’altitude... C’est raide, mais le terrain est sécurisant, on n’est jamais mal à l’aise à cause de l’exposition. Plus haut, le terrain se couche un peu, avec moins de rochers et plus de caillasses. La progression y est donc un peu plus pénible. Mais on se rapproche de l’épaule sud-sud-est, et subitement la vue s’ouvre en direction du lac du Goléon.

Voilà bientôt le sommet. Juste cette partie sommitale d’arête rocheuse à remonter par une belle rampe avec quelques pas de grimpe facile rendant la progression plus ludique, ce qui est bienvenu après ces pentes de caillasses. Crête sommitale, et voilà le sommet. Il est 11h, seul là-haut et la vue est magnifique, malgré la brume de cette journée chaude et humide qui a oublié que l’automne arrivait...

12h, il est temps de penser à la suite. Retour en terrain connu avec une tranquille descente de l’arête, guidé par une trace coupant court au jeu de devoir chercher soi-même l’itinéraire le plus facile. C’est l’endroit où on croisera les seules personnes de la journée.

On chausse les crampons pour gratouiller la glace de ce malheureux glacier ruisselant de bédières. Ça s’annonce mal pour lui, il est entièrement déneigé. Mais en attendant, cela permet de confirmer l’absence de crevasses sur l’itinéraire envisagé.

Traversée vers les contreforts de caillasses des Aiguilles de la Saussaz. Mon objectif est l’aiguille occidentale, mais l’aiguille centrale me fait de l’œil, en me montrant ses beaux atours, se faisant presque passer pour une Aiguille d’Arves... 21m plus haute, c’est ça ? On est dans les temps, allons-y. L’ascension se fait sans difficultés, dans une roche poudingue qui change du schiste sur lequel on marche partout ailleurs, et dont les graviers ronds jouent aux roulements à bille sous les chaussures... Mais plus haut la crête rocheuse est agréable à monter, et au sommet le panorama est magnifique, avec vue aux premières loges sur les Aiguilles d’Arves au-dessus d’un abominable précipice sur les ravines noires de Valfroide, ainsi qu’une autre perspective sur le Goléon et la glacier Lombard... Le détour valait le coup.

Retour à l’aiguille occidentale. 14h30. Oups, la face ouest est vraiment raide... Mais pas impossible. Rassuré par l’expérience des dévers schisteux de la face sud, la descente de ce mille-feuilles minéral croulant semble bien possible si on choisit judicieusement l’itinéraire. Effectivement, ici aussi la caillasse terreuse sécurise la descente, il faut juste faire attention à contourner les ressauts les plus raides. D’ailleurs, les difficultés ne se prolongent pas trop. On finit par plonger dans cet immense pierrier terreux qui se laisse rapidement et agréablement dévaler. Le remonter aurait été une horreur, bien content d’avoir fait le tour dans ce sens-là.

Le bastion de falaises est contourné, il n’y a plus qu’à rejoindre le fil de la crête. Ça y est, les difficultés sont derrière, on retrouve ces belles enfilades de crêtes minérales propres et régulières agréables à parcourir. Col de Martignare, puis remontée au Pic de la Buffe d’en Haut...

Au sommet sud, la logique voudrait qu’on entame tranquillement la descente de la crête du retour, mais c’est sans compter le sommet nord, qui veut aussi sa part... Prêt pour 100m de dénivelé supplémentaires ? Malgré la fatigue, on prend le courage à deux jambes, et c’est parti pour une ultime remontée, histoire de contempler les vallons ravinés du versant Maurienne pour une dernière fois. Et l’occasion pour finir de vider tout ce qui est mangeable et buvable du sac pour un ultime casse-croûte panoramique...

17h, on entame le long chemin du retour sur cette magnifique crête. La marche est agréable sur une roche presque régulière comme du bitume, même si les petites remontées de bosses sont pénibles pour les jambes fatiguées. Pause contemplation à la Petite Buffe, alors que la lumière jaunit. Hélas, les cumulus persistent à vouloir priver la Meije de soleil, mais le décor est quand même magnifique.

Descente sur les larges crêtes herbeuses... Enfin un monde en couleurs, ce qui est bienvenu après avoir passé la journée dans le gris minéral. Les moutons sont là et sillonnent les vallons herbeux comme des invasions bactériennes, bêlements en plus. On quitte le soleil, le les vallons plongent dans l’ombre... Retour sans se presser dans la tranquillité, vers 20h la boucle est bouclée.

Dernière modification : 16 septembre 2018
Pic de la Buffe d’en Haut (2933m) et Pic du Mas de la Grave (3020m), grande boucle par les crêtes

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