Barre des Écrins (4102m)

Difficulté :
Alpinisme PD
Dénivelé :
2350m
Durée :
2 jours
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

La Barre des Écrins est une montagne majestueuse qui s'élève d'un élan de glace dans le ciel du Haut Dauphiné. Ce sommet, qui est le point culminant du massif des Écrins et le plus méridional des "4000" alpins, est remarquable à tous points de vue. La voie normale traverse le sanctuaire immaculé du Glacier Blanc, et remonte les pentes du versant nord. La face sud, rocheuse et sauvage, offre 1100 mètres de grandes voies d'escalade. Voilà donc une montagne équilibrée, à l'architecture unique et superbe, qui prend sa plus grande valeur esthétique au lever du soleil, quand elle se teinte de rouge.

Accès

Depuis Grenoble, prendre la direction de Bourg d’Oisans et poursuivre sur la D1091 vers le col du Lautaret, que l’on franchit pour redescendre à Briançon. Continuer au sud vers l’Argentière-la-Bessée. De là, rentrer dans la Vallouise et rejoindre en 18 km vers l’ouest le village d’Ailefroide. Poursuivre sur une route étroite jusqu’au Pré de Madame Carle, où l’on se gare près du refuge Cézanne, à 1874 mètres d’altitude.

Itinéraire

Depuis le parking bondé du Pré de Madame Carle (1874 mètres), passer près du refuge Cézanne et poursuivre vers le fond de vallée. Franchir un petit pierrier et traverser le pont enjambant le torrent issu du Glacier Noir. Un gros sentier s’élève en face sur les pentes herbeuses. Laisser à gauche le sentier montant par une moraine vers le Glacier Noir, et rester sur le tracé principal. Après de nombreux lacets on débouche à 2200 mètres sur un vaste replat situé en contrebas de la langue glaciaire du Glacier Blanc.

Redescendre de quelques mètres pour franchir le torrent sur une passerelle en bois. Emprunter à droite les marches métalliques qui permettent de surmonter des rochers lissés par la glace, puis dépasser la ruine de l’ancien refuge Tuckett. On passe alors près de plusieurs petits étangs qui sont autant de miroirs sur la remarquable face nord du Mont Pelvoux. Quelques minutes plus tard on atteint le refuge du Glacier Blanc, à 2542 mètres.

Refuge du Glacier Blanc  : 135 places (local hiver 35 places) - Tél. 04 92 23 50 24 - Demi-pension : 38 euros

Certains candidats à la Barre des Écrins choisissent de partir de ce refuge (sans doute pour éviter la cohue du refuge des Écrins), mais l’itinéraire s’en trouve alors considérablement rallongé. A mon sens il est préférable de poursuivre plus haut, par des banquettes rocheuses, pour prendre pied sur le Glacier Blanc vers 2900 mètres. Décrire ensuite un arc-de-cercle en suivant la rive gauche du glacier. Très vite on aperçoit le refuge des Écrins, posté à droite sur un éperon rocheux à 3170 mètres, à une centaine de mètres au-dessus du glacier.

Refuge des Écrins  : 120 places (local hiver 35 places) - Tél. 04 92 23 46 66 - Demi-pension : 46 euros

Le lendemain, descendre du petit promontoire sur lequel se trouve le refuge par l’est, pour reprendre pied sur le Glacier Blanc. Traverser tout le glacier jusqu’à l’aplomb de la face Nord, en laissant à droite le col des Écrins.

Attaquer alors le versant nord, soit à droite par la pente la moins raide (mais exposée aux séracs) soit directement par la langue de glace au centre si les conditions le permettent. La trace chemine ensuite sur le glacier selon la configuration des séracs et des crevasses. Remonter en appuyant à gauche vers le centre de la face, puis louvoyer entre quelques grosses crevasses pour rejoindre un replat (3700m) au pied de la pente plus raide qui permet de contourner par la gauche la grande zone de séracs supérieure. Gravir cette pente jusqu’à venir buter au pied de la rimaye à 3900 mètres, juste sous la Barre. Dans une grande traversée horizontale, on rejoint à l’ouest les abords du Dôme de Neige des Écrins (4015 m) que l’on peut gravir facilement au passage. Le Dôme, en tant que "4000" le plus facile des Alpes françaises, est d’ailleurs une grande classique très fréquentée. On a d’ici une belle perspective sur l’arête ouest menant à la Barre des Écrins.

Du Dôme, rejoindre la brèche Lory, le franchissement de la rimaye étant parfois aléatoire. Contourner par la gauche un premier ressaut rocheux d’une vingtaine de mètres puis rejoindre l’arête. Suivant les conditions le cheminement peut s’avérer délicat, surtout si la roche est verglacée. Après avoir franchi un tronçon très aérien on accède au Pic Lory, qui n’est qu’un "4000" secondaire et une modeste antécime, mais un nœud orographique important. Continuer sur le fil étroit pour rejoindre 100 mètres plus à l’est la cime de la Barre des Écrins. Compter environ 45 minutes de la brèche au sommet.

Le panorama est époustouflant, et pour cause : il n’y a rien au-dessus, à des kilomètres à la ronde. Rien que du ciel, du bien-être à l’état pur. Au loin le Mont Blanc, les pieds dans les nuages. Plus près, les cimes acérées de l’Oisans : la Roche Faurio, la face sud de la Meije, les grandes faces Nord du Pelvoux, du Pic Sans Nom et de l’Ailefroide.

Difficultés :

Le parcours glaciaire est long mais peu difficile car la pente n’excède jamais 35°. Toutefois il faut prendre garde en remontant le versant nord à d’éventuelles chutes de séracs dans la partie inférieure. Plus haut il est nécessaire de contourner soigneusement quelques crevasses imposantes. La rimaye donnant accès à la brèche Lory peut parfois être délicate, notamment en fin d’été.
Enfin, le danger le plus important réside dans le parcours de l’arête sommitale. Techniquement la progression est peu difficile (passages de II), mais l’exposition est totale. De plus la présence de glace sur l’arête décuple le risque. Pas le droit à l’erreur donc. La corde est indispensable pour enrayer une chute qui serait forcément fatale.

Autres itinéraires intéressants  :

=> La voie normale peut aussi être gravie au départ de la Bérarde, en montant par le vallon de Bonnepierre (appelé ainsi par ironie semble t-il !). Un cheminement équipé de câbles permet d’atteindre le col des Écrins, mais cela n’empêche pas qu’il y ait des accidents récurrents dans ce secteur, la montée au col étant très exposée.

=> On peut aussi gravir en fin de printemps la directe Coolidge, à l’aplomb du sommet, par une pente de glace d’environ 50° sur 150 mètres de hauteur. Selon les conditions de neige, cet itinéraire peut également être skié.

=> Autre alternative : la montée par le couloir de Barre Noire (300 mètres de glace à 50°) à la suite duquel on peut rejoindre la voie normale ou enchaîner sur l’arête orientale, peu difficile mais vertigineuse (AD).

Dernière modification : 16 mai 2018
Dôme de Neige des Écrins (4015m)

La carte du topo « Barre des Écrins (4102m) »

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Photos « Barre des Écrins (4102m) »

La Barre des Écrins au lever du soleil Vue splendide depuis le refuge des Écrins La Barre Noire(3751m) La Roche d’Alvau(3627m) au-delà du col des Écrins Le spectacle du Glacier Blanc Passage près des séracs du versant Nord Panorama en direction de la Meije La traversée sous la Barre des Écrins La Barre,vue depuis le Dôme des Écrins (4015m) L’Ailefroide(3954m) et les Bans (3669m) Le bassin immaculé du Glacier Blanc Le Pelvoux(3946m) et le Pic Sans Nom(3913m) vus depuis la Barre Au sommet de la Barre des Écrins Alpinistes dans la descente de l’arête occidentale L’Arête sommitale Le refuge des Écrins sous le Pic de neige Cordier Descente sous le refuge du Glacier Blanc Du Pelvoux à l’Ailefroide : une impressionnante enfilade de faces nord Retour au Pré de Madame Carle