Bec d’Arguille (2891m) par la Combe Madame et l’arête ouest

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
1820m
Durée :
1 jour

Le Bec d'Arguille (à ne pas confondre avec le Rocher d'Arguille tout proche), entre Puy Gris et Aiguilles d'Argentière, est un beau sommet de la chaîne de Belledonne qui, il est vrai, n'en est pas avare. Il figure même, en altitude, dans le "top 10" du massif, mais reste cependant peu fréquenté. L'arête ouest en constitue sans doute la voie d'ascension la plus facile. – Auteur :

Accès

D’Allevard, prendre la D525a, direction Les Sept-Laux / Le Pleynet. Passer les villages de Pinsot puis de La Ferrière. Stationner environ 4,5km après la sortie de cette dernière localité (soit environ 500m après le plan d’eau du Collet) : un parking est aménagé sur la gauche, à l’intersection de la route menant à la Martinette.

Précisions sur la difficulté

  • Dénivelé relativement important. Il est possible, néanmoins, de réaliser l’ascension sur deux jours en passant la nuit au refuge (gîte d’alpage) de la Combe Madame (22 places, gardé de la mi-juin à la mi-septembre)
  • Randonnée en grande partie hors sentier.
  • Pentes assez soutenues au tout début de la portion hors sentier (secteur de la Marmottane) puis avant le replat 2650m marquant la base de l’arête ouest.
  • Arête en gros blocs rocheux exigeant un peu d’attention pour ne pas perdre l’équilibre.
  • Quelques pas exposés en toute fin d’ascension, pour contourner le mur barrant l’arête juste sous le sommet.

Les infos essentielles

  • Carte TOP 25 - 3335 ET "Le Bourg d’Oisans - L’Alpe d’Huez"
  • Altitude minimum : 1070m
  • Altitude maximum : 2891 m
  • Distance : environ 17 km
  • Horaires : comptez entre 8 et 10 h
  • Balisage : GR (rouge et blanc) jusqu’à la Grange de Naime, puis jaune jusqu’à la Marmottane (cote 2130m environ). Hors sentier ensuite (très rares cairns).

Itinéraire

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Du parking, prendre la route de la Martinette, où l’on trouve rapidement le balisage du GR du tour du pays d’Allevard, qui l’emprunte sur environ 200m.

Aux granges de Naime, quitter le GR pour prendre, à gauche, le sentier de la Combe Madame qui plonge dans la forêt (panneau indiquant le refuge à 3,9 km puis balises jaunes).

On passe devant le premier chalet de la Combe Madame (1426m), bâti dans une jolie clairière, puis, après environ une heure et demie de marche, devant le refuge du même nom (1784m), au niveau duquel le vallon s’élargit et les arbres disparaissent.

Le sentier parvient au pied d’un verrou et s’élève en quelques lacets sur sa gauche (versant nord) pour parvenir à un replat (2020m environ). Il le longe en se maintenant sur la rive droite du torrent de la Combe Madame, puis s’élève de nouveau dans le coteau de la Marmottane, en marquant un premier virage en tête d’épingle à gauche.

Il faut le quitter au niveau du second virage en tête d’épingle (cairn), après la traversée d’une zone d’éboulis.

De là, gravir, plein nord, les raides pentes herbeuses du coteau de la Marmottane en prenant pour repère un gros rocher bien visible (photo 7), derrière lequel se dévoile une discrète sente partant sur la gauche en balcon.

Cette sente, probablement tracée par des bêtes plutôt que par des randonneurs, s’oriente vers le nord-ouest, traverse un petit ravin puis gagne le bas d’un pierrier (2220m). Il faut alors s’élever le long de la frange gauche de celui-ci (plein nord, de nouveau) en restant le plus longtemps possible en terrain herbeux et en visant ce qui, d’en bas, semble être un col (voir le parcours approximativement retracé sur la photo 9).

La pente se redresse lorsque la végétation disparaît. Le terrain devient alors instable et assez pénible. Heureusement, c’est bref, et l’on parvient ainsi sans trop de difficulté au supposé col, qui n’est en fait qu’un replat (2650m).

Là débute l’arête ouest du Bec de l’Arguille, que l’on a d’ailleurs en vue depuis un moment déjà.

Son premier ressaut est raide, mais bien stable en raison de la végétation.

  • Attention : celle-ci est en partie composée de silènes acaules, prenant la forme de petits coussinets ressemblant à de la mousse. Il faut vraiment éviter de piétiner ces coussinets qui mettent des années à se former.

La suite de l’arête, par endroits si large qu’il est malaisé d’en discerner le fil, est faite essentiellement de gros blocs débonnaires. Attention quand même à assurer son équilibre… D’autant que, si l’ensemble est stable, il peut toujours se trouver quelque pierre d’humeur espiègle pour vous faire tanguer…

Depuis longtemps, on a en point de mire le passage le plus délicat de l’ascension, en l’occurrence le contournement du ressaut sommital, parfaitement vertical et d’une hauteur de sept ou huit mètres.

Le choix est laissé à chacun, entre l’évitement par la gauche (versant nord-est), en terrain délité, assez malcommode, ou par la droite (versant sud-ouest), en bon rocher, mais plus exposé.

  • J’ai pris par le premier itinéraire à la montée, le second à la descente. Je pense que celui-ci (donc, le passage en versant sud-ouest) est somme toute préférable.

Une fois ce contournement opéré, on débouche immédiatement sur le sommet, lequel offre un très beau panorama (Mont Blanc, Grand Paradis, Aiguilles d’Arves, Meije, Rateau, Pic de l’Etendard, Aiguilles d’Argentière, Rocher Blanc, etc…).

Dernière modification : 28 septembre 2018
Épaule du Bec d’Arguille (2688m) par la combe de la Croix

A propos

Auteur de ce topo :

Randonnée réalisée le 22 septembre

Topo publié le 27 septembre

(Avertissements et Droits d'auteur)

Commentaires

Afficher les commentaires précédents (5).
  • par Le 28 septembre à 17h16

    Bien joué ! Il manquait vraiment celui-là. Merci :)

  • par Le 29 septembre à 09h01

    Alors verdict ? Plus ou moins dur que la Grande Valloire ou le Pic du Frêne ?

    Ce Brec c’est l’un des rares pour lequel je n’avais trouvé aucun topo de randonnée. Tout au plus une vague description dans le livre de A. Lutz (Randonnées sauvages dans les Alpes du Nord Tome II), par l’autre versant en montant par le Lac de la Croix). L’auteur le juge plus dur que le Puy Gris.

    P. Pardon ne le décrit pas dans la bible "Belledonne pour tous" (alors que tous les grands autres y sont, sauf...le Grand Pic et la Grande Lance d’Allemont).

    Tu sais ce qu’il te reste à faire ?

  • par Le 30 septembre à 18h21

    Merci bibox !
    Bonsoir Yann,
    par le sud-est (versant lac de la Croix), ça ne doit pas être de la tarte (voir photo 15 du topo de lakiki Epaule du Bec d’Arguille). Mais par là où je suis passé, c’est nettement moins difficile que le Puy Gris ou le pic de la Grande Valloire (le pic du Frêne, je ne sais pas, je ne l’ai jamais fait).

  • par Le 30 septembre à 18h33

    Ha ça c’est intéressant ! J’ai fait le Puy Gris en 1996 et ça ne m’avait pas semblé si compliqué (j’en avais entendu tellement dire que c’était dur, la course ultime limite plus de la randonnée, que j’avais été très surpris). En comparaison l’année d’après je faisais le Toit du Lac de Cos et j’avais trouvé ça bien plus compliqué.

    Bon faut dire que j’étais plus jeune (j’avais 1 an de plus que la moitié de l’âge que j’ai désormais...). Peut-être que je ne dirais plus la même chose aujourd’hui si j’y retournais. Alors si le Bec d’Arguille est plus simple alors ça sera ma prochaine sortie dans Belledonne (en 2019 malheureusement ça me parait compromis pour cette année).

    La Grande Valloire me tente bien mais j’hésite en solitaire... cette dalle sommitale me parait un peu craignos. Le Pic du Frêne aussi. Faut juste que je dégotte un co-équipier.

  • par Le 30 septembre à 18h37

    Question : la voie ne passe pas au Passage Brabant ? Les traces que tu as suivi doivent y mener. Comment est l’arête Nord par rapport à l’arête Ouest suivie ? Surtout le ressaut au-dessus du Passage Brabant.

  • par Le 30 septembre à 18h57

    Pour vos infos :
    Le pic du Frêne par l’arête nord est d’une difficulté équivalente au Puy Gris, voire un peu plus facile en rocher. Mais, après du mauvais temps d’automne le Frêne peut garder un peu de neige dans son couloir à l’ombre.
    https://www.altituderando.com/Pic-du-Frene-2807m-par-l-arete

  • par Le 30 septembre à 19h15

    Je ne suis pas allé au passage Brabant. L’arête nord, pour ce que j’en ai vu (=> la partie haute), semble beaucoup plus aérienne, mais praticable. Le problème, à mon avis, c’est justement la partie que je n’ai pas vue, c’est à dire le ressaut qui domine le passage Brabant. Vu du col d’Arguille, ça m’avait semblé très raide.

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