Bishorn (4153m)

Difficulté :
Alpinisme F
Dénivelé :
2553m
Durée :
2 jours

Le Bishorn est un l'un des 82 "4000" des Alpes. Son ascension est relativement aisée mais nécessite toutefois d'être bien acclimaté et suffisamment entraîné afin de prendre le plus de plaisir possible. Il présente la particularité d'être environné de certains des plus beaux sommets des Alpes (Weisshorn, Obergabelhorn, Zinalrothorn...) ce qui en fait une course somptueuse. – Auteur :

Accès

Le départ de cette course se fait de Zinal (1650m). On y accède par la vallée du Rhône : Martigny puis Sierre et enfin Zinal. Dans le village, se garer près du camping. Il ne reste plus qu’à suivre les panneaux et les marques blanche-rouge-blanche jusqu’à la cabane de Tracuit.

Itinéraire

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Matériel

  • Piolet et crampons, casque, sangles, encordement 50m pour une cordée de 2 ou 3.
  • Swisstopo 1328 Randa ou Swisstopo 284 Mischabel ou encore Swisstopo 47 Monte Rosa.

Difficulté

  • Course de neige et glace classé F.
  • Dénivelée premier jour : 1656m - de 1600m à 3256m
  • Dénivelée deuxième jour : 897m - de 3256m à 4153m puis 2500m de négatif.

Le Bishorn

  • Le Bishorn est souvent appelé « Le 4000 des dames » et a longtemps été considéré comme le 4000 le plus facile des Alpes.
 Cette affirmation est à relativiser. En effet, des téléphériques ont bien facilité l’accès à d’autres sommets : le Breithorn en 1h30 depuis le Klein Matterhorn, le Weissmies en 2h30, l’Allalinhorn en 1h30 qui se font donc facilement dans la journée.
  • L’ascension se fait généralement en deux jours depuis Zinal.

Premier jour

  • De Zinal (1600m) à la cabane de Tracuit (3256m)
  • La montée s’effectue au total en 4/5 heures.

Le premier jour permet une bonne mise en jambes puisqu’il faut avaler 1600m de dénivelé pour atteindre le refuge. Il ne faut donc pas partir trop tard car le repas au refuge est servi à 18h.

La première partie de la montée se fait en sous-bois, que l’on quitte environ vers 2000m après avoir passé le torrent de Tracuit. Dès lors, on voit la vallée s’éloigner en prenant de l’altitude progressivement grâce à de grands lacets. La pente se fait un peu plus forte. Après avoir passé la cascade (qui est visible depuis le bas du parcours), la montée est légèrement moins raide et continue sur un sentier dégagé. Il n’y a d’ailleurs qu’un seul chemin, on ne peut pas se tromper.

Le chemin passe ensuite à proximité de ruines d’un racart où l’on peut éventuellement s’arrêter pour la pause de midi.

La fin de la première étape est marquée par une traversée de moraine assez longue où il faut toujours suivre les marques blanche-rouge-blanche. Un petit passage à l’aide d’une chaine métallique permet d’atteindre l’arête du col entre les Vals d’Anniviers et de Turtmann, où se trouve le refuge (3256m).

Le paysage est véritablement somptueux avec le Bishorn, le Weisshorn, le Zinalrothorn, la Dent Blanche et le Val d’Anniviers.

Le refuge de Tracuit est tenu par le Club Alpin Suisse (section de Chaussy). L’accueil y est correct tout comme le repas. Il faut compter environ 40 € pour la demie pension (repas du soir lors de notre sortie : soupe, poulet aux ananas, salade de fruits). Vous pouvez également y prendre des sandwichs pour le lendemain. Attention, comme dans de nombreux refuges suisses, l’eau est payante (environ 8 € la bouteille).

Le refuge qui est une belle cabane en pierre typique des Alpes suisses devrait être remplacé par un édifice moderne plus grand (début des travaux en juin 2012) afin d’accueillir les alpinistes dans de meilleures conditions.

La montrée jusqu’au refuge peut très bien constituer un but de randonnée (avec éventuellement une nuit à la cabane pour s’immerger dans le milieu de la haute-montagne).

Deuxième jour

  • De la cabane de Tracuit (3256m) au sommet du Bishorn (4153m) puis retour à Zinal
  • La montée s’effectue au total en 3/4 heures.

Les gardiens vous réveillent à 5h (ou 2h si vous partez pour le Weisshorn). Après un solide petit déjeuner, l’ascension du Bishorn peut commencer.

De la cabane, monter à la croix (moins de 100m à l’est), puis traverser le glacier de Turtmann vers l’est jusqu’à un premier col ou, prendre pied sur le glacier tout de suite à proximité de la cabane.

Le plus souvent, il suffit juste de suivre la trace et les cordées. Il faut dans un premier temps se frayer un chemin parmi les crevasses, le glacier pouvant être très ouvert en fonction de la saison.

Puis progressivement la pente s’incline plus fortement jusqu’à la selle entre les 2 sommets du Bishorn.

Il faut enfin se diriger vers le sommet de droite et monter la dernière pente de neige relativement forte (35-40°) pour atteindre le sommet après avoir passé une grande crevasse.

Ensuite, le retour se fait par le même chemin. La descente n’est pas des plus évidente, car il s’agit de redescendre d’une traite les 2500m montés en deux jours. A la base du glacier, le bruit sourd d’une importante chute de séracs suivie du ballet d’un hélicoptère de la sécurité civile suisse en préventif nous rappela aux dangers du milieu de la haute-montagne...

Conditions d’ascension

Idéales, avec un beau soleil durant les deux jours, permettant de bénéficier au mieux des sublimes paysages environnants, mais tout en ayant une température pas trop chaude évitant une transformation trop rapide de la neige le deuxième jour.

  • Course réalisée le 15 et 16 juillet 2010.
Dernière modification : 16 mai 2018

A propos

Auteur de ce topo :

Site web : La Terre vue des Cimes

Topo publié le 7 mai 2012

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Commentaires

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  • par Le 7 mai 2012 à 21h40

    Superbe ! Photos magnifiques et sacrément ambiance ! Alors Benoit, c’est pour que le Weisshorn ? ;-)

  • par Le 7 mai 2012 à 23h07

    De très belles photos en effet ...

  • par Le 12 mai 2012 à 12h35

    Bravo, ça donne envie pour cet été !

  • par mulhouse68Le 11 juin 2012 à 22h28

    Quelqu’un est il déjà monté ce moi ci, et y a t il déjà une trace ?
    Est ce enviseageble avant la fin juin ?

  • par FrançoisLe 15 octobre 2013 à 11h33

    J’ai fait l’ascension le 19 + 20/7/2009. Il y a 2 passages dangereux : la traversée des éboulis avant d’arriver au refuge, suivi de l’ascension d’une petite paroi, avec une chaîne pour se tenir. Le dégel n’était pas terminé et une grosse pierre est tombée dans l’éboulis devant le groupe. Si nous avions été dans la trajectoire il y aurait pu avoir un blessé... On peut toujours se jeter de côté pour éviter une chute de rocher, mais si il rebondit mal à cause des autres rochers, sa trajectoire proche n’est pas vraiment prévisible... Il n’y avait que quelques plaques de neige dans l’ébouli le 19 juillet, mais avant fin juin le passage dans les éboulis et la petite paroi peuvent présenter du danger en cas d’enneigement important !
    Le 20/7, quand on est re-descendu, il y avait encore moins de neige (sur 24h, différence visble !)

    Le début du glacier a l’air "facile", mais les crevasses sont bien présentes, profondes, et s’élargissent une foi la couche de neige percée. On en a longé deux qui étaient impresionnantes : 20cm d’ouverture en surface, mais au moins 1,5 m de large plus bas, avec impossibilité de voir le fond à cause des irrégularités. Celui qui tomberait là dedans sans être encordé, il y a de fortes chances de ne plus le revoir... De plus, le bas du glacier bouge, et impossible de prévoir quand. Il faut donc être bien encordés, pas trop court (au moins 20 m), et s’être entraîné à bloquer la corde avec son piolet en urgence. Ce n’est pas le jour d’un accident qu’il faut apprendre ce réflexe !
    En montée, quelques passages glacés où on a intérêt à avoir ses crampons bien fixés et à ne pas chuter : glissade vertigineuse garantie (champ de neige plus bas > sans gravité si on ne tournoie pas)... Antibottes bien utiles pour les passages enneigés où à chaque enjambée de 50 cm on redescend de 30 cm...
    Pour le reste, je conseille d’arriver au moins la veille du départ à Zinal pour s’acclimater à l’altitude et se roder les jambes avant le dénivelé jusqu’au refuge, sauf si vous êtes bien entraînés...
    Pendant la nuit au refuge du "tracuit", un alpiniste a dû être évacué en hélicoptère à cause d’un oedème pulmonaire (il crachait du sang..) : ambiance....
    Le jour de l’ascension, départ à 6h du matin. Le groupe qui nous précédait était parti à 5h et a rebroussé chemin avant le sommet à cause du vent froid en rafales (50 à 100 km/h qui chassait des particules de neige et de glace) : nous avons "tenu bon" grâce à nos lunettes fermées de ski. Il y avait un superbe soleil au lever majestueux sur le glacier à perte de vue : c’est un moment magique
    Bref, pas de difficultés techniques majeures, mais en montagne, toujours penser "sécurité" et équipement adéquat.
    J’ai fait toute la montée finale avec une veste North Face Triclimate (gore-tex externe avec double fermeture, capuche modulable, doublure amovible en polar fin avec membrane respirante), un T shirt technique épais à longue manche, des gants de ski (-25°c)avec sous gants en soie, un bon bonnet en polar, chausettes techniques et chaussures rigides Bionassy M (decathlon) à 140€. Pantalon-salopette de montagne avec doublure et bretelles. Un polar léger de réserve + T shirt en soie que je n’ai pas mis, dans mon sac. Une couverture thermique en Mylar (au cas où) et un bon pique-nique. Pour l’ascension finale, j’ai enlevé l’armature du sac à dos, pour l’alléger au maximum.
    Au-dessus de 3200 m, c’est plus difficile de trouver son souffle en montée : c’est excellent d’être en cordée (de 3 dans mon cas)car on s’encourage les uns les autres.
    Pendant la fin de la descente vers Zinal, le 20/7, sur la montagne d’en face, un pan de rocher grand comme un immeuble s’est détaché près du sommet et est tombé en faisant un bruit d’orage pour se casser en plusieurs morceaux dont un grand comme une maison... Les occupants du terrain de foot dans le bas de la vallée se sont sauvés en courant très très très vite. L’éboulement n’a pas atteint le terrain, mais a labouré les alpages largement en dehors des éboulis antérieurs. En clair, le dégel peut être tardif en montagne, et la traversée et l’approche d’un éboulis est toujours un risque à éviter quand c’est possible. Sinon, ne pas rester en groupe et toujours regarder par où une fuite rapide est possible. toujours bien observer les couloirs d’avalanche pour s’en éloigner au moindre craquement ou bruit sourd... Ne pas hésiter à abandonner son sac pour s’alléger et gagner de la vitesse. Si il y a des animaux, garder un oeil sur eux : ils sentent souvent le danger avant nous..
    Bref, la montagne, c’est beau : on y retournera !

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