Crête des Rochers de la Balme (2063m) en boucle par la Tête des Chaudières et le Rocher du Playnet

  • Difficulté Difficile
  • Dénivelé 1400m
  • Durée 1 jour
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Avertissements et Droits d'auteur

Grande boucle panoramique offrant deux beaux Pas à gravir, un parcours de crête mémorable et un retour en sentier-balcon qui fait oublier les kilomètres.

Accès

Gagner Monestier-de-Clermont, puis Saint-Guillaume par la D8, peu après, prendre la D242 vers Chateau-Bernard, et au village, prendre à gauche et repérer le panneau Chenevarie ; se garer au mieux près de la fontaine du hameau.

Itinéraire

Présentation

  • Carte :IGN Top25 3236OT - Villard-de-Lans Mont Aiguille
  • Dénivelé : environ 1400 m
  • Distance : environ 19 km
  • Sens : il peut être plus raisonnable de parcourir cette randonnée dans le sens contraire à celui décrit (Pas Morta, principale difficulté, plus facile à la montée qu’à la descente),
  • Difficultés :
    • montée au Pas de la Balme : mur des Sarrasins raide et sangle large mais "déconseillé en hiver" et par terrain glissant
    • descente par le Pas Morta (également "déconseillé en hiver") délicate, demande de la prudence, notamment un passage étroit contre la paroi. Chute interdite.

Topo

Jusqu’aux Rochers de la Balme, suivre l’excellent topo de Valverco.

Au-delà du point coté 2063m (point haut de la randonnée). Poursuivre sur la crête des Rochers de la Balme vers le Sud. Une succession de sommets cotés (ils sont 7) vous emmène jusqu’au Pas Ernadant (1833m). Il est possible de descendre par là, en sachant que l’itinéraire est escarpé, exposé, et certainement pas à la portée de tous.

Préférer prolonger le parcours de crête en passant par le Rocher du Playnet (1994m) et Roches Rousses jusqu’au Pas Morta (1889m), signalé, comme le Pas Ernadant, par une pancarte, alertant sur l’absence d’équipement. La descente de ce Pas, plus facile, demande tout de même la plus grande prudence, notamment par conditions glissantes. Un court passage est très étroit (place pour un seul pied contre la paroi). Ne s’y engager qu’en étant sûr de ses capacités.

Puis, la descente de ce Pas devient plus aisée, et l’on rejoint le sentier du GTV Balcon Est que l’on emprunte vers le Nord jusqu’au Tissonnier, où l’on plonge en forêt pour regagner Chenevarie.

Sortie (17 octobre 2015)

Bon ! Retour en montagne après quelques semaines sur la touche... J’escomptais de belles couleurs automnales, c’est vrai, mais surtout respirer à pleines bronches, prendre le temps et l’air, reposer l’esprit en faisant marcher les pieds. Je laisse mon Pécloz automnal habituel pour le Vercors. J’avais un échec à la Tête des Chaudières à effacer. Je l’attaque par l’autre côté, attiré par les belles photos du court sangle menant au Pas de la Balme.

Arrivée, après une courte nuit, à Chenevarie et sa fontaine. Sur la route, les couleurs de la forêt criaient dès avant l’aube, et la neige s’étalait dès l’au-dessus ! Alléchant ! Je pose le sac sur mes frêles épaules et me presse pour contempler les premiers rayons du Soleil sur la Barrière Est du Vercors, et le Mont Aiguille au loin. Magnifique.

Le parcours en forêt est long, parce que je n’ai qu’une hâte c’est d’en sortir ; mais, aussi, parce que je m’y attarde en me gavant de ces lumières extravagantes... Plus de 300 photos... et ce n’est rien en regard des contemplations.

Enfin je sors de la forêt, pas tout à fait d’ailleurs qu’un aboiement m’alerte. Ce n’est certes pas le chien d’un chasseur, mais un chevreuil, fort désappointé de mon arrivée. Il embarque ses coreligionnaires avec lui, entre enjambées et chevauchées et sans jamais oublier d’aboyer. Soit ! je ne voulais pas vous déranger.

La neige scintille, le sentier noircit. En prenant de la hauteur, le contraste est saisissant. Tiens ! un chamois là-bas, en costume d’hiver. Il me voit, et s’écarte calmement mais sûrement à la descente, vers la forêt.

Et voilà que je croise des photographes ! "Il n’y a que les photographes pour monter de si bonne heure" me lancent-ils... Il faut pourtant se lever tôt pour partir avant moi. Ils l’ont fait. Ils ont pris en photo les bouquetins que j’ai repérés depuis quelques minutes. Je vais les rejoindre (les bouquetins).

J’arrive au Mur des Sarrasins, puis sur le sangle du Pas de la Balme, où la vue est saisissante. Le sangle est large et beaucoup plus court que je l’imaginais ; tellement beau. Au Pas de la Balme, plus aucune trace ! Terrain vierge. Changement de versant. On laisse l’automne à l’Est pour gagner l’hiver à l’Ouest. Je me dirige à vue vers la Tête des Chaudières, en me rapprochant autant que possible de la crête, espérant trouver la sortie du "Goulot" où j’ai lu qu’on pouvait monter...

Beaucoup de traces dans la neige, des chèvres c’est entendu, des renards également. Arrivé au sommet, petit tour d’horizon et inspiration panoramique. Je me dirige alors vers les Rochers de la Balme. Et je dérange bien involontairement une harde de bouquetins : étagnes et cabris s’affairaient. Mais s’affaireront toujours, une fois auront-ils compris que je ne les dérangerais pas.

Il n’est pas loin de midi, je songe au demi-tour. Mais, redescendant du Rocher, je croise un randonneur lequel m’annonce vouloir redescendre par le Pas Morta. Bon... il est loin, ce Pas et je ne suis pas certain d’avoir les forces nécessaires, encore. Je vais manger un peu et réfléchir. Pas longtemps ! c’est trop tentant de faire la boucle.

Hop ! c’est parti pour les montagnes russes sur les crêtes. Le parcours enneigé est aussi beau que le panorama qui s’amplifie petit à petit, gagnant les Grandes Rousses puis les Belledonne... Ce faisant, je rattrape le randonneur cité.

Arrive le Pas Ernadant. Je m’inquiète un peu, ne le connaissant pas, mais ayant lu qu’il était vertigineux. Il est à l’ombre et enneigé... Le collègue du jour s’y lance. On sort le piolet. Après quelques mètres, il faut se rendre à l’évidence : c’est dangereux. Remontée ! Et on poursuit vers le Pas Morta. Je commence à en avoir plein les pattes, plus de 6 semaines sans avoir fait de tels efforts.

Pas Morta ! Pas rassuré !... piolet en main, progression prudente et lente, jusqu’à un passage où il faut y aller contre la paroi, avec seulement de la place pour un pied. Oh, c’est court, 2 mètres peut-être, mais enfin, il ne faut surtout pas tomber !... Stress. Et aide du collègue randonneur, sans lequel j’étais bon pour remonter et refaire toutes les crêtes dans l’autre sens !

Pfiou ! crampes ! bin voyons... le stress fait son effet : des crampes dans les quadriceps. Le sentier redevenant plus paisible, les jambes se libèrent aussi rapidement. Mais il reste une belle ribambelle de kilomètres en sentier-balcon ! Magnifique en-dessous des falaises au-dessus de la forêt multicolore... mais je n’en peux plus ! En pilotage automatique ! je n’aurais pas remarqué un rhinocéros déboulant devant moi.

Je parviens tout de même à profiter pleinement du décor. Et du troupeau de mouflons - quelle surprise ! - qui détale vers la forêt. Avant de retrouver quelques homo sapiens sapiens au moment de replonger dans la forêt vers le hameau. Je descends vite, mais en n’attendant que la fin ! et m’écroule au pied de la voiture. Quelle journée ! va falloir se reposer...

Dernière modification : 20 octobre 2015

Topo publié le 20 octobre 2015