Dientes de Navarino

Difficulté :
Moyen
Dénivelé :
2500m
Durée :
3 jours et plus

Le trek du bout du monde. Un périple de cinq jours en pleine nature sur l’île de Navarino, à l'extrême sud du continent américain. Cinq jours sans se presser car la météo est souvent capricieuse, cinq jours à suivre des marques, des cairns et des bribes de chemin, sans voir âme qui vive, bref l’aventure. – Auteur :

Accès

Départ du trek à Puerto Williams (Isla Navarino).

On accède à l’île de Navarino par bateau (Ushuaia ou Punta Arenas) ou par avion (Punta Arenas).

Pour effectuer le trek, il faut s’enregistrer auprès des carabineros de Puerto Williams.

Itinéraire

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Carte/topo

Quelques chiffres

•Altitude de départ : 0m (Puerto Williams)

•Point culminant : 859m (Paso Virginia)

•Dénivelée cumulée : 2500m

•Distance parcourue : 50 km

Puerto Williams - Laguna del Salto

Nos sacs sont prêts, il ne nous reste plus qu’à remplir les gourdes. Nous voilà partis, sous une pluie fine, pour les Dientes de Navarino. Avant d’entamer le trek, nous faisons un petit détour deux rues plus haut. Il faut d’abord s’enregistrer auprès des carabineros au cas où nous ne reviendrions pas…

A la sortie de la ville, nous suivons un chemin carrossable en direction du Cerro Bandera. Nous passons la Plaza de la Virgen, et longeons le Río Róbalo jusqu’à une cascade. Là commence véritablement le trek. Nous grimpons à travers une forêt épaisse de lengas et coihues. En s’élevant, l’inclinaison des troncs, de plus en plus penchés, témoigne de la force des vents dominants. Plus haut encore, la forêt laisse place à une toundra, terre stérile durcie par le froid, où seuls poussent quelques mousses et lichens. Sortis de la forêt, nous prenons une direction sud-ouest en suivant les marques et cairns et atteignons le Cerro Bandera, balayé par les vents. Au sommet, flotte un grand drapeau chilien. Il fut érigé dans les années 80 suite à la période de dispute territoriale avec l’Argentine. Sans doute est-il toujours là pour rappeler au camp d’en face à qui appartient cette partie de Terre de Feu. Au sommet, nous faisons une brève pause.

La pluie a cessé mais un vent glacial hurle désormais. Au-delà du plateau, se dresse la chaîne des Dientes de Navarino, une rangée de dents hautes de plusieurs centaines de mètres. C’est là que nous allons. Nous traversons le plateau stérile et continuons à flanc de coteau en veillant à ne pas trop descendre vers la vallée mais plutôt rester au-dessus de la limite des arbres. Au bout de la vallée Róbalo, nous voilà au-dessus de la Laguna del Salto, un petit lac bleu en partie cerné de falaises. Depuis le Cerro Bandera, la température a rapidement baissé et il commence à neiger. Il ne nous reste plus qu’à descendre le pierrier qui mène au lac où nous camperons ce soir.

Laguna del Salto - Laguna Escondida

Une succession de trois cols sont au programme pour passer sur le versant sud de l’île. Pour sortir de la vallée, nous longeons la rive sud du lac et trouvons un chemin juste à côté de la cascade qui a donné son nom au lac. Là, une ravine abrupte permet de prendre de la hauteur pour rejoindre le premier col. On grimpe laborieusement, les pieds dans la boue, en s’aidant des racines et des branchages pour ne pas glisser.

Une fois la ravine escaladée, nous découvrons un vallon où serpente un petit cours d’eau. Une fois de plus le chemin disparaît et nous comptons sur les cairns qui dépassent de la neige pour nous guider. En suivant le ruisseau, nous arrivons à un premier col rocailleux, appelé Paso Primero (695 mètres). Le point de vue est magnifique. Un beau champ de neige fraiche dominé par de hauts pics s’offre à nos yeux. Ce premier col n’en est pas vraiment un puisque nous continuons à monter jusqu’au Paso Australia (805 mètres), le véritable col.

Nous faisons une première pause au Paso Australia, profitant d’une belle éclaircie sur la Laguna Del Paso. Sur notre droite, on devine le troisième col. Il faut contourner le lac au sud puis passer entre deux barres rocheuses. Malgré un pierrier instable parsemé de champs de neige glissants, nous atteignons le Paso de los Dientes (765 mètres) sans encombre. Un magnifique panorama s’ouvre devant nous. C’est par là que nous descendons en direction de la partie sud de l’île.

La température est vite remontée et il n’y a quasiment plus de neige de ce côté de la chaîne des Dientes. Notre route suit un petit ruisseau aux eaux cristallines. En bas du vallon, après avoir passé le troisième lac depuis le col, nous virons à l’est vers la Laguna de los Dientes. En descendant au lac, nous entrons dans une zone dévastée par les castors. Des centaines de troncs desséchés gisent sur le sol et semblent figés comme des statues.

Nous quittons ce champ de bataille et rejoignons la Laguna Escondida, la lagune cachée, nichée au pied du Cerro Gabriel. Au bord du lac, nous établissons notre deuxième campement.

Laguna Escondida - Laguna Martillo

Nous laissons les hautes falaises du Cerro Gabriel derrière nous et suivons une petite rivière qui s’écoule depuis la rive sud de la Laguna Escondida. En s’éloignant du lac, on entre dans une vallée qui s’ouvre vers le sud. Nous prenons alors à droite, en direction du Paso Ventarrón. Le col est en vue, nous coupons à l’azimut la petite forêt d’arbres chétifs avant d’entamer la courte montée rocailleuse jusqu’à 696 mètres d’altitude.

C’est un vent polaire accompagné de grêle qui nous accueille au Paso Ventarrón. Malgré des conditions extrêmes dignes du continent blanc, nous apprécions les jolies vues. A l’ouest brillent les sommets enneigés de la Cordillère de Darwin. Au loin, l’horizon brumeux nous empêche de voir distinctement les dernières îles de l’Amérique, l’archipel qui abrite le mythique Cap Horn. Mais on devine sans problème leur silhouette. Les terres qui s’étendent devant nous sont constellées d’innombrables lagunes et petits lacs argentés, des retenues d’eau formées par la prolifération des castors. Un véritable labyrinthe qu’il nous faut traverser sous la pluie durant une bonne partie de la journée.

En arrivant au bord de la Laguna Martillo, nous y trouvons un bel emplacement pour planter notre tente. Le camp est entouré de petits arbustes pour nous protéger des rafales de vent qui viennent du lac. Nous profitons de la fin de journée autour d’un nouveau feu de camp et pouvons admirer les derniers rayons de soleil disparaître derrière le Cerro Clem, majestueux pic qui domine les lieux.

Laguna Martillo - Laguna Las Guanacas

Le point culminant du circuit, le Paso Virginia (859 mètres), est au programme aujourd’hui. Nous quittons notre camp et longeons la rive orientale du lac où des centaines de mètres de mousse imbibée d’eau nous attendent. Peu après une petite péninsule, nous atteignons une minuscule clairière qui fait figure de camp dans la partie nord du lac. Nous continuons encore pendant 5 minutes avant de rejoindre le Río Guerrico. De là, s’ouvre un dédale de marais, barrages de castors et tourbes détrempées.

Nous longeons la Laguna Rocallosa en traversant un éboulis sur sa rive orientale. Puis arrivons sur les berges d’un autre petit lac qui possède un îlot dans sa partie occidentale, la Laguna Islote. D’ici, le Paso Virginia est en vue. On trace alors une ligne imaginaire qui définit le cap à suivre.
A l’orée de la forêt, nous nous reposons dans un pré protégé du vent par les lengas. Nous déjeunons et profitons de la magnifique vue sur les Monts Lindenmayer. Nous quittons les castors et leurs marais et commençons notre ascension. La forêt est rapidement franchie et nous attaquons la montée du col dans un univers rocailleux. C’est un large plateau qui se dessine. Des pierres et des cailloux à perte de vue. Une végétation quasi inexistante.
Au col, la vue plonge de l’autre côté vers le canal de Beagle et les eaux sombres de la Laguna Los Guanacos. La descente vers cette nouvelle vallée est plutôt abrupte mais en se laissant glisser dans le pierrier, on y arrive sans problème.

En bas, il faut suivre un ancien chemin guanaco sur la rive opposée du lac. En quittant ce vallon stérile, nous trouvons un torrent qui jaillit du lac et qui descend vers une vaste zone marécageuse qu’on appelle Laguna Las Guanacas. C’est ici, que nous établissons notre dernier campement.

Laguna Las Guanacas - Puerto Williams

Cinquième et dernier jour du circuit aujourd’hui, nous attaquons la descente jusqu’à la côte. Nous laissons les castors et leurs marais derrière nous et entrons dans la forêt de lengas. Il n’y a plus de marques ou de cairns. Pour progresser dans l’épaisse forêt, c’est un véritable jeu d’orientation. Après une bonne heure passée à enjamber des arbres déracinés par dizaines, nous terminons la descente sur des pentes couvertes de hautes herbes et de buissons de calafate. Finalement, nous atteignons les rives du Canal de Beagle et suivons la route qui mène jusqu’à Puerto Williams où une bonne douche nous attend.

• Plus d’informations et de photos ICI

Dernière modification : 16 mai 2018

A propos

Auteur de ce topo :

Site web : www.alidade.eu

Topo publié le 14 juin 2013

(Avertissements et Droits d'auteur)

Commentaires

Afficher les commentaires précédents (8).
  • par Le 14 juin 2013 à 07h39

    Dépaysant au possible... superbe !

  • par Le 15 juin 2013 à 16h42

    Magnifique !!!! J’adore ces ambiances bout du monde !!!

  • par Le 16 juin 2013 à 18h54

    Salut alidade !
    J’en ai profité pour voir ton site web. De très très belles photos notamment d’Amérique du Sud ! Chapeau !

  • par Le 17 juin 2013 à 19h13

    Merci les amis
    Tant mieux si le voyage vous a plu

  • par heremeLe 21 juin 2013 à 15h13

    Le rejoins Vince. N’hésitez pas à voir d’autres images sur

    http://www.alidade.eu/navarino/index.php

  • par CamilleLe 17 mars 2016 à 21h22

    Nous en revenons juste ! Surpris par la neige le 2 ème jour ! Le paso virgino était très périlleux !

  • par Oliv et VanessaLe 17 septembre 2017 à 11h25

    Salut, et bravo pour ce périple qui semble très exigeant !

    Nous partons dans vos traces avec mon amie et je souhaiterais savoir si il est possible de trouver une carte du trek une fois sur place car l’orientation à l’air difficile.

    Si vous avez des tuyaux à ce sujet, nous sommes preneurs ! Au plaisir de vous lire et bravo pour votre site et vos photos qui sont formidables !

  • par Le 17 septembre 2017 à 14h21

    Désolé je n’ai pas plus d’information que sur mon site web. C’est un trek que j’ai fait il y a 5 ans déjà.
    Le mieux est de chercher un topo guide en espagnol. Sinon il y a des cartes mais elles sont rudimentaires.
    http://alidade.eu/navarino/big/nav0801.JPG

  • par MarineLe 21 avril à 20h37

    Bonjour, je suis actuellement à Ushuaia, j’aimerais aller d’ici qq jours sur l’île de Navarino pour faire cet incroyable trek également. Mais je sais que je suis en saison basse. Je n’arrive pas à trouver d’informations pour savoir si le trek est encore faisable maintenant. Est-ce vous sauriez me dire qqch à ce sujet ? Je sais que l’hiver approche mais il est pas encore là donc... Merci d’avance pour votre aide, l’information est dure à trouver sur internet ou les bouquins.
    Marine Gérard, de la Suisse

  • par alidadeLe 21 avril à 21h01

    Désolé mais je ne vais pas trop pouvoir vous aider sur ce sujet.
    En février, les températures avaient oscillé entre 0 et 20°C.
    Regardez les températures d’Ushuaia, c’est juste en face. A quelques degrés près, vous aurez la même température.

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