Eiger (3970m)

Difficulté :
Alpinisme AD
Dénivelé :
1650m
Durée :
2 jours
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Cet itinéraire à travers la face ouest est à des années-lumière de la classe de la face nord, et n'a pas non plus la beauté de l'arête Mittellegi, mais il a au moins l'avantage de mettre le sommet de l'Eiger à la portée de bien des alpinistes, grâce à un itinéraire complexe, toujours raide mais jamais vertigineux. Quand on sait ce qu'est l'Eiger, et ce qu'il a représenté dans l'histoire de l'alpinisme, on a un sentiment exaltation en atteignant son sommet !

Accès

De Grindelwald, accompagner les hordes nippones dans le petit train du Jungfraujoch. Le train monte jusqu’au Kleine Scheidegg. Là, changement de train, pour prendre celui qui monte au Jungfraujoch. Mais on descend bien vite, au premier arrêt (Eigergletscher - 2320m), situé juste au pied de la face ouest de l’Eiger.

Itinéraire

  • Carte 1 : Swisstopo n°5004 Berner Oberland 1/50000
  • Carte 2 : Swisstopo 1229 Grindelwald 1/25000
  • Office Fédéral de Topographie : Eiger

Itinéraire :

Depuis la station Eigergletscher (2320m), monter par un sentier bien visible en direction de la face ouest. Rapidement on se heurte à de petites barres rocheuses, que l’on peut franchir aisément (II) grâce à des cordes fixes. On arrive ensuite sur un pierrier, situé juste sous la pointe rocheuse du Rotstock. Il y a plusieurs emplacements de bivouac à cet endroit. Je suis monté au sommet du Rotstock (facile, cordes fixes) pour bivouaquer, car cela donnait un meilleur panorama au coucher du soleil, et surtout un peu plus de recul pour analyser la face ouest de l’Eiger. Il y a de grandes dalles au sommet pour poser son bivouac, c’est venteux mais le spectacle du crépuscule sur Eiger-Mönch-Jungfrau en vaut la peine.

Départ à 2h. La frontale s’est révélée presque inutile puisque c’était nuit de pleine lune.

Remonter un pierrier, puis un névé, jusqu’à l’entrée d’une grande cheminée, à 2830 mètres. Le début des difficultés. A peine entré dans la cheminée, on bloque immédiatement sur une goulotte (2850 mètres), la roche est verticale et lissée par le torrent : injouable pour un homme seul ! Repérer alors à gauche une corde fixe rouge qui permet de surmonter à la force des bras un petit mur surplombant de 2 mètres (III, assez physique). Cela permet de "sortir" de la ligne de la cheminée et de prendre pied sur des escarpements raides. Il y a ici pas mal de cairns qui indiquent le chemin, encore faut-il les repérer de nuit. Quelques pas de grimpe facile (II) et quelques pentes raides d’éboulis délités permettent d’atteindre l’altitude de 3000 mètres. Ici on en a déjà fini avec la partie la plus technique de l’ascension.

Dans un grand crochet vers la gauche (sente peu marquée, cairns) on rejoint l’arête nord-ouest à 3100 mètres. Quelle vue sur la face nord ! 1000 mètres au-dessous, 1000 mètres au-dessus... La perspective est impressionnante et permet de jauger le gigantisme de cette paroi. On suit l’arête 5 mn, puis l’itinéraire part en traversée sur la droite, en montant très légèrement, dans des dalles inclinées et des éboulis. A 3200 mètres, bien repérer dans la face ouest un ressaut rocheux, qu’il va falloir éviter par le dessous (traversée pénible mais facile). Il n’y a plus de cairns ici ! J’en ai placé quelques-un mais il en faudrait davantage !

Après cette traversée, on aboutit au pied des séracs du glacier supérieur de l’Eiger, toujours à 3200 mètres. Par des banquettes raides mais peu difficiles, grimper à côté du glacier jusqu’à l’altitude de 3315 mètres. C’est ici que j’ai pris pied sur le glacier (enfin juste sa bordure) et commencé à cramponner. Monter tout droit, plein Est, par une pente raide (40° puis 45°) en direction de la légère dépression du Chlyne Eiger. J’ai eu droit à la neige fraîche du début août, 30 cm environ, donc assez épuisant pour progresser. A 3450 mètres, avant d’atteindre la crête, tirer sur la gauche pour rester dans la face ouest et aller directement à la rencontre du sommet. La face est raide et uniforme (entre 45° et 50° selon les passages). Après des heures d’efforts on débouche sur l’arête nord-ouest, à environ 3900 mètres. Il suffit alors de suivre l’arête de neige facile jusqu’au sommet de l’Ogre !!!

Cela fait longtemps que l’idée me trottait dans la tête de gravir ce sommet. Longtemps j’ai cru qu’il n’y avait que des voies difficiles sur l’Eiger. J’ai été content de découvrir que cette face ouest est tout à fait abordable en solo, à condition d’avoir le pied sûr. Car en effet certains passages sont très délités (beaucoup d’éboulis roulants posés sur des dalles déversantes). Même en faisant attention je me suis retrouvé plusieurs fois sur les fesses. La descente est bien plus dangereuse que la montée. Je ne saurais que trop déconseiller cette course lorsque la visibilité est mauvaise et le terrain humide : le danger serait décuplé. La face est assez paumatoire, surtout dans la traversée à 3200 mètres, où il n’y a pas de cairns. La preuve pour moi à la descente : malgré une visibilité parfaite et le fait d’être passé ici-même le matin, je suis resté bloqué une heure pour retrouver le bon itinéraire !

Autre conseil : ne pas se précipiter dans la descente pour "attraper" le dernier train, ça serait vraiment un coup à se péter la gueule. Pour ce qui est de l’horaire : il me semble essentiel de bivouaquer au Rotstock, et de partir très tôt (2h ou 3h du mat’), pour se laisser de la marge et faire la descente tranquillement. La pente est toujours un peu exposée (inclinaison générale : 45°, sur 1200 mètres !) mais jamais vertigineuse.

Dernière modification : 16 mai 2018

La carte du topo « Eiger (3970m) »

Ouvrir en grand !

Chargement de la carte en cours