Abonnez-vous à notre newsletter !

Grand Armet (2792m) par le vallon du Rochier, en boucle.

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
2000m
Durée :
9h

Voilà un des terrains d'aventure ultime pour randonneurs, avec de nombreux morceaux de bravoure. Pour montagnards aguerris à la petite escalade rocheuse. Le versant d'ascension est très raide avec des difficultés qui mettent l'engagement au plus haut degré, alors que l'on ne peut pas s'assurer. L'orientation est au cœur de tout en ces lieux à la fois extraordinaires et terrifiants. Mon topo raconte comment j'ai raté le passage clé de l'ascension et j'espère que mon expérience, heureusement bien terminée, pourra servir à ceux qui ont l'ambition de gravir le vallon du Rochier ou d'autres parcours alpins du même acabit. Mais on ne monte pas par là simplement par défi, il faut surtout y mettre beaucoup d'amour. – Auteur :

Accès

Le parking départ se situe au hameau de la Chalp, juste au-dessus, sur la route du col d’Ornon, dans son versant sud.
La route du col d’Ornon se prend soit du côté de Bourg d’Oisans sur la D 1091 ou du côté d’Entraigues, village à l’est de la Mure.

Précisions sur la difficulté

La principale difficulté de ce topo reste l’orientation et la recherche de l’itinéraire notamment de son passage clé.

Le dénivelé proposé est très copieux.

Bien que ne dépassant rarement l’escalade en pas de II, certaines portions sont très raides. Regards vers le bas souvent impressionnants.

Au cœur du vallon, une barre rocheuse se passe par une diagonale exposée sur un terrain glissant. Quelques pas sont délicats avant de gagner le vaste couloir supérieur menant à la cime. On évolue sur un terrain absolument non balisé à la montée.

L’arête nord-ouest (voie normale) que l’on emprunte pour la descente, est aussi peu simple et usante à parcourir sur un terrain entièrement minéral et non tracé.

On y trouve plus de cairns et notamment ensuite dans la descente du col de Combe Oursière, en versant est, où se diriger au mauvais endroit peut être piégeux. On retrouve un sentier seulement à partir de la montée sur Plancol avant de plonger vers la route du col d’Ornon.

Le brouillard et la pluie sont absolument à proscrire. Bien anticiper la météo sur toute la journée. Une belle matinée avec une après-midi chargée peut être risquée.

Exposition aux chutes de pierres moins prononcée que je pensais, vue d’en bas, mais quand même, et faire attention aux familles de caprinés qui parcourent les lieux. Casque obligatoire.

Les infos essentielles

  • Carte IGN : TOP 25 - 3336 OT la Mure - Valbonnais et TOP25 - 3336 ET les Deux Alpes - Olan.Muzelle PN des Écrins
  • Altitude minimale : 1037 m
  • Altitude maximale : 2792 m
  • Distance : environ 14 km
  • Horaires : comptez 9 h

Itinéraire

Ouvrir en grand !

Chargement de la carte en cours

Introduction et avertissement

L’ascension du vallon du Rochier est extrêmement sauvage et vierge de quasiment tout balisage (de rares cairns en bas). Très raide, il n’y a pas d’autre replat que les dalles de l’ancien glacier, sous le ressaut final, haut de 600m ! Il ne serait aussi pas évident de redescendre, si on devait buter sous celui-ci.

À part deux cordes fixes dans les premières portions, aucun équipement n’est présent sur tout le parcours et il est presque impossible de s’assurer étant donné la nature du terrain. Éventuellement quelques petits coinceurs peuvent être mis en place dans le passage clé.

La première partie : jusqu’aux dalles de l’ancien glacier

Sur le parking (1037m), bien repérer le versant d’ascension, au-dessus à l’ouest (photos 1 et 2).

Hors sentiers, rejoindre la croupe herbeuse, plus exigeante qu’on ne le croit au départ, pour gagner le pied, sur la gauche, des dalles blanches qui bordent le ruisseau du Rochier (photo 2).

Il faut grimper le long, en restant à droite des cascades, sans trop s’en éloigner. Escalade facile sur du bon rocher, en pas de II. Une corde est en place pour nous aider à franchir cette raide portion.

Plus haut, il est difficile de continuer à monter en restant proche du ruisseau. Il faut contourner plus à droite, par-delà un ressaut fourni en végétation (photo 9), avant de ressortir de nouveau sur des dalles où l’on trouve une corde sur un court passage (photos 10 et 11).

Continuer de remonter le ruisseau sur la droite pour éviter d’évoluer sur l’autre rive, très boisée (photo 15). Mais rejoindre la rive opposée dès que possible alors que les arbustes deviennent plus clairsemés.

On bute face à une barre rocheuse. Repérer une fine rampe herbeuse en diagonale de droite à gauche et la gravir. Délicate et exposée, elle est un premier obstacle de taille car une fois franchie, il n’est pas évident de pouvoir la redescendre en toute sérénité, si on veut faire marche arrière (photos 16 et 17).

Ensuite, la barre rocheuse suivante se contourne par la droite, alors que l’on croit pouvoir passer de l’autre côté, au pied d’une fine cascade par des blocs sur le ruisseau (photo 18 où je me trouve un peu trop haut).

Toujours plus haut, dans ce magnifique vallon, on débouche sur la plus belle cascade du site, en plein centre du vallon (photo 19 et de couverture). Il est possible de la contourner de chaque côté. J’ai pris à droite (photos 20 à 26).

On débouche alors à plat, sur les grandes dalles polies par l’ancien glacier dont il reste les fragments les plus importants sur notre gauche. L’endroit est grandiose sous les immenses falaises.

La deuxième partie : des dalles de l’ancien glacier jusqu’au sommet du Grand Armet (2792m)

C’est la partie la plus difficile qui commence et aussi la plus intimidante, vue de dessous. En levant la tête, on repère deux sommets jumeaux pointus et pyramidaux que l’on a en point de mire dès le départ de la "randonnée". L’ascension va se poursuivre à leur gauche, dans le vallon supérieur où l’on distingue d’abord un système de vires et des croupes herbeuses au milieu des roches (photos 22,23 et 26).

Au fond de l’ancien cirque glaciaire, plutôt sur la gauche, remonter des dalles faciles, peu inclinées (photos 27 et 28) avant de traverser sur la gauche pour rejoindre une première rampe herbeuse (de droite à gauche), peu raide aussi (photos 28 et 29). En haut de celle-ci, gravir au mieux, sur la droite, des gradins aisés en se dirigeant sur les parois.

On arrive devant une seconde rampe, bien raide et rocheuse, avec une dalle ocre, au départ, sous un bombée jaune. Pas dur techniquement, une grande dalle verticale s’évite par la gauche avec un petit ressaut d’un mètre qui nous mène dans un petit repli où on peut trouver de la neige. Un pas délicat, en III, nous permet de repiquer en opposition, sur la droite. Il faut remonter ensuite dans des gradins pentus puis une raide rampe, en pas de II, pour gagner le grand couloir supérieur.

Le paragraphe précédent est la description du passage clé de l’ascension. Celui qu’il faut impérativement trouver. Vous n’aurez pas de photos de ce passage car je me suis trompé en montant juste sur sa gauche par une rampe très étroite, plus de l’ordre de la bonne fissure (photo 37).

Ce topo est aussi l’occasion pour moi de vous montrer ce qu’il ne faut pas faire ici. Mon expérience qui s’est heureusement bien terminée, se doit à la chance et à la bêtise que j’ai réussi à trouver un passage sur une fine vire et au prix d’un travers rocheux très engagé sur une dizaine de mètres, avec des prises correctes certes mais peu nombreuses, au-dessus d’un vide qui aurait pu m’être fatal. Après m’être retrouvé dans un petit creux, avec une gouille d’eau, j’ai continué au plus facile sur une raide rampe, mais simple en pas de II (photo 39), pour déboucher du mauvais côté de l’ancien torrent central, du couloir supérieur. Par bonheur, j’ai eu le vif soulagement de pouvoir réussir à le traverser sur la droite, confortablement, un peu plus en amont. Je me suis juré que je ne me retrouverai plus dans ce genre de situation, due surtout à une préparation trop fragile et de ma précipitation à vouloir franchir sans avoir assez cherché. Ne pas prendre un passage sans être sûr que ce soit le bon, surtout pour une grimpée comme celle-ci...

En haut de la première rampe herbeuse, après les gradins, il était naturel aussi d’aller explorer encore plus à gauche mais cela mène, en suivant l’herbe, encore plus nulle part.

Je vous invite à acquérir le superbe ouvrage de Pascal Sombardier, Alpes, randonnées insolites et spectaculaires, du Léman à la Méditerranée, qui présente ce topo avec de magnifiques photos, dont une grande du passage clé. Cette seconde rampe est aussi bien visible sur ce site internet dont je vous pose le lien, ici. Au moins les 3 photos suivantes, sur ce site, sont à regarder aussi.

Une fois, le passage clé franchi, le très vaste couloir supérieur propose encore près de 400m de dénivelé à gravir. Mais pour les randonneurs chevronnés à qui s’adresse ce topo, les grandes difficultés sont passées. On peut choisir ses lignes de montée sur ce terrain mi-herbeux, mi-rocheux. On peut commencer par suivre le lit de l’ancien torrent, au centre, ou évoluer sur la droite, en direction de la crête, entre de beaux monolithes. Le terrain est bien pentu mais la grimpe est facile. La présence, plus dense, de l’herbe annonce l’arrivée au sommet (2792m) qui redevient alors complètement minéral ! (photos 44 à 58)

Retour : 11km du sommet au parking

Du sommet, suivre l’arête nord-ouest, dite de la Grisonnière, visible à gauche du Taillefer (photos 59 et 68). Entièrement minérale et sauvage, il est plus fastidieux de la suivre sur le fil, tout du long. Le plus simple étant de tirer le plus à plat possible, en dessous, sur des "sentes" plus ou moins praticables. D’abord en versant est (photo 71), on est obligé de remonter pour passer en versant ouest avant les deux petits sommets voisins, au milieu de l’arête (photos 73, 76 et 77). On retourne ensuite en versant est pour finir la raide descente sur un terrain bien alpin vers le col de Combe Oursière (2446m).

Descente sauvage du versant est du col. D’abord plein centre (photo 88), il faut suivre les cairns qui nous font progresser à gauche où on trouve aussi ensuite un peu de végétation. Les cairns nous ramènent ensuite complètement à droite, dans un travers descendant en direction du torrent (photo 89) que l’on atteint en amont d’un large névé résiduel. Il faut suivre des traces de peintures jaunes (photo 90) qui nous font descendre un goulet (photo 91) après lequel on retourne complètement à gauche pour finir toute la descente de ce côté là.

Je vous ramène au topo d’Alain qui décrit aussi la descente du versant est du col de Combe Oursière.

On atteint le plateau à la cote 1713m et il faut traverser les ruisseaux pour gagner le sentier balisé du col de Plan Col que l’on avait en face toute la descente précédente (photo 93). Ne pas descendre dans le vallon de Vaunoire, en direction de la cabane. On remonte donc à l’est sur un sentier très agréable et peu pentu pour atteindre rapidement Plancol (1872m).

  • Quelqu’un sait-il si on peut atteindre directement Plan Col sans descendre à la cote 1713, en restant le long du torrent, plus haut en rive droite, puis prendre dans la forêt, au-dessus des falaises (photo 93, tout à droite) ?

Bref, de Plan Col, suivre le sentier balisé en direction du col d’Ornon. Très aérien, il possède de nombreux passages câblés et malheureusement de nombreuses courtes portions montantes, dans sa première partie qui effectue un incroyable travers au nord-est !

Sa seconde partie est une belle descente en lacets, très régulière et efficace, dans la forêt. Remarquable sentier. On atteint ensuite la route quelques hectomètres sous le col d’Ornon, dans son versant sud.

De là, deux options. En descendant d’abord la route dans toute sa première grande ligne droite (sentier possible aussi en arrière pour éviter le goudron), après un léger changement de direction vers l’est, prendre un sentier sur la droite qui va descendre tout droit puis rester toujours en rive gauche de la rivière du Grand Merdaret. On rejoint de nouveau la route finalement pour traverser sur le gué sous le hameau des Bosses (église), de la commune de Chantelouve, et on la garde jusqu’au parking.
La deuxième option, c’est de tendre le pouce dès que l’on gagne la route sous le col d’Ornon !

Dernière modification : 27 août 2019
Grand Armet (2792m) par le col de Combe Oursière (en traversée) et l’arête nord

Sensibilisation

Pour une montagne plus propreLe milieu que vous allez traverser durant cette randonnée est fragile. Faites attention à la flore et ne dérangez pas la faune locale. Rapportez vos déchets chez vous et ramassez aussi ceux que vous trouverez. Vous soutiendrez ainsi le mouvement KeepTheMountainsClean

A propos

Auteur de ce topo :

Randonneur avec de l'alpinisme F à PD dans la tête. J'aime les grandes boucles et les sommets. J'essaye de progresser en géographie alpine.

Crédits :

Pascal Sombardier.

Randonnée réalisée le 18 août

Topo publié le 24 août

(Avertissements et Droits d'auteur)

Commentaires

Afficher les commentaires précédents (6).
  • par Le 24 août à 07h40

    Joli !, Je l’avais dans un coin de ma tête celui là, mais à l’automne ! Les photos de P. Sombardier à cette période font rêver.

  • par Le 24 août à 15h43

    Nul doute que c’est ton plus beau topo.
    Partir en solo sur des itinéraires de cet acabit procure beaucoup de satisfaction... lorsque le danger est passé :)
    C’est normal de tâtonner, c’est ce qui fait aussi l’intérêt de ces courses engagées. Tu es "mûr" pour la rampe des Ailes !

  • par Le 24 août à 20h43

    C’est clair que les photos en automne sont parfaites. J’avais hésité à faire le Pic Bayle, ce jour là, mais ce vallon du Rochier m’attirait trop. Merci pour les retours. Si un de vous passe par là, on aura au moins une photo maison du passage clé. La rampe des Ailes et le pic Ponsin, peut-être au programme Dévoluy 2020.

  • par Le 26 août à 01h10

    Superbe, Rémi, et en solo en plus !
    Le Grand Armet je l’admire d’en-bas, de loin, de partout, mais je n’irais pas dessus, pas pour moi !
    Merci d’avoir pris toutes ces photos...

  • par Le 26 août à 14h41

    Merci Nadine ! C’est en le voyant de l’arête de Brouffier, sur le Taillefer, que ce Grand Armet m’avait alors attiré.

  • par jeandouLe 26 août à 19h29

    belle ascension il faut y monter dans ces couloirs trop hard for me !
    deja plan col il ne faut pas faire d’erreur ce sommet c’est encore une autre dimension

  • par Le 26 août à 20h38

    Nadine, la voie de l’arête n’est pas si difficile, suffit de trouver quelqu’un pour t’accompagner.

  • par Le 26 août à 22h58

    C’est un des problèmes, Alain, mais pas le seul !

Chargement en cours Chargement en cours...
Veuillez patienter ...
Nouveau commentaire
Nous vous conseillons de vous connecter !

Astuce : Si votre commentaire est long, aérez-le en créant des paragraphes. Pour cela, il suffit de laissez une ligne vide entre ceux-ci !