Grand Coin (2796m) face Est et couloir Est à ski.

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
800m
Durée :
demi-journée

Raides couloirs peu exposés, plein soleil au-dessus de la superbe et sauvage combe de Cléry. C'est une approche en douceur du ski de pente raide. – Auteur :

Accès

Lanslebourg, haute Maurienne, Col du Mont Cenis D1006.

En version "ski de printemps" :

Route du Mont Cenis depuis Lanslebourg que l’on remonte en fonction de son déneigement naturel ou réalisé par l’Équipement, jusqu’au chalet de la Ramasse (2000m), départ de la rando.

En mode "hiver" :

Le télésiège de la Ramasse à Lanslebourg amène au chalet de la Ramasse, départ de la rando.

Itinéraire

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Approche en douceur du ski de pente raide. Il faut néanmoins se méfier des corniches sur le versant E où se trouvent les couloirs qui peuvent être très chargés/plaqués.

FICHE TECHNIQUE

  • Carte : IGN TOP25 3634OT
  • Dénivelée : 800m
  • Difficulté : 4.2/E2, suivant les couloirs (il y en a trois du Sud au Nord de la face) 300 à 200m/42° en moyenne.
  • Horaire : 3h/3h30 à la montée depuis La Ramasse.
  • Distance : 4,5km à l’aller (dont 2,2km pour la piste du Pont Lapouge).
  • Site web

ITINÉRAIRE

  • Du chalet de la Ramasse (2000m), prendre la piste d’alpage qui mène au pont Lapouge (2137m), 1h/1h15.
    La piste est souvent encore complètement skiable début mai, puis se déneige rapidement.
  • Du Pont Lapouge, remonter les raides pente Nord-Est au-dessus des ruines du Suiffet, ou directement Est, jusqu’à l’antenne relais (Oreille de Mickey- 2660m), 1h45.
  • De l’antenne, suivre la croupe arrondie jusque à 2750m/0h15, et atteindre le sommet 50m plus haut (0h15) soit :
  • Par l’arête assez aérienne au-dessus des couloirs (ce qui permet de repérer celui qu’on veut skier). L’arête peut être cornichée donc délicate.
  • Du pied de l’arête à 2750m faire un crochet en versant Ouest (au-dessus de lac de Solière) et remonter une pente soutenue jusqu’au point culminant.

Descente : Par l’un des trois couloirs de la face Est, ou les pentes Nord-Est plus faciles.

  • À l’aplomb du sommet, 300m/42°, couloir soutenu étroit, qui amène dans la combe de Cléry.
  • À l’aplomb de "l’antécime", idem mais avec une entrée large, qui amène dans la combe de Cléry.
  • À la cote 2750, 200m/42°, couloir plus large avec une étroiture, qui amène dans la combe de Cléry.
  • Sous les "oreilles de Mickey" une pente large 150m à 35°, qui amène dans la combe de Cléry.
  • La croupe N et les pente NE jusqu’aux ruines du Suiffet, 500m-30° avec passages à 35° suivant où l’on skie.

Couloir Est du Grand Coin, 26 Mai 2016.

Compte à rebours

Cela fait des années que j’ai ces couloirs sous les yeux depuis la maison à Bessans. À loisir au printemps je me régale des levers de soleil, du brouillard du Mont Cenis qui encapuchonne ce modeste mais massif sommet.

La semaine dernière en passant à son pied lors de ma balade au pas de la Beccia, encore une fois je me résignais. Les couloirs sont in-skiables ce début Mai, ravagés par des avalanches.

Mais c’est sans compter sur une météo favorable qui, ces deux dernières semaines, a replâtré la montagne !

Alors il faut saisir l’occasion, un compte à rebours se met en place.

23 Mai, il neige à Bessans, 30 à 50cm au-dessus de 2500m sur la chaîne frontalière.

24 Mai, retour du beau temps mais frais, ça transforme peu, la montagne est étincelante.

25 Mai, il fait chaud, ça pète de partout, de monstrueuses coulées partent dans les versants Sud du Châtelard au-dessus de la maison.

26 Mai, 5h45 je suis à la Ramasse, il fait déjà clair, mais doux. J’active le pas, il faut que j’arrive à 9h au plus tard au sommet pour que les couloirs ne soient pas trop "mous".

6h30, pont Lapouge, je chausse et dépasse les ruines du Suiffet. J’ai 500m à remonter au mieux dans les grandes pentes déjà au soleil.
Ça chauffe, rapidement les pentes "décaillent" et sont "limite" portantes.

8h30 sur la croupe arrondie j’atteins les "oreilles de Mickey", en versant Nord c’est encore gelé. Je tire droit vers l’arête.
Un gros rocher, et puis une longue crête ourlée, superbement cornichée domine les deux premiers couloirs Est. Elle est impraticable, la neige est déjà molle. Alors je décide d’en rester là, dans ma petite brèche au soleil où je m’équipe.

9h, quelques photos, je bloque les chaussures, vérifie les fix’, ça tient, le casque, et zou !

Quelques agréables virages en pente douce m’amènent dans l’entonnoir du 3ème couloir.

Une gueule ouverte, béante sur la combe de Cléry 500m plus bas.

Premier virage. Prudence. Je sonde avec le bâton, assure mes appuis. Le regard dans la pente fuyante, j’enchaîne, la contre-pente est excellente, en neige dure avec un super grip. La confiance est là, le plaisir extrême.

La pente s’accentue, le couloir se rétrécit, je suis dans l’étroiture. Les rochers sont apparents, méfiance, la neige est molle, difficile à skier.
Je dois faire attention, c’est instable, ça peut partir, moment d’angoisse. "Mais qu’est-ce que je fous là ?", je m’en veux.

Virages sautés je dégage sur l’autre rive. C’est encore plus mou, la contre-pente est encore plus raide... Mauvais plan...

Virage, ça part. C’est lourd, lent, ça malaxe, mes skis s’enfoncent dans la mélasse. Je plante mes avant-bras dans la neige pour faire ancrage. Je sors de la coulée par une traversée rapide. J’ai juste descendu quelques mètres... Mais la coulée balaye les 100m restant du couloir.

Dans son sillage maintenant je skie, j’enchaine, le plaisir est à nouveau là, l’angoisse oubliée.

Un quart d’heure, il n’aura pas fallu plus de temps pour skier le couloir. Mais un quart d’heure de bonheur, d’émotion, de questionnement... Ce fut intense.

Il ne reste plus alors qu’à retrouver les marmottes au creux de la combe, se laisser glisser au gré des mes envies, le cœur léger, avec la satisfaction d’avoir skié cette pente..

Dernière modification : 17 octobre 2018
Fort de la Turra (2507m) par le Col du Mont Cenis

A propos

Auteur de ce topo :

Piqué à la montagne depuis l'age de 6 ans après avoir atteint peniblement le mont joli et je suis tombé amoureux du mont blanc. Ce jour la je me suis dit qu'un jour j'irais là haut. Il y a bien longtemps que j'y suis allé au sommet du Mont blanc, et la passion de l'alpi, la rando et ski de rando ne m'a toujours pas laché ! Et que ça dure longtemps encore (...)

Topo publié le 30 mai 2016

(Avertissements et Droits d'auteur)

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