Grand tour dans la chaîne des Fiz - Platé

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
10350m
Durée :
3 jours et plus
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Au Pays du Mont Blanc, entre les Communes de Passy - Sallanches - Samoëns - Sixt Fer à Cheval - Vallorcine et Chamonix un tour de 8 à 9 jours au milieu des Lapiaz du Désert de Platé. Et, en prime, quelques petits écarts hors des sentiers classiques. Si vous n'avez qu'un seul Tour de Pays à faire c'est bien celui là.

Accès

Départ : Parking de la Cascade de l’Arpenaz) à Sallanches (74).

Itinéraire

Participants : Annie et Maurice (pour le tour complet) et Lucile, Françoise et Monique (pour une partie seulement).

Dénivellation : environ 10350 m (positif et autant de négatif).

Temps : 40 h 30.

Carte IGN : 3530 ET Samoëns Haut-Giffre.

Difficulté : Quelques passages aériens - un peu d’escalade facile - des passages équipés d’échelle - corde et câble.
Nous n’avions pas emporté de corde, mais une de 20 mètres peut être utile si des personnes ne sont pas trop sur d’elles.

Jour 1

Nous nous faisons déposer à la Cascade de l’Arpenaz par Patrick, le mari d’Annie, car nous n’avons pas l’intention d’abandonner un véhicule aussi longtemps en ce lieu trop fréquenté.

Je ne vais pas vous détailler le circuit de ce trek, il suffit de lire les croquis ci-joint et d’étudier la carte IGN.

Pour cette 1ère journée, il y aura une montée bien raide sur sentier câblé pour rejoindre le passage du Lançoir. Ce passage n’est pas difficile en soit. Il s’agit d’une traversée à flan d’une barre rocheuse sur une sente d’environ 1 mètre de largeur sur quelque centaine de mètres.

Un peu plus haut, avant la Tête de Lassy, une échelle d’une trentaine de mètres est à gravir.

Ce samedi 27 juin, c’est les feux de la Saint Jean et, par tradition au Pays du Mont Blanc, de nombreux sommets sont éclairés par des bénévoles ce soir là. Un groupe du CAF de Sallanches nous rejoint au très sympathique petit Refuge de Véran. Au passage, il est à préciser qu’il n’y a pas de restauration en ce lieu tenu par des bénévoles du CAF qui changent chaque semaine.

Pour nous, la nuit sera courte, car nous avons accompagné une des équipes devant éclairer la Tête de Lassy et ensuite attendu les autres équipes pour déguster avec eux une bonne fondue.

Encore merci à cette joyeuse équipe pour cette excellente soirée.

Pour cette 1ère journée nous aurons au compteur 1253 m de positif et 213 m en négatif. Temps : 4 h 00

Jour 2

C’est lorsque le soleil arrive au refuge que nous le quittons (8h15). Au menu du jour la Cheminée de Monthieu en guise d’échauffement suivi par la Tête du Colonney. Bien que non carté, une sente existe bien après la Cheminée de Monthieu pour gagner rapidement la Tête du Colonney. Cet itinéraire n’est pas équipé et quelques pas d’escalade sont nécessaires pour franchir plusieurs passages rocheux. J’ai treuiller avec une ficelle le sac d’Annie qui avait peur d’être déséquilibrée dans un passage un peu délicat.

Pour cette seconde journée, nous aurons atteint la Tête du Colonney en 3h15 et le Refuge de Platé en 5h45 (D+ : 1303 m et D- : 917).

Au refuge nous sommes en pays de connaissance car nous retrouvons 3 copines, Anne, Isabelle et Pascale avec 6 enfants de 7 à 16 faisant un tour de 3 jours avec nuit à Platé et Anterne Alfred Wills. Nous passerons donc deux soirées avec ce sympathique groupe.

Jour 3

Lorsque j’ai étudié ce parcours et fait ces croquis, ma 1ère idée était de passer la nuit au Refuge de Sales. Je me suis ensuite rendu compte que l’étape du lendemain ne serait pas de tout repos, surtout que le surlendemain ce sera encore un gros morceau. Donc cette journée est sur deux croquis car nous passerons la nuit à Alfred Wills (sur croquis suivant).

Pour cette journée, nous allons sortir un peu des sentiers battus dès le Col de la Portette franchi. C’est en effet au pied de ce col que nous quittons les sentiers balisés pour traverser les lapiaz du Désert de Platé. Un peu long cette traversée mais bien agréable de serpenter dans ces lapiaz en direction du Col de Platé puis de la Tête Pelouse en aller-retour.

C’est ensuite une descente sur le Refuge de Sales où nous décidons la pause de la mi-journée. Là nous retrouvons les 3 copines et leurs 6 enfants.

Nous repartons tous ensemble. Très vite je m’aperçois que les 2 plus jeunes (un peu plus de 7 ans pour l’un et presque 7 pour l’autre) ne désirent qu’une chose avancer un peu plus vite. Ils sont canalisés par les 2 plus grands. Je propose aux mamans d’emmener ceux qui veulent nous suivre.

C’est donc avec les 2 petits et les 2 grands que nous poursuivons sur la Cascade de la Pleureuse, puis la montée sur le Collet d’Anterne. Et bin, la jeunesse çà avance. Un des 2 jeunes menait la cadence ne voulant pas être dépassé. Comme le second marchait un peu moins vite, je suis resté avec lui, les 2 grands restants avec l’autre, mes camarades étant un peu en arrière.

C’est au refuge Alfred Wills que nous devons retrouver Françoise, Lucile et Monique qui nous rejoignent pour quelques jours. Elles sont arrivées par le refuge de Moëde d’Anterne et le Lac d’Anterne.Elles sont là avant nous et guettent notre arrivée. Lorsqu’elles voient un premier groupe de 3, elles pensent que c’est nous, pourtant les démarches ne correspondent pas. Ensuite vient un second groupe de 4.

Ce ne peut être eux (nous) pensent-elles dans un premier temps car il y en a un de trop. Pourtant, au fur et à mesure de l’approche, l’un est chapeauté ce ne peut être que Le Mich. Tiens il donne la main à un gamin. Bizarre tout çà. Mais oui, c’est bien eux.

Pour cette journée tout de même D+ : 1424 m et D- : 1576 m pour un total de 8h10.

Jour 4

Ce matin nous quittons les mamans et les enfants et poursuivons avec notre groupe au complet pour quelques jours.

C’est sans doute l’étape la moins intéressante de cette balade, mais il faut bien rejoindre le Refuge de Grenairon pour avoir une bien sympathique montée le lendemain.

Tout de même un passage agréable lors du franchissement du Giffre des Fonts en aval du hameau des Fonts dont un pont a été emporté et remplacé par un pont câblé digne des ponts népalais. Nous atteignons Grenairon en même temps que les premières gouttes. On l’a échappé belle. Ce ne sera pas le cas pour les 2 autres clients du Refuge pour la soirée. Six + deux dans un grand refuge, c’est tout de même bien à cette époque pas trop chargée.

Pour aujourd’hui c’est 6h15 et D+ 1199 m pour D- 1078 m.

Jour 5

C’est aujourd’hui que nous atteindrons le point culminant de notre trek avec le Buet et ses 3096 m. La jolie arête des Frêtes du Grenier est beaucoup plus jolie que la traditionnelle montée par le vallon de Bérard (côté Vallorcine).

Pour atteindre le sommet, un passage câblé sans grande difficulté qui se parcourt tant en montée qu’en descente.
Ensuite c’est une longue descente sur le Refuge de la Pierre à Bérard.

Le petit refuge est bien rempli et c’est au son des ronfleurs que nous passerons la nuit.

Pour aujourd’hui, D+ 1468 m et D-1515 m en 7h15.

Jour 6

Pour passer le Col de Salenton nous remontons une partie de la descente de la veille, mais pas moyen de faire autrement si ce n’est un bivouac.

De l’autre côté, c’est encore une bonne journée qui nous attend : Dès la fin de la descente, avant les chalets de Villy, nous franchissons le torrent de la Diosaz et nous quittons, une fois de plus les sentiers cartés pour gagner le Col des Chaux et ensuite encore un peu de terrain délicat pour atteindre la Tête de Villy. Ici aussi, lorsqu’on n’est pas certain que son groupe va passer, un morceau de corde peut être bien utile.

C’est ensuite la Tête de Moëde et entre le Col d’Anterne et le refuge que notre groupe de six se sépare, Françoise, Lucile et Monique nous quittant pour regagner leur point de départ (le Chatelet).

Un petit conseil, ne pas prendre de fondue ici. Bien qu’elle soit très bonne, elle est servie sans rien d’autre si ce n’est un yaourt. Repas bien léger après une journée d’effort.

Encore une bonne journée avec D+ 1445 m et D- 1380 m en 7h15.

Jour 7

Nous sommes donc à nouveau 3. C’est à 8h00 que nous quittons Moëde d’Anterne pour rejoindre Platé en passant par la Chorde en descente (encore un passage équipé de corde ou chaîne) puis le Passage du Dérochoir que nous montons. Les échelons, chaînes ou cordes sont en parfait état. Nous retrouvons le Col de la Portette que nous franchissons en sens inverse.

A Platé, c’est au tour d’Annie de nous abandonner. Une bringue l’attend ce soir à Megève.

Le compteur du jour c’est D+ 1033 m et D- 1013m en 5h45.

Une petite parenthèse : Les temps indiqués jusqu’à maintenant sont des temps de randonneurs moyens. Par contre pour la journée de demain, nous avons mis le turbo et fait deux étapes dans la même journée.

Jour 8

Normalement, il était prévu une nuit au Refuge de Varan, mais j’ai décidé de forcer l’allure sans pour autant diminuer le circuit pour fermer la boucle. Donc aujourd’hui ce sera 2 croquis pour matérialiser l’étape du jour.

Nous n’aurons pour autant rien zappé et fait l’aller-retour sur l’Aiguille Grise de Varan en laissant quelques instants nos sacs au Col de Barmerousse.

Deux heures après avoir quitté le refuge de Platé, nous commandons une omelette au Refuge de Varan. Malgré l’heure encore matinale (10h00) le cuistot interrompt pour nous la préparation du repas de mi-journée.

Le ventre plein nous réattaquons la descente dans laquelle il y a tout de même pas loin de 500 m de D+.

Nous atteignons la Cascade de l’Arpenaz 6h45 après avoir quitté Platé en ayant dans les jambes D+ 1225 m et D-2684 m et c’est bien cette dénivelée descendante qui fait le plus mal aux jambes.
(N’oubliez pas que le temps de cette dernière journée ne correspond plus du tout aux temps des journées précédentes).

Ci-dessous ce qu’en dit l’O.T. de Passy :

Il y avait le tour du Mont-Blanc, le tour du Beaufortain, le tour des Dents Blanches... Il y a le tour des Fiz ! L’office de tourisme de Passy, en relation avec celui de Sixt-fer-à-Cheval, a structuré un riche réseau de chemins et de refuges existant de part et d’autre de la chaîne des Fiz, donnant naissance à une boucle sauvage et authentique. Découverte.

C’est en rentrant du tour des Trois Cimes, situé dans les Dolomites, que Pascal Favier, directeur de l’office de tourisme de Passy et accompagnateur en montagne à ses heures, s’est tourné vers la muraille des Fiz surplombant la commune. "Pourquoi ne pas faire quelque chose de nouveau, ici, loin des sentiers battus ?", s’est-il dit.
De la pensée aux actes, il n’y a eu qu’un pas que le randonneur a vite franchi, rencontrant les gardiens de refuges, agençant le puzzle des chemins émaillant la chaîne en un ensemble cohérent. Le massif ayant deux portes d’entrée, l’une à Passy et l’autre à Sixt-Fer-à-Cheval, la réflexion a été menée de manière conjointe avec les autorités touristiques du Grand Massif de façon à offrir un "produit" homogène.

Diversité et identité

Aujourd’hui, une brochure commune a été éditée, présentant sous forme de fiches d’identité les caractéristiques des sept refuges jalonnant ce tour des Fiz. Il ne s’agit pas pour autant d’un "tour" classique, au sens où le cheminement s’organise au gré des envies de chacun à partir des topos réalisés par l’office de tourisme : "On ne préconise pas d’itinéraire"s, précise Pascal Favier ; "on offre un réseau de sentiers et de structures d’accueil".

Un réseau à cheval sur deux réserves naturelles qui se distingue par la variété des paysages traversés. Car là où le vallon de Sales (2000 m), offre la perspective d’un écrin verdoyant rafraîchi d’une source d’eau claire, Varan, suspendu en balcon, offre au regard le grouillement de vie de la haute vallée de l’Arve, enserrée entre Mont-Blanc et Aravis. Là où Platé offre la curiosité géologique d’un désert de lapiaz unique, le refuge Alfred Wills étend ses pelouses humides parsemées de fleurs de montagne...

Quant aux refuges, ils sont véritablement la valeur ajoutée de ce tour des Fiz. "Chacun d’entre eux a une identité », souligne Pascal Favier, "à Varan, tu as l’impression de dormir dans une grange alors qu’à Moëde d’Anterne, tu es dans un refuge 4 étoiles". Une étoile ou quatre étoiles, ces chalets d’alpage sont des lieux de bonne chère où il fait bon se retrouver après une rude journée de marche. Chaque gardien a mis en avant une spécialité maison : rôti de porc aux pruneaux accompagné de son gratin savoyard à Moëde d’Anterne, beignets de pommes de terre et tarte myrtille au Châtelet d’Ayères, confitures à Platé... Sur le tour des Fiz, l’effort physique n’occulte jamais le plaisir des sens. Cette randonnée épicurienne et familiale, loin des sentiers battus, devrait ravir tous les découvreurs de montagnes.
Laurent Gannaz (OT de Passy).

Dernière modification : 16 mai 2018
Passage du Dérochoir (2220m) - Col de la Portette (2354m) - Chalets de Platé (2032m)

La carte du topo « Grand tour dans la chaîne des Fiz - Platé »

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