Grande Tête de l’Obiou (2789m), par la voie normale de la Vire de la Cravate

Difficulté
Difficile
Dénivelé
1227m
Durée
1 jour
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Avertissements et Droits d'auteur

L'Obiou est le point culminant du Dévoluy. C'est une montagne massive sans être lourde, d'une altitude relativement modeste, mais sans conteste majestueuse. Un itinéraire balisé, mais délicat et exposé. Des parois rocheuses imposantes, mais un sommet arrondi. Des alpages verdoyants et des forêts denses, mais des pentes supérieures lunaires. Le Mont Blanc qui reste caché, mais on peut voir les Grandes Jorasses. L'Obiou, une montagne de paradoxes ? Certainement l'une des plus belles montagnes du Dauphiné et même des Alpes. Sauvage et grandiose elle exerce une véritable fascination sur le randonneur qui la gravit.

Accès

  • De Corps sur la N 85 (la Route Napoléon), prendre la route qui va franchir le Drac à proximité du Barrage du Sautet. Se diriger vers Pellafol par la D537. Prendre à droite la D66A qui traverse Les Payas. Après la sortie du village, vers un Calvaire métallique, une petite pancarte en bois, peu lisible, indique Col des Faïsses et l’Obiou. La route devient une piste qui se divise, prendre celle de droite qui monte au Col de la Samblue puis au Parking des Baumes.

Itinéraire

Carnet de route

  • Carte : IGN TOP25 3337OT
  • Tracé IGN
  • Chalet des Baumes : 1562m
  • Pas du Vallon  : 1896m
  • Col de l’Obiou : 2440m
  • Grande Tête de l’Obiou : 2789m
  • Départ : 7h00
  • Sommet : 10h00
  • Retour : 14h00

Matériel

  • Si vous avez un casque, prenez-le ! Vous ne serez pas ridicule dans le couloir
  • Une lampe électrique pour visiter la Grotte du Petit Obiou
  • Les bâtons seront plus gênants qu’utiles... à chacun de voir...Ne pas hésiter à les mettre sur le sac pour le couloir terminal sous le col de l’Obiou et avant la barre rocheuse qui donne accès à la Vire de la Cravate

Balisage

  • Trait rouge

Difficultés

  • L’approche
    • Une barre rocheuse se franchit assez facilement
  • Le couloir
    • Très raide, il impressionnera les personnes sujettes au vertige
    • Il est constitué de petites vires horizontales (escaliers dévoluards) et se raidit au fur et à mesure que l’on approche du col
    • Le danger de chutes de pierres dues aux randonneurs ou aux chamois) en amont est réel
  • La vire
    • Elle traverse l’immense face sud de l’Obiou
    • De nombreux passages sont escarpés et nécessitent l’usage des mains
  • Certaines années, la voie normale ne se réalise pas avant juillet
  • A éviter par temps humide

Ascension

Cent mètres après le parking, prendre un sentier à droite. Le départ est marqué par un cairn sur un gros rocher (photo) et longe la clôture de l’alpage sur quelques mètres.

Le sommet, un versant Est est inondé de lumière par le Soleil. Le spectacle est grandiose. Plus on va s’approcher et plus la dimension verticale va s’imposer.

Le sentier va rejoindre la crête herbeuse qui est issue du Col des Faïsses. L’itinéraire est alors balisé jusqu’au sommet par des marques à la peinture rouge sombre et va habilement se faufiler entre les nombreuses barres rocheuses.

Un premier passage escarpé se présente : le Pas du Vallon. Après la traversée du Vallon, très vert, et qui domine une cuvette, le Bénitier, on va prendre de la hauteur en remontant une croupe. Elle permet de contourner la grande barre rocheuse qui traverse le vallon entre le Petit Obiou et la Grande Tête de l ’Obiou. Dans un univers de plus en plus minéral, on remonte une sorte de raide escalier naturel où il faudra de temps en temps mettre les mains.

On arrive ainsi au pied du couloir final du Col de l’Obiou.

Repérer l’entrée de la grotte du Petit Obiou pour aller lui rendre une petite visite au retour.

Le couloir est un véritable mur de pierre, mais toujours avec ces petites vires qui forment un escalier naturel. Le passage reste impressionnant et le risque de chutes de pierres, déclenchées par les randonneurs n’est pas à négliger. L’Obiou est, certains jours, très fréquenté. Alors méfiance !

Du Col, partir vers l’Ouest. On commence par une sente dans la pierraille, on contourne un gros rocher et on emprunte une large vire sur la gauche. Puis l’ascension devient plus variée, dalles peu inclinées, gradins... jusqu’à atteindre une vire qui va contourner la montagne par le Sud. C’est la Vire de la Cravate. Après le gros rocher, vous verrez peut-être des randonneurs continuer tout droit au lieu de partir sur la gauche. Ils vont gravir la Voie des Chatières, plus difficile, et qui nécessite certes d’avoir la forme, mais surtout de ne pas avoir "trop de formes". Cette très belle Voie des Chatières mérite bien son nom. Il faut parfois enlever le sac à dos pour passer.

A mi-chemin de la vire, au débouché d’une cheminée peu inclinée, on doit redescendre un peu pour remonter ensuite. Cette cheminée est une variante d’ascension régulièrement pratiquée, plus rapide et un peu plus difficile dans un rocher pas toujours très bon.

La vire se termine sur une arête. On monte alors plein Nord. L’ascension devient à nouveau plus raide avec quelques passages d’escalade facile, parfois aériens, jusqu’au dôme sommital qui se remonte sans difficulté.

Le panorama est époustouflant. De la Montagne de Lure et du Mont Ventoux jusqu’aux Grandes Jorasses. Les Lacs de Laffrey miroitent au Soleil, avec derrière, Grenoble et la Chartreuse.

Tout le versant Ouest du massif des Ecrins s’offre au regard. Mais, versant Ouest oblige, il faut patienter un peu pour que le Soleil l’éclaire.

Descente

Par le même itinéraire.

La grotte du Petit Obiou

Au pied du couloir sous le Col de l’Obiou, une trace (photo) se dirige vers la paroi rocheuse où se situe la grotte. On y trouve un petit lac et sur la gauche, une galerie descend vers un mur de glace translucide. Magnifique !

D’autres photos

L’Obiou, montagne tragique

Montagne de bonheur, l’Obiou est aussi une montagne tragique.

- le 29 août 1946, un avion de l’US Air Force percute la face Nord-Ouest de la Montagne, causant 4 victimes.

- le 13 novembre 1950, un avion canadien, ramenant des pèlerins de Rome s’écrase presque au même endroit, causant 58 victimes.

Du sommet de l’Obiou, on peut voir, vers l’est, de l’autre côté du Drac, le Sanctuaire de Notre-Dame de la Salette. De nombreux pèlerins s’y rendent chaque année. Le trajet de retour passe par la redoutable côte de Laffrey. Sur 7,5 km de distance, la route passe de 910 à 300 m d’altitude. Au bas de la côte, un virage à angle droit permet de franchir la Romanche.

Aujourd’hui, la descente de la côte de Laffrey, sauf autorisation préfectorale, est strictement interdite aux véhicules de plus de 8 tonnes. De nombreux cars de pèlerins, revenants du Sanctuaire, n’avaient pas pu négocier le dernier virage.

Faire un pèlerinage dans la région de l’Obiou était un voyage risqué.

Dernière modification : 9 juillet 2016