Grande traversée de Tréminis à Saint-Disdier par le Col du Portail (2476m)

Difficulté :
Alpinisme
Dénivelé :
1500m
Durée :
1 jour

Le massif du Dévoluy garde jalousement les rares passages qui permettent le franchissement de la chaîne montagneuse se situant entre le Grand Ferrand et l'Obiou. Il faut dire que les imposantes barres rocheuses qui font face au Trièves en préservent la quiétude. Domaine de prédilection des chamois, sur ces hautes terres s’installe un monde de solitude. – Auteur :

Accès

Vers le Trièves :

  • D.1075 jusqu’au col de la Croix-Haute. Puis à droite D.66 direction Lalley. D.216 jusqu’à Tréminis.
  • De Grenoble, vers Monestier-de-Clermont D.1075. Puis à gauche, D.66 direction Lalley. D.216 jusqu’à Tréminis.

Dans les deux cas, prendre la direction le Serre D.216c. Juste avant le petit pont qui traverse le Torrent de l’Ébron, prendre la piste à gauche jusqu’au parking de Boutari.

Précisions sur la difficulté

La muraille ouest : dans sa partie supérieure, l’itinéraire qui surplombe d’immenses parois requiert une attention de tous les instants.

Ce parcours d’exception emprunte partiellement le vertigineux sentier de la Baronne.

Le col du Portail : les pentes d’accès au col sont raides sur ses deux versants.

Pour la traversée hivernale, cette course nécessite :

  • La maîtrise des techniques de cramponnage sur terrain mixte (nombreux dévers exposés et couloirs raides).
  • Le sens de l’itinéraire ainsi qu’une bonne capacité d’évaluation du terrain (il est préférable de connaitre le massif en période estivale).
  • La connaissance des données nivologiques.

Partir suffisamment tôt afin de profiter d’une meilleure qualité de neige.
C’est une traversée d’une certaine amplitude et la nuit tombe vite en hiver !

Le piolet et les crampons sont indispensables. En duo, la corde peut être salutaire.

Les infos essentielles

  • Cartographie : TOP25 3337 OT Dévoluy-Obiou-Pic de Bure
  • Point fort : la saveur toute particulière de retrouver le col du Portail en hiver
  • Altitude de départ : 1020m
  • Les passages les plus hauts :
    • Le col du Portail : 2476m
    • Le Nid (facultatif) : 2509m
  • Distance de la traversée : environ 18km
  • Dénivelée cumulée : environ 1500m
  • Balisage à la montée (versant ouest) : quelques poteaux indicateurs - jaune pour la marche d’approche puis cairns épars
  • Balisage à la descente (versant est) : aucun jusqu’au col de Lapras puis jaune sur le bas du parcours
  • Date de sortie : Noël 2015

Itinéraire

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Vers le sentier de la Baronne

  • Départ : parking de Boutari (1020m).

Emprunter une piste forestière qui ne tarde pas à traverser le torrent de L’Ébron (Radier).

Peu après, laisser à main gauche la piste qui dessert une zone de gravière. Poursuivre (nord-est) jusqu’au lieu-dit Teyssenière.

  • Suivre la signalétique "Alpage de Courtet" - (balisage jaune).

L’itinéraire est plus direct que le chemin principal qu’il coupe à plusieurs reprises. Vers 1300m, sortir momentanément du bois en traversant l’Ébron par un gué (nord).

Le sentier coupe une nouvelle fois les lacets du chemin. Gagner la baraque forestière de Pravert (1399m).

Abandonner le chemin en traversant le torrent de Pravert (nord-ouest). S’élever par un sentier qui passe à proximité de la baraque forestière de Sous Courtet (1550m).

Atteindre la crête de Courtet puis, vers le point coté 1717, obliquer au nord-est (ne pas continuer au nord par le sentier qui descend).

Le cheminement se poursuit en traversant la forêt domaniale de Saint- Baudille-et-Pipet. Environ 600 mètres plus loin, le parcours s’infléchit au sud-est.

  • Si l’on continu, il est possible de contourner l’Adret (plus au nord par une sente parfois dégradée).

Multipliant les lacets, le sentier se rapproche d’un immense ravin. La vue s’ouvre sur les formations rocheuses du Château des Chèvres.

Se diriger vers l’Arête de Fluchaire (nord-est). Passer sous un alignement de barres rocheuses. Bien que la pente s’est adoucie, un passage en dévers réclame la plus grande vigilance.

Atteindre le début du sentier de la Baronne (départ peu visible).

Vers le col du Portail

Le sentier étroit, qui grimpe vigoureusement en s’orientant au sud, coupe un versant abrupt.

Entrecoupé de ravines très inclinées, frangé de précipices vertigineux, le cheminement hivernal est particulièrement exposé.

Vers 2240m, atteindre un cairn visible de loin. Il marque le début de la longue ligne de crête qui s’élève à l’est. Une centaine de mètres plus haut, quitter cette même crête en bifurquant au sud-est.

Après quelques zigzags sous les pics ceinturant la face ouest de la Cavale, atteindre une échancrure (roche ruiniforme trouée).

Traverser un dévers surplombant un abîme insondable (sud-est). À la sortie de cette zone d’éboulis, franchir un ressaut rocheux délicat (cairn).

On se retrouve sur un contrefort vertigineux. Dès lors, une vue sans pareille se déploie sur l’une des plus imposantes murailles des Alpes.

  • C’est le fameux Balcon Supérieur des Petites Charances !

Poursuivre sur le dévers minéral. Abandonner le sentier de la Baronne pour la rampe assez raide qui s’incline à 40°. C’est un magnifique couloir livrant l’accès à l’un des cols les plus confidentiels du Dévoluy.

La neige recouvre avantageusement la pierraille... et il ne reste plus que l’indicible plaisir d’y planter mes crampons.

Le couloir qui s’escarpe dans le final devient de plus en plus étriqué.
Entre pics hérissés et parois anguleuses, le col du Portail ouvre une brèche sur l’est du Dévoluy (2476m).

« Dans cet entre-deux là, le temps peut s’arrêter, et la respiration se calme...
La joie d’être dans un moment hors de l’ordinaire s’instille... »

L’instant est magique. Quel bonheur de retrouver l’intimité de ce petit col en hiver !

Vers le col de Lapras

De ce côté, la rampe semble encore plus raide. Le couloir du versant est prend des allures de goulotte.

L’accumulation de neige amassée par le vent forme une congère qu’il faut négocier avec prudence (45° sur les premiers mètres).

Poursuivre vers le pied de la majestueuse face sud de la Tête de la Cavale. Basculer en direction de la Combe de la Prison (sud-est).

  • Ne pas descendre au fond de la combe en gardant le bénéfice d’une altitude plus élevée.

Longer le dévers surplombant la Combe de la Prison en contournant l’éperon nord du Nid.
Puis, plein sud jusqu’au col de Lapras (2335m).

  • On peut envisager de monter jusqu’au Nid (2509m), tout proche et facile à atteindre.

Vers le Hameau du Mas et Saint-Disdier

Descendre sud-est vers une petite dépression. Après une courte grimpette dans une zone plus rocailleuse, basculer dans une autre dépression jusqu’à atteindre le point coté 2178.

  • En été, le sentier passe sur son flanc droit (dans le sens de la descente).

On aperçoit sur la droite la grande combe qui se trouve au pied de la façade est de la Tête de l’Aupet.
L’itinéraire s’infléchit au nord-est en lovant une barre rocheuse. Le dévers rocailleux est un peu plus exposé en hiver.

Passer à proximité d’une cabane pastorale puis dévaler le Vallon du Mas.

Rejoindre Pierre Baudinard (1614m) puis, par un chemin agréable, le hameau du Mas (1203m).

  • Prendre à droite au point coté 1485m (poteau indicateur).

Du hameau du Mas, gagner Saint-Disdier (1033m) par la route. Toutefois, il est aussi possible de couper à travers champs.

Dernière modification : 10 juin 2018
Le Nid (2509m) par le Vallon du Mas et le Col de Lapras

A propos

Auteur de ce topo :

Marcher en montagne : "je suis bien là, où je me dois d'être. C'était la question cruciale de la vie. La plus simple et la plus négligée." Sylvain Tesson

Topo publié le 3 janvier 2016

(Avertissements et Droits d'auteur)

Commentaires

Afficher les commentaires précédents (4).
  • par Le 3 janvier 2016 à 21h05

    Parcours magistral !!! Félicitations !

    Mais, en hivernale, j’hésiterais à qualifier cela de "rando"...

  • par Le 4 janvier 2016 à 00h30

    Est-t-il raisonnable de monter "tout droit" vers la Cavale par l’ouest ?

  • par Le 4 janvier 2016 à 11h27

    Salut Pascal,
    Le niveau difficile correspond à la description estivale du parcours. Pour la "version hivernale", je serai incapable d’en donner le niveau. La traversée intégrale des Petites Charances n’est pas difficile en été, elle peut même s’enchaîner avec la face sud de la Cavale (sentier quand même vertigineux). Ce qui complique l’approche hivernale, c’est que les pentes déversent sur ces grandes falaises. Il faut vraiment assurer en hiver et peu osent s’y frotter.
    L’accès ouest ne peut se faire qu’en remontant l’arête de Fluchaire, je ne connais pas d’autres voies et je pense que sur un terrain aussi complexe, ce n’est pas évident de trouver de nouvelles approches.

  • par Le 4 janvier 2016 à 14h28

    Parcours de toute beauté ! Connaissant ,un peu le coin , faire la traversée en hiver doit toucher du Merveilleux !
    BRAVO !

  • par Le 4 janvier 2016 à 16h30

    Magnifique traversée, et en plus avec de la neige !

    La Cavale peut en effet s’atteindre par la face ouest directement sous le sommet : https://cedricleclercq.wordpress.com/2013/09/15/bivouac-sur-larete-de-la-cavale/

  • par Le 4 janvier 2016 à 18h05

    Salut Jean et Arnaud,
    Eh bien !... il ne vous reste plus qu’à tester cet itinéraire d’accès !
    Pour sûr que ça ferait un topo sympa :)
    J’ai déjà parcouru le sentier de la Baronne et fais l’ascension de la Cavale. Mais j’imagine que si l’on a fait ni l’un ni l’autre, ce doit être une aventure encore plus palpitante !

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