L’Aiguille du Génépi des Grands (3263m), par l’arête ouest

  • Difficulté Difficile
  • Dénivelé 1900m
  • Durée 1 jour
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Avertissements et Droits d'auteur

Une petite ascension vers un sommet sauvage et oublié, offrant une totale immersion entre glaciers et aiguilles acérées typiques du massif du Mont Blanc.

Accès

Chamonix - Le Tour, grand parking au bout de la route au pied des remontées mécaniques.

Itinéraire

  • Altitude départ : 1460m (Parking), 1850m (Charamillon), 2195m (Autannes).
  • Altitude sommet : 3263m.
  • Durée : 10h.
  • Carte : IGN TOP25 3630OT - Chamonix - Massif du Mont Blanc.

Période

Praticable en conditions estivales, éventuellement hivernales dans la mesure ou le refuge Albert 1er est accessible, bien que l’hiver on préfère aborder ce sommet à ski par le glacier des Grands sur l’autre versant. Attention aux névés en début de saison.

Difficulté

Il s’agit d’une ascension sauvage hors sentier, sans réelles difficultés techniques, se déroulant essentiellement sur des caillasses et amas de blocs pouvant être un peu pénibles à la descente. Seule la bosse sommitale demande véritablement de grimper, on peut se contenter des antécimes sud ou nord sans regretter grand chose. L’itinéraire est assez évident, mais une bonne visibilité est souhaitable. Des crampons peuvent être nécessaires un cas de névés, où éventuellement pour contourner les difficultés de l’arête sur le rebord du glacier.

Le sentier montant au refuge Albert 1er est parfaitement aménagé, juste un peu exposé en quelques endroits.

Itinéraire

Plusieurs options s’offrent pour monter au refuge Albert 1er.

  • La plus sportive et la plus "efficace" consiste a monter depuis le village du Tour par le sentier de la moraine. Pour cela, prendre à droite depuis le parking le chemin traversant la prairie et abordant en lacets la raide pente à gauche du vallon descendant du glacier. On rejoint la prise d’eau du torrent issu du glacier. Poursuivre la raide montée du sentier sur le fil de la moraine. C’est long, les jambes chauffent... Finalement, le refuge est en vue, il n’y a plus qu’à monter sur le promontoire sur lequel il se trouve.
  • Plus tranquille et plus panoramique, on peut monter la piste de Charamillon, en faisant attention aux éventuels VTT qui la dévalent. Arrivée au sommet du télécabine, prendre à droite le sentier qui rejoint la bordure d’un vallon, puis un large replat. Puis, traversant à droite dans les pentes, il rejoint le vallon du glacier par un balcon facile mais un peu exposé. Après une longue traversée horizontale, il rejoint le sentier de la moraine.
  • En saison estivale, il est également possible de rejoindre Charamillon en télécabine, supprimant la partie la plus rébarbative de la montée en l’écourtant de 400m et d’environ 50min (2016 : 13.80€).
  • Il est également possible de poursuivre la montée en télésiège jusqu’à l’alpage des Autannes (2016 : 23€). Un long sentier balcon plus ou moins horizontal rejoint ensuite celui en provenance de Charamillon. On écourte ainsi la montée de 300m et environ 30min de plus, mais l’intérêt est plus discutable.

Du refuge Albert 1er, repérer la pointe 3094m assez visible sur la ligne de crêtes au nord-est. Il s’agit maintenant d’y monter, d’abord sur un terrain dalleux et pierreux, puis de plus en plus encombré d’un chaos de blocs. Quelques cairns balisent un vague itinéraire, mais on peut parfaitement monter à vue au plus facile. Rejoignant la croupe sud-ouest de la pointe, le final raide dans les blocs est un peu pénible.

La suite du programme apparaît : Il s’agit de suivre cette crête de caillasses et de blocs vers l’est en direction de l’antécime sud, bien visible. Une première bosse de la crête s’atteint en suivant le fil. Derrière, quelques aiguilles rocheuses doivent être contournées par la gauche, en descendant sur la bordure du glacier. On peut poursuivre un peu ainsi pour éviter une zone de gros blocs (crampons parfois nécessaires suivant les conditions). Remonter ensuite sur le fil de la crête et poursuivre l’ascension, assez ludique en cherchant parfois les passages facile entre les blocs, jusqu’à l’antécime sud de l’Aiguille du Génépi.

La vue de l’antécime est déjà magnifique, notamment sur l’Aiguille du Tour et l’immense glacier, et beaucoup se satisferont de cet objectif.

Ceux qui souhaitent poursuivre suivront la crête sur le fil vers le nord-est. Aérienne mais tranquille, elle vient buter sur le bastion sommital dont l’ascension nécessite un peu d’escalade avec quelques pas délicats et exposés. Ceux qui ne souhaitent pas s’y lancer peuvent contourner le bastion par la gauche dans une traversée, pouvant parfois être délicate selon les conditions (attention aux névés tardifs raides et aux éventuelles chutes de pierres). Ensuite, il n’y a plus qu’à monter vers l’antécime nord qui, ne cédant que quelques mètres au sommet principal, offre une vue magnifique sur le cirque glaciaire sous les aiguilles du Midi, du Pissoir et du Tour, dans le pur style du massif. De là, ceux qui le veulent peuvent monter au sommet principal en franchissant une brèche délicate.

Les plus ambitieux pourront poursuivre la balade vers l’Aiguille du Midi des Grands (3302m), en descendant sur le col du Génépi puis en rejoignant en face la crête par une pente de caillasses. On remonte cette crête jusqu’à buter sur les aiguilles rocheuses sommitales, superbes monolithes de granit uniquement accessibles aux alpinistes confirmés. Compter 1h aller-retour.

Le retour s’effectue par le même itinéraire. C’est dans ce sens là que le parcours des chaos de blocs est le plus pénible, et on pourra éventuellement en éviter des portions si des névés en bonne condition sont présents.

Détail de la sortie du 22 septembre 2016

Une journée qui commence par un petit coup de gueule : Pourquoi payer plus cher une montée simple piéton qu’un pass VTT permettant à leurs détenteurs de salir les cabines avec leurs vélos boueux tout au long de la journée ? D’autant plus que comparé aux autres remontées de la vallée, les prix sont ridiculement élevés au vu du faible dénivelé qu’elles offrent... Mais c’est la "politique commerciale" du site, un attrape-touristes à prendre ou à laisser...

Heureusement, le temps est magnifique, et le panorama chasse rapidement la mauvaise humeur... 10h30, on se lance sur le sentier sous un ciel parfaitement bleu, alors que de petits cumulus se contentent d’ourler les Aiguilles Rouges...

Pauvre glacier... A ma dernière visite à Albert 1er dans les années 80, on le voyait dégringoler cette longue pente dans d’impressionnants séracs, pente qui n’est maintenant plus qu’un dévers de dalles...

12h, le refuge... On ne s’y attarde pas, direction la pointe 3094m... On navigue dans les caillasses... Sur le haut, le raide chaos de blocs est à la fois ludique et à la longue un peu pénible... Heureusement, je suis en "grosses", et le paysage est magnifique...

C’est parti sur la crête... Le saupoudrage de neige d’il y a 5 jours a blanchi les caillasses, et légèrement transformée et regelée, la neige offre un appui assez ferme qui finalement facilite un peu la progression en comblant les trous entre les rochers. On grimpe entre les blocs, sur les blocs... C’est ludique...

14h30, mon objectif initial, l’antécime sud... Pause sur un superbe promontoire dominant l’immense glacier du tour, tout juste reblanchi, mais montrant toujours ses inquiétantes crevasses...

Et là-bas, le sommet principal... Tentons d’y aller, pour voir... La crête est facile, mais je ne me lance pas dans la délicate escalade du bastion sommital en solo... Tentons donc de contourner, la neige étant juste suffisamment ferme pour pouvoir traverser le dévers en sécurité... Nouvelle petite déception au vu de cette brèche délicate bloquant cette fois l’accès au sommet principal par le nord, mais ce n’est pas grave, l’antécime nord, ne concédant que quelques mètres, offre une vue tout aussi magnifique... Glaciers crevassés, cirques bordés d’impressionnants sommets, et surtout ces aiguilles granitiques typiques du massif... Plein la vue...

16h, retour à l’antécime sud, re-pause... Ca y est, maintenant les cumulus passent à l’attaque de ce côté-ci de la vallée... On va tranquillement descendre, mais c’est un peu plus délicat à cause de la neige maintenant fondante et plus glissante...

18h, retour au refuge sous la grisaille... On poursuit la descente, préférant l’option Charamillon pour espérer avoir encore quelques rayons de soleil éclairant le sentier balcon sous des trouées de nuages avant son coucher... Belles couleurs...

On poursuit tranquillement la descente à la nuit tombante... Le sentier est facile, pas besoin de frontale... Seul le bruit des sonnailles des troupeaux colorent le calme... Fin de la balade vers 20h30.

Dernière modification : 25 septembre 2016

Des paysages sauvages, même si il faut marcher loin... Des panoramas grandioses, même si il faut grimper haut... Des couchers de soleil colorés, même si il faut redescendre tard...

Topo publié le 24 septembre 2016