L’Ausangate

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
5000m
Durée :
3 jours et plus
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Le tour du massif de l'Ausangate sans guide et sans porteur. 80 kilomètres, 27 heures de marche et 5000m de dénivelé cumulé.

Accès

Départ de Cuzco.

Itinéraire

JOUR 1

Lever à 6h30
En passant devant un petit restau, nous entrons pour déjeuner, puis taxi jusqu’à la station de bus pour Tinqui. Le bus part à 10h30(10 soles) les garçons font monter les sacs sur le toit, et également des machines à coudre, des ballots d’herbes et tout une quantité de chose,le bus est pleins de locaux et nous,les petits blancs...
Nous nous arrêtons à Urcos pour un casse croûte, mais maintenant qu’on le sait, aussi pour se préparer les fesses aux 6 h de piste.... car à Urcos fin de la route goudronnée et voici maintenant les joies de la piste et du tape cul ! Arrivée à Tinqui à 5 h du soir, il fait nuit vers 6h, il faut se dépêcher. En descendant du bus, on se fait tout de suite attraper par des jeunes qui veulent travailler pour nous, nous commençons à marcher après avoir récupéré nos sacs à dos.
Il y a à présent une taxe d’entrée à payer de 10 soles, ce n’est rien mais pour le principe je proteste. Puis comme il commence à faire nuit nous avançons, toujours suivis par les jeunes.
A 5h45, nous nous arrêtons pour planter la tente, pas la peine d’aller plus loin, il y a de l’eau a proximité.Nous inaugurons notre réchaud à alcool,un peu dur à allumer, quinua, legumes et bouillon.

JOUR 2

Avons passer une bonne nuit, un peu frisquet je n’ai que mon duvet fin (+5°) et mon sur sac de bivouac, je suis la 1ere à sortir de la tente tout est gelé,je commence à faire chauffer l’eau pour le petit déj.
Dur, dur, le réchaud à alcool.... Café pour Régine, Josette et Alain, maté de coca pour Yves et moi, le soleil chauffe nous faisons sécher les tentes et les duvets.
Départ de Upis(4400m) à 9h 10,arrivée au 2ème campement à 15h, temps total de marche 6h. Nous avons dépasser un groupe d’Américains et leurs arrieros, ils n’ont pas de sacs sur eux et paraissent avoir du mal. Il y en a 2 qui se relaient sur le dos d’une mule,ils sont l’air assez mal en point, un des arrieros me dit qu’un d’eux a des problèmes gastriques.
Le guide et les muletiers sont sympas et nous avons discuté avec eux sur le bien fondé de cette taxe d’entrée sur l’Ausangate. Ils pensent aussi qu’avec cette taxe on devrait avoir droit au moins à des indications (panneaux et carte). Le camp officiel est un peu plus loin dans une clairière à l’abri de cailloux. Nous choisissons de nous en écarter un peu et d’aller plus vers la rivière et la source d’eau chaude. Nous aplanissons un peu le terrain, plantons les 2 tentes et allons faire trempette dans le ruisseau d’eau chaude.
Une femme vient exposer son artisanat et en profite pour jeter un œil sur Yves qui a choisi de se dépoiler pour se laver à l’eau chaude. Nous lui achetons 3 bières .
L’heure de la soupe a sonnée, quinua, légumes et maïs, pas très réussi mais à peu près chaude. Les Américains sont enfin arrivés au campement, des enfants se baignent dans le réservoir d’eau chaude. Il commence à faire nuit, nous allons nous coucher.

JOUR 3 : Ausangate

J’ai passée une bonne nuit, pas froid, j’ai mis ma veste sous moi comme isolant.
Je me suis réveillée ce matin et impossible de me rendormir, en passant près de la tente de Régine, Josette et Alain je me suis aperçue qu’ils avaient laissés leurs pompes et sacs à dos dans l’avancée de la tente, je suis un peu surprise,avec le froid qu’il fait et l’eau qui a gelée dans les gourdes, ils vont s’amuser en remettants leurs pompes....à 7h branle bas de combat !!!
Où sont les chaussures de Josette, Alain se marre en disant que Yves a fait une bonne blague, Yves qui n’a pas bougé de la nuit,nous craignons le pire.
Et Oui, après recherche et enquête, les chaussures de Josette ont disparues... Pendant que je prépare le petit déjeuner, Alain part à la recherche d’un arrieo et d’une mule, la femme d’hier arrive pour récupérer les consignes vides de bières nous lui en parlons, elle connaît quelqu’un justement dans le hameau de l’autre côté de la rivière. Josette se fait de belles chaussures avec des sacs plastiques.
Nous démontons les tentes, déjeunons, et saluons nos compagnons qui redescendent avec le muletier qui a vendu à Josette des chaussures taille 46 à 1€.
Quant à nous, nous continuons notre randonnée.
Départ à 9h10 de Upis à 4400m, passage du col d’Arapa à 4760 m. Nous faisons un arrêt pour manger à 14h30 près d’un lac aux eaux bleues turquoise magnifique « la laguna puchacocha » au pied d’un immense glacier à 4650m, puis nous reprenons le sentier, nous croisons des groupes avec guide et muletiers qui se sont arrêter pour préparer le repas.
Nous arrivons au dessus de 2 lacs, le glacier de l’Ausangate dégueule dedans, nous nous posons là pour la nuit, nous montons la tente toujours à l’écart des groupes. Nous faisons chauffer l’eau pour faire du maté de coca et les pâtes. De l’autre côté du marais se sont installées le groupe d’Américains, je me demande s’ils ont bien choisi leur emplacement, c’est vrai qu’ils leur faut de la place avec leurs tentes chiotte,salle à manger et chambres...
Devant nous, les moutons et les alpagas paissent tranquillement, ils seront bientôt rejoints par les mules du groupe.
Nous sommes à 4650 m et il fait pas mal de vent, l’eau à du mal à bouillir et les pâtes ont du mal à cuire mais elles s’avèreront délicieuses... Il est 17h et nous nous couchons, avec une pensée émue pour nos 3 compagnons qui sont en train d’attendre le bus pour rentrer à Cuzco.
Pendant la nuit les séracs se décrochent, Yves qui n’en a jamais entendus, est impressionné. Je me lève comme à mon habitude et est du mal à me rendormir, mais je n’ai pas froid.

JOUR 4 : Ausangate

Lever à 6h45, brume partout, on y voit rien, nous pensons qu’il a neigé, mais non, il fait très froid c’est tout !
La tente achetée à Cuzco est excellente et mon petit duvet de merde +5° aussi. Nous vidons la tente et mettons son contenu sur la murette, la brume se dissipe et le soleil commence à chauffer. Nous mangeons le reste de pâtes froides d’hier avec un citron.
Lever de soleil sur l’Ausangate, spectacle unique !!!
Nous avons décidément choisi le meilleur emplacement, car les autres sont au pied du glacier et outre qu’ils ont été dans la nuit plus tôt hier soir et que pendant la nuit ça devait faire sacrément du bruit, ce matin ils sont dans l’ombre alors que nous avons le soleil qui nous réchauffe et sèche le matériel.
Nous rangeons tout et départ vers 8h de Pucacocha 4650 m, passons par plusieurs lacs, puis le lacs de l’Ausangate à 4630 m, ascension progressive d’un col à 4870 m, belles vues sur les glaciers que nous contournons.
Remontons vers le col de Palomani, mais Oh surprise ! Avant d’attaquer la montée du col il faut se redescendre 500m (il y a un campement en bas), puis remonter en face encore 500m.
Ce n’était pas du tout indiqué comme ça dans mon topo !! J’ai comme l’impression que ceux qui ont écrit le livre ne sont jamais venus ici !! Heureusement nous avons le GPS. Donc nous redescendons les 500m, puis les remontons de l’autre, nous y allons vraiment très doucement, la montée est difficile, due au manque d’oxygène sans doute !! Le spectacle est somptueux de là haut.
Arrivée au col à 13h nous sommes à 5075m, un petit effort pour aller faire les photos à 5150 m, je suis toujours en short, et je n’ai pas froid.
Bon d’accord j’ai la couenne...
Descente et arrêt vers Uchuya Finagga à 4470m pour faire une pause « pain, saucisses) Nous continuons notre chemin, pour ne pas nous "agglutiner" aux autres randonneurs. Au fait 2 Américains sont redescendus avec leur problème gastrique. Nous continuons donc vers Quillica.
Nous voyons une cabane sans fenêtre, au toit de paille d’où sort de la fumée, j’appelle, un vieil homme en pantalon court avec des sandales en pneus et un chapeau noir sur la tête en sort. Je lui demande où nous sommes et si nous pouvons planter la tente, celui-ci nous fait un geste qui semble vouloir dire que nous pouvons camper là derrière...
L’homme retourne dans sa cabane, continuer à fumer le lama, sur la murette autour de la maison sèchent des morceaux de viande.
Nous plantons la tente près d’un petit ruisseau, à l’abri de murs et commençons à faire chauffer l’eau pour notre maté de coca quotidien et essayons de faire du riz pour notre repas du soir. Il est 15 h, le temps se couvre, le maté est chaud, pendant que nous le buvons dans la tente, nous laissons l’eau chauffer pour le riz (il faut un certain temps pour que ça bouille à cette altitude !) vers 17h30 ça semble être cuit(tu parles)un peu al dente notre riz, mais bon, on va pas faire les difficiles...
Et puisqu’on mange au lit et bien on y reste. Il neigeouille et on est bien là !

JOUR 5

Comme d’hab, la fin de la nuit sans dormir, il faut dire que l’on se couche tôt, pas froid mais un peu humide, sûrement plus froid que les autres nuits. Nous attendons que le soleil lèche la tente pour en sortir, cette nuit nous avions -8°.
6h30, le riz de la veille chauffe au soleil, nous y mettons un jus de citron pour que cela passe mieux. Les duvets et la tente sont étalés sur la murette pour sécher. Un peu de sucre sur le riz et ça nous fera le petit déj.
Le toit du vieux fume toujours et la viande continue de sécher sur les pierres.
Pas terrible le riz, mais faute de mieux, faut l’avaler. Le campement est plié et rangé nous pouvons partir il est 8h15. Petite montée en longeant les marécages, puis logue traversée en biais vers Jampa
Arrivée à Jampa 4650m à 16h30, nous nous arrêtons assez souvent pour boire un peu d’eau. A 11h15 arrêt ½ saucisse et ½ pain, nous sommes à 4778m, vue géniale sur le Pico Tres et sur le nevado puca puta (pointe rouge à 5670m), puis raide montée progressive, avec plusieurs arrêts, l’oxygène manque un peu et nous sommes chargés, mais nous délestons nos sacs à fur et à mesure de la montée en buvant quelques gorgées d’eau des gourdes.
Col de Jampa 5068m à 13h15, nombreux cairns sur le passage qui ne servent pas, uniquement, comme chez nous à indiquer le chemin, mais sont là en offrandes aux divinités de la montagne, en fait de col c’est une succession de 3 cols qui n’en finissent pas.
Les mules du groupe d’Américains vont vers le haut, les Américains eux ne suivent pas, ça fait 2 jours qu’on ne les voit pas. Nous décidons de ne pas suivre le même chemin et de descendre dans le pierrier et comme j’adore pas ça du tout,j’en ch...,NON pas les cailloux !!!
Et si ! dure descente dans les moraines vers le glacier, qui nous fera perdre au moins 1h, heureusement que Mr GPS guette et surveille le chemin, sans lui et seulement avec notre croquis de l’Ausangate....
Yves me demande si je me sens cap de faire le retour vers Tinqui dans la foulée (le topo le donne en 2 jours) Ben, oui quoi, on n’est pas des mauviettes !! »
Eh bien ! Si j’aurais su... Le topo du livre est complètement erroné, faites moi penser à écrire aux auteurs...
Vers 17 h nous arrivons à Aguascalientes( pas celui du Machu !) nous voulons prendre un pont sur la rivière, mais un arriéro nous dit que le chemin n’est pas là et nous demande des « dulces » .
Sur une petite clairière d’autres arrieros sont en train de monter le camp et préparer le repas pour leur groupe, ils nous montre le chemin mais nous proposent de rester dormir là avec eux, nous ne sommes pas très fatigués et avons envie de continuer. Ils nous disent qu’il y en a pour 3 h de marche. Tu parle 3 h, à pas de Péruviens et à dos de mules,Oui !
Mais on est fort Nous, alors on continue,nous commençons à monter ce qui est un peu étrange puisque Tinqui est plus bas de Aguas...Mais bon, les mystères de la nature, sans doute...
Nous montons toujours et sommes suivi bientôt par une femme et ses deux enfants, ce qui n’est pas un problème par contre le problème c’est qu’il fait nuit et que ça monte toujours nous sommes à 3800m. Vers 18h30 (en pleine nuit) nous voyons devant nous les phares d’une voiture arriver, d’où vient-elle et où va-elle surtout ? Elle est passée par ici elle repassera sûrement par là !faut espérer !!
Et oui, vers 19h, nous entendons le moteur de la voiture derrière nous qui monte (et oui, toujours) nous faisons de grands signes avec nos lampes, elle passe(la sal...pe )puis s’arrête un peu plus loin, sympa..Le gars nous prends dans sa voiture et nous explique qu’il s’est arrêté plus loin parce qu’il avait peur que nous soyons des voleurs (Pauvres de nous.Complètement crevés).
Dans la voiture nous discutons avec le gars super gentil, du coût de la vie en France et au Pérou, il nous fait comparer le prix des voitures, le prix des loyers, des salaires,il est étonné que nous voyageons comme ça, sans groupe, sans guide....
Nous fait écouter du Huayno sur son poste, c’est super le huayno mais à petite dose, le gars se marre car je commence à connaître les paroles qui sont toujours tristes à pleurer, je lui demande s’il ne vende pas la machette avec le disque pour se faire hara-kiri...
Effectivement la route est longue avec la fatigue et le froid nous saurions sûrement arrivés vers minuit (si nous étions arrivés !) nous prenons en cours de route des femmes qui vont à la fête au village de Tinqui, demain c’est la fête Nationale et tout le monde se prépare, il nous arrête au village et nous demande 5 soles.
Yves lui en donne 10 tellement on est content d’être arrivés. Nous rentrons dans le 1er hospedaje que nous voyons, 10 soles la chambre, sommaire, plus que sommaire mais grand luxe par rapport à ce que nous venons de vivre, pas de clef à la porte, ni de poignée, ni au wc. Nous allons manger en face, pour 3.50soles plus une bière amplement méritée à 7 soles. Un couple de Français vient de terminer le repas et le gars a le culot de marchander le prix du repas. Y en a qui abuse quand même !!
Nous allons sur la place ensuite, bien contents d’être revenus à la civilisation pour écouter la fanfare et voir les gens défiler le long de la rue (d’un bout à l’autre et reciproquement) avec leurs lampions.
Nous sommes fatigués. Ah Bon pourquoi ? Et allons nous coucher, demain il fera jour. Yves dormira dans son duvet et me donnera la couverture de son lit.

JOUR 6, retour à Cuzco

Lever 6h30 fait frisquet, pas de douche pour aujourd’hui,la crasse ça tient chaud !
Nous payons l’hospedaje 10 soles, la femme nous en réclame 20, c’est une plaisanterie !!! Pas question, c’était le prix convenu hier. Nous allons déjeuner pour 3.5 soles viande, riz, patates frites et salade. Puis nous allons sur la place aux renseignements, y aurait-il moyen de partir ce matin vers Cuzco ?? Un camion ou une citerne ?
A 8h un camion arrive qui nous demande 7 soles pour Urcos, nous escaladons le camion, le chauffeur me fait une petite poussette au cul, la marche est haute et mon cul pèse, et j’ai 4 jours de randonnée dans les pattes alors c’est pas le moment de la lever...
Arrêt quelques kilomètres plus loin au prochain village pour que le chauffeur et sa femme mangent, nous prenons un café et 10 mn plus tard nous sommes sur le camion via Urcos. Le camion vient du Brésil en passant par Puerto Maldonna et est chargé de grandes planches de bois sur une hauteur de 3m environ, nous sommes debout à l’arrière sur le chargement de bois. De là haut la vue est superbe nous sommes aux premières loges...
Le trajet est long et poussiéreux,mais magnifique, nous traversons les villages que nous n’avions pas aussi bien vus à l’allée dans le bus, nous prenons des gens en cours de route, un gars monte avec son coq de combat,il le tend à Yves depuis la route qui l’attrape avec maestria par les ailes,puis vient le bonhomme et son seau de fromages, nous arrivons à Urcos à 14h.
Allons manger Royal dans une rôtisserie pour 6 soles de poulets, frites et salade. Nous montons dans un bus quand celui-ci est plein il part pour Cuzco 2 soles. Arrivée vers 16h, puis taxi pour l’hôtel à 3 soles.
On nous donne la même chambre (15 soles /p)
Nous nous réinstallons et allons changer de l’argent et faire un petit tour. Comme si on n’en avait pas assez fait... et allons manger avant de rentrer, à côté de l’hôtel pour 3 soles plus une bière à 7 soles. Puis nous nous couchons. Il est 19h, sommes bien tranquillement au lit à reposer nos petites pattes fatiguées de 80km de marches quand ça frappe à notre porte, c’est Régine, Josette et Alain qui rentrent du Machu, nous discutons un peu, tout le monde est contents , puis nous reprenons notre somme.

Dernière modification : 16 mai 2018

La carte du topo « L’Ausangate »

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