L’Olan, Sommet Nord (3564m) par la "Voie Escarra"

Difficulté :
Alpinisme AD
Dénivelé :
2464m
Durée :
2 jours

L'un des plus beaux et des plus prestigieux sommets du Massif des Ecrins.

Accès

  • Traverser la Chapelle-en-Valgaudemar, franchir la Séveraisse, prendre la courbe qui se dirige plein Est. 250m plus loin, franchir le Torrent du Clot et se garer après pont.

Itinéraire

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L’Olan

L’Olan est constitué de trois sommets :

  • le Sommet Nord (3564m)
  • le Sommet central (3558m)
  • le Sommet Sud (3514m), peu individualisé et appelé communément Epaule Sud

Si l’Olan n’est pas l’un des plus grands sommets du Massif des Ecrins par l’altitude, il est en revanche l’un des plus prestigieux. Et ce prestige il le doit en partie à la beauté du sommet lui-même, mais surtout à sa face Nord-Ouest qui ferme le Valjouffrey par une paroi de 1100m de haut, l’une des plus belles des Alpes.

Cette paroi est parcourue par plusieurs itinéraires. Deux d’entre eux, sont connus des alpinistes du Monde entier :

  • la Voie Devies-Gervasutti (voie originale), 1934, qui atteint le Sommet Central
  • la Voie Couzy-Desmaison (voie directe), 1956, qui atteint le Sommet Nord

Matériel

  • Tout le matériel habituel pour courses glaciaires
  • Casque
  • Corde de rappel 2x50 , sangles, coinceurs et pourquoi pas un marteau et quelques clous au fond du sac
  • Carte : IGN TOP25 3336ET

Site de l’IGN

Difficulté

  • Course mixte maintenant cotée AD par Seb Constant (III+/IV et 40/45° en neige). De toutes façons, les cotations sont à prendre avec le recul des sommets sauvages des Ecrins, c’est long et engagé avec quelques pas de 4 aériens
  • Cet itinéraire, ouvert en 1908, était au départ une variante importante de la voie normale du versant Sud-Est. Il s’est révélé comme plus intéressant et plus sûr que la voie normale qu’il a peu à peu remplacée.
  • Dénivelée premier jour : 1244m entre 1100m et 2344m
  • Dénivelée deuxième jour : 1220m entre 2344m et 3564m
  • Orientation : versant sud-est

Refuge de l’Olan

Suivre le sentier balisé qui mène au refuge de l’Olan à 2344m d’altitude. A 1730m d’altitude, on laisse à gauche le sentier qui mène à la cabane du Clot, pour prendre à droite, toute une série de lacets jusqu’au refuge.

C’est peu de dire que par un bel après midi d’été, cette montée de 1244m, orientée au Sud se mérite... et la bière au refuge également. Préférez si possible les heures les plus fraîches de la journée pour votre montée.

Sommet

  • Montée : de 4 à 5h00, voire plus, selon le nombre de "longueurs" parcourues les "anneaux à la main" ou au contraire, en ayant recours à l’assurage. Il est certain que si on ne monte pas à la brèche Escarra les "anneaux à la main", la course n’en finit plus. N’oubliez pas la descente au moins aussi longue.

Du refuge de l’Olan, traverser le torrent et suivre le sentier qui monte en direction du Pas de l’Olan.

Sous le col, avant l’éperon qui descend de l’Epaule Sud de l’Olan, monter par des pierriers, en direction du Glacier de l’Olan.

Remonter au mieux la partie centrale du glacier et se diriger vers le point le plus haut, à l’aplomb d’une brèche en "V" caractéristique, mais à ne pas confondre avec la Brèche Escarra, voir la photo avec l’itinéraire dans le portfolio.

Du glacier, ou de la rimaye, remonter les rochers jusqu’à la grande vire qui se dirige vers la brèche entre le Sommet Nord et le Sommet Sud.

Parcourir cette vire vers l’Ouest, nombreux cairns, jusqu’à trouver un couloir qui descend de la brèche 3400m, appelée Brèche Escarra.

Gagner la brèche par la rive gauche du couloir.

Suivre l’arête Est, souvent par le fil (quelques pas de III et de IV aériens), jusqu’à une antécime.

Descendre dans la brèche qui fait suite (sauvage). Escalader une cheminée, et s’en échapper par la droite (III) puis, remonter des dalles (III peu exposé) et gagner le sommet par des rochers brisés.

Vue somptueuse sur tous les grands sommets du Massif des Ecrins, sur le gouffre de la Face Nord-Ouest, et sur la Chapelle-en-Valgaudemar, 2500m plus bas.

Descente

Retour par le même itinéraire, donc très long car la désescalade des arêtes est magnifique mais assez difficile. Prudence lors de quelques pas aériens. Deux passages à califourchon. A la fin de la vire Escara, après avoir désescaladé prudemment sur une quinzaine de mètres, repérer le premier anneau de rappel (3 pitons). 50m de descente mènent à un deuxième anneau. Deuxième rappel variable selon l’épaisseur du glacier et des chutes de neige (25/35m). En fonction de l’état du glacier, prendre pied sur celui-ci ou dans la rimaye.

Mise à jour du Topo et des photos

L’Olan et la Cime du Vallon

  • (Par alain)

L’Olan ! Sommet parcouru par de grandes voies. Mais aussi par des voies plus abordables, comme cette "Voie Escarra".

Quelques années auparavant, nous étions montés au refuge de l’Olan par une (très) chaude après midi aoûtienne.

Le projet : l’Olan le lendemain et le surlendemain, la Cime du Vallon.

Hélas, le premier jour, le brouillard était au rendez-vous. Nous avons donc fait la Cime du Vallon dans les nuages et nous somme redescendus dans la vallée.

Bien nous en a pris. Car le deuxième jour, le brouillard était encore présent.

Cependant des cordées sont parties. Dont une pour le Pilier Anne, voie cotée D.

Cette cordée, était composée d’un père et de son fils. Le fils, en tête, a dévissé et s’est grièvement blessé.

Une cordée est allée immédiatement prévenir le gardien du refuge. Mais le brouillard a cloué l’hélicoptère au sol.

Les autres cordées, ne pouvant rien faire de plus, ont continué vers le sommet, avec les râles du jeune homme en bruit de fond.

Et puis le silence est tombé sur l’Olan.

L’après-midi, quand l’hélicoptère a enfin pu décoller, c’est le père qui a été ramené en premier. Avec mes amis, nous avons compris. Ramener le jeune homme, n’était plus urgent.

Des années pus tard, nous voici de retour en Valgaudemar. Nouvelle montée au refuge de l’Olan par une (très) chaude après-midi.

Cette montée en versant Sud, réserve souvent un vrai cagnard aux alpinistes.

Le projet : l’Olan et la cime de Vallon par beau temps cette fois.

Et l’Olan nous a réservé un accueil favorable. Conditions parfaites. Escalade agréable. La température étant douce, presque chaude même, les pas d’escalade, un peu aériens, sur l’arête finale, ressemblaient à un exercice d’école. La dalle sous le sommet, s’est révélée peu exposée.

Au final, presque une promenade. Il en aurait été tout autrement avec une température normale et un peu de vent. Sur l’arête, le passage aérien du "rasoir", eût été autrement difficile dans le vent et le froid ! J’ai fait Trois fois le sommet voisin des Rouies. Et à chaque fois, il faisait si froid que j’étais heureux de ne pas être obligé de quitter les gants.

Mais souvent, quand la température est douce, presque chaude, en altitude, cela annonce un changement de temps.

Et de retour au refuge, les nuages sont arrivés. Noël et moi-même, qui étions déjà de la première tentative, et donc ayant fait l’ascension de la Cime du Vallon, sommes redescendus dans la vallée.

Les autres, sont restés au refuge pour faire le lendemain l’ascension de la Cime du Vallon...dans le brouillard. Avec une belle frayeur : un éclair, suivi d’un coup de tonnerre. Un seul. Ils se sont arrêtés, se sont regardés, et ont continué leur progression vers le sommet.

Dernière modification : 30 juin 2018
Pic Turbat (3028m) par le refuge et le pas de l’Olan

A propos

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Topo publié le 29 avril 2011

(Avertissements et Droits d'auteur)

Commentaires

Afficher les commentaires précédents (5).
  • par Le 30 avril 2011 à 06h11

    Un sommet important des Ecrins, de grands dénivelés, une longue course, du terrain mixte...Du pur alpinisme !

  • par Le 1er mai 2011 à 15h10

    Merci Nuts, c’est en effet une ascension qui compte et dont le souvenir reste gravé pour la vie.

  • par Le 29 septembre 2013 à 22h08

    Magnifique sommet plein d’envergure. La cotation PD est une spécialité des Ecrins et particulièrement sur ce genre de sommets...

  • par Le 21 août 2017 à 20h28

    Juste une petite question : Que pensez-vous de la variante en pointillés (avant-dernière photo) ? Ca à l’air bien plus rapide que par les arêtes.

  • par Le 21 août 2017 à 20h56

    Je consulte mes notes : Hormis le socle correspondant à la diminution d’épaisseur de glacier et que, bien sûr, je ne connais pas, l’Olan m’a laissé une impression d’ascension rapide, contrairement au Sirac.
    Jusqu’à la brèche Escarra on monte les anneaux à la main. Pas de longueurs, pas de relais.
    L’arête quelques pas d’escalade seulement, elle se parcourt assez vite.
    Le final, une dalle peu expo et montée rapide au sommet.
    Dès lors, pourquoi s’embêter avec une vire déconseillée par les guide et sans doute pas nettoyée de ses pierrailles.
    J’ai noté une descente est plus longue que la montée.

  • par rolandLe 23 janvier à 21h09

    @rapha06 : l’itinéraire en pointillé, c’est celui que nous avons pris avec Paul : entièrement du même avis qu’Alain ...

  • par PaulLe 25 janvier à 15h27

    La voie Escara est certainement la meilleure pour la montée au sommet. Par contre pour la descente, notre itinéraire (ancienne voie normale semble t’il) représente de l’intérêt. Surtout si les arêtes Escara sont gelées ou partiellement enneigées. Je n’ai pas vu de grosse galère à utiliser ce couloir et ces piliers. Si les rappels étaient reéquipés ce serait un gain de temps considérable et un cheminement moins galère. Maintenant ce n’est qu’ une impression de passage et je ne peux conseiller ni inciter à cet itinéraire...

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