La Belle Étoile (1841m) et Dent de Cons (2062m), traversée des arêtes

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
1800m
Durée :
1 jour

Une longue traversée entre ciel et terre sur le fil aérien séparant la Savoie de la Haute Savoie, plus de 5km d'arêtes effilées... Une randonnée spectaculaire et exigente pour ceux qui ont l'âme d'un chamois et qui n'ont pas peur du vertige. Mais cette montagne, extrémité est du massif des Bauges et isolée des autres monts par plus de mille mètres d'abrupts sur ses deux versants, saura vous gratifier d'un fantastique panorama... – Auteur :

Accès

Albertville ou Faverges - Route du col de Tamié et de Seythenex - Bifurcation vers le hameau des Combes, grand parking vers le foyer de ski de fond.

Itinéraire

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  • Altitude départ : 850m.
  • Altitude sommet : 1843m (Belle Etoile), 2062m (Dent de Cons).
  • Horaire : 10h.
  • Carte : IGN TOP25 3432ET Albertville.

Période

Praticable lorsque l’itinéraire est sec et libre de toute neige (en général à partir de juin). A proscrire par risque d’orage et vent fort.
En début de saison, les sentiers peu entretenus peuvent réserver des surprises, en particulier des sapins en travers des sentiers en forêt.

Difficulté

Randonnée exigeante qui, bien que peu technique, présente sur une grande longueur un caractère aérien et exposé. Il y a de nombreux passages sur des sentiers étroits et petits ressauts faciles mais exposés, ainsi que quelques passages "sur le fil" impressionnants avec du gaz des deux côtés. Le terrain, souvent terreux, n’est pas toujours très franc et demande d’assurer ses pas. Quelques passages techniques sont équipés d’un câble.

Un pied sûr et expérimenté ainsi qu’une absence de vertige sont nécessaires. Le parcours d’arêtes entre Belle Etoile et l’Alpette doit servir de test : ne s’engager vers la Dent de Cons que si ce parcours est effectué sans difficultés particulières en moins d’une heure.

Ascension

Traverser le village et prendre la piste forestière montant en écharpe vers la droite, qu’il faut suivre pour 500m de dénivelé d’une montée régulière et efficace, mais souvent boueuse. On arrive au chalet du Périllet.

Deux sentiers partent au dessus du chalet. Prendre celui indiqué "Belle Etoile". Celui-ci monte en lacets réguliers par sous-bois et clairières jusqu’à la crête de Belle Etoile, juste au sud du sommet qu’on rejoint rapidement. La vue est déjà magnifique, bien haut, au-dessus d’Albertville et de la vallée de l’Isère. Lieu idéal pour une pause, alors que se profile vers le nord la longue suite du programme...

Descendre l’arête vers le nord. La trace est déjà étroite et par endroits exposée, passant parfois sur le fil. Cependant, quelques sections boisées atténuent l’ambiance gazeuse. Un grand gendarme bloque l’arête, qui se contourne par la droite en une descente scabreuse dans un couloir terreux équipé d’un câble et de quelques marches métalliques. C’est le pas de l’Ane. On remonte derrière par une petite grimpe câblée, facile mais exposée. Puis la descente se poursuit derrière dans une ambiance de plus en plus boisée. On passe à côté de pylônes électriques pour finalement déboucher dans la prairie du chalet de l’Alpette.

On rejoint ici le sentier traversant directement depuis le chalet du Périllet, par où seront montés ceux qui veulent zapper le sommet de Belle Etoile, économisant ainsi 1h de marche et 300m de dénivelé.

On monte à droite derrière le chalet vers le collet formé par le Roc Rouge, joli promontoire dominant la vallée accessible en 30min aller-retour.

La descente de l’arête de Belle Etoile est un petit avant-goût de l’arête beaucoup plus longue et engagée de la Dent de Cons. Ceux qui n’ont pas été à l’aise sur ce parcours devraient éviter la suite, et se contenter d’un petit aller-retour au Roc Rouge avant de redescendre directement au village.

Pour les autres, l’aventure continue... Suivre la trace qui longe la crête puis remonte les gazons raides d’un premier ressaut un petits lacets. Après une petite dépression remplie de bois mort, un deuxième ressaut est remonté par quelques passages de grimpe facile de sections terreuses et rocheuses. Puis certaines pointes se contournent par la gauche sur des traces étroites et exposées, demandant de l’attention particulièrement si le terrain est humide. Le terrain se dégage, et une crête herbeuse facile monte à un premier point haut de l’arête.

On voit la suite du parcours, avec plus loin la Pointe de Cruessajran et au fond le sommet de la Dent de Cons. Il n’y a guère de difficultés pour rallier la première, si ce n’est une trace étroite parfois exposée avec quelques petits passages sur le fil un peu impressionnant, ainsi qu’un gendarme rocheux à franchir par un ressaut câblé.

Derrière la pointe se profile la partie la plus impressionnante de l’arête, assez rocheuse et bien "aiguisée"... Il faut tout d’abord descendre de la pointe en désescaladant deux ressauts câblés. Puis, franchir un premier passage sur le fil réellement impressionnant, étroit et avec beaucoup de gaz des deux côtés. La trace se poursuit sur le fil ou à peine en contrebas, jamais technique mais toujours bien étroite et exposée, ce qui demande de bien assurer ses pas tout le long... Les difficultés s’atténuent lors de la remontée vers l’antécime. Derrière, le terrain redevint débonnaire et après plusieurs petites bosses le sommet est finalement atteint.

Par temps clair, la vue est spectaculaire sur les Bauges, le Baufortain, la Vanoise et le Mont Blanc. Et des deux côtés, la vallée est dominée de très haut... Vers le sud, Belle Etoile au loin donne l’ampleur du chemin parcouru...

Descente

Poursuivre l’arête descendant vers le nord. La trace est maintenant bien marquée, assez facile mais par endroits toujours exposée, ponctuée de quelques petits ressauts raides. Puis la crête s’élargit et se couvre de végétation, et le sentier descend en petits lacets. On finit par rejoindre la forêt, et on descend vers l’Alpettaz sans se laisser tenter par les divers chemins forestiers descendant à gauche qui ne mènent nulle part...

Partir à gauche juste au dessus de l’Alpettaz pour une longue traversée à flanc. Il coupe plusieurs chemins forestiers et il faut veiller à bien récupérer le sentier à chaque intersection. La trace, mal entretenue, offre parfois des surprises, tel que des sapins couchés en travers pénibles et parfois scabreux à franchir... On finit par arriver au refuge Saint-Hubert.

Du refuge, plusieurs options sont possibles. En descendant directement, on finit par tomber sur le village de Cons-Sainte-Colombe, d’où 1h30 de marche sur chemins et routes et 350m de remontée seront nécessaire pour revenir au village des Combes, via Verchères et Frontenex... Sinon, on peut poursuivre la traversée à flanc sur le sentier remontant un peu, parfois scabreux en traversant des terrains raides et ravinés, pour tenter ensuite de descendre sur le village de Frontenex, d’où seulement 45min de marche sur route et 200m de remontée permettent de revenir aux Combes.

Il semblerait qu’une autre option, non visible sur l’IGN et nécessitant de remonter de quelques lacets, permette de redescendre ensuite directement sur les Combes... Une dernière possibilité plus courte serait de descendre directement du sommet de la Dent de Cons par un étroit et raide sentier dans la face ouest partant juste au sud du sommet. Dans tous les cas, ces sentiers constituent la partie la plus paumatoire de la randonnée, un balisage peu explicite ne facilitant pas la chose, et il faut être prêt à marcher sur route peu importe le village où les sentiers nous mènent...

Cette boucle peut parfaitement être parcourue dans l’autre sens. Néanmoins, le sens décrit permet d’aborder la plupart des difficultés de l’arête dans le sens de la montée, facilitant la marche. De plus, cela permet de marcher soleil dans le dos. En version "2 voitures", on pourra partir du parking de la Ramaz dominant la col de Tamié pour finir au Raffort au dessus de Marthod, réduisant significativement le dénivelé en évitant les parcours rébarbatifs en forêt.

Détail de la sortie du 25 juin 2013

En transit vers Albertville et voulant profiter de la région... Mon premier objectif était le Mont Mirantin, hélas recouvert par des nuées poussées par le vent du nord... Seul la Dent de Cons semblait échapper à la grisaille...

Départ à 13h du hameau des Combes, un peu tard pour une balade de cette envergure, mais au cas où ma frontale fonctionne... Montée efficace à Belle Etoile, atteinte vers 15h. Grande pause pour profiter du paysage, puis descente vers le chalet de l’Alpette, atteint vers 16h.

Hésitation sur la suite à donner à l’aventure étant donné l’heure tardive... Mais malgré le terrain légèrement humide, les conditions sont bonnes et la forme est là... Et c’est parti pour une belle bambée sur les arêtes... Pas de grosses difficultés dans le parcours, si ce n’est quelques ravinements de la trace demandant de grandes précautions pour être franchies, un rocher pas toujours franc dans certains ressauts où les prises doivent être testées pour voir leur solidité, puis finalement le vent du nord-ouest, parfois un peu fort sur le fil de l’arête, compliquant les épreuves de funambulisme...

Le soleil qui m’inondait à Belle Etoile a maintenant fait place à un gros couvercle nuageux sur les arêtes, assombrissant et renforçant le caractère austère du lieu...

Derrière la Pointe de Cruessajran, la vue de l’arête acérée laisse douter de la possibilité de la franchir... Mais finalement, ça passe assez bien, même si le gaz des deux côtés rend le parcours très impressionnant, la trace étroite et très exposée obligeant à assurer chacun des pas...

Sommet finalement atteint vers 18h30, sans trop se dépêcher... La vue plongeante sur la vallée est fantastique, mais hélas les nuages et la brume masquaient les massifs plus éloignés...

19h, il faut maintenant descendre... 19h45 à l’Alpettaz, après quelques errements dans des bifurcations ambigües de chemins forestiers. Puis, la longue traversée à flanc sur un sentier étroit et parfois boueux, ne descendant pas vraiment. Ce sentier était coupé par de nombreux sapins tombés en travers, dont le franchissement, parfois au-dessus, parfois au-dessous en rampant dans des fouillis de branchages, parfois même à contourner dans des dévers raides et boueux, étaient vraiment pénibles... On se dit à chaque fois que c’est le dernier... Un d’eux, tombé sur le sentier dans un dévers très raide, fut particulièrement scabreux et délicat à franchir. Finalement le refuge Saint-Hubert est atteint après presque 1h de grosse galère.

Le soleil se couche bientôt. Pas envie de poursuivre l’aventure et me faire attraper par la nuit dans une traversée qui risquait d’être encore plus scabreuse. On descendra donc sagement sur Cons-Sainte-Colombe, quitte à ensuite subir la punition d’une très longue remontée sur chemins et routes, les jambes vraiment lourdes, pour revenir à la voiture... Fin de l’aventure vers 23h, content d’avoir fait ce magnifique parcours.

Dernière modification : 16 mai 2018
Dent de Cons (2062m)

A propos

Auteur de ce topo :

Des paysages sauvages, même si il faut marcher loin... Des panoramas grandioses, même si il faut grimper haut... Des couchers de soleil colorés, même si il faut redescendre tard...

Topo publié le 3 juillet 2013

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Commentaires

Afficher les commentaires précédents (9).
  • par Le 3 juillet 2013 à 05h04

    très belles photos , oui rando exposée où l’erreur n’est pas permise , je n’ai fait qu’une partie montee par le creux du cayon, la pente herbeuse est deja impressionnante à éviter d’y emmener des enfants

  • par Le 3 juillet 2013 à 09h44

    Superbe !

  • par Le 5 juillet 2013 à 08h44

    Randonnée sur le fil..... véritablement impressionnante !! Bravo ;)

  • par Le 19 juillet 2013 à 20h11

    Super l’intégrale Belle Étoile - Dent de Cons. L’idéal est effectivement d’avoir deux voitures même si pas très écologique

  • par Jean-yvesLe 6 juillet 2015 à 18h16

    Fait hier dans le sens dent de cons belle étoile. Équipement du sentier irréprochable, magnifique itinéraire

  • par Lucas. BLe 13 septembre 2015 à 19h07

    Quelle est le sentier où l’on peut gravir la Dent de Cons en partant du parking le plus près des Bauges s.v.p ? Merci d’avance.

  • par Le 13 septembre 2015 à 19h11

    Ta question manque de clarté...

  • par Le 13 septembre 2015 à 23h01

    La Dent de Cons seulement ? Ou alors Belle Etoile aussi, comme dans le topo ? Dans les deux cas, le départ le plus proche semble le hameau des Combes si on veut parcourir toutes les arêtes... Il n’y a pas vraiment d’autres départs "en altitude" versant Faverges pour monter à la Dent de Cons...

  • par Le 14 novembre 2015 à 19h13

    Finalement cette randonnée n’est pas si difficile, elle est bien (même beaucoup trop) câblée et ce n’est pas si vertigineux que ça. Sinon c’est une randonnée magnifique, pour ceux qui veulent se rallonger la boucle, vous pouvez aussi y ajouter le Roc Rouge et la Pointe de la Sellive.

  • par SimonLe 25 avril 2017 à 21h58

    Savez vous si le refuge St Hubert est une "cabane non gardé" ? J’aimerais passer une nuit là bas mais je ne trouve pas d’infos sur le refuge..

  • par Le 9 juillet à 12h45

    Je viens de faire cette boucle, samedi 07/07/2018, au départ des Combes, puis Chalet du Perillet - Belle Etoile - Dens de Cons - Rocher Prani - l’Alpettaz.
    Vraiment superbe, tant du point de vue panoramique que de l’exposition, ou de la non-fréquentation !
    Petites précisions par rapport au topo initial : je conseille de faire cette rando dans ce sens, car dans le sens opposé, la descente vers le chalet de l’Alpettaz est raide et uniquement en "assurages naturels" (troncs d’arbres, herbes, etc.). Apparemment tous les scellements ont été refaits en début de saison et les câbles sont tout beaux aussi !
    Pour la descente depuis l’Alpettaz, bien suivre le marquage en direction de Cons Ste Colombe, pour éviter de se "balader" sur les chemins forestiers ... Le sentier est balisé de traits verts.
    Arrivé au refuge Saint Hubert (cabane non gardée à 1200m), j’ai choisi l’option de descente directe à Cons puis remonter gentiment par la route et le sentier qui coupe entre Cons et Verchères, et de nouveau la route ; il y a effectivement un sentier qui remonte depuis le refuge et qui doit mener à la Cabane des Gardes pour redescendre ensuite directement sur le Planet mais j’ai préféré assurer le coup.
    J’ai mesuré 2100m de déniv cumulé et environ 22 km pour la boucle.
    Le temps était parfait, juste un filet de vent pour rafraîchir sans déséquilibrer, la température était idéale.
    Pour indication, j’ai mis 10h30 pour le tour complet (en perdant 30 min sur ces fameux p...ains de chemins forestiers à la descente ...) sans courir, avec en tout 1h de pause et un passage par le Fort de la Batterie. En partant à 6h00 de la voiture.
    Bonne rando !

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