La Cime de la Jasse (2478m) et la Dent du Pra (2623m), en boucle par la crête

Difficulté
Difficile
Dénivelé
1500m
Durée
1 jour
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Avertissements et Droits d'auteur

La Dent du Pra, classique hivernale pour les skieurs, est quasiment inconnue des randonneurs estivaux... Aucun véritable sentier ne mène à cette pointe sauvage... Elle est pourtant accessible par en joli parcours de crêtes depuis la Cime de la Jasse, pas trop difficile et assez ludique, accessible aux amateurs de parcours hors traces en terrain sauvage. Le retour par la combe sud-est est également hors sentier, nécessitant un peu de sens de l'itinéraire.

Accès

Grenoble ou Chambéry - Brignoud, prendre la route montant à Laval et Prabert, et la poursuivre jusqu’au virage marquant la fin du goudron. Quelques parkings un peu plus haut.

Itinéraire

  • Altitude départ : 1335m.
  • Altitude sommet : 2478m (Cime de la Jasse), 2623m (Dent du Pra).
  • Durée : 8h.
  • Carte : IGN TOP25 3335ET Le Bourg d’Oisans - l’Alpe d’Huez.

Période

Praticable en conditions estivales, lorsque les névés ont totalement libéré les pentes sud sous les crêtes de la Dent du Pra. En général, à partir de juillet. Bonne visibilité nécessaire, en particulier pour l’itinéraire de descente.

Difficulté

Il s’agit d’un itinéraire assez long. La montée à la Cime de la Jasse se fait sur un bon sentier. Le parcours des crêtes en direction de la Dent du Pra n’est guère difficile. Il y a cependant quelques pas de grimpe assez faciles et peu exposés. Les derniers ressauts sous le sommet comportent cependant quelques traversées faciles mais exposées sur des dévers raides. L’itinéraire de descente, hors sentier dans une combe de caillasses puis d’herbe, ne comporte pas vraiment de passages difficiles. La combe est cependant plus complexe qu’elle n’a l’air vue d’en haut, et un bon sens de l’itinéraire est requis pour éviter de se retrouver bloqué au dessus de ressauts rocheux.

Itinéraire

Montée à la Cime de la Jasse

Remonter le sentier dans le vallon vers le habert du Muret puis celui d’Aiguebelle. Quitter le sentier montant au pas de la Coche, et suivre à gauche celui en direction du vallon du Vénétier.

On passe devant les lacs du Vénétier aux couleurs variées, puis la montée se poursuit dans le flanc gauche du vallon, pour rejoindre la crête. Une dernière petite montée le long du fil de la crête ou un peu en contrebas, et le sommet est atteint. Belle vue sur le Grésivaudan face à la Chartreuse.

Parcours des crêtes vers la Dent du Pra

Descendre de la bosse sommitale sur le col du Pra et suivre la crête vers l’est. Cette crête comporte plusieurs ressauts se franchissant plus ou moins facilement, soit sur le fil, soit un peu en contrebas dans le versant sud.

Le premier ressaut se franchit par une courte cheminée facile proche du fil. Le second se grimpe facilement à vue plus ou moins sur le fil. On aboutit à un petit replat sous le dernier ressaut à franchir pour arriver au sommet.

La base de ce ressaut se contourne par le versant sud en descendant un peu dans un pierrier. On ignore le premier couloir herbeux remontant le ressaut, celui-ci menant vers une petite traversée exposée et scabreuse. On préfèrera le second couloir caillouteux, un peu raide en haut (sortir par la gauche) qui, par une petite traversée à droite, conduit à un devers facile que l’on remonte pour rejoindre la crête. De là, le sommet s’atteint facilement en grimpant à vue.

Pause pour admirer la vue sur ce sommet pointu, exigu et sauvage sur lequel on sera souvent seul...

Retour

La descente s’effectue hors sentier dans le vallon sauvage du Fond de la Belle Etoile, au sud-est. Il faut cependant faire attention aux raides ressauts barrant le vallon, peu visible d’en haut.

Il faut tout d’abord traverser vers l’est dans les pierriers en direction du col du Voutaret. Ensuite, descendre à vue au mieux dans la caillasse, en visant le fond du vallon.

La caillasse fait place à l’herbe. Poursuivre la descente vers le sud, en tirant un peu à gauche, de manière à rejoindre une rampe herbeuse permettant de franchir un ressaut barrant le vallon. Dévaler ensuite les pentes herbeuses et poursuivre en direction d’un replat au fond du vallon. On y rattrape le sentier provenant du col de la Vache, qui par une longue traversée plus ou moins horizontale, permet de revenir au pas de la Coche.

Descendre le sentier vers l’ouest, la vue juste gâchée par des abominables pylônes électriques. On rattrape le sentier en provenance du habert d’Aiguebelle, terminant la boucle.

Un peu plus...

Un poursuivant la crête vers l’est après le col du Vouteret, on peut rejoindre le Pic de la Belle Etoile. La crête n’est pas trop difficile, mais par endroits chaotique, nécessitant un peu de recherche pour trouver par où ça passe, soit sur le fil, soit en descendant un peu dans un versant pour contourner un ressaut. La fin de la crête est beaucoup plus chaotique qu’elle ne paraît de visu, en dents de scie comportant des petits ressauts scabreux à franchir. Au sommet, belle vue sur le sud des Sept Laux.

Après un détour optionnel aux rives du lac de la Belle Etoile, le retour s’effectue par une traversée hors-sentier vers le col de la Vache, que l’on franchit pour revenir par le sentier au pas de la Coche.

Détail de la sortie du 7 septembre 2015

J’avais prévu d’ajouter "Pic de la Belle étoile (2718m)" à la liste des sommets de ce topo... Mais les buts, cela arrive, même par bonnes conditions à 100m du sommet !

C’est pourtant un magnifique parcours d’arête qui me trottait à l’esprit depuis un certain temps... Une journée de fin d’été, atmosphère claire magnifique, pas trop chaude, les conditions idéales... Parfait pour s’y lancer !

Départ vers 9h30. Un petit vent du nord, et quelques traces de givre dans les recoins encore à l’ombre... Montée rapide sur un bon sentier régulier... C’était parti pour un bon chrono, mais les eaux turquoises et transparentes du premier lac du Vénétier m’oblige à sortir l’appareil photo pour faire le parcours touristique autour du lac, ce qui a bien cassé la moyenne... Finalement, quelques marmottes et bouquetins plus tard, ce n’est que vers midi que j’arrive à la Cime de la Jasse... Une belle pose alors qu’au dessous dans la vallée, quelques nuages bas s’amoncellent le long des pentes...

C’est parti pour la suite du parcours... Pas de topo lu au préalable si ce n’est l’information que ce parcours est faisable et pas trop difficile... Ce sera donc à vue, avec les éventuelles errements inhérents à ce genre d’exploration...

Les premiers ressauts se franchissent facilement. en grimpatouillant un peu. C’est ludique et peu exposé. Un petit replat et voilà le plat de résistance, le ressaut sommital.

Ca ne se grimpe pas facilement de front, il faut contourner par la droite. Derrière, un petit couloir herbeux facile permet de remonter. En haut, une traversée, courte mais exposée, limite... Trop limite pour moi, et pourtant cette tâche de peinture et ce spit qui semblent confirmer l’itinéraire... Bon, il faut trouver autre chose... Redescente sur le pierrier, on va voir plus loin... Plus loin, une deuxième cheminée, rocheuse cette fois... Le haut est raide, mais ça passe par la gauche. Au dessus, une autre traversée, mais celle-là passe... On monte sur la crête, on grimpe, cette fois c’est bon jusqu’au sommet. 14h, c’est l’heure du casse-croûte, alors qu’au nord les nuages envahissent la vallée de Fond de France...

La suite, tranquille traversée jusqu’au col du Vouteret, alors qu’en face se profile le reste du programme... Une première bosse à franchir en guise de hors d’œuvre, puis on attaque les choses sérieuses, avec ce gendarme bloquant le fil de la crête... Une vire herbeuse en flanc sud semble trop limite, la solution se trouve en fait dans l’austère versant nord où une improbable petite traversée permet de contourner le bloc...

On poursuit... On grimpe, on cherche, on grimpe... C’est en général sur le fil, avec une bosse se contournant sur le versant nord. Un grand replat, et devant le Pic de la Belle Etoile semble proche... Mais la suite de la crête se révèle être plus chaotique que prévu, avec une succession de bosses séparées par de profondes brèches. La première se franchit en descendant un dévers terreux, mais la seconde, raide, nécessite la désescalade soit d’un petit mur vertical, soit d’un raide dévers de blocs exposé... Le genre de passage qui je franchirais hop-hop dans de bonnes conditions, mais là, étant seul dans un endroit isolé, et avec la fatigue accumulée... Je ne m’engage pas dans un passage que je ne "sens" pas, malgré la carotte (le sommet tout proche et la vue sur les lacs derrière) et le bâton (reparcourir la crête en sens inverse jusqu’au col)...

17h, retour et descente dans la caillasse sous le col. Un petit replat herbeux en bas, pour une pause et un peu de repos. Puis on reprend la descente, dans l’ombre des nuages qui tentent de franchir le pas de la Coche... Ces nuages se dissipent progressivement au fur et à mesure du sentier tranquille ramenant au pas...

19h, descente face au soleil couchant...

Dernière modification : 10 septembre 2015