La Tour du Bargy (2267m) par la croupe Est, et traversée du Grand Bargy (2301m)

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
1000m
Durée :
1 jour
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

L'ascension de la Tour du Bargy par un itinéraire méconnu, sauvage et esthétique, ponctué de courts passages de grimpe facile et ludique dans de beaux lapiaz. Une ascension qu'on pourra éventuellement prolonger par une traversée du Grand Bargy.

Accès

Le Grand Bornand - Chinaillon ou Marnaz - le Reposoir, route du col de la Colombière, parking le long de la route vers bas du téleski du Chalet Neuf.

Itinéraire

  • Altitude départ : 1320m.
  • Altitude sommet : 2267m (Tour du Bargy), 2301m (Grand Bargy).
  • Durée : 5h, +2h pour la traversée du Grand Bargy.
  • Carte : IGN TOP25 3430ET La Clusaz - Le Grand Bornand.

Période

Praticable en conditions estivales lorsque la neige a libéré l’itinéraire, notamment sur les versants des crêtes. Un terrain sec est fortement souhaitable en raison de quelques dévers herbeux à franchir, notamment pour l’accès à la rampe.

Difficulté

L’ascension de la croupe comporte quelques petits passage de grimpe facile (I, éventuellement quelques pas de II) sur des roches de lapiaz d’excellente qualité, prisus et peu exposés (le risque provient plutôt des crevasses de lapiaz). La ligne globale de l’itinéraire est assez claire, mais il faudra quand même un peu d’expérience et de jugeote pour choisir les passages les plus faciles, dans la mesure où aucun balisage, aucun cairn, aucune trace n’indique l’itinéraire. Quelques dévers herbeux raides doivent être traversés pour accéder à la croupe, ce qui nécessite un terrain sec (un piolet peut être utile pour plus de sécurité).

Itinéraire

Montée à la Tour du Bargy par la croupe est

Prendre la piste du chalet Neuf, ou alors monter à vue dans les prairies en visant le sommet du téléski. Juste avant le sommet, monter à gauche la raide croupe herbeuse d’abord à droite, puis en tirant à gauche pour éviter les parties les plus raides (délicat si humide ou herbe jaune). Contournant quelques sapins par la gauche, on rejoint la base de la falaise non loin du couloir d’accès à la rampe est (qui peut être emprunté à la descente).

Poursuivre en traversée vers la droite sous la base de la falaise. On atteint le fil de la croupe et la vue s’ouvre sur la combe Servagin. Il faut maintenant monter au plus facile sur un terrain rocheux assez raide, mais ne posant aucune difficulté.

La croupe est coupée en deux par une crevasse de lapiaz. Rester du côté droit et grimper au mieux de belles formations de lapiaz. Le terrain est impressionnant mais pas difficile, l’excellent rocher offrant de nombreuses prises et la surface abrasive offrant une excellente adhérence sur les dalles. En fait, c’est surtout aux fissures de lapiaz qu’il faudra faire attention. Il n’y a aucune indication de l’itinéraire (traces, cairns) et il faut bien regarder autour de soi pour trouver les passages faciles, et les petits passages d’escalade ne devraient pas dépasser le I, éventuellement quelques pas de II.

La crevasse s’estompe et on peut soit monter à gauche pour se rapprocher du fil, soit poursuivre tout droit la montée maintenant facile. Dans les deux cas, on rejoint la partie supérieure de la croupe qui s’élargit et s’aplatit, signant la fin des difficultés. La remonter à vue. En haut, un ressaut rocheux se surmonte par la gauche, puis un autre permettant d’aboutir sur la crête herbeuse marquant le sommet de la croupe.

On débouche sur un grand replat sous le sommet. Monter en direction de celui-ci et y accéder par la gauche en remontant un large couloir herbeux.

Descente par la rampe est

À moins de parfaitement maîtriser l’itinéraire, le retour par le même chemin est déconseillé car certains passages-clé sont difficilement visibles d’en haut. Aussi, alternativement à la cheminée de Montarquis classique mais un peu scabreuse, l’itinéraire de retour le plus facile et le plus logique pour redescendre est la rampe est passant sous les falaises de la croupe.

Redescendre sur le rebord du plateau herbeux marquant le sommet de la croupe. Continuer à longer ce rebord vers la droite de manière à contourner une cuvette de lapiaz du plateau. Au bout d’une petite crête, quelques blocs très faciles permettent de descendre en revenant à gauche et de prendre pied sur la large rampe.

Descendre la rampe au mieux dans les pierriers, ou éventuellement sur la sente longeant la base de la falaise (mais alors attention aux chutes de pierres). Au bas de la rampe (quelques vieux sapins), revenir à gauche le long de la falaise et la longer pour descendre un couloir par quelques dalles faciles rejoignant l’itinéraire de montée au-dessus des dévers herbeux. Il ne restera qu’à faire un peu attention pour descendre ce dévers en tirant à gauche par le cheminement de montée sans s’engager dans des parties trop raides.

Traversée du Grand Bargy

On augmentera l’envergure de la balade en effectuant la traversée esthétique du Grand Bargy et de sa crête de lapiaz. Le retour sera plus long (compter deux heures en plus), mais guère plus difficile.

Pour cela, descendre un peu vers l’est la crête herbeuse du sommet puis plonger dans les pentes en direction de la brèche séparant la Tour du Grand Bargy, en suivant quelques légères sentes (balisage orange par endroits). Les seules difficultés sont en bas, avec une petite vire herbeuse exposée suivi d’une petite dalle inclinée également exposée, mais pourvue de tout ce qu’il faut en prises (II).

Remonter la sente dans l’herbe en face. Elle se dirige vers la falaise, en franchissant un petit ressaut facile pour poursuivre sur une vire herbeuse. Au-dessus, une petite cheminée se remonte facilement. Y fait suite une vire herbeuse montant vers la gauche pour atteindre les pelouses sommitales. Ne pas oublier de profiter de la magnifique vue sur tous les versants.

Poursuivre vers le nord-est sur la crête de lapiaz, entaillée de longues crevasses. Pour l’esthétisme, on pourra choisir de parcourir la crête de droite, offrant une impressionnante vue plongeante sur la combe de Servagin.

Le bas de la crête est assez tourmenté. Bien suivre la sente et les cairns pour franchir au mieux les crevasses. On aboutit à un petit collet, derrière lequel la sente poursuit, plus facile, en remontant un peu au début. De bosse en bosse, on finit par atteindre la dernière pente dominant le col de l’Encrenaz. Un petit ressaut rocheux se franchit soit par une faille (une grosse marche au milieu), soit par un passage plus facile en cherchant un peu plus à gauche. Au col, suivre la sente passant au-dessus de l’éperon rocheux en son milieu pour rejoindre les sentiers de l’autre côté.

Plonger dans la combe au sud-est. Le haut du sentier est assez raide et un peu exposé (délicat en cas de névé), puis il descend plus tranquillement la combe puis de grandes pentes herbeuses pour rejoindre le chalet de la Cha (eau).

Au chalet, prendre le chemin d’alpage vers la droite (sud), puis rapidement le quitter pour une sente (poteaux balises) traversant l’herbe horizontalement pour rejoindre la forêt. Le sentier descend un peu en forêt, traverse sous un dévers raviné, puis remonte un peu pour traverser en direction du chalet Neuf, où on rejoint l’itinéraire de montée.

Traversée du Petit Bargy

Pour ceux qui en veulent encore un peu plus, on pourra compléter la boucle en y ajoutant la traversée du Petit Bargy, histoire de parcourir les crêtes du Bargy dans leur intégralité. Compter une petite heure supplémentaire.

Du col de l’Encrenaz, remonter le sentier menant au sommet du Petit Bargy. Derrière, poursuivre la descente de la crête par une sente plus ou moins bien marquée, alternant herbe et petits passages sur lapiaz. Plus bas, une dernière traversée de lapiaz où la sente est facile à perdre finit par conduire à la Tête des Bécus et ses paisibles replats herbeux entourés de sapins.

Ensuite, le sentier plonge à droite dans des pierriers (attention à ne pas perdre le sentier), puis dans une raide descente en forêt. On rejoint une bifurcation où il faut prendre à droite en sentier horizontal conduisant au chalet de la Cha.

Détail de la sortie du 8 juin 2017

Cette croupe, je l’avais repérée depuis quelques années comme itinéraire peut-être envisageable pour monter à la Tour du Bargy, notamment après le parcours facile de la rampe en contrebas. Cependant, impossible de trouver la moindre description de cet itinéraire, pourtant logique et esthétique...

Une journée magnifique, beau temps estival magistral pas trop chaud, c’est l’occasion de s’y coller pour une balade d’exploration...

Départ vers 14h de la route de la Colombière en direction du chalet Neuf, dans une verdure éclatante ponctuée de vaches paisibles. Le début du parcours, je connais : Remonter ce dévers herbeux pour rejoindre le bas de la falaise...

Plus haut, l’exploration commence... D’abord rejoindre la croupe, une vire facile le permet. Puis monter... C’est raide mais pas excessivement, ça se laisse monter sur un terrain franc et plein de prises.

Cette crevasse coupant la croupe me fait renoncer à mon projet d’essayer de la parcourir au plus proche du fil. A la place, des lapiaz joliment sculptés sur lequel il faut se frayer un chemin... Univers minéral, austère, raide mais finalement facile, parcours sur une roche abrasive parfaitement adhérente, et tout ce qu’il faut pour les mains si cela est nécessaire. Mais attention à toutes ces crevasses où ce serait une mauvaise idée de se casser une jambe...

On rejoint le fil d’une crête qui se fait débonnaire... Une dernière incertitude plus haut avec ces petites barres rocheuses, mais qui se franchissent finalement très facilement par des faiblesses... Voilà le haut de la croupe, beau replat d’herbe fleuri de gentianes bleues et jaunes, revoilà un terrain connu... Succès de l’exploration, on termine l’ascension du sommet le cœur léger dans un décor magnifique...

Il est 16h30. Descendre par la rampe ? C’est le plus logique et le plus rapide, mais avec ces conditions magnifiques, on a envie d’en profiter un peu plus... Filons donc au Grand Bargy pour une petite sieste au sommet, puis descendons tranquillement les crêtes vers le col de l’Encrenaz... On ne se presse pas, on profite...

18h au col... La combe de descente est déjà dans l’ombre. Mais je veux en profiter un peu plus, c’est donc parti pour un "extra" de soleil le long des crêtes du Petit Bargy, qui éclairera le décor jusqu’au pelouses verdoyantes de la Tête des Bécus. Une dernière pause, 19h30, maintenant il faut descendre...

Retour tranquille au chalet de la Cha, puis au chalet Neuf... Fin de la balade avec la nuit vers 21h30.

Dernière modification : 30 août 2018
Le Grand Bargy (2301m), par le Couloir des Ranges

La carte du topo « La Tour du Bargy (2267m) par la croupe Est, et traversée du Grand Bargy (2301m) »

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