Le Barrhorn (3610m), par Tourtemagne

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
1750m
Durée :
1 jour
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Le plus haut sommet "officiellement" randonnable des Alpes, accessible par un sentier balisé ! Sans réelles difficultés, si ce n'est la longueur de la marche et l'altitude qui se fait vraiment sentir là-haut… Mais le décor et le panorama sont à la hauteur de l'effort : Au terme d'un parcours esthétique et varié, pics et glaciers offrent une ambiance "haute montagne" dominé par les "4000" valaisans, avec en prime une vue plongeante sur la vallée et un superbe panorama sur les sommets lointains.

Accès

Martigny - Sion - Tourtemagne (Turtmann), Route de la vallée de Tourtemagne (Turtmanntal), Unterems - Oberems - Grüben (accessible en car postal), parking au bout de la route (Sänntum), au mieux sur le bord avant le pont.

Itinéraire

Certes, la Grande Sassière permet de randonner une bonne centaine de mètres plus haut… Mais la sente qui y mène n’a rien d’officiel, et n’est pas balisée…

Mais surtout, ces deux randonnées sont totalement différentes par leur caractère. Alors qu’à la Grande Sassière, il s’agit surtout d’un long parcours de crêtes depuis l’alpage jusqu’au sommet, le Barrhorn offre un parcours varié traversant une très grande diversité d’environnements : Départ en forêt depuis le fond de vallée (on est pourtant déjà à 1900m) , traversée d’alpages entourés de hauts sommets et de glaciers avec leurs séracs, torrents de montagne, montée à un refuge, parcours d’un vallon glaciaire et ses moraines, rochers taillés par les glaciers et colorés par une géologie complexe, crête de haute altitude au bord d’un à-pic sur une profonde vallée…

La différence se fait sentir également au sommet : A la Grande Sassière, on est le roi du monde dominant tous les sommets environnants réduits à de vulgaires bosses, seul quelques pics éloignés semblant essayer de barrer l’horizon. Au contraire, au Barrhorn, on est à proximité des hauts sommets valaisans, à commencer par le Brunegghorn, le Bishorn et le Weisshorn juste à côté qui s’imposent et inondent le paysage de leur blancheur glaciaire, et plus loin la chaîne des Mischabel dépassant allègrement les 4000m… Même à 3600m, on se sent tellement petit...

Surtout ne pas oublier crème solaire efficace, lunettes de soleil achetées ailleurs qu’au rayon fantaisie, et de quoi bien se couvrir, on se sait jamais...

L’itinéraire est parfaitement réalisable en une journée en partant tôt. Mais ceux qui voudraient mieux profiter du lieu pourront passer la nuit à la sympathique cabane (refuge) de Tourtemagne, décor magnifique et ambiance garantie.

  • Altitude départ : 1900m.
  • Altitude sommet : 3610m.
  • Durée : 10h.
  • Carte : SwissTopo 1:25000 1308 St. Niklaus.
  • Office Fédéral de Topographie : Le Barrhorn
  • Tracé IGN/Swisstopo : Le Barrhorn

Période

Etant donné l’altitude, il vaut mieux attendre le milieu de l’été, en général août, le temps que l’itinéraire se déneige suffisamment, notamment les éventuels névés dans les passages raides sous les pentes sommitales. Envisageable jusqu’en automne avant les premières grosses neiges (un petit saupoudrage, fréquent à cette altitude, n’est pas trop gênant). Le parcours est envisageable dans d’autres saisons, mais ce n’est alors plus vraiment de la randonnée… Choisir impérativement une journée de beau temps stable, avec bonne visibilité, sans vent d’altitude. Le mauvais temps peut être redoutable à cette altitude.

Difficulté

Il n’y a aucune difficulté significative sur l’itinéraire parcouru par un sentier balisé plus ou moins marqué. Tout au plus un petit passage rocheux équipés de mains courantes confortables au dessus du refuge, une petite section de dalles rocheuses faciles, et en haut des traces en pierriers pénibles à la montée, mais agréables à la descente. Le sentier est rarement exposé. La difficulté provient surtout du dénivelé conséquent en haute altitude. Quelques difficultés d’orientation dans la partie sommitale en cas de mauvaise visibilité.

Ascension

Deux options s’offrent pour monter à la cabane de Tourtemagne (Turtmannhütte) : Soit par la piste prolongeant la route à droite (plus rapide) montant aux lac de Tourtemagne (Turtmannsee), soit par le sentier à gauche montant à la chapelle de Holustei puis traversant en balcon et redescendant un peu en dominant du lac (plus long, mais plus joli). De là encore, on peut soit monter au rognon supportant le refuge par le sentier direct et efficace à gauche (Normalweg), soit le contourner par le sentier au bord du vallon suivant l’ancienne moraine pour un parcours plus long et plus varié (Steinmannliweg).

Le refuge est entouré de pelouses où il n’y a pas besoin de chercher bien longtemps pour y trouver des edelweiss (à ne cueillir qu’avec l’appareil photo). Une pause pour profiter du panorama dans ce lieu sympathique...

Prendre le sentier traversant horizontalement depuis le refuge en direction des falaises au fond de la combe. Il remonte dans le couloir de Gässi, étroit et raide, par des petits lacets, puis en sort à droite par une dalle où des lacets sont aménagés par une confortable main courante.

On débouche dans le vallon de Barr, qui est remonté entre de petites bosses, certaines décorées par de jolis cairns. Puis on aborde la partie minérale du parcours par la remontée de la crête d’une longue moraine de cailloux clairs. Belle vue à droite sur le glacier de Brunegg surmonté par les impressionnants contreforts glacés du Bishorn.

Au bout de la moraine, on remonte une petite croupe rocheuse par des dalles faciles pour arriver sur un replat chaotique. De là se dévoile la partie haute du parcours, où deux itinéraires sont possibles. Celui de gauche aborde directement les pentes sommitales en franchissant deux rampes de pierriers. C’est le plus direct, mais aussi le plus pénible, car la trace pierreuse raide n’est pas stable… On le prendra plutôt à la descente, préférant la montée par celui de droite, balisé, qui se dirige vers le Schöllijoch en remontant un couloir pierreux. Belle vue plongeante derrière le col, où débouche l’itinéraire du versant est montant depuis St. Niklaus par la cabane de Topali.

On pourra optionnellement faire le détour par le Schöllihorn (3500m, 1h aller-retour). Pour cela, suivre la trace au sud du col traversant sous des épaulements pour déboucher sur le vaste plateau sommital d’où le sommet est facilement atteint. On ira ainsi tutoyer les glaciers du Brunegghorn, dominé par les impressionnants séracs du Bishorn, avec le Weisshorn en embuscade juste derrière… Pour voir les glaciers d’encore plus près, il est possible de continuer la crête descendant en pente douce jusqu’au Bruneggjoch.

Depuis le Schöllijoch, la montée au Barrhorn se fait par un trace bien visible montant en traversée vers le nord dans les étendues caillouteuses colorées du plateau sommital. Il passe sous le Inners Barrhorn (3583m) qui peut mériter un rapide détour pour une belle vue sur l’à-pic du versant est. Ayant rejoint le un petit col derrière, la trace remonte finalement au Ussers Barrhorn par un pierrier raide et instable, dernier effort pénible, surtout à cette altitude...

La croix sommitale est enfin atteinte… Une grande pause méritée pour contempler le fantastique panorama : Au nord, les vallées du Valais, avec derrière les pics de Oberland Bernois ; Au sud, les glaciers de Brunegg et le Bishorn ; à l’ouest, derrière la vallée de St. Niklaus et de Zermatt dominé par un impressionnant à-pic, les "4000" des Mischabel, et derrière la chaîne du Weisshorn ; A l’ouest, les Diablons, et derrière quelques silhouettes connues tel que les Dents du Midi ou le Mont Blanc… Un petit détour par l’antécime juste au nord permet de bien apprécier la vue, et de mieux voir l’à-pic à l’est du sommet : La croix est construite juste au dessus d’un énorme surplomb...

Descente

Contrairement à la montée, on préfèrera la trace la plus directe, et on appréciera de sentir les pieds glisser sur les tapis de cailloux et de graviers… Pour cela, prendre la trace descendant en traversée vers la gauche vers le bas du plateau sommital en direction d’une rampe de pierriers peu visible d’en haut, seul passage pour descendre au dessous. En cas de mauvaise visibilité, ne pas se laisser distraire par les fausses traces menant à un ressaut infranchissable et, au pire, préférer remonter en traversée pour récupérer le sentier du Schöllijoch.

Les rampes de pierriers dévalés, on rattrape le sentier de montée au niveau du replat chaotique, descente en beaucoup moins de temps et d’énergie qu’il en aura fallu pour monter. De là, le retour se fera par le chemin de montée dans la combe de Barr, puis, le couloir de Gässi franchi, jusqu’à la cabane de Tourtemagne.

Pour descendre de la cabane, on choisira le sentier direct si on est pressé, ou le sentier par la moraine du vallon si on veut tranquillement se laisser couler dans un joli décor. Arrivé au lac de Tourtemagne, la plupart choisiront de revenir par la pente régulière et tranquille de la piste, exempt de remontées, les jambes lourdes influançant certainement ce choix...

Détail de la sortie du 21 août 2013

Ce sommet figurait depuis longtemps dans ma liste de randonnées "à faire". Il ne manquait que la journée de grand beau temps nécessaire pour pouvoir atteindre l’objectif dans des conditions suffisament bonnes pour justifier le long déplacement, et profiter d’une vue optimale. Cela devait aussi coïncider avec une absence d’autres obligations ainsi que le courage de se lever à 5h du matin...

Finalement le jour idéal... C’est à 9h du matin qu’a commencé la montée dans l’air frais des forêts de Tourtemagne encore à l’ombre. Plus tôt aurait été mieux, mais [excuse bidon].

C’est par erreur que je me suis retrouvé aux chalets de Holustei, mais c’est pas grave car le lieu est charmant, et la traversée en balcon qui suit, bien que longuette, est très jolie, dominant les lacs turquoises laiteux de Tourtemagne.

Montée rapide par le sentier direct à la cabane de Tourtemagne pour y trouver le soleil. 11h. Le lieu est sympathique et le paysage magnifique. L’herbe qui l’entoure est parsemé de fleurs de toutes couleurs vives, ainsi que quelques petites fleurs blanches insignifiantes… Qui se révèlent être des edelweiss ??? Depuis un tiers de siècle de montagne sans en voir une seule, j’avais fini par les ranger dans la catégorie des folklores montagnards au même titre que le dahu...

Traversée vers le couloir de Gässi qui est facilement remonté. Plus haut, le sentier est évident. La remontée de la moraine est longue, mais on oublie vite cela par le paysage magnifique. A droite, le glacier de Brunegg dominé par les glaces du Bishorn, à gauche les rochers multicolores de l’arête ouest du Barrhorn. De visu, il semblerait possible d’y tracer un itinéraire esthétique, ce qui permettrait de faire le Barrhorn en une jolie traversée… A ce qu’il paraît c’est l’itinéraire d’hiver… N’ayant trouvé aucune information sur cela, l’idée reste en suspens...

Montée vers le Schöllijoch, et vue spectaculaire derrière. 13h, on devrait avoir le temps de faire un rapide aller-retour au Schöllihorn, sans le sac pour moins de fatigue. Le détour en valait effectivement la peine, la récompense étant une impressionnante vue de près sur le Brunegghorn et ses glaciers… Si j’avais eu le temps, j’aurais pu continuer en direction du Bruneggjoch...

Retour au Schöllijoch, et montée du long sentier en traversée vers le Barrhorn, par de vastes étendues de pierriers colorés dignes de l’Atacama… La dernière montée, raide dans les pierrailles croulantes, est abominable, l’altitude et la fatigue n’arrangeant pas les choses...

Mais une fois là-haut, on oublie vite ces désagréments… La vue est fantastique… Le ciel est à peine brumeux, ce qui est exceptionnel pour un jour de plein été, et les petits cumulus "décoratifs" promis par la météo n’ont même pas daigné se montrer… Au nord, la vue s’étend sur tout le nord du Valais avec l’Oberland Bernois derrière, et au sud règnent les glaces des "4000" valaisans… Au loin à l’ouest, on distingue certaines silhouettes familières des hauts sommets de Haute Savoie… Rapide aller-retour sur l’antécime nord, et vue sur l’impressionnant précipice à l’est du sommet, et les glaciers en dessous… L’énorme surplomb sous la croix sommitale semble pouvoir s’écrouler d’un jour à l’autre...

Seul au sommet. L’air est doux et à peine rafraîchi par une petite brise, mais après cette longue pause contemplative, il est déjà 16h et il faut penser à descendre… Descente vite avalée dans les pierriers de la trace directe : En 30 minutes, me voici déjà de retour à la bifurcation du sentier de montée… Il faudra une grosse heure de plus pour redescendre vers la cabane de Tourtemagne, dans le vallon de Barr maintenant magnifiquement éclairé par le soleil de l’après-midi.

Après une pause sur la pelouse truffée d’edelweiss, 18h, la descente s’est faite par le sentier de la moraine pour varier un peu, et profiter du décor avant de plonger dans l’ombre du fond de la vallée… Retour aux lacs de Tourtemagne, et descente derrière sur en sentier du flanc droit de la vallée… Mais ce sentier semble vouloir remonter vers Holustei… Pas enthousiasmant vu mes jambes qui commencent à être lourdes… Je préfère poursuivre la descente sur de vagues traces vers le fond de la vallée, traverser le torrent et remonter un peu en face pour rattraper la piste. La promenade se finira vers 20h dans la fraîcheur du soir, avec une explosion de paysages et de décors fantastiques dans les souvenirs, ainsi que dans l’appareil photo...

Dernière modification : 18 mai 2018
Wängerhorn (3096m) par Mottec et le col des Arpettes

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