Le Massour (3219m) en hivernale par la Combe Ouest, et bivouac

Difficulté :
Alpinisme F
Dénivelé :
1300m
Durée :
2 jours
La carte

Auteurs : , (Avertissements et Droits d'auteur)

Monter au Massour en hiver, et y dormir, c'est aller à la rencontre d'une dimension particulière qui rappelle l'ambiance des expés d'altitude. Un équipement conséquent et une bonne météo seront préférables pour envisager cette aventure.

Accès

De Barcelonnette, suivre la D900 et passer le village de La Condamine-Châtelard. Quelques kilomètres plus loin, bifurquer à gauche sur la D902 en direction de St-Paul-sur-Ubaye / col de Vars.

Entrer dans le village de St-Paul et suivre la petite route (D25) qui mène au surprenant pont du Châtelet, puis à Fouillouse.

Itinéraire

  • Carte : IGN TOP25 3538 ET - Aiguille de Chambeyron
  • Lien carte IGN : le Massour
  • Départ : parking de Fouillouse (1900m)
  • Point culminant : le Massour (3219m)
  • Dénivelé total : 1300m
  • Distance : environ 14km
  • Horaire de montée en hiver selon l’état de l’enneigement, compter de 4 à 6h00

Équipement et difficultés

Les pentes de neige, surtout si elles sont dures, demandent un équipement spécifique et une aptitude à l’alpinisme facile. Des couteaux pour les skis et des crampons me semblent obligatoires. Piolet, casque, DVA-pelle-sonde.

La difficulté m’a paru moins sévère qu’annoncée, mais nous étions en neige transfo et souple. L’ascension a été effectuée avec des raquettes que nous avons gardées jusqu’en haut car nous avons contourné le passage raide du haut par une boucle sur la droite. Nous avons chaussé les crampons à la descente.

  • À ski :difficulté 3.3
  • Pentes : 40° sur 50m ; 35° sur 700m

Bivouac

C’est exigu. Si l’on mesure plus d’1,85m, la longueur de l’abri est trop juste pour être confortable. J’ai du me mettre en biais ; heureusement que nous n’étions que deux. Il y a 4 places mais à partir de trois je pense que cela doit être compliqué. Les températures ont été relevées à -5, puis -7°C dans l’abri.
Les matelas sont bons et il y a 5 ou 6 couvertures. La condensation est assez importante.

Itinéraire

De Fouillouse, remonter vers l’Est et passer le pont, remonter le Riou en rive droite, passer non loin des ruines du Fort de Plate Lombarde, puis s’engager dans le Vallon des Aoupets jusque vers 2400m environ.

À partir de là, on se trouve en face de la combe Ouest à remonter. On quitte alors l’itinéraire classique de montée au Pas de la Couletta pour la combe (pente soutenue).

Vers 2800m, on arrive sur un replat où la suite de l’itinéraire se dévoile : une superbe combe suspendue bien cachée, bordée par des falaises ocres. La remonter plutôt rive droite pour venir buter non loin de la falaise supérieure.

Une longue traversée à plat vers le Sud d’environ 200m permet de se retrouver au pied d’un couloir dans l’axe du sommet. Remonter le couloir (à pied ou à ski selon l’état de la neige) jusqu’à arriver sur un petit verrou environ 100 mètres sous le sommet. La pente finale est souvent déneigée, soufflée par le vent. Elle se gravira le plus facilement par un petit crochet sur la droite.

Descente idem montée.

Ascension du 21 mars 2016

En pleine chaleur, avec à peine un peu d’air, cela ne carburait pas fort. Et encore, il fallait rétrograder par moment tant nous ramions. Cependant, en calmant le jeu au maximum, nous avons franchi les deux pentes sans problème.
L’arrivée au bivouac s’est accompagnée d’une douce euphorie qui n’a fait que grandir avec les lumières du couchant sur les nuages du versant italien, et la lune était de la partie pour une émotion stratosphérique plus complète.
Après une réhydratation nécessaire, nous nous sommes esbaudi au sommet en faisant quelques pas pour trouver les meilleurs angles de vue sur ces décors magnifiques gratifiés de conditions idéales.

Le vent a compensé son absence de la journée par une action parfois musclée durant la nuit. Heureusement, nous avions bien planqué les bâtons et les raquettes près du bivouac.

Le contraste entre la chaleur diurne et le froid implacable du début de nuit fut remarquable. L’inertie thermique de l’abri dure quelques temps car le refuge, exposé ouest, reçoit les derniers rayons calorifiques de notre astre maître. En revanche, le matin, il met du temps à se réchauffer. Cela encourage à la grasse mat...

Pour un test de sacs de couchages, j’ai amené un thermomètre de jardin. On commence à +4° alors que nous nous enfilons dans nos duvets de la première qualité. Je ne m’endors pas aussi vite que Jean, qui fonctionne en mode On/Off et j’ai largement le temps de voir que l’on est à 0, puis à -5°C.
Fait frisquet et l’intérieur de l’abri se couvre d’un givre translucide. -7°C au réveil. Il a du faire -13 dehors...
Petit manque au niveau des chaussettes, j’ai pris les Bio Warm au lieu des Mountaineering, et je le paierai toute la matinée, car évidemment les chaussures sont gelées et les pieds, inconscient de la réalité dans le duvet, vont comprendre assez rapidement.

Après un petit dej’, digne de ce nom malgré des galettes gelées. Nous retournons au sommet et nous faisons un petit parcours de crêtes en crampons.

Puis c’est la descente, un peu raide, que je comparerai avec la pente de descente du sommet des Rouies.

Nous rechaussons les raquettes juste après la pente et la chaleur nous revient. Je terminerai en tee shirt malgré les risques de l’ensoleillement agressif.

Matériel testé

  • Sacs de couchage Phantom 32 et Népal 800
  • Réchaud Windburner
  • Gants K3/1
  • Crampons Beastlite
  • Les photos sont de Jean Cimolai
    • A l’exception de la première qui vient de Camptocamp
Dernière modification : 16 mai 2018
Le Brec de Chambeyron (3389m)

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