Le Néron (1298m) - Traversée intégrale des arêtes Sud-Nord

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
858m
Durée :
1 jour

Le Néron est remarquable par sa silhouette altière, majestueuse, effilée et vertigineuse. Il surplombe la ville de Grenoble et offre un net panorama sur l'ensemble des massifs alentour. Une randonnée hors du commun qui n'est pas à sous-estimer : vires aériennes, nombreuses portions d'escalade en pas de 2 et 3, arêtes sur le fil, couloirs raides et physiques font du Néron un terrain de jeu redoutable.

Accès

De Saint-Martin-le Vinoux, se diriger vers Narbonne par une route plutôt étroite qui monte en lacets.
Se garer juste avant la maison 2575 sur un parking à côté d’un container à verres. Débuter l’ascension par le chemin raide en face de la maison 2575.

Itinéraire

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  • Carte : IGN TOP25 3334OT Massif de Chartreuse Sud
  • Site IGN : Le Néron
  • Altitude départ : 440m
  • Altitude sommet : 1298m
  • Distance du parcours : 7km
  • Durée : 5h00 - 6h30
  • Balisage : Bleu

Recommandations

  • Prévoir au moins 1,5 à 2 litres d’eau par personne, par temps ensoleillé. En effet, l’ascension jusqu’aux arêtes est déjà très physique pour ensuite enchainer sur les arêtes facilement exposées au soleil. Enfin la descente est également éreintante. L’environnement aride peut devenir très rapidement suffoquant.
  • Chaussures rando/escalade qui accrochent, l’idéal étant qu’elles soient fines et maintiennent bien.
  • Prévoir une marge d’1 heure ou 2 sur l’heure d’arrivée.
  • Encordement vivement recommandé pour les moins à l’aise, peu expérimentés ou sujets à la peur du vide.

Difficulté

Cotation randonnée  : T4-T5

  • Plusieurs passages à escalader/désescalader en pas de 2, pas de 3 et une forte exposition par moments.
  • Arêtes sur le fil en fin de parcours faciles mais ultra exposées.

De manière générale, cette course est difficile tant sur le plan physique que technique. D’une part, le cardio et le souffle sont mis à rude épreuve dans l’ascension qui mène aux arêtes, celle-ci pouvant s’avérer très pénible du fait d’une végétation dense. D’autre part, la traversée des arêtes est plutôt longue et demande une lucidité constante de part les nombreux passages exposés, certains très aériens et les nombreux ressauts à gravir.

Une randonnée à réserver aux plus aguerris des randonneurs et dont il faudra se détourner pour ceux n’ayant pas l’habitude de la montagne en terrain scabreux.

Ascension jusqu’aux arêtes

Prendre le chemin qui monte raide face à la maison 2575. Ce chemin se rétrécit jusqu’à arriver à un premier carrefour avec un sentier qui part à droite pour rejoindre le carrefour des quatre couloirs (Pancarte en bois accroché sur arbre), un sentier qui continue tout droit et un troisième qui descend légèrement sur la gauche.

  • Si vous souhaitez passer par la passerelle Hippolyte Müller prendre celui de droite. Une fois arrivé au carrefour des quatre chemin, prendre à gauche sur une sente qui va traverser un pierrier en sous-bois.

Continuez sur le sentier qui part tout droit et qui monte progressivement. La sente devient plus raide, part en lacets exigus par moments avant d’arriver au pied de la barre rocheuse.

On redescend légèrement pour remonter avec quelques pas d’escalade facile. A partir de là, on ne cesse de monter dans la barre rocheuse toujours avec quelques passages où il faudra mettre les mains. Vous arrivez alors à un carrefour avec une nouvelle pancarte en bois.
(photo)

Prenez à droite pour rejoindre le camp romain. La sente qui part tout droit mène au Murret qui enchaine très vite sur une sympathique portion à escalader.

Pour rejoindre le camp romain, on emprunte donc la sente qui part à droite en direction du Nord et qui va longer la paroi rocheuse par une vire un peu aérienne. Par la suite, un lacet nous fait repartir vers le sud. Plus loin au niveau d’un gros cailloux marqué d’une gros point bleu, (photo) prendre à droite pour remonter par une portion herbeuse et déboucher sur le poste romain.

Une pancarte en bois au sol indique la direction des arrêtes vers le Nord et celle du Murret à gauche. (photo)

Du poste romain, filer direction Nord par un Lapiaz qui nous fait franchir une première bute. On arrive alors au Belvédère Lucky Luke.

Poursuivre par une sente à nouveau présente puis des broussailles avant de gravir une deuxième bute bien plus raide et haute que la première, nécessitant de mettre les mains tout du long.

Une fois en haut, la magnificence des arêtes se dévoile et nous laisse à la fois rêveur et perplexe.

Les arêtes

Le balisage bleu est omniprésent et bien réalisé. La traversée est tout à fait réalisable sans avoir même étudié quelque topo que ce soit.

  • En somme, une description de celle-ci peut toujours être un bon support en cas de doute.

Naissance des arêtes

Au départ, on évolue sur une croupe qui se rétrécit au fur et à mesure jusqu’à devenir une arête facile mais déjà vertigineuse.

Un premier ressaut à franchir par la droite sans difficulté particulière puis un autre ressaut un peu plus loin qui sera plus acrobatique ; ne comportant cependant pas de difficulté majeure.

A la suite de ces premiers obstacles, on atteint la brèche du couloir en Z par lequel on peut décider de redescendre sur la droite. Un panneau en bois sur lequel un Z Bleu figure, indique la descente.

  • D’après la majorité des topos étudiés, il est déconseillé d’entamer cette descente aujourd’hui qui serait devenue dangereuse. Cela dit, le témoignage d’un groupe l’ayant emprunté en 2012, consulté sur Bivouak prétend le contraire. Libre à vous de vous y engager, je ne le connais pas mais en cas de doute, faire demi-tour sera certainement tout aussi aisé.

Cœur des arêtes

Au niveau du panneau en bois avec le Z bleu, on se retrouve nez-à-nez avec une des premières difficultés du parcours. Un ressaut imposant à franchir dont la rampe à gravir débute côté Ouest et monte en oblique côté Est. Rassurez-vous, c’est impressionnant avec du recul mais la montée est plutôt aisée grâce à de bonnes prises. On fera attention à la sortie côté Est exposée avant de rejoindre l’arête par quelques pas d’escalade.

Après avoir suivi l’arête côté Ouest par une sente légèrement descendante, on bute contre le ressaut de la Croix ( Débonnaire mais redoutable ).

  • L’ascension de ce ressaut constitue à mon sens une des difficultés majeures de la traversée, voire la plus difficile car elle est bien plus longue que les autres, nécessite davantage d’attention et nous laisse plus longtemps exposé.

Suivre méticuleusement le balisage bleu qui nous fait gravir en diagonale une succession de mini ressauts avant de s’engager sur une rampe oblique qui débouche côté Est.

On contourne alors le rocher côté Est sur une trace qui est ultra exposée. Puis sur la gauche, à nouveau une section à escalader en pas de 3 qui nécessite beaucoup de lucidité et d’attention de part l’exposition constante du flanc Est derrière nous et les pas d’escalade à enchainer.

On débouche sur le haut du ressaut où on aperçoit la croix légèrement en hauteur à 10 mètres devant nous.

Après la croix, vient le passage du couloir des Avalanches. Il est court mais extrêmement exposé. C’est large d’à peine un mètre. Clairement, il faut venir buter flanc Ouest, prendre appui avec le pied gauche sur le côté gauche (voire les deux pieds mais délicat) à mi hauteur de la dalle et tenir le haut de la dalle avec les mains. On pousse alors sur la jambe en appui pour venir prendre appui avec l’autre jambe sur le haut de la dalle et se tenir bien équilibré dessus. Et on termine en marchant sans difficulté mais tout en étant exposé de part et d’autre.

  • Dans la plupart des topos ou témoignages relatés, on mentionne ce passage comme étant le plus délicat, impressionnant ou difficile. Paradoxalement, je l’ai trouvé simple à passer. A la limite, j’ai trouvé le ressaut de la croix plus dangereux et technique. Concernant le couloir des Avalanches, il faut simplement savoir faire abstraction du vide et se concentrer sur les bons appuis/prises à prendre. Et hop ça passe tout seul ! Bien évidemment, c’est au jugement et au ressenti de chacun.

Ensuite, c’est bien plus simple : On suit l’arrête jusqu’à une brèche puis on redescend sur la gauche sur une sente bien visible qui va traverser un petit canyon.

Une fois dans le canyon, on continue à descendre en diagonale toujours sur le flanc Ouest avant de remonter par un ressaut sans grosse difficulté, qu’on franchira par la droite. On débouchera plus loin sur le Sommet Sud marqué d’un cairn.

Dernière enfilade d’arêtes

On poursuit sur une arête facile mais parfois vraiment sur le fil entièrement exposée où il faudra avoir le pas sûr. Un ressaut qui se franchit aisément par la droite nous amène peu après au Ravin Ulrich ; dernière grosse difficulté de la course.

Dans un premier temps, une portion sur plusieurs mètres à désescalader dans laquelle il faudra prêter attention à une exposition moyenne mais constante et où le rocher est à l’ombre, donc plus glissant. Pas de difficulté majeure techniquement, seule l’oppression du vide en contrebas peut rendre nos pas hésitants.

Une fois descendu au plus près du ravin, on aperçoit une corde jaune accrochée à un arbre au-dessus de nous sur la droite qui est censé nous aider à passer un passage littéralement à vide. Libre à chacun de l’utiliser ou non. C’est délicat mais d’un pas sûr, il est aisément possible de sauter légèrement pour passer au-dessus de ce vide et atterrir en appui sur le rocher en face.

Ensuite, atteindre le Sommet Nord en face par le côté Est. Un poil d’escalade facile mais nécessitant toujours d’être lucide. Le Sommet Nord est remarquable à la Croix Rouge en bas à gauche.

Couloir de Clémencières et Descente

Terminer sur une petit portion d’arêtes faciles pour rejoindre le couloir de Clémencières indiqué sur un panneau en bois. Y descendre sur la droite en suivant les indications du panneau pour y rejoindre le sentier des quatre couloirs qui longe le bas de la falaise direction Sud.

Ce sentier est correct au début mais devient rapidement très pénible du fait d’une végétation très dense. Le sentier se perd maintes fois à travers les buissons et arbustes qui obstruent le passage.

  • Alors si comme moi, vous en avez marre de ne plus progresser et de vous faire taillader en lambeaux, optez pour une descente express par des éboulis notamment. C’est physique mais efficace. On rejoint alors la route qui mène à Narbonne.

Impressions

Le Néron qui m’a longtemps fasciné depuis que j’ai découvert son existence, en m’intéressant de plus près au massif de la Chartreuse, demeurera une expérience hors du commun. J’ai trouvé cette randonnée à la fois dangereuse et magique, physique et enivrante.

On passe par d’innombrables émotions durant la traversée. On se sent tout petit sur les arêtes et dans un même temps, la sensation de dominer est palpable. On en ressort totalement émerveillé, changé, à des lieues de nos tracas quotidiens.

Une randonnée sportive qui caractérise bien la Chartreuse et qui est à faire absolument pour qui aura l’expérience et l’aisance requise.

Dernière modification : 16 mai 2018
Le Néron (croix, 1240m), sud des arêtes en aller-retour

A propos

Auteur de ce topo :

Topo publié le 26 mars 2014

(Avertissements et Droits d'auteur)

Commentaires

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  • par Le 2 avril 2014 à 14h54

    Tout d’abord, je suis franchement ravi de constater que Lucky Luke est de retour à son poste après une trop longue absence.
    Ensuite, je voulais te poser quelques petites questions très cher Syymont, où mon petit doigt me dit que tu es un fin connaisseur du Néron :
    Dans le paragraphe suivant : "Continuez sur le sentier qui part tout droit et qui monte progressivement. La sente devient plus raide, part en lacets exigus par moments avant d’arriver au pied de la barre rocheuse. On redescend légèrement pour remonter avec quelques pas d’escalade facile. A partir de là, on ne cesse de monter dans la barre rocheuse toujours avec quelques passages où il faudra mettre les mains. Vous arrivez alors à un carrefour avec une nouvelle pancarte en bois."
    Vu que ça fait près de 15 ans que je ne suis plus retourné dans ce coin, d’où quelques trous de mémoire, est-ce que ce passage correspond au pas des Fées avec sa petite grotte ? J’imagine que si tu es passé par là, l’accès à l’arête par la corniche de l’Hermitage et son vieux câble puis le pré Néron doit être dans un état douteux ?
    D’avance un grand merci pour tes réponses... et pour ton excellent topo !

  • par Le 2 avril 2014 à 16h50

    Bonjour Denis,

    Merci ! Je dois avouer que tu me poses une colle. L’appellation Le Pas des Fées ne m’évoque rien du tout alors que j’ai étudié un certain nombre de topos/témoignages mais il est fort possible que cela y corresponde. Cela dit, je n’ai pas le souvenir à proprement parler d’une grotte.
    Par ailleurs il existe une troisième voie d’accès ; celle que je mentionne dans le topo : "un sentier qui continue tout droit et un troisième qui descend légèrement sur la gauche". Ce sentier qui descend sur la gauche vers le Sud de la Barre rocheuse peut correspondre au Pas des Fées. Sans en être sûr, ce sentier mène à des parois d’escalade, c’est du moins ce que j’avais lu.

    En ce qui concerne le passage câblé, il est toujours praticable normalement. Sur CamptoCamp, plusieurs personnes y sont passés au mois de Mars et n’ont pas mentionné de soucis particuliers. En comparaison au passage que j’ai emprunté, je pense qu’il est un peu plus aérien mais ne nécessite pas autant le recours aux mains.

    Profite d’Avril pour y retourner voire Mai avant que ça ne devienne trop dense et top insupportable en terme de chaleur ! N’hésite pas si tu as d’autres remarques ;)

  • par Le 3 avril 2014 à 02h15

    Des nouvelles du Néron (quelques incohérences dues au lecteur optique).

    LA MONTAGNE
    REVUE MENSUELLE DU CLUB ALPIN FRANQAIS
    VOLUME II
    1906
    P.399
    G. Ulrich. — Casque de Néron, ler Août 1906. — Deux étudiants allemands, MM. Stegemann etG. Ulrich, avaient fait,le mercredi ler Août, le sommet N. du casque de Néron. ils voulurent redescendre par le versant O., à qui ses
    [...] roches lisses, masquées par d’inextricables broussailles, ont mérité une déplorable réputation. Dans le ravin couloir qui débouche sur 1’à-pic derrière l’Orphelinat de Saint-Egrève, Ulrich partit en avant ; son compagnon, ayant trouve son sac et d’autres effets, l’appela longtemps, mais en vain, puis se décida à chercher vers le S. une voie de descente ; il parvint à se tirer des rochers, non sans être tombé d’une petite barre. Le lendemain, des recherches, très dures en raison de la forte chaleur, firent découvrir dans le bas du couloir des traces de chute : un accident mortel devenait certain ; de fait, le samedi matin le corps fut retrouvé au pied de l’à-pic. Mais, lugubre coincidence, tout auprès gisaient deux squelettes, ceux des victimes de l’accident de 1901, dont toutes les recherches faites alors n’avaient pu révéler le denouement. Comme Ulrich, Scholastique et Chabert ont descendu le couloir et se sont briseé en tombant de cette muraille de plus de 100 m. de haut ; plus prudents, les deux étudiants de Juin 1906 ont renoncé vers mi-hauteur à une descente aussi pénible que de peu d’intérêt.

    LA MONTAGNE
    REVUE MENSUELLE DU CLUB ALPIN FRANGAIS
    VOLUME III
    1907
    P.412
    Un sentier au Néron. — Le 1er Août 1906, M. G. Ullrich se tuaient malheurensement au Néron dans un couloir du versant O. (La Montagne, 1906, p. 399). La découverte de son cadavre amena la reconnaissances des restes de deux autres alpinistes, disparus alors depuis cinq ans, et qui s’étaient tués de la même maniere. M. Ullrich père, industriel à Blumenthal, décida de commémorer le souvenir de ces deux accidents. II donna à la commune de Sainte-Egrève la somme nécessaire pour tracer un sentier partant de la route et aboutissant au pied du couloir fatal. Le sentier vient d’être terminé ; il a été inauguré le 4 Août en présence de membres des Sociétés alpines, et d’une délégation de l’Association des Etudiants étrangers de Grenoble. Deux plaques commémoratives ont été placées au sommet du sentier. La premiere porte le nom de Gunther Ullrich et la seconde, toute proche, celle de Ferdinand Chabert et de Georges Scholastique. Ce sentier ne semble pas devoir servir aux ascensionnistes du Neron.

    LA MONTAGNE
    REVUE MENSUELLE DU CLUB ALPIN FRANCAIS
    VOLUME IVa
    1908
    P. 444
    Sentiers au Néron. — De récents travaux sont en train de modifier heureusement la réputation fâcheuse qui s’attachait à la face O. du Néron, La Section de l’Isère, aidée de généreux concours, vient d’aménager un sentier reliant les deux jolis sites du Pré Néron et de la Fontaine Vierge. Le travail, executé par le guide Priest sous la direction de M. Morel-Couprié, a comporté un débroussaillement considérable, plus la pose d’une centaine de mètres de câbles dans la barre rocheuse. Cette voie permet aujourd’hui, avec quelques précautions, de traverser le premier étage de la montagne, de Narbonne au Muret. Elle va avoir son pendant au N. O., dans le sentier que la commune de Saint-Egrève fait débroussailler par Priest, de la plaque Ullrich au sommet Nord.

    LA MONTAGNE
    REVUE MENSUELLE DU CLUB ALPIN FRANQAIS
    VOLUME II
    1906
    P.429
    TOPONYMIE ALPINE

    Casque de Néron ou Neiron ? — Nous avons reçu de M. Henri Ferrand la lettre suivante que nous nous empressons de publier car elle apporte une série de documents précis. Dans ce cas particulier nous sommes absolument d’accord avec notre collègue, mais nous nous empressons de dire une fois pour toutes que nous laissons à nos collaborateurs la responsabilité de leur orthographe toponymique. Nous avons soulevé la question de la Toponymie alpine devant la Commission de Topographie du C. A. F. : sans être insoluble elle se révèle comme particulierement difficile a résoudre. Nous nous contenterons donc, pour le moment, et pour ne pas compliquer inutilement les tables de La Montague, d’employer les versions des principales cartes existantes, Kurz pour le Mont Blanc, Duhamel pour le Haut Dauphiné, Schrader pour les Pyrénées Centrales, les cartes acquises des principales monographies alpines, enfin l’Etat Major la ou nous n’ avons pas de cartes spéciales.

    A propos de 1’accident du Néron (p. 399), le dernier numéro de La Montague a reproduit l’erreur "Casque de Néron". Hâtons-nous de rectifier, en disant qu’il n’y a pas de casque du tout, et que c’est la une déformation par le calembour qu’a vulgarisée l’esprit populaire prompt aux saillies de ce genre.

    L’origine du nom n’est rien moins que moins compliquée, car c’est d’idées fort simples que procède la toponymie des paysages.

    Les anciens titres nous apprennent que cette montagne était nommée le Néron (neiron, la neire, noir) ; avant la déforestation qui l’a dénudée et rendue si dangereuse, elle était couverte de pins, et la même idée l’avait nommée qui avait fait dans son voisinage la Pinée, que l’on a tort de prononcer la Pinéa, le Sapet ou Sapey, que l’on écrit aujourd’hui le Sappey, etc. Vous trouverez notamment ces formes originates employées dans la Betsynique de Villart, imprimée en 1799, avant que les corruptions ne se fussent fait jour, et aussi dans la carte de Cassini.

    Quant à l’origine du Casque, elle est fort curieuse.

    Dans les colonnes du Oourrierde l’Is&re parurent, du 10 Août 1839 au 14 Janvier 1849, d’intermittentes chroniques dues à la plume d’un homme de lettres, alors secrétaire de l’Academie de Grenoble, M. Lois Hernenous. Il y célébrait, sur le mode majeur, les beautés des environs de Grenoble, et suivant l’usage du temps, il entremêlait ses descriptions de légendes sentimentales. A propos d’une idylle qu’il place au château-fort (?) de Saint-Martin-le-Vinoux il parle du Néron, du sommet du Néron, de la sierra du Néron, du casque du Néron. Le mot, pris comme nom commun, ne veut ici exprimer que l’idee de cime, il aurait aussi bien dit cimier. Voici la phrase textuelle : "...Alors que le soleil commencalt a éclairer d’un pâle reflet le casque du Néron... » (page 20 du tiré à part ayant pour titre : Réminiscences de quelques excursions en Dauphiné).

    Cette métaphore eut, paraît-il, du succès. Elle fut reprise en 1853 par M. Auguste Bourne, auteur d’un volume sur la Grande Chartreuse et d’un volume sur Vizille ; mais elle prit surtout de l’essor par la publicité que lui donna dans le Bulletin officiel des Chemins de fer, devenu la Revue des Alpes, la plume féconde de M. Antonin Macé. M. Macé, qui fut un des premiers écrivains touristiques de nos régions, était Breton, parfaitement étranger au patois dauphinois. Professeur d’histoire, sa mentalité devait le conduire naturellement à trouver séduisante cette expression de Casque de Néron ; il l’employa dans un Pic de Belledonne, publié en 1857.

    De ses mains autorisées, le public le reçut, et le répéta sans réfléchir.

    Qu’on dérive donc Néron, puisque 1’ usage a consacré cette orthographe ; mais que les publications sérieuses laissent de côté le Casque, qui n’est pas autre chose que la fantaisie d’un classique, soutenue et propagée par l’esprit du calembour qu’a si bien stigmatisé notre maître en toponomatique, M. le colonel de Rochas.

  • par GuillaumeLe 19 juin 2014 à 23h05

    Merci pour le topo =D

  • par FredLe 24 octobre 2014 à 01h26

    Sur la 19ème photo "Premier ressaut et Vue sur le Pinéa", ce n’est pas la Pinéa mais Chamechaude ! ;-)

  • par Le 10 décembre 2014 à 22h54

    Merci Fred. J’ai rectifié puisque l’auteur ne semble pas avoir vu ton message.

  • par Le 3 novembre 2015 à 18h33

    J’ai personnellement pris le couloir en Z comme itinéraire de descente. Ca doit faire bien longtemps que personne n’est passé et ce passage demande donc un minimum d’orientation car laissé à la nature qui reprend ses droits. A la fin on retombe sur le chemin menant à la passerelle Muller. Sinon rando magnifique qui ravira tous ceux qui aiment crapahuter.

  • par thibautLe 13 avril 2016 à 12h42

    Réalisé dimanche dernier, sous un soleil magnifique. A noter qu’il y a une fontaine au départ de l’itinéraire (un peu cachée par les buissons, derrière l’emplacement pour les poubelles).
    La végétation a envahi un peu le passage après le belvédère Lucky Luke, mais rien d’insurmontable. Balisage toujours omniprésent sur les crêtes. Pour la descente, nous avons surement raté le sentier des quatre couloirs même si le début était pourtant balisé avec le marquage bleu. Ce fut donc une descente épique au milieu d’un pierrier puis au milieu des bois pour retrouver le chemin de Narbonne. En tout cas merci pour le topo, c’était une super rando !

  • par Le 14 avril 2016 à 13h33

    HA le Néron, un des regrets de mes années grenobloises. Sous des trombes d’eaux au départ, on était quand même parti (en groupe d’au moins 10, complétement tarés !). Certains n’en menaient pas large (c’est le cas de le dire !) sur le peu d’arêtes qu’on avait fait. Du coup, on s’était arrêté en haut de la rampe oblique puis redescendu jusqu’au couloir en Z et passé par le couloir en Z. Déjà à l’époque (avant l’incendie de 2003, ça date) les pierres valsaient dans le couloir. Casque plus que recommandé ?
    Faudra que je ré-essaie ! Techniquement par rapport aux arêtes du Gerbier (faites y’en 3 ans) c’est comment ?

  • par Le 20 juin 2016 à 17h20

    Rando effectuée en partie aujourd’hui (20 juin 2016). Merci pour ce topo très bien conçu. Etant seul et commençant à fatiguer, j’ai préféré m’arrêter peu après la croix pour entamer la descente. J’ai emprunté le couloir en Z. Effectivement, c’est praticable mais très mal balisé, je me suis perdu et j’ai fini par descendre à travers la foret sans suivre aucun sentier. Bref, très sportif.

  • par Le 25 mai 2017 à 17h49

    Trop d’étudiants grenoblois se lancent dans cette rando sans vraiment d’expérience montagnarde. Ils n’y vont qu’à cause de sa réputation... Pourtant il ne s’agit que d’un sommet moyen de chartreuse... Mais bon je suppose que les français ont toujours été casse-cous, c’est dans leur ADN...

  • par Den'sLe 28 août 2017 à 23h21

    Bravo et merci pour le topo qui est très clair et fidèle.
    Traversée effectuée aujourd’hui en solitaire.
    Agréablement surpris par la dalle du couloir des avalanches. Le passage est vraiment très court et le rocher très bon ; peu de risque malgré l’exposition. A mon sens, je pense aussi que le ressaut de la croix est bien plus dangereux.

    Pour le retour, j’ai réussi à faire plus de la moitié du sentier des 4 chemins avant de rendre les armes et de descendre à l’instinct ; avec la brousse, seul un sanglier aguerri peut y survivre !

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