Le Pic Carlit (2921m) en boucle

  • Difficulté Difficile
  • Dénivelé 1500m
  • Durée 2 jours
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Avertissements et Droits d'auteur

Le Pic Carlit est une randonnée très courue. Cette boucle permet, en plus de prolonger le plaisir d'arpenter ces beaux reliefs pyrénéens, de s'éloigner de la foule, et même de rencontrer des ambiances sauvages.

Accès

Lac des Bouillouses, indiqué depuis Mont-Louis. Attention en juillet-août, l’accès est réglementé, et il faut se garer à 10km des Bouillouses, au Pla des Barres, où une navette (5 euros) vous mènera au point de départ.

Itinéraire

  • Carte  : IGN TOP25 2249 OT Bourg-Madame et 2249ET Font-Romeu
  • Distance : environ 29 km
  • Dénivelé : environ 1500m
  • Bivouac : idéalement aux abords d’Estany dels Forats, juste sous le Carlit pour le lendemain
  • Difficultés :
    • ascension du Carlit face Ouest très raide
    • descente du Carlit face Est, nécessitant de la désescalade, jamais difficile mais pouvant rebuter certaines personnes
    • portions hors-sentier demandant sens de l’orientation et de l’itinéraire

Topo

Du parking des Bouillouses, gagner le Point Info (source d’eau) au sud-ouest du lac et suivre le sentier qui part d’abord plein Ouest dans la forêt. Au point coté 2143m, on circule entre les lacs. Les visiter à son gré en visant comme objectif terminal Estany de Sobirans (2330m). Là, la voie d’accès au Carlit se dévoile par beau temps.

La laisser pour revenir vers l’Est, passer Estany de Trebens, et Estany de Castella, et contourner le pic coté 2421m en courbe de niveau (direction Nord-Est su 300m puis Nord sur 1km). On surplombe alors Coma de la Grava où passe le GR10 que l’on rejoint, en descendant au mieux dans les rochers et rhododendrons.

Prendre le GR10 (Nord-Ouest) à environ 2100m d’altitude, et remonter le vallon, passer sous le Puig de la Grava, et gravir Portella de la Grava (2426m). Redescendre ensuite vers l’Etang de Lanoux (2213m) et le longer jusqu’à son extrémité Sud-Est. Prendre la sente partant à l’Est en direction du Pic Carlit, en passant par Estany dels Forats (2457m), où l’on peut idéalement bivouaquer.

Remonter ensuite le raide pierrier jusqu’au Col entre les 2 sommets Carlit. Sommet Nord (délaissé) au nord et sommet Sud (surpeuplé) au sud (c’est bien fait). Du sommet, observer à l’Est les parcours de descente :

  • classique au Nord de Tossal Colomer
  • hors-sentier en contournant Tossal Colomer par le Sud

Entamer la descente, par la traversée dans les pentes du Carlit (désescalade nécessaire), et gagner la croupe herbe/éboulis. Quitter alors le sentier pour descendre dans le vallon au pied Sud de Tossal Colomer, que l’on contourne en courbe de niveau, avant de descendre, au mieux, plein Est, vers Estany Llat (2174m).

Traverser le plateau qui sépare celui-ci d’Estany Sec, où l’on retrouve le sentier ramenant aux Bouillouses.

Sortie - 15 et 16 août 2015

Sortie ayant connu quelques aléas, qui ne suit donc pas tout le topo...

L’annuelle pyrénéenne ! la voilà... Après le Taillon l’an dernier, nous choisissons le Pic Carlit cette année. Pyrénées orientales. Kashmir tiens... Bon... Arrivée à Mont-Louis vers 19h, après un départ de Lyon vers 12h et une étape cauchemardesque à Perpignan (impossible de s’y garer, d’y trouver une boulangerie, et d’y être servi aimablement). Alors qu’à Mont-Louis, où il fait bien froid, un petit restau nous accueille, charmant et très bon.

Direction les Bouillouses... Quelques démêlés nous aurons avec cette route à accès réglementé. En cette fin de journée, la route est ouverte, mais il est impossible de se garer aux Bouillouses, du moins comprenons-nous. Nous redescendons donc, non sans croiser une belle troupe d’une vingtaine de chevreuils, au parking 10km plus bas. Navette le lendemain matin.

Il ne fait pas spécialement beau, mais ça va se dégager (...). On y va, passant d’un lac l’autre, dans une ambiance un peu terne. Plus haut, le froid le vent la pluie redoublent. Il devient évident que :

  • nous n’aurons pas de vue du sommet
  • la progression risque d’être dangereuse

Changement d’option. Ou plutôt, retour à l’option initiale, abandonnée au départ pour d’autres raisons, qui était de faire le tour du Carlit le premier jour et d’aller dormir en contrebas de sa face Ouest. Nous coupons donc, hors-sentier, pour rejoindre le GR10 qui contourne le Pic. Chemin faisant, nous tombons sur un magnifique serpent et de gigantesques cèpes. Le serpent s’avère être une vipère aspic Zinnikeri. Pourquoi Zinnikeri ne me demanderez-vous pas, mais moi je me le demande ? Parce que Zinniker, l’ami de Kramer ! Et alors ? Et alors Kramer a décrit cette vipère le premier en 1958. Il avait donc tous les droits quant aux prénom à donner. Merci à l’herpétologue qui m’a fourni l’identification et les informations.

Mais nous ne tombons pas, en revanche, des rochers à désescalader, pourtant doublement piégeux car entourés de rhododendrons envahissant mais traîtres. Ces rhodos ont vraiment de jolies fleurs mais d’abominables fruits difformes. Les myrtilles ne sont pas encore bien mûres, c’est bien dommage.

Le temps se montre plus clément pour le repas, seulement perturbé par des vaches très curieuses. Nous reprenons la route, mais la pluie reprend aussi. Ils nous reste un col à franchir et le temps devient trop mauvais. Demain, si ça ne s’améliore pas, nous serons bloqués là-bas derrière sans pouvoir monter au Carlit et sans pouvoir rien faire... Adieu la belle boucle, c’est le demi-tour. Un peu maussade, quand même... Autant que le temps. Avec le temps va, tout...

En revenant vers les Bouillouses, deux carcasses de vaches, vidées, mais complètement, par les vautours du coin. Et puis un rapace qui tournoie au-dessus d’éboulis d’où crient les marmottes. Est-ce un circaète ? Oui, un circaète Jean-le-Blanc.


Dimanche matin. Nous pensions pouvoir monter, cette fois, en voiture aux Bouillouses, où se garer est autorisé de 7h à 19h. Sauf qu’à 7h, la barrière en bas est... fermée. Toujours pas compris le principe. Bref. Navette. Mais, il fait beau ! grand bleu ! on voit le Carlit pour la première fois... On l’aura.

Pas la boucle, mais la ligne directe... la voie normale... l’autoroute. Que de monde ! Un interminable petit train de randonneurs et randonneuses qui montent. Serons-nous seuls au sommet ? la blague. Mais, avec la lumière, les lacs en chemin prennent une toute autre dimension. C’est magnifique.

Puis, la voie d’accès au Carlit se dévoile, et impressionne. Un pierrier annonce les choses plus sérieuses : ça commence à monter plus sec ! Une petite croupe à remonter, un petit pas d’escalade et un replat avec vue sur la traversée à effectuer. Hésitations d’un grand scarabée randonneur pas averti, mais on y va. De très bonnes prises, on n’est jamais face au vide, ça passe bien mais il faut savoir où on met les pieds (et les mains).

Joli panorama du sommet, mais je ne connais pas les massifs environnants... Magnifique vue sur le plateau des lacs. Mais une foule impressionnante au sommet. De là-haut, je constate qu’on peut passer au sud du Tossal Colomer et non au nord comme la voie normale. Voilà qui promet une descente hors-sentier et hors-foule plus ludique !

Et en effet ! Désescalade sauvage, grenouilles, vautours, et retour aux lacs, pour une fin au pas de course en doublant des dizaines des centaines des milliers de randonneurs petites et grands.

Dernière modification : 25 août 2015

Topo publié le 25 août 2015