Le Râteau sommet Est (3809m) Arête NE

Difficulté :
Alpinisme AD
Dénivelé :
2220m
Durée :
2 jours
La carte

Auteurs : , (Avertissements et Droits d'auteur)

L'arête NE du Râteau est une course motivante. Située dans la prestigieuse face nord de l'ensemble Meije-Râteau, elle offre un parcours de toute beauté, varié, et de belle dimension.

Accès

Du Bourg-d’Oisans, remonter la vallée du Vénéon jusqu’à la Bérarde 1727m. Une portion de la route demande de l’attention. Se garer au parking obligatoire. Prendre au-dessus du parking le sentier pour le refuge du Promontoire (3090m)

Itinéraire

ACTE 1

Début juillet, nous montons avec Roland pour faire cette course d’envergure dans le massif des Ecrins. A notre arrivée au Promontoire, nous apprenons que des vents de 60/70km/h sont prévus pour le jour de la course. Aussi, aucune cordée ne se lève le lendemain et tous les projets sont annulés. Nous sommes donc seuls au petit déj à 5h30 et nous décidons d’aller au moins jusqu’à la brèche. Le regel est très bon et le vent, bien que sérieux, nous paraît gérable. Tant et si bien que nous descendons en versant nord, la rimaye passe facilement et nous assistons à une éclaircie prometteuse. Nous continuons donc et tout en remontant l’arête de neige, je gamberge un calcul douteux : “nous sommes bientôt à 3500m et il ne reste que 300m de dénivelé pour le sommet, cela va passer”. Mais le brouillard, le vent et le froid (isotherme 0° à 2500m) donnent avec certitude que la suite sera un combat, et nous rebroussons chemin pour repasser la brèche dans les bourrasques.

Bon choix ! car les 200m d’arête rocheuse se révèleront une longue entreprise, facile par beau temps, mais pas si simple en rocher verglacé.

ACTE 2

Nous remontons au Promontoire le 14 juillet pour une deuxième tentative, accompagnés de Pierre-Olivier Blanc, c’est dire si la NE du Râteau nous tient à cœur !!

Montée au refuge du promontoire par La Bérarde

  • Horaire : 5hoo
  • Dénivelée : 1400m environ
  • Refuge du Promontoire, lien ICI

Au-dessus du parking, le sentier est indiqué et commence par quelques lacets, puis s’ensuit une longue montée douce avec quelques torrents à franchir. Il faut attendre pour découvrir le vallon des étançons et la Meije.

Après le refuge du Châtelleret (2225m) la pente se redresse et attaque une moraine (sente bien marquée) puis des névés. On progresse à gauche de l’arête rocheuse où se situe le refuge du promontoire. Par un arc de cercle on rejoint le refuge en passant quelques barres rocheuses faciles et des pentes de neiges déjà un peu raides. Encore quelques marches d’escaliers et on peut enfin profiter du site et de l’accueil sympa de Nathalie et Fredi, l’apéro est à 18h/18h30.

L’arête Nord-Est du Râteau

Difficulté : PD+

C’est une longue course, soutenue dans un niveau de difficulté très abordable (par bonnes conditions) et jusqu’au bas de la brèche du Râteau. Une fois sur l’arête, la retraite n’est pas impossible mais déjà un peu coton, c’est pourquoi la course est un brin engagée. Attention aux corniches de l’arête sud, plus visibles à la descente qu’à la montée, mais quand même...

La première étape est de passer la brèche de la Meije (3357m) pour rejoindre la face nord. L’ascension de la brèche se fait par un couloir de neige à gauche (40°) ou par une escalade rocheuse sur des dalles caillouteuses équipées de gougeons.

De la Brèche, traverser à droite sur son fil jusque sous l’arête ouest de la Meije. De là, descendre en versant nord par une traversée sur le flanc ouest du grand doigt (rochers instables mais faciles, "terrain Oisans typique" dixit PO Blanc). On descend dans des rochers brisés en direction de la rimaye, que l’on passe le plus à droite possible. (vérifier l’état de ce passage auprès du gardien du refuge, car cela peut poser un vrai problème en fin de saison)

  • Du refuge 1h15

Après la rimaye, prendre pied sur le glacier de la Meije et traverser facilement vers une arête de neige bien marquée en direction de l’arête NE. Cette arête n’est pas difficile mais assez aérienne, la difficulté pouvant vite évoluer avec le vent du nord.

Le sommet de l’arête donne sur un petit plateau - quelques pas de pente raide - on peut rejoindre la crête en faisant attention aux corniches.

Contourner le premier gendarme par le versant nord en restant sur la neige (rimaye plus ou moins marquée). On peut poser un point d’assurance sur le rocher.

Selon les conditions on aura plus ou moins de neige pour rejoindre la brèche caractéristique qui sera le départ de l’arête NE. Relai marqué en haut de la brèche (3 pitons si je me souviens bien). Gravir un petit mur raide (III+) puis par les rochers de l’arête (II et quelques pas de III). On trouvera un piton dans une dalle, sinon on protège facilement la cordée par des friends et petits coinceurs. La progression en corde tendue est conseillée autant que possible.
Poursuivre jusqu’à l’antécime.

Traverser une selle neigeuse puis gravir l’arête sommitale aérienne et en bon rocher.

  • Du refuge 4 à 5hoo

Le sommet est assez peu marqué sur une arête rocheuse assez vertigineuse.

Descente jusqu’à la brèche du Râteau

Il faut revenir et désescalader facilement l’arête pour trouver le départ de l’arête sud, longtemps en neige, avec quelques passages assez impressionnants de beauté et une ou deux pentes de 30°.

On la désescalade ensuite, lorsqu’elle devient rocheuse, et jusqu’à la brèche du Râteau en suivant les marques de peinture. Une dalle en III est équipée pour un rappel (anneau de corde et maillon rapide), une désescalade permet d’atteindre la brèche et deux rappels de 25 et 40m permettent de descendre sur le glacier de la Selle (on peut faire 2 rappels de 25m et une désescalade, et je conseille de s’encorder pour la rimaye)

Descente après la brèche du Râteau

  • Si l’on veut rejoindre le vallon des Etançons pour revenir directement à la Bérarde

Un itinéraire est possible par le versant est de la brèche du Râteau, mais cela a l’air délicat. Je pense que le mieux est de remonter au col du Replat, bien marqué entre les têtes nord et sud du Replat et de descendre en versant est pour rejoindre une sente qui conduit à proximité du refuge du Châtelleret.

  • Descente par le vallon de la Selle qui amène au refuge du même nom et à St-Christophe-en-Oisans

De la brèche du Râteau, après les rappels, se diriger en direction de la rive droite du glacier de la Selle pour éviter une zone de séracs, et rejoindre la sente qui mène au refuge de la Selle (2672m). Puis descendre encore près de 1200m par le sauvage vallon de la Selle jusqu’à un tronçon de route où il aura été sage de laisser une voiture afin d’éviter encore 30mm de marche pour St-Christophe (direction L’Eyrette refuge de la Selle sur un petit panneau de bois, sur la gauche, à la sortie de St-Christophe).

Si l’on a qu’une voiture, il reste le stop pour la Bérarde et éventuellement le passage d’un bus (voir l’office du tourisme, les horaires actuels sont 16h45 et 20h35 à St-Christophe pour la Bérarde).

Dernière modification : 16 mai 2018

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Photos « Le Râteau sommet Est (3809m) Arête NE »

l'arête NE vue de La Grave Montée au Promontoire les pentes de neige le refuge et la face sud du refuge... traversée de la Brèche le versant nord un grimpeur sur la NE avant la brèche de la NE A la brèche de la NE sur l'arête petite traversée antécîme en vue antécîme les cadors au sommet la NE vue du haut ambiance sur la crête descente par la belle arête sud rappel dans la dalle avant la brèche du Râteau le long et sauvage vallon de la Selle séracs en face nord