Les Balcons de la Mer de Glace : Refuges du Couvercle (2687m) et de Leschaux (2431m)

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
1200m
Durée :
1 jour

Un magnifique parcours en boucle dans un des lieux les plus des plus mythiques des Alpes, entouré par les glaciers et les aiguilles de granite ayant servi de théâtre à l'histoire de l'alpinisme... Le parcours, irrégulier et parsemé de caillasses et d'échelles, est varié et ludique, bien que long et parfois pénible, mais ce qui prime avant tout est l'émerveillement des paysages grandioses, entouré de ces cimes aux noms célèbres que l'on visite comme un musée... – Auteur :

Accès

Chamonix, grand parking des Planards. Prendre le train à crémaillère montant au Montenvers, Mer de Glace. Attention à l’affluence touristique en été, un horaire matinal est vivement conseillé.

Itinéraire

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  • Altitude départ : 1913m.
  • Altitude sommet : 2687m (Refuge du Couvercle).
  • Durée : 7h (Refuge du Couvercle) +4h (Refuge de Leschaux).
  • Carte : IGN TOP25 3630OT Chamonix - Massif du Mont Blanc.

Période

Praticable dès que l’itinéraire est suffisamment déneigé, en général depuis la fin juin. A éviter par temps de pluie.

Difficulté

L’itinéraire est long, beaucoup plus que ne le laisse supposer la distance et le dénivelé sur la carte. Il est très irrégulier et en dents de scie, parsemé d’échelles montantes et descendantes, de rochers, de zones de cailloux morainiques instables...

Bien que sans trop de difficultés techniques, quelques sections de l’itinéraire, et notamment les échelles, sont exposées et l’erreur n’est pas permise. Des longes de via-ferrata son conseillées aux personnes pas totalement à l’aise sur les échelles parfois impressionnantes, bien que cela ralentisse la progression et ne manquera pas d’agacer la foule en cas d’affluence.

Les cheminements sur glacier ne sont évidemment pas balisés, et certaines parties de l’itinéraire, et notamment la traversée du glacier de Talèfre et de Leschaux (sur l’itinéraire du refuge de Leschaux) nécessite un bon sens de l’itinéraire pour naviguer au mieux dans les chaos morainiques de blocs et de cailloux... Sur la Mer de Glace, il faudra faire attention à bien contourner les zones de crevasses et à ne pas se faire bloquer par des confluences de bédières. Les moraines actives bordant les glaciers sont particulièrement instables et des blocs parfois immenses peuvent débouler sans crier gare...

Bien que pas absolument nécessaires dans de bonnes conditions, des crampons permettent une marche beaucoup plus rapide et sûre sur la Mer de Glace et une plus grande liberté d’itinéraire, notamment dans les sections un peu crevassées ou pas totalement plates.

Parcours

Ascension au Couvercle par les balcons

Depuis le Montenvers, descendre le large sentier traversant à flanc vers le sud. On arrive aux premières échelles, et aux premiers embouteillages en cas d’affluence. Descendre une première volée d’échelles puis continuer la traversée à flanc vers une deuxième grande volée franchissant des hautes dalles. Il faut faire attention en bas, l’aménagement se faisant au fur et à mesure du retrait glaciaire. Finalement, descendre la moraine active du glacier, en évitant de passer sous les gros blocs pouvant dégringoler à n’importe quel moment...

On prend pied sur le glacier, qu’il faut traverser de part en part pour atteindre la rive des Echelets en face, où un carré blanc peint sur le rocher indique les échelles. Selon les années, la remontée de la moraine en direction des échelles peut être plus ou moins scabreuse.

Une succession de petites échelles dans la végétation permet de prendre pied sur de beaux alpages dominant le glacier qu’un sentier remonte facilement, pour conduire dans le bas du cirque de Charpoua. Bien que le glacier de Charpoua se soit bien retiré au fur et à mesure des années, il faudra rapidement traverser les dalles en direction de l’autre rive, des chutes de séracs étant toujours possible... On y rejoint le sentier montant au refuge de Charpoua.

  • Il est possible de faire un aller-retour au refuge de Charpoua, ajoutant 3h et 400m de dénivelé. C’est un refuge vraiment authentique niché dans un cirque d’aiguilles rocheuses et de glaciers austère et impressionnant, face à une vue imprenable sur le glacier du Géant...

Poursuivre la traversée sortant du cirque de Charpoua pour se diriger vers les pentes dominant la Mer de Glace. On franchit des ressauts rocheux à l’aide de nombreuses échelles, tantôt montantes tantôt descendantes, permettant de de faufiler sur des vires herbeuses entres des belles dalles granitiques. C’est long, le parcours en dents de scie ne permettant pas de trouver un bon rythme. Cependant, le paysage est vraiment incroyable...

Quelques montées entre de belles dalles puis dans un couloir finissent par déboucher dans l’immense cirque de Talèfre où le refuge du Couvercle est en vue. Panorama incroyable sur le glacier de Talèfre entouré les grandes aiguilles de ce cirque : Aiguille Verte, les Droites, les Courtes, aiguilles du Triolet et de Talèfre... Pause bien méritée au refuge...

Poursuite vers Leschaux

Pour la plupart, le refuge du Couvercle constitue un but suffisant pour cette randonnée déjà assez longue, surtout si il s’agit de revenir à temps pour attraper le dernier train du Montenvers... Cependant, les balcons peuvent se poursuivre jusqu’au refuge de Leschaux, sur un itinéraire un peu plus sauvage et moins fréquenté... Cela ajoutera environ 4h et 400m de dénivelé de parcours sur un terrain pas toujours bien marqué...

Prendre le sentier de descente du refuge, et lorsque le celui-ci suit le sommet de la moraine, le quitter suivant un balisage pas très évident. Ce balisage invite à descendre vers le glacier en traversant un large amas de gros blocs morainiques peu évidents et pénibles, puis disparait lorsque le glacier est atteint. Traverser le glacier au mieux, et franchir les ressauts morainiques de l’autre rive. Le lieu est vaste, chaotique et aucun sentier n’est visible, mettant à l’épreuve le sens de l’itinéraire. Il faut continuer la traversée en visant la base de l’éperon rocheux bordant le vallon de Talèfre pour y rattraper le sentier qui le contourne.

Bien que le refuge ne soit plus très loin à vol d’oiseau, le sentier fait un grand détour pour contourner par le haut des terrains raides. Il traverse et monte en lacets en direction des falaises, franchissant par quelque rampes et échelles des dalles lisses. Il passe l’aplomb du refuge pour redescendre vers celui-ci en lacets herbeux.

Pause bien méritée à ce petit refuge sympathique accroché sur une petite terrasse dominant le glacier de Leschaux. Vue imprenable sur le cirque de Leschaux et les Grandes Jorasses.

La descente du refuge se fait par une volée d’échelles franchissant de belles dalles permettant de prendre pied sur le glacier après avoir traversé la moraine active plus ou moins scabreuse. Puis le glacier, assez plat et peu tourmenté, se laisse tranquillement descendre en direction des Egralets, en restant plutôt côté droit et en négociant au mieux les zones caillouteuses.

Descente des Egralets

Ceux qui n’ont pas poursuivi vers Leschaux continueront la descente du sentier suivant le sommet de la moraine du glacier de Talèfre. Il rejoint des pentes herbeuses plongeant de plus en plus vers la Mer de Glace. Finalement, il atteint les échelles des Egralets, parmi les plus impressionnantes du massif. Elles permettent de franchir un complexe système de dalles, et certaines sont particulièrement verticales et gazeuses.

Retour par la Mer de Glace

Traverser l’amas de pierrailles recouvrant le glacier (parfois quelques vagues cairns) en direction de l’esplanade faisant la jonction entre le glacier de Leschaux et celui du Tacul.

  • Pour ceux qui en ont encore le temps et l’énergie, il est possible depuis ce point de poursuivre la balade glaciaire jusqu’au refuge du Requin. Pour cela, remonter au mieux le glacier du Tacul en évitant les zones crevassées, gagnant le côté droit (ouest) jusqu’à la base du ressaut où se trouve le refuge. Selon les conditions, la sortie du glacier pour rejoindre les échelles peut être délicat. Dans tous les cas, les crampons sont nécessaires. Compter environ 4h pour l’aller-retour, ajoutant 400m de dénivelé.

Poursuivre au mieux vers l’aval du glacier, en contournant d’éventuelles zones crevassées, et en faisant attention de ne pas se retrouver entre deux bédières, qui finiront sûrement par se rejoindre avant de disparaître dans un grand moulin. La marche sur la glace est rapide et agréable en crampons. Les autres devront faire bien attention à éviter les zones crevassées ou trop inclinées, préférant par endroits marcher sur les bandes caillouteuses. La configuration du glacier change d’année en année, et il n’y a pas d’itinéraire bien défini. Il faut de toute façon rejoindre les échelles remontant au Montenvers.

La remontée des échelles et du sentier vers le Montenvers est en général assez pénible, est c’est d’ailleurs souvent lorsqu’on se trouve en plein milieu que l’on entend le sifflement du dernier train redescendant à Chamonix...

Descente sur Chamonix

Si vous avez raté le dernier train, inutile de remonter à la gare. Il faut prendre un sentier qui traverse un peu en contrebas de la gare et qui ensuite descend par une ancienne moraine recouverte d’arbres et de végétation un peu pénible en direction des Mottets. De là, on suit tranquillement la large piste servant de retour aux skieurs de la Vallée Blanche en direction de Chamonix. Compter 2h de plus pour descendre les 900m de dénivelé.

Remarques

  • Cette boucle peut très bien se parcourir dans l’autre sens. Cela permet une marche plus facile sur le glacier pour ceux qui n’ont pas de crampons, ainsi que d’éventuellement parcourir les aériennes échelles des Egralets dans le sens de la montée.
  • Un départ matinal avec le premier train du Montenvers permet de parcourir tranquillement les balcons jusqu’au refuge du Couvercle, puis de redescendre par la Mer de Glace sans trop forcer pour revenir au Montenvers avant le départ du dernier train.
  • En poursuivant la boucle jusqu’au refuge de Leschaux, il est quasiment impossible de redescendre en train dans la même journée. La descente sur Chamonix risque de se terminer à la frontale...
  • On pourra couper cette boucle en deux en passant une nuit dans un refuge. Le confort est spartiate et les alpinistes vous réveilleront à des heures indues, mais vous aurez le temps d’explorer les environs plus tranquillement. Par exemple, une nuit au Couvercle permet de profiter de la journée pour faire un détour au refuge de Charpoua. Une nuit à Leschaux donne le temps, le lendemain, de faire l’aller-retour au refuge du Requin. Certains pourront même étaler la boucle sur trois jours...

Détail de la sortie du 18 juillet 2012

Beau temps, l’occasion de refaire un parcours effectué une quinzaine d’années auparavant.

Départ matinal du Montenvers. La première chose qui frappe est de voir à quel point la Mer de Glace a perdu de sa blancheur pour se recouvrir de larges bandes de caillasses... Puis, la descente des échelles... Interminables, le long d’une immense dalle qui n’existait pas du tout dans ma jeunesse... Et le dernier tronçon en bas, visiblement ajouté cette année...

On prend pied sur le glacier encombré de caillasses, qui rendent les crampons inutiles pour peu que l’on évite les pentes trop raides. Traversée en direction des Echelets. Encore des tronçons d’échelles qui n’existaient pas dans mes souvenirs pour accéder à la végétation...

Montée des alpages d’herbe et de rhododendrons, maintenant au soleil. Le cirque de Charpoua est atteint, et là aussi on constate le recul du glacier... La suite du parcours s’effectue tranquillement, bien que les constantes montées et descentes d’échelles cassent le rythme de la marche. Mais ce n’est pas grave, car le paysage est vraiment grandiose.

Le magnifique cirque de Talèfre et le refuge du Covercle sont atteints vers la mi-journée. Pause casse-croûte à profiter du panorama... Puis la suite du parcours...

Continuer vers Leschaux ? C’est juste en temps, mais on devrait y arriver, quitte à subir ensuite la punition de redescendre sur Chamonix à pied. Relativement court sur la carte, ce parcours va se révéler tout autre. Tout d’abord par un amas de blocs chaotiques à peine marqué par quelques vagues jalons... Le glacier se laisse facilement traverser, mais derrière, les cordons morainiques se succèdent, amas de caillasses et de blocs plus pénibles à franchir les uns que les autres... Totalement hors traces, je me demandais comment faire pour rattraper le sentier de Leschaux... Après presque une heure d’errance ayant mis à l’épreuve mon sens de l’itinéraire, je finis par retomber sur un sentier. Youpi !

Loin de se diriger directement vers le refuge pourtant pas si loin, le sentier monte et monte encore, entre herbe et petites dalles. On monte jusque où comme ça ? Les jambes commencent à être lourdes, mais il faut continuer... Il ne daigne finalement descendre qu’une fois dépassé l’aplomb du refuge...

Le soleil déclinait déjà bien lorsque j’ai atteint le refuge. Le lieu était sympa et convivial, mais pas le temps de s’attarder... Et c’est parti pour le sentier puis les échelles descendant vers le glacier de Leschaux...

Sur le glacier, je chausse les crampons pour pouvoir hâter le pas. Le glacier se descend facilement, mais les nombreux cailloux incrustés dans la glace gênent un peu mes pieds cramponnés... Il faudra provisoirement les enlever pour franchir une mer de caillasses au niveau des Egralets.

La Mer de Glace, maintenant plongée dans l’ombre, baigne dans le calme. Je hâte le pas pour être sûr d’arriver au Montenvers avant la tombée de la nuit, mais en prenant tout de même le temps de visiter les curiosités : Bédières, moulins, tables de granit posées sur leur piédestal glaciaire... Le coucher de soleil ravive les Flammes de Pierre alors que je remonte les échelles, maintenant libérées de leur cohortes de touristes.

Inutile de remonter à la gare, car le dernier train est parti depuis longtemps déjà. Je descend le chaotique sentier des Mottets dans une ambiance s’assombrissant de plus en plus. Mais plus rien ne me presse... La longue piste de retour vers Chamonix se descendra à la frontale, dans le calme de la nuit.

Dernière modification : 16 mai 2018
Les balcons du Mont-Blanc

A propos

Auteur de ce topo :

Des paysages sauvages, même si il faut marcher loin... Des panoramas grandioses, même si il faut grimper haut... Des couchers de soleil colorés, même si il faut redescendre tard...

Topo publié le 31 juillet 2013

(Avertissements et Droits d'auteur)

Commentaires

  • par Le 31 juillet 2013 à 21h08

    Superbe ! Incroyable massif du Mont Blanc ! Félicitations Pascal !

  • par Le 1er août 2013 à 08h21

    Superbe ! Plus que quelques jours.... !

  • par Le 1er août 2013 à 12h38

    Plus que quelques jours... Avant que ? La Mer de Glace ne disparaisse ?

  • par Le 1er août 2013 à 13h58

    Non... avant que je me "balade" là-bas ;-) !

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