Montagne d’Aujour (1834m) en traversée, par le Saix et le Lac de Peyssier

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
1020m
Durée :
1 jour
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Merveille le Gouravour Défilé, merveille le torrent de Maraize qui descend de cascadelle en cascadelle, merveille l'amphithéâtre du Fay, merveille encore le Lac de Peyssier et son effet miroir, merveille toujours la Faille d'Aujour, à couper le souffle le panorama du sommet, sublime la descente de l'arête... et les chamois, les tapis d'hélianthèmes, de polygales ou d'ornithogales et les tulipes sauvages, les asphodèles, les gentianes, les ancolies par milliers, les fragrances des genêts et des narcisses...merveilles, merveilles, merveilles...une randonnée d'une beauté exceptionnelle.

Accès

Prendre la départementale qui relie Gap et Sisteron.

  • De Gap, 8km après Veynes, prendre à gauche la petite route qui franchit le Buëch, au lieu dit "le Pont de Chabestan", en direction du Saix. Traverser avec précaution ce petit village aux rues étroites en direction du Lac de Peyssier, panneau en bois. Parking indiqué par un grand panneau. Deux autres petits parking avant le "Gouravour Défilé".
  • De Sisteron, 8km après Serres, prendre à droite la petite route décrite plus haut

Précisions sur la difficulté

  • Montée au Lac : randonnée familiale
  • Balisage pour le sommet parfois difficile à suivre
  • Un pas d’escalade facile pour franchir une petite barre rocheuse au-dessus de la Faille d’Aujour
  • Arête de descente aérienne et exposée, avec quelques passages rocheux faciles. Mais il faut avoir le pied sûr et du rocher sec.

Meilleures périodes

  • 15 mai/15juin (environ) pour les fleurs avec un lac "plein"
  • Octobre/novembre pour la limpidité de l’atmosphère et pour les couleurs, mais avec un lac qui risque d’être "vide"

Les infos essentielles

  • Carte : IGN TOP25 3338OT
  • Tracé IGN
  • Départ : 845m
  • Distance : 18,5km
  • Horaire : 5/6H00

Balisage

  • Blanc/rouge du départ au Lac de Peyssier
  • Blanc rouge du lac jusqu’à la bifurcation de la cote 1354
  • Jaune de la bifurcation au sommet
  • Jaune irrégulier du sommet jusqu’au Col de l’Armande
  • Blanc/rouge du Col de l’Armande au parking
  • Panneaux aux principales intersections pour l’itinéraire menant au lac, deux panneaux (cassés) en direction du sommet

Sens de la Randonnée

Cette randonnée peut s’effectuer dans les deux sens. Lac/sommet/traversée ou traversée/sommet/lac.

J’ai choisi la première solution. D’une part, l’itinéraire est plus évident, d’autre part, on fait la traversée avec le Soleil dans le dos. Le Soleil est mauvais pour la peau, mauvais pour les yeux, mauvais pour mon APN qui n’aime pas l’avoir de face.

L’inconvénient, à priori, c’est que l’on ne peut pas s’arrêter au lac après l’ascension. Bien entraîné, je suis donc remonté voir cette nappe au Soleil de l’après midi. Et franchement, il est bien plus beau le matin avec la lumière rasante.

Itinéraire

Ascension

Du parking, continuer la petite route. On franchit le "Gouravour Défilé", une belle clue. La route continue par une côte raide, bétonnée, puis devient une simple piste en terre. On longe le torrent de Maraize en rive gauche, puis on passe en rive droite avant la ferme du Fay (ou du Faï). Cette ferme fait face à une formidable barrière rocheuse, en amphithéâtre, bardée de surplombs.

On franchit de nouveau le torrent à la cote 1114, qui est aussi le point de jonction avec l’itinéraire de retour.

Le chemin continue à longer le torrent, franchit un affluent dans un virage et arrive sous la digue du barrage.

Continuer le chemin et franchir un portillon. Le chemin monte un peu, surplombe le lac et redescend à la cote 1279.

Au bout du lac on trouve un poteau directionnel en partie cassé. Prendre le sentier à droite, cairn, balisage blanc/rouge qui monte sur la croupe herbeuse dominant le Jas des Aigues et visible au centre de la photo.

On arrive en lisière de la forêt. A droite, c’est une piste forestière. A gauche, c’est le GR 94. Au centre, panneau en bois à terre, c’est le sentier qui monte vers le sommet en pénétrant dans la forêt.

On sort de la forêt et on se dirige vers le chaos de blocs sous le sommet. Le sentier devient une simple trace et on trouve des cairns et un vieux balisage jaune.

On passe sous un beau col herbeux. on peut faire le petit détour pour voir surgir le Dévoluy, mais il n’est pas sur l’itinéraire.

Il faut passer au-dessus du col, en se dirigeant vers les rochers du Sommet Est d’Aujour. Longer les rochers, jusqu’à trouver à gauche, l’entrée de la Faille D’Aujour.

Faire un bref aller/retour en n’oubliant pas que si des randonneurs se trouvent au sommet, très près de la faille pour essayer de la voir, ils peuvent faire tomber des pierres.

  • Arrivé au bout de la faille, on s’aperçoit qu’il est possible de contourner par le sud le Sommet Est d’Aujour. On peut alors se diriger vers la faille et la traverser.

De retour au début de la faille, se diriger vers la barre rocheuse. On peut voir que la faille continue sous des rochers, formant un tunnel naturel, raide et étroit.

Repérer le passage dans la barre rocheuse, balisage trait jaune presque effacé, plusieurs spits en place. Pour les colonies de vacances ? Le passage n’est pas bien difficile et peu exposé.

On arrive dans les pentes du versant nord, raides et herbeuses, que l’on remonte au mieux jusqu’au sommet. Cairn, petite antenne.

Panorama exceptionnel sur la Drôme Provençale (Angèle, Lance), Dévoluy (Obiou, Grand Ferrand, Pic de Bure), Mont Ventoux, Montagne de Lure, Mourre de Chanier, Grand Veymont, Tête de l’Estrop, Grande Séolane, Mont Viso, Olan, Rouies, Ecrins, Cime du Vallon, Sirac, Ailefroide, Pelvoux, Meije, Vieux Chaillol, Pic Coolidge, Chambeyron etc. etc.

Traversée

  • il va de soi que l’on peut revenir au lac par le même itinéraire.
    Pour la traversée, suivre l’arête plein ouest. On passe près du relais, puis la pente commence à s’infléchir. L’arête est souvent aérienne, toujours magnifique, avec quelques pas rocheux faciles et quelques passages sur des dalles qui demandent un rocher sec.

On arrive sur une large selle herbeuse. Passer alors en versant sud, en suivant une sente bien marquée. Un court passage ressemble à un sangle chartrousien, puis on va longer la base de l’arête rocheuse et redescendre sur le Col de l’Armande où l’on retrouve une variante du GR 94.

Suivre la route forestière de l’Ubac vers le nord-ouest. La piste effectue un premier lacet, puis un second, puis un troisième. Dans ce troisième lacet, le GR part à gauche, quittant la piste forestière, et va rejoindre la D 249T au pont de la cote 1114. On franchit le pont et on suit la piste jusqu’au parking.

D’autres photos

La randonnée

Claude, rencontré à la Montagne de Banne, m’ayant parlé de la beauté de ce lieu, je m’y rend donc en ces premiers jours de juin.

Je pensais monter un peu en voiture, mais la route, vraiment raide et étroite m’en dissuade.

Je pars tôt, comme d’habitude et dès le passage de la clue, appelée "Gouravour Défilé", je comprends que la randonnée va être de toute beauté.

La piste longe le torrent de Maraize qui descend bruyamment de cascadelle en cascadelle, gonflé par les abondantes pluies de ces dernières semaines. On monte dans une gorges avec de belles murailles calcaires. Je dérange quelques chamois. Un petit affluent offre au regard une cascade d’une vingtaine de mètres. Tout est dans l’ombre, mais au retour, tout ce paysage sera éclatant de lumière.

La ferme du Fay se situe au centre d’un amphithéâtre rocheux. On peut voir une impressionnante barrière de belles falaises hautes d’environ 100 mètres, à mon avis encore inexplorées par les grimpeurs, et bardées de surplombs. Cet amphithéâtre naturel, avec sa forme exceptionnelle, réverbère les sons et, à la ferme du Fay, de grandes trompes sont installées et des spectacles musicaux, utilisant la réverbération du son, sont organisés. Au Fay, ils appellent ce lieu "la montagne qui chante".

La montée se poursuit vers le Lac de Peyssier, toujours avec le torrent qui alterne vasques et cascades.

Le Lac de Peyssier est magnifique dans la lumière du matin. Pas encore entièrement touché par le Soleil, il offre les reflets lumineux de la Montagne d’Aujour.

Je reste environ 50 minutes près du lac, humant ici les fragrances des narcisses, allant voir là des asphodèles, m’émerveillant des perles de rosées sur les trolles et les, pissenlits en graines, découvrant ailleurs une zone humide et me demandant si c’est une tourbière ou si ce n’en est pas une, contournant le lac au-delà de la bergerie de Laboudou, pour avoir un angle de vue différent.

M’arrachant à cette beauté je prends la sente qui monte au sommet. Il est 8h10 et déjà il fait très chaud. Les quelques passages en forêt sont les bienvenus.

Au-dessus de la forêt, à plus de 1600m d’altitude, la température est plus clémente. Les hélianthèmes forment un incroyable tapis blanc. Ailleurs, ce sont des ornithogales d’une magnifique blancheur. Là ce sont des gentianes. Vers le sommet les tulipes australes sont enfin ouvertes.

La Faille d’Aujour est une curiosité géologique. Etroite, profonde, c’est un mini canyon qui sépare les deux sommets de la montagne. Le passage dans la barre rocheuse est facile à repérer avec ses spits en place. Bien inutiles pour le vrai randonneur.

Le panorama du sommet est fantastique. La vedette en revient au Pic de Bure, dont on peut voir les grandes oreilles avec des jumelles. Le Massif des Ecrins est toujours aussi merveilleux à voir. des brouillards s’attardent sur la Vallée de la Durance. La Montagne de Lure et le Mont Ventoux nous montrent leurs crêtes dénudées. Le Massif Central se laisse deviner dans le lointain.

Deux montagnes originales entourent la Montagne d’Aujour. La Montagne de Céüse au nord-est et la Montagne de St-Genis au sud-ouest : ce sont deux synclinaux perchés et donc des montagnes cousines des Trois Becs. La réputation de cette dernière montagne d’être le "plus haut synclinal perché de France" avec 1589m d’altitude est donc usurpée. Céüse culmine à 2016m.

Ensuite, c’est la descente par cette belle arête, souvent étroite et aérienne, avec des passages où il faut un peut mètre les mains, soit en montant, soit en descendant.

Quelques passages étroits sur des dalles lisses demandent un pied sûr. Ce n’est pas le moment de s’accrocher un pied avec une racine.

L’arête rocheuse s’interrompt en arrivant sur une large selle herbeuse. Une belle trace contourne par le sud le ressaut rocheux suivant. J’hésite un moment. Prendre la trace ou continuer l’arête. J’opte pour la seconde solution et c’est une erreur.

La remontée sur l’arête se fait par un petit pas rocheux, l’ascension et la partie horizontale sont faciles. Le début de la descente également. Mais il y a 100 mètres de dénivellation à descendre. Et la fin de l’arête devient très raide. Je suis obligé de revenir dans le versant nord, en sinuant dans la végétation. J’arrive enfin au pied du ressaut rocheux, vers 1500m d’altitude. Hors le col de l’Armande se trouve à 1540m. Il me faut donc remonter. Mais la végétation est d’une densité broussailleuse et épineuse inconnue dans mes montagnes du Massif Central. Une bonne machette m’aurait rendu service.

Enfin j’arrive à m’extirper des broussailles et je reviens au Col de l’Armande qui offre un joli panorama sur le village du Sarret et son fond de vallée étonnamment plat.

La descente par la route forestière est merveilleuse, des talus couverts de fleurette jaunes, les fragrances des genêts, la hêtraie magnifique.

Il est encore tôt, et l’envie me prend de retourner au Lac de Peyssier. J’emprunte donc la route forestière de la Sapie qui je le sais, finit en cul-de-sac au bout de 700 mètres.

Au bout de la piste, je prends donc hors sentier. C’est une hêtraie dense, donc moins broussailleuse. Après une petite traversée, je commence à descendre vers le torrent. Et j’arrive par miracle dans un endroit ou le lit est très resserré et j’arrive à le franchir d’un pas. Une courte remontée et je suis sur la piste non loin du lac.

J’en fais le tour complet par une sente peu agréable en rive droite. Finalement, le lac était bien plus beau dans la lumière rasante du matin.

Je reprends donc la piste du retour, le long du torrent, cette fois au Soleil, au milieu des ancolies, des tapis de polygales...

Après avoir franchit la clue, je longe la route bordée par des talus qui resplendissent du bleu des aphyllanthes qui s’étaient refermées pour la nuit et qui se sont rouvertes au Soleil.

Une belle conclusion pour une randonnée enchanteresse.

Vidéo

  • Voir la "sortie" ICI

La D 249T

Un panneau (photo) invite les randonneurs à la parcourir à pied. Ce qui est un comble pour une route départementale. En fait le Lac de Peyssier à une vocation agricole.

C’est une réserve d’eau pour l’irrigation. L’entretien étant financé par le département, c’est donc une "départementale". L’accès en voiture de tourisme est possible. 6km de voie étroite, souvent unique, en terre, les croisements avec d’autres véhicules sont rarement possibles. A chacun son choix.

La Ferme du Fay (ou du Faï)

Hébergement, camping, animations, lien ICI.

La Montagne d’Aujour

C’est un site classé "Natura 2000".

Le Lac de Peyssier

Cette jolie nappe, située à 1279m d’altitude, est destinée à l’irrigation. Elles se trouve sur un vaste plateau de prairies où l’on trouve des troupeaux d’ovins et de bovins.

Le canotage et la pêche sont interdits. La baignade est "non surveillée". Ce qui veut dire qu’elle est autorisée. Cependant, à mon avis, avec tous les troupeaux, le taux de colibacilles fécaux ne doit pas être proche de zéro.

Dernière modification : 16 mai 2018

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