Pas de la Beccia (2717m)

Difficulté :
Moyenne
Dénivelé :
750m
Durée :
demi-journée
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Randonnée à ski qui remonte la belle et sauvage comble de Cléry au pied des grandes parois abruptes du Signal du Mont Cenis. Combe large et généreuse, pentes douces, panorama magnifique ; cocktail qui fait une belle journée de ski sauvage.

Accès

  • Accéder à Lanslebourg par la D1006.
  • À la sortie du village continuer à droite la D1006 qui traverse l’Arc, continuer direction Col du Mont Cenis-Torino.
  • Remonter tous les lacets et s’arrêter au chalet "La Ramasse", départ de la piste d’alpage du pont Lapouge qui mène à la combe de Cléry.

Itinéraire

Itinéraire de ski de randonnée évident assez facile, peu risqué.

Itinéraire : Ski de fin de printemps quand la route de col du Mont Cenis est praticable haut, voire ouverte.

  • Du chalet de la Ramasse (2000m), remonter la route du Pont Lapouge jusqu’au dit pont (2147m/1h)
  • Du Pont Lapouge, remonter à gauche la combe évidente de Cléry, jusqu’au col fermant la combe, Pas de la Beccia (2717m/1h30 à 2h)

Remonter la combe plutôt rive gauche du torrent jusqu’à la cote 2250, puis au mieux de façon évidente au-dessus.

Attention par situation nivologique délicate, aux grosses avalanches qui débaroulent des versants Est très escarpés de la Pointe de Cugne et du Signal du Mont Cenis.

  • Descente par le même itinéraire, 1h

Fiche technique :

  • Difficulté : 2.2, pente 30° max
  • Horaire : 2h30 à 3h pour la montée, 1h pour la descente
  • Cartographie IGN TOP25 3634 OT Val Cenis-Charbonnel

Remarque : Si la route du col du Mont Cenis n’est pas ouverte, remonter la route à ski (piste de l’escargot Val Cenis) jusqu’au chalet de la Ramasse (600m/1h30), ou prendre le télésiège de la Ramasse qui arrive 50m en aval du chalet homonyme.

Pas de la Beccia, 8 Mai 2015 : « Renouveau »

Mes pas crissent sur la glace légère des flaques d’eau sur la piste d’alpage du Pont Lapouge. Il a gelé cette nuit.

La neige portera bien, les couteaux seront sûrement utiles pour la pente sommitale.

Je porte les skis. J’irai plus vite et je me fatiguerai moins en marchant, même avec un sac lourd, plutôt qu’en skiant les bords de la piste, raides et gelés, mais ce sera bien à la descente, il n’y aura pas de portage.

Mon esprit est occupé à m’analyser !

Après cette longue convalescence, après tant d’espoir, d’angoisse, d’attente, instinctivement je reprends mes réflexes, mes habitudes.

Observer le départ, décider de porter ou skier, choisir le bon rythme, guetter les premières lueurs du soleil, sortir l’appareil....

Mais en plus et surtout à cet instant, au départ je suis en mode "check up".

Je guette et analyse mes sensations, je m’inquiète des douleurs, j’estime sans cesse le fait que je puisse continuer ou non.

Le démarrage est difficile, je m’y attendais.
Il faut bien toute ma motivation pour continuer, ne pas s’arrêter, je sais que ce sera beau, je sais que le ski sera bon.

Les douleurs sont là, installées, le portage est pénible, la cheville est raide, limite douloureuse, le souffle court... Que c’est difficile !

Et puis tout doucement la machine se remet en route, doucement.

Surtout ne pas forcer, rester juste à la limite, s’écouter mais pas trop, et ne pas oublier l’instant présent magique.

Et le grand incendie éclate sur les Dômes. Il couve depuis une bonne demi-heure la-bas derrière les Lévanna.
Enfin la pureté de l’air, l’éclat des couleurs, les senteurs de la forêt.

Un geai, la-bas un coq de bruyère qui s’envole avec grand bruit, une poule qui glousse à mon passage, et puis le grand silence, profond, intime.

Un instant mon esprit s’est évadé de mon corps meurtri, bonheur profond, immense réconfort.

Instant de vérité au Pont Lapouge, je chausse.
Jusqu’ici c’est allé... On va dire comme ça !

Premiers pas à ski. Angoisse, souffle court, ne pas trop appuyer en flexion.

Les couteaux accrochent, première conversion, garder mon rythme, lent, calme, ne pas se mettre dans le rouge...

Mes yeux accrochent la lune posée au sommet de la Pointe de Cugne.
Et puis le couloir N que j’avais descendu il y a 10 ans tout juste.
Quel pied, super neige de printemps, 400m à 40° départ à 45, y arriverais-je encore ?

Pont de Bonneval, 2340m, ça va, je prends du plaisir. Le corps fonctionne à nouveau. Mais il n’y a pas beaucoup de marge.

Je ferai une pose sous la pente sommitale dans 200m

Il est 8h à peine, deux heures que je marche. Je suis bien.

La pente se raidit, première conversion, ça passe, pente plus raide, dévers, les couteaux tiennent bien. J’augmente le rythme, je souffle, la machine tourne, trop vite peut-être.

Sortie au soleil après la dernière conversion, je trace droit, la pente s’adoucit, je souffle, je souffle.

Et puis à 9h tout pile le col, les cloches de l’église de Lanslebourg carillonnent mon retour à la montagne.

C’est beau, juste tout simplement beau.

Et maintenant la récompense... Départ en chasse-neige doucement, une série de petits virages serrés, ça va.

Pas trop de flexion, prise de carre, ça passe.

La pente sommitale, plus raide, gelée, beaux virages enchaînés, les skis crissent.

Je vais chercher la neige décaillée au soleil rive gauche.
Grand ski, belle envolée, trace quasi parfaite, génial.

Les cuisses chauffent, le souffle est court.

Ski bonheur jusqu’au pont Lapouge au milieu des marmottes, ski forêt sur la piste, et voilà le chalet de la Ramasse.

Le vent fort du col ponctue ce retour à la montagne, le jour blanc annoncé se précise.

Voilà c’est fait, ce ne fut pas facile, mais ça doit pouvoir revenir, ce n’est que le début, le début du renouveau, enfin j’espère.

Dernière modification : 24 mai 2017
Signal du Grand Mont Cenis, Pointe Est (3356m) et Pointe Ouest (3377m)

La carte du topo « Pas de la Beccia (2717m) »

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Photos « Pas de la Beccia (2717m) »

Le grand incendie sur les Dômes La lune posée sur la Pointe de Cugne La combe de Cléry et le pas de la Beccia. Les pointes de la Glière. Panorama sur le Mont Cenis et Ambin. Cime du Larro depuis le pas de la Beccia Le Lamet et le Mont Cenis