Périple dans les Dolomites

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
Non renseigné
Durée :
3 jours et plus
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Les Dolomites dans le Sud Tyrol italien sont un massif assez peu fréquenté par les randonneurs français, et c'est bien dommage car il est de toute beauté ! 10 jours de trek en suivant plus ou moins l'Alta Via 1

Accès

Départ du Lago di Braies, arrivée à Palafavera.

Itinéraire

Point culminant : Tofana di Rozes, 3245m.

C’est en début septembre qu’avec mon ami nous décidons de partir à la découverte des Dolomites, afin d’éviter la foule, et aussi parce que d’après ce que nous avons lu, le temps semble en général meilleur en septembre qu’en juillet/août. Mais alors que nous arrivons près de Belluno, au nord de Venise, et que les premières montagnes sont enfin en vue après presque 10h de route, nous nous demandons si c’est vraiment le cas : d’énormes nuages noirs couvrent les sommets et nous sommes bien contents d’être dans la vallée ! Juste le temps de trouver un camping et de planter la tente, et l’orage s’abat sur nous avec une rare violence !

Nous avions comme idée de faire l’Alta Via no1, un trek d’une douzaine de jours qui traverse les Dolomites du nord au sud , et de partir avec la toile de tente pour économiser les nuitées dans les refuges, mais vu le temps nous hésitons !

Notre décision sera prise après avoir parlé à deux Canadiens à Cortina d’Ampezzo, ils ont du être secourus par hélico la veille, perdus dans une tempête de neige, il y a au moins 30 cm de neige sur les sommets ! La météo a décidément décidé d’être capricieuse !

Mais il en faut plus pour nous décourager et c’est le sac allégé mais le porte monnaie un peu plus rempli que nous entamons notre première journée de marche. Nous avons laissé la voiture à Cortina et pris un bus en début d’après midi pour le point de départ : le lac de Braies à environ 1450m d’altitude. Il est près de 16h quand nous commençons à monter. Nous avons 900m de dénivelé jusqu’au refuge de Biella, et c’est avec un vent glacial et quelques flocons de neige que nous arrivons au refuge 3 heures plus tard ! Et nous sommes bien contents de ne pas avoir à dormir dehors !

Mais au réveil, quel spectacle ! Une fine couche de neige est tombée pendant la nuit et c’est un paysage de toute beauté, presque lunaire qui nous fait face : une étendue de roches à perte de vue sur ce haut plateau à plus de 2000m d’altitude !

Nous continuons notre route à travers rocs et forêts de conifères plus bas pour remonter au refuge Fannes où nous sommes de nouveau accueillis par quelques flocons de neige ! Et il n’y a pas que la température au dehors qui soit glaciale, l’accueil au refuge (en fait plus un hôtel qu’un refuge !) l’est tout autant ! Clairement ici pour faire de l’argent, pas un sourire, une politesse et un service minimum ! Même s’il est plus luxueux que celui de la veille (douches chaudes entre autres), l’ambiance familiale du refuge précédent était bien plus agréable !

Le jour suivant nous poursuivons notre chemin par un col et une descente plutôt impressionnante sur le lac de Lagazuoi, avant de remonter vers le refuge du même nom. La météo s’est nettement améliorée, et le soleil nous a accompagnés toute la journée, bien qu’il fasse toujours un peu frais le soir, mais quel panorama grandiose devant nous !

Nous sommes à 2800m, et le Pelmo, la Civetta et la Marmolada recouverte de son imposant glacier s’exhibent fièrement en face de nous alors que le soleil darde ses derniers rayons. Le long du chemin qui conduit au refuge plusieurs galeries ont été creusées dans la roche, triste souvenir de la Grande Guerre : les Autrichiens surveillaient la route en contrebas dont les Italiens se servaient pour se ravitailler, et attendaient patiemment que les pauvres diables passent en contrebas !

Le parcours du lendemain nous conduit au pied de la paroi sud du Tofana di Rozes, avant de descendre vers la route qui mène à Cortina D’Ampezzo. Avant de poursuivre, nous souhaitons y faire un détour afin de nous ravitailler en nourriture.

Nous avons la chance d’atteindre le bord de la route juste avant que le Dolomiti bus ne passe ! Mais quelle n’est pas notre déception en arrivant lorsque nous réalisons que tous les magasins ne réouvrent qu’a 16h ! Car nous comptions reprendre un bus dans le sens inverse et continuer vers le refuge Nuvolau.

Changement de programme donc, et c’est ici que nous quittons la route no1 : une fois nos achats fait, nous récupérons la voiture laissée ici quelques jours plus tôt, et comme il est maintenant trop tard pour monter au refuge, nous décidons de bivouaquer au pied du Tofane, en essayant de passer inaperçus car le camping sauvage est officiellement interdit ! Mais étant donné le prix exorbitant des hôtels à Cortina, nous n’avons pas hésité une seconde !

Finalement nous réalisons vite que cette mésaventure est en fait bien tombée et décidons de garder la voiture et de faire des variantes de notre choix, en essayant de camper chaque fois que c’est possible pour limiter les frais. Quel bonheur de retrouver un peu d’intimité et d’avoir la montagne rien que pour nous, d’avoir comme bruit de fond le ruisseau plutôt que les ronflements d’inconnus qui partagent le même dortoir, de pouvoir observer les étoiles s’allumer une à une allongés sur le sac de couchage, et de jouer à cache-cache avec la toile de tente pour ne pas attirer l’attention des gardes du parc ! C‘est de cette façon que nous avons toujours apprécié la montagne et c’est ainsi qu’elle mérite d’être découverte.

Nous décidons quand même de monter au refuge Nuvolau, perché sur son nid d’aigle. Alors que nous hésitons quant à la suite du parcours, nous faisons la connaissance d’un ancien du coin, âgé d’au moins 70 ans et qui connaît la montagne comme sa poche, il y a vécu toute sa vie. Il nous conseille vivement de monter au sommet du Tofana di Rozes, il existe un itinéraire qui permet de l’atteindre sans équipement, nous indique t’il. C’est décidé, nous irons la-haut demain !

Nous redescendons dans la vallée en passant au pied des Cinque Torre, qui bien qu’élégantes, semblent un peu ridicules comparées à l’imposant Tofana di Rozes ! Retour à notre bivouac de la veille !

C’est une montée de 1200m qui nous attend le lendemain, et nous sommes en forme puisqu’en une heure nous avons gravi 500m jusqu’au pied de la face nord. C’est là que nous quittons le sentier et devons trouver notre voie en suivant les cairns, mais nous ne sommes pas les seuls, il suffit donc de suivre !

Quelques passages délicats tout de même, la neige des jours précédents n’a pas entièrement fondu et rend certains passages glissants, ce qui demande toute notre attention. Nous sommes au sommet à 3245m vers 13h, la vue est magnifique, l’Autriche est tout prêt et se distingue par une série de hauts sommets enneigés. La descente, contrairement à ce que l’on pensait, est plus aisée que la montée et c’est en courant dans éboulis que nous rejoignons la voiture !

Direction la Civetta ! Toujours d’après les conseils de cet aimable Papi, nous décidons d’aller faire un petit coucou à cette montagne qui lui est si chère. Nous passons la nuit au camping à Palafavera, une bonne douche est la bienvenue !

Nous partons pour deux jours avec l’intention de faire le tour de cette fameuse Civetta. Après une montée raide jusqu’au refuge Coldai, c’est un sentier à flanc de montagne qui contourne celle ci, passe le long d’un lac au pied de la paroi, et nous conduit au refuge Vazzoler, à l’extrémité sud, où nous passons la nuit.

La montée au col le lendemain est raide et longue, et la descente encore plus pénible, dans des éboulis où les cailloux se dérobent sous chacun de nos pas ! Nous atteignons la vallée au petit village de Pecol et rejoignons le camping à Palafavera par la route.

Après une minutieuse étude de la carte, nous décidons d’aller voir de plus près le Pelmo, qui avec presque 3200m fait face à la Civetta. La carte indique un sentier qui conduit au sommet, après renseignements demandés au camping, on nous indique que c’est faisable, à condition de ne pas avoir peur du vide.

La curiosité nous attire et nous décidons de monter au refuge de Venise et de tenter le sommet le lendemain. Nous montons par le col de Val d’Arcia, ce n’est pas le chemin le plus direct mais certainement le plus beau !

Une fois au refuge nous discutons avec un couple qui descend juste du sommet, 10h minimum aller retour nous disent ils !

Lorsque nous nous levons le lendemain, le sommet est dans les nuages, mais nous sommes confiants que le temps va se dégager et commençons à monter vers la paroi. Une fois au pied, une série de cairns indique l’itinéraire à suivre, mais le chemin, si l’on peut encore l’appeler ainsi, est presque uniquement en corniche, avec par endroit pas plus de 20cm de large pour poser les pieds ! Et le vide n’attend que nous !

L’itinéraire n’est pas sécurisé, et les nuages au lieu de se dissiper sont en train de descendre. Au début c’est plutôt bien, ils nous cachent le vide à nos pied ! Mais après une heure et quelques sur la paroi, nous décidons qu’il est préférable de rebrousser chemin, s’il se met à pleuvoir cela peut devenir vraiment dangereux !

De retour au camping nous consultons la météo, pluie annoncée pour les deux prochains jours. Nous décidons donc de mettre un terme à notre périple et de rentrer. Nous avons profité de ces paysages grandioses pendant 10 jours, mais à la fin la montagne a toujours le dernier mot !

Dernière modification : 15 août 2018
Monte Paterno (2744m)

La carte du topo « Périple dans les Dolomites »

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Photos « Périple dans les Dolomites »

Neige fraiche  et paysage lunaire Descente vers le Lago Lagazuoi Immensité verticale Au loin le Pelmo La nuit approche, et la paroi prend feu Derniers rayons de soleil Le refuge Nuvolau sur son nid d’aigle Le Tofana di Rozes Cinque Torre Vue du sommet du Tofana di Rozes Tour solitaire La Civetta Lac au pied de la Civetta Le Pelmo Sur les flancs du Pelmo L’Homme et la Montagne