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Petit Obiou (2458m) : Voie normale

Difficulté :
Alpinisme PD
Dénivelé :
900m
Durée :
1 jour

Le Petit Obiou vit dans l'ombre de sa grande sœur. Il n'a pourtant rien à lui envier, si ce ne sont les 331 mètres qu'il lui rend : allure élancée, falaises vertigineuses et face Est digne d'un film de science-fiction, pour un dépaysement garanti. Mais, jaloux de la popularité considérable de sa monumentale voisine, il n'offre son sommet qu'au terme d'une belle petite aventure, engagée et très minérale. Finalement il a tout d'un Grand, le Petit Obiou ! – Auteur :

Accès

Le parking de départ se situe au Chalet des Baumes. L’accès est bien décrit dans les autres topos des Obiou.
Pour résumer : se rendre sur la D66a, route qui traverse les Payas. Au Nord de ce village, on trouve une intersection avec une croix blanche. Prendre la petite route indiquée par un panonceau en bois ("Col de la Samblue, Col des Faïsses, OBIOU"). On arrive alors sur une piste (longue ...) que l’on remonte jusqu’au parking à côté du Chalet des Baumes.

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Précisions sur la difficulté

  • Cotation globale PD-.
  • Progressions malcommodes dans des marches dévoluardes glissantes (car pleines de cailloux).
  • Plusieurs passages d’escalade faciles (III) mais très exposés à certains endroits.
  • Rocher délité et péteux du début à la fin : tester toutes les prises !
  • Descente obligatoire par 2 rappels dont un de 50 mètres : connaissance obligatoire des manipulations de cordes.
  • Fin de la descente dans des gradins très raides.
  • Risque constant de chutes de pierres (notamment durant les rappels et dans le couloir) : casque obligatoire.

Les infos essentielles

  • Carte IGN : Top 25 : 3337OT Dévoluy Obiou Pic de Bure
  • Altitude minimale : 1560m
  • Altitude maximale : 2458m
  • Distance : environ 8 km
  • Horaires : environ 6h30
  • Balisage : Trait rouge sur le sentier vers l’Obiou puis hors sentier.
  • Matériel :
    • Obligatoire : Casque, baudrier, longe, corde 2x50 m, descendeur.
    • En cordée : 1 ou 2 dégaine(s) et de quoi assurer son second.
  • Équipement en place :
    • 1 cordelette + 1 relais (sur 2 vieux pitons reliés) dans la longueur clé.
    • Relais (sur 3 points bétons et reliés) pour les 2 premiers rappels. Piton pour le 3ème (non obligatoire).

Itinéraire

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Note : Cette course a été inspirée par un article de Pascal Sombardier dans un magazine (voir les crédits). Elle y est très bien décrite (avec ses mots en plus !). Le but de ce topo n’est donc pas de recopier l’article mais bien de décrire la course en y apportant des éléments complémentaires qui peuvent être utiles.

Ascension

Du parking des Baumes, prendre le sentier de la voie normale de l’Obiou, qui monte tranquillement dans un alpage longeant une forêt.

Suivre le sentier jusqu’au Pas du Vallon, franchir ce dernier, puis continuer sur l’itinéraire balisé en rouge. On le quitte à l’embranchement suivant, où l’on prendra à gauche direction la Combe du Petit Obiou. On arrive alors au pied des premiers contreforts du Petit Obiou.

Sortir du sentier puis monter dans des gradins pierro-herbeux vers les falaises, que l’on longe ensuite vers la gauche (Direction S-E). On arrive alors dans un grand pierrier rayant le pré du Chourum de haut en bas. Le remonter au mieux. Certains passages deviennent malcommodes et assez impressionnants, il est alors possible de longer plutôt le pierrier en rive droite (donc à gauche vue d’en bas) dans des gradins herbeux plus sécurisants.

En haut du pierrier, on remarque un rocher avec une forme caractéristique (voir les photos) marquant l’entrée d’une sorte de petite brèche. S’y engouffrer en suivant une croupe herbeuse que l’on remonte jusqu’à une falaise bien verticale.

Avertissements : À partir de cet endroit :

  • Les passages d’escalade commencent et se font sur du rocher délité. Bien assurer ses pas avant de grimper.
  • Rebrousser chemin serait plus qu’hasardeux !

Continuer à suivre la croupe herbeuse qui longe cette falaise vers la droite et conduit directement vers un petit amphithéâtre, que l’on atteint après un pas d’escalade facile mais exposé. Remonter l’amphithéâtre plutôt par la droite dans des gradins bien commodes mais glissants car remplis de petits cailloux.

Sortir de ce cône par la gauche. La suite de la voie se trouve juste après, derrière l’amphithéâtre, après avoir remonté des gradins pierro-herbeux en ascendance sur la droite sur une dizaine de mètres.

On arrive alors au pied du passage clé, une trentaine de mètres en III, très exposé et dans du rocher instable. Une cordelette est disponible vers le milieu du passage si besoin d’assurage. En haut, sur une bonne terrasse, on trouve un relais relié. D’ici, contourner l’arête pour passer du côté d’un grand amphithéâtre, dans lequel on prend pied par une traversée exposée.

On remonte alors au mieux, plutôt à droite, cet immense cône surplombé dans sa partie supérieure par une falaise très verticale. En sortir par la gauche pour se retrouver au pied de gradins herbeux, que l’on remonte pour atteindre un petit col (Cairn) au-dessus de la Combe du Petit Obiou.

En regardant au Sud, on voit alors une belle aiguille. La contourner par la droite en traversant (facile mais expo) pour se retrouver au pied d’un grand couloir que l’on remonte au mieux. Attention aux chutes de pierres ici, quasiment inévitables. Ne s’y engager qu’un seul à la fois.

En haut du couloir, à gauche, on voit une grande faille avec un rocher coincé au milieu. Y grimper (III) plus facilement que cela pourrait le laisser penser. Continuer ensuite l’ascension au mieux pour prendre pied sur des dalles, sur une sorte d’antécime. Parcourir alors la crête jusqu’au sommet (Cairn).

Descente

Suivre les dalles du sommet jusqu’à une immense brèche. On trouve alors un relais sur 3 points (bétons et bien reliés avec corde quasi neuve en 2019) pour effectuer le 1er rappel de 30 m.

Avertissements :

  • Risque de blocage du rappel.
  • Risque important de chutes de pierres.

En bas de ce rappel, on prend pied au fond de la brèche. La remonter sur quelques mètres pour trouver un relais sur 3 points (reliés). Tirer alors un grand rappel d’environ 50 m dans le couloir. En bas, sur une terrasse à droite (en regardant le couloir), on trouve un piton pour un dernier rappel (optionnel, la descente se fait bien, avec prudence).

Arrivé sur une partie moins raide, traverser vers la droite (dos à la montagne cette fois !) en direction de la cheminée du Petit Obiou. Lorsque l’on trouve les flèches bleues, descendre la pente au mieux puis, assez rapidement, traverser à gauche pour rejoindre la crête du Pré du Chourum.

Descendre à travers les pentes herbeuses de ce dernier pour retrouver le sentier de départ.

Sortie du 03/08/2019

Cette fois c’est la bonne ! J’avais dû abandonner cet objectif, initialement prévu le week-end précédent, à cause du temps plus qu’instable sur le Dévoluy. Je m’étais alors réorienté vers la Sainte-Victoire, dans le Couloir des Libellules.

Ce dimanche 3 août, toutes les conditions sont optimales. Alors décollage à 6h15 pour être au parking pas trop tard. Arrivée à 8h45 et ... déjà une quarantaine de voitures ! Bon ... Je prends la dernière place potable qui reste, au moins je suis garé, et c’est déjà pas mal ! Quel succès cette Grande Tête de l’Obiou. Oui, je dis bien Grande Tête, car je me doute bien que les gens ne sont pas là pour ce pauvre Petit Obiou égaré ... La suite de la journée me donnera raison, je serai seul dans la voie tout au long de la bambée !

Début de la randonnée, le sentier est débonnaire mais très sympathique dans les alpages avec la vue exceptionnelle sur les Obiou. Quel endroit ! Quelques dizaines de minutes plus tard et après avoir franchi le Pas du Vallon, je débouche au pied de la Combe du Petit Obiou. Grandiose !

Bon la suite, c’est par où ?! Ah oui, longer les contreforts rocheux du Petit Obiou vers le Pré du Chourum. La remontée du pierrier n’est pas aussi commode qu’espéré. Je décide à un moment de passer sur les gradins herbeux en rive droite pour perdre moins de temps.

200 mètres plus haut, les choses sérieuses peuvent commencer. Quelques petits pas d’escalade et je me retrouve dans le 1er (petit) amphithéâtre. Belle ambiance déjà ! Juste derrière, la longueur clé ne donne pas très envie vue d’en bas : les rochers semblent instables ... Et c’est confirmé, ils le sont ! La progression se fait avec légèreté, en testant bien toutes les prises, et ça passe bien en fait (bien-sûr, interdit de chuter). Je suis seul aujourd’hui, ce n’est pas le moment d’aller au casse-pipe !

Juste après, je prends pied dans le grand amphithéâtre. C’est impressionnant, immense et sauvage. Je m’amuse à le remonter par la crête de droite, avec une incroyable vue sur la Combe et la voie normale de la Grande Tête. A la sortie, on arrive facilement jusqu’au petit col.

La suite se passe dans un couloir, pas très raide mais rempli de caillasses. Pour ne pas en faire tomber, il faut être un artiste ! En haut de ce couloir, petite grimpette dans une faille et on atteint vite le sommet.

Suite à un casse-croûte et l’observation de pas mal de randonneurs sur la Grande Tête (dont un groupe qui sort des Chatières), je m’approche pour tirer le 1er rappel. Impeccable, je prends pied dans la brèche mais ... ma corde est coincée ... J’ai beau y tirer dessus de toutes mes forces, je n’arrive qu’à faire travailler son élasticité ! Bon, 1er réflexe, ai-je de quoi appeler les secours au cas où ? Non, portable déchargé ... Parfait ... Nota pour plus tard, changer de téléphone !
Une remontée sur corde serait exténuante, donc je m’acharne : et que je te tire un brin, et que je te tire le deuxième, et que je secoue tout ça ... Évidemment, avec tout ce remue-ménage, ça parpine dans tous les sens, tellement que ça devient vraiment dangereux (quand on commence à sentir l’odeur de "brûlé" des roches qui éclatent, ce n’est pas bon signe) .... Enfin, au bout de 3/4h d’effort, je réussis à débloquer le brin ! Quel soulagement !

Le deuxième rappel dans le couloir de la brèche est beaucoup plus cool. Malgré tout, en rappelant ma corde, j’ai le plaisir de voir tout un troupeau de cailloux venir vers moi les bras grands ouverts, tout joyeux de s’échapper de ce couloir austère, sautillant comme des gazelles, comme pour venir me faire un gros câlin ... Non merci, très peu pour moi ! J’éviterai tout ça en me décalant bien à droite.

Je n’ai pas vu le 3ème rappel, mais arrivé là, le reste de la descente est plus facile. Je pars ensuite direction la cheminée du Petit Obiou, mais au lieu de redescendre, je continue de longer la face jusqu’à rejoindre, il me semble, l’itinéraire de montée par le Pré Chevalier, décrit par Michel dans son topo. Prendre cet itinéraire à la descente, je ne le sens pas du tout ! Donc demi-tour, et je décide de redescendre (comme expliqué par Pascal Sombardier ...) par la sente menant à la cheminée. Ensuite, traversée à gauche et je me retrouve vite sur la crête du Pré du Chourum. Plus qu’à dévaler ses pentes, et c’est terminé !

Voilà une très belle course, assez exigeante car se déroulant dans un milieu austère, délité et isolé. Mais quelle ambiance ! Et puis, cette sortie dans les orgues de la face Est ... Mémorable !

Dernière modification : 10 août 2019
Cheminée du Petit Obiou par le Pré Chevalier

Sensibilisation

Pour une montagne plus propreLe milieu que vous allez traverser durant cette randonnée est fragile. Faites attention à la flore et ne dérangez pas la faune locale. Rapportez vos déchets chez vous et ramassez aussi ceux que vous trouverez. Vous soutiendrez ainsi le mouvement KeepTheMountainsClean

A propos

Auteur de ce topo :

Escalade, randonnée, slackline, alpinisme ... C'est sportif et ça se passe dehors ? Alors j'adore !

Crédits :

Itinéraire décrit par Pascal Sombardier dans le Montagnes Magazine N°445H de l’été 2017.

Randonnée réalisée le 3 août

Topo publié le 9 août

(Avertissements et Droits d'auteur)

Commentaires

Afficher les commentaires précédents (7).
  • par Le 10 août à 12h07

    Chapeau pour ce solo d’anthologie... J’en reste scotché... tant sur le descriptif, que le récit et les photos ! (Bien que je connaisse l’article de Sombardier.)
    C’est le seul sommet de la grande barrière dévoluarde que je n’ai pas gravi (avec le Malpasset si on le considère comme tel). Merci pour le partage de cette aventure de haut vol !

  • par Le 10 août à 15h33

    Magifique, votre photo 27, la dernière, est géniale !
    A+
    Patrick

  • par Le 10 août à 16h55

    Superbe aventure et magnifiques photos ! Merci pour le partage....

  • par Le 10 août à 19h40

    Merci beaucoup Arnaud, Patrick et Nadine (j’espère avoir les bons prénoms xD) pour vos commentaires !
    C’est une belle aventure pour sûr, que je vous invite à tenter !
    Arnaud, avec tout ce que tu as déjà fait, tu peux t’y lancer ça devrait te plaire !

  • par Le 10 août à 22h20

    Bravo ! 3 a 4h a tirer sur la corde ! généralement mpi j’abandonne en tirant 3 ou 4 fois. J’estime que c’est bloqué et tirer plus l’abîmerait. Bonne persévérance. Sommet très très peu parcouru. Il y a une sortie sur C2C et de mémoire il y a aussi eu un problème de coincement de corde dans ce rappel. Genre de situation que je n’aime pas du tout...

  • par Le 11 août à 09h41

    Merci Mick !
    En fait c’est trois quarts d’heures xD
    Après, n’ayant plus de batterie au portable, je n’avais pas vraiment le choix d’insister.
    Si la corde était malgré tout restée coincée, j’avais trois options :

    • Descendre le couloir du 2ème rappel sans corde (exposé mais possible selon moi),
    • Remonter la corde, mais sans matériel adéquat c’est très dur,
    • Attendre que mes proches avertissent les secours !

    En tout cas j’aime pas trop ces situations non plus !

  • par Le 11 août à 12h53

    En montagne, j’ai un portable "à l’ancienne" qui ne fait que téléphone et dont la charge dure longtemps... Le problème c’est que le réseau ne passe pas de partout, d’où l’importance de donner l’itinéraire à un proche et une estimation du temps de parcours. Dixit le film "127 heures"... (et surtout en solo).
    Il est possible de rejoindre le Pré Chevalier, mais comme s’est dit dans le texte, ce ne sont pas des parcours engageants à la descente. Le secteur est très beau mais très délité, et ça ne convient qu’à une catégorie (très) restreinte de grimpeurs,
    J’étais un peu "tranquille" dans ce massif, mais il semble que de nouveaux baroudeurs soient attirés par ce type de terrain, de quoi faire d’AR un site référence :)

  • par denisLe 11 août à 13h33

    dans les secteurs ou le portable ne passe pas
    1) radio avec abonnement au reseau securite ecrins , n dauphine vanoise ect relais sur l’obiou
    2) telephone satellite plus cher

  • par Le 11 août à 15h50

    Michel, avoir un vieux portable qui dure longtemps, c’est clairement une bonne solution facile à mettre en œuvre ! Ensuite, merci Denis pour les conseils, en effet je vais commencer à réfléchir à tout ça.
    En tout cas, désolé pour ta "tranquillité" Michel, mais c’est clair qu’on risque bien de se croiser dans des terrains de ce type ;-)
    "Altituderando, la référence du Wilderness", ça sonne pas mal !

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