Pointe du Colerin (3475m) et lac des Pareis

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
1700m
Durée :
1 jour
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

La pointe du Colerin, peu connue et d'altitude déjà respectable, est un sommet satellite de l'Albaron. Il est situé à l'extrémité de l'arête sud-est. L'ascension par Avérole est longue et comporte un passage délicat et exposé entre l'antécime et le sommet. Au retour, on peut faire un détour par le lac des Pareis.

Accès

Parking des Vincendières dans la vallée d’Avérole.

Précisions sur la difficulté

  • Le sentier balisé peut, certaines années, disparaître sous la neige dans le haut du vallon, bien avant le col des Audras.
  • Entre l’antécime et le sommet, un passage est délicat et exposé. Il s’agit de la traversée d’une dalle aérienne, d’environ 30 mètres, peu inclinée, mais lisse. Ce passage est difficilement protégeable.

Les infos essentielles

  • Carte : IGN TOP25 3633 ET
  • Tracé IGN
  • Altitude départ : 1830m
  • Altitude d’arrivée : 3475m
  • Lac des Pareis : 3020m
  • Distance : 19km
  • Aller-retour au lac : + 1km environ
  • Dénivelée supplémentaire pour le lac : 30m environ

Itinéraire

Matériel

  • Piolet et crampons en fonction de l’enneigement.
  • Éventuellement une corde.

Balisage

  • Blanc/rouge du "Tour de la Bessanèse (TB) du refuge au passage du Colerin.
  • A noter que ce sentier balisé n’est pas représenté sur la carte IGN. Il est vrai que moraines, éboulis fuyants, petits passages rocheux, névés, couloir (que l’on ne franchit pas dans cette randonnée) du versant italien, très raide et équipé d’une corde fixe, risquent de déconcerter les habitués des "GR tranquilles".

Une alternative

Approche

  • Possibilité de monter à VTT jusqu’au rognon rocheux au terminus de la piste. Soit 9 km aller-retour.

Ascension

Suivre la piste jusqu’à son terminus à 2100 mètres d’altitude, en traversant le hameau d’Avérole.

  • Plusieurs petits raccourcis sont possibles, mais difficiles à repérer à la frontale.
  • A VTT, de nuit, il vaut mieux suivre la piste qui contourne le hameau par le nord

Au terminus de la route, prendre le sentier qui monte au refuge.

On arrive à une bifurcation. Prendre le sentier de gauche, "sentier facile", plus direct.

On arrive à une nouvelle bifurcation. A droite, le sentier mène au refuge. Prendre à gauche, plein est.

Remonter le sentier balisé blanc/rouge. On franchit plusieurs ruisseaux.

Le dernier, vers 2600 mètres d’altitude peut être délicat à franchir si les berges sont verglacées.

Après le franchissement du ruisseau, le sentier monte sur le fil d’une moraine jusqu’à son sommet.

On traverse ensuite le "Clapier Blanc", vaste zone de blocs moins raides.

On arrive dans un vaste cirque sous la pointe des Audras. La pointe du Colerin et l’Albaron sont visibles au nord.

On aperçoit le col des Audras derrière un petit vallon.

Traverser le cirque plein nord pour atteindre une côte rocheuse dans le prolongement du col des Audras.

  • Cette partie peut, selon la saison ou les années, être recouverte de neige.

Traverser le col des Audras, reliquat du glacier d’Entre deux Ris (parfois appelé glacier des Audras).

Le sentier remonte sous la pointe des Audras, puis il redescend sur le passage du Colerin.

  • Côté italien, ce passage se présente sous la forme d’un raide couloir terreux, haut d’une centaine de mètres, sécurisé par une corde fixe.

Le passage du Colerin est dominé par l’antécime de la pointe éponyme qui n’est pas visible.

Remonter la face sud-ouest de cette antécime, nombreuses sentes, plus ou moins bonnes.

En arrivant vers le sommet, on se rapproche de l’arête à gauche.

De l’antécime, suivre l’arête peu inclinée.

On arrive au passage de la dalle horizontale.

La première partie est facile et se franchit en adhérence.

La seconde partie est un peu plus inclinée, un peu plus aérienne et se franchit par appuis sur de petites prises de pied (écaillage de la dalle).

La troisième partie est parfaitement lisse et se franchit par adhérence, face au rocher, en tenant le rebord de l’arête qui est, à cet endroit, en "lame de couteau".

La quatrième partie est facile est se franchit par appui sur de petites prises de pied.

Le sommet se gagne facilement par des petits ressauts rocheux.

Statue de la Vierge au sommet et magnifique panorama.

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Par le même itinéraire.

Le lac des Pareis

Ce lac glaciaire, né du retrait du glacier des Grandes Pareis, n’est pas nommé sur la carte IGN.

Au sommet du Clapier Blanc, avant de redescendre sur la moraine, le lac est visible et s’atteint par un parcours hors sentier. Gros cairn sur un rocher.

Situé à 3020 mètres d’altitude, et longtemps gelé, il est magnifique.

Ascension du 14 août 2013

5h30 du matin, je claque la portière de ma voiture, je fixe mon phare sur la tête et je m’élance dans la nuit .

Mon phare, c’est une frontale. Mais comme je suis à VTT, elle me sert de phare.

Le VTT ne va pas me faire gagner beaucoup de temps à la montée. Le sac est lourd avec le piolet et les crampons. Chaussé en "grosses", ce n’est pas non plus l’idéal. Le bénéfice du VTT sera surtout sensible à la descente.

Le but de l’ascension est de gravir la pointe des Audras et, si possible, de voir plus loin. En 2012, sur les conseils de JMT, j’avais gravi la pointe de Tierce et j’avais vu deux cordées qui progressaient rapidement entre la pointe du Colerin et l’Albaron.

J’arrive au terminus de la piste dans la grisaille du jour naissant. Le ciel est couvert, mais ce n’est que du brouillard.

Bientôt, je perce la couche et je peux admirer le Charbonnel flottant majestueusement au-dessus de la brume.

J’arrive au pied d’une moraine antipathique. Mais pour l’atteindre, il faut traverser un ruisseau d’une cinquantaine de centimètres de large ou un peu plus. Les berges sont verglacées. Il faut donc chercher un passage plus étroit.

Après la pénible moraine, et le Clapier Blanc, j’arrive dans un vaste cirque tout enneigé et le sentier disparaît.

Par où faut-il passer ?

La pointe des Audras étant bien visible, je remonte un couloir de blocs, puis une pente morainique, glissante au possible, mais fort heureusement courte.

J’arrive à une brèche entre la pointe des Audras et les dents du Colerin. La brume monte déjà de l’Italie au pied de la grande Ciamarella. Le spectacle est grandiose mais je préférerais des nuages plus lointains.

Une sente mène rapidement à la pointe des Audras. Quelques photos et je prends de suite la bonne sente qui mène au passage du Colerin.

Plusieurs sentes remonte la face sud-est de l’antécime de la pointe du Colerin. Il est déjà 10h15.

Je remonte la pente d’éboulis en pleine chaleur et j’arrive sur l’arête horizontale. Après avoir contourné un ressaut rocheux, j’arrive vers la dalle. Je la franchis sans me poser de questions, le passage est aérien et magnifique. C’est en me retournant que que ce passage m’apparait quand même un peu exposé.

Quelques ressauts rocheux amusants et je suis au sommet de la Pointe du Colerin.

Une statue de la vierge regarde la grande Ciamarella.

Après avoir contemplé le magnifique panorama, bien qu’un peu occulté par les vapeurs montantes, mon regard se fixe sur l’Albaron.

Une arête facile me sépare de la Selle d’Albaron (en fait, le véritable nom est la Selle des Evettes). De la Selle au sommet, l’itinéraire est connu et ne présente pas de difficulté.

J’estime l’aller-retour à 2 heures, pause sommitale non comprise.

Il est déjà 11h15. Les brumes montent de l’Italie mais aussi de la vallée d’Avérole. La météo n’a pas prévu d’orages.

Après un dilemme intérieur, je décide de jouer la prudence et je renonce à l’Albaron.

Je franchis sans problème le passage de la dalle et je redescends la pente d’éboulis.

Et je commence à gamberger. Je viens de frôler l’un des sommets majeurs de la Haute-Maurienne. J’essaie de me consoler et de ne pas être trop déçu. L’Albaron, je l’ai déjà gravi par les Evettes. La pointe des Audras et celle du Colerin, deux "3000" dans la journée, c’est déjà bien. Une randonnée culminant à 3475 mètres d’altitude, c’est magnifique. Une dénivelée de plus de 1700 mètres, c’est bien assez.

Mais rien à faire.

J’ENRAGE !

"J’AVAIS FAIT LE PLUS DUR, M...E" !!!

A la descente, le tracé du sentier recouvert de neige est plus facile à deviner.

Je vais faire ma pause casse-croûte au bord du lac des Pareis.

Presque entièrement gelé, il est magnifique avec ses couleurs où le blanc se marie à l’émeraude.

La descente sur le refuge va se faire lentement sur ces moraines qui ne sont pas tendres avec mes vielles articulations.

Une petite pause nostalgique au refuge en contemplant la splendeur de l’Arbéron, magnifique ascension, à moitié improvisée.

J’arrive sur la piste et je retrouve mon VTT.

Après une courte remontée, je traverse le hameau d’Avérole.

J’arrive sur la route asphaltée. Je mets le grand plateau et je me laisse griser par la descente, les courbes de la route, les caresses de l’air sur le visage.

La descente me prend moins d’un quart d’heure. J’arrive au parking avec un grand sourire.

J’ai oublié l’Albaron !

Mais est-ce bien certain ?

Le Jedi ne prépare-t-il pas déjà son retour ?

Lui-même ne le sait peut-être pas encore.

Dernière modification : 16 mai 2018

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