Pointe du Gros Caval (3285m) et Ouille Noire (3357m), boucle des 3 cols (Pers, Montet, Ouille Noire)

Difficulté :
Alpinisme F
Dénivelé :
1220m
Durée :
1 jour

Cette randonnée à cheval sur la Haute Maurienne et la Haute Tarentaise permet l'ascension de 2 sommets et le franchissement de 3 cols à plus de 3000 mètres, dans une ambiance très minérale mais au final assez variée (glaciers, lacs, arêtes). Orientation et recherche d'itinéraire sur la longue portion hors sentier allant du Col Pers au Col de l'Ouille Noire, donnent à ce parcours un petit goût d'aventure. – Auteur :

Accès

Rejoindre le Col de l’Iseran (D902) via Val-d’Isère ou Bonneval-sur-Arc. Au col, prendre la petite route qui mène au lac de Céma et se parquer à proximité (2748m).

Itinéraire

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Carnet de route

  • Carte : IGN TOP25 3633ET Tignes - Val-d’Isère
  • Altitude de départ : 2748m
  • Altitude des sommets : 3285m et 3357m
  • Altitude du point bas : 2703m
  • Dénivelé cumulé : 1220m
  • Distance : 14,5km
  • Matériel : crampons, piolet
  • Balisage : aucun
    • sente cairnée du départ jusqu’au Col Pers
    • long hors sentier, du Col Pers au Col de l’Ouille Noire
    • sente cairnée du Col de l’Ouille Noire au sommet de l’Ouille Noire, puis lors de la descente jusqu’au ruisseau de la Reculaz, bon sentier pour le retour au lac de Céma

Difficultés

  • Col Pers : raide début de descente sur un pierrier instable (côté Haute Tarentaise).
  • Glacier Pers (branche est) : petit glacier facile et peu crevassé, la sortie du glacier est par contre très délicate.
  • Arête est-sud-est de la Pointe du Gros Caval : aérienne avec 2 ressauts délicats.
  • Col du Montet : descente dans un étroit et raide couloir (côté Haute Maurienne).
  • Traversée du lac du Montet au col de l’Ouille Noire : long cheminement avec recherche d’itinéraire, quelques pas d’escalade faciles.

Pointe du Gros Caval par le col Pers et la branche Est du glacier Pers

Du lac de Céma, emprunter le chemin ascendant qui mène à la gare d’arrivée de la télécabine du vallon de l’Iseran.

Au bout de 250 mètres, bifurquer à droite et parcourir la sente en faux-plat qui passe au pied des parois du Signal de l’Iseran et en amont du lac de Céma.

Une fois la rive droite du ruisseau de Pers atteinte, la sente s’élève franchement le long du ruisseau, suit la crête d’une moraine (cairns) pour arriver au Col Pers (3009m).

Le Col Pers se caractérise par une bande de cargneules (roche calcaire de couleur ocre) et des panneaux indiquant la limite du domaine skiable balisé (saison hivernale).

Passer le col pour basculer sur le versant Haute Tarentaise et effectuer une descente plein nord en visant le petit lac (2885m) situé au pied du glacier du Col Pers.

Le début de cette descente est raide sur un pierrier très instable. Face à la pente, rester plutôt sur la gauche. Ou bien, possibilité de cramponner pour tracer au plus court sur ce qu’il subsiste de ce glacier en perdition.

À partir du lac, engager une longue traversée vers l’est, sur un terrain minéral (éboulis, moraines, dalles) entrecoupé de névés et plaques de glace.

Cette traversée se déroule en 2 parties :

  • Une première partie plus ou moins à niveau (entre les altitudes 2880m et 2920m) jusqu’à l’arête du Rocher du Léchoir. Cette arête orientée nord-sud doit être franchie en son point faible, vers l’altitude 2900m (petit ressaut).
  • Une seconde partie, légèrement descendante, mène sur un replat à l’altitude 2830m environ. Reprendre ensuite la montée, via d’anciennes moraines, afin de contourner par la gauche les barres rocheuses qui défendent l’accès au glacier Pers (branche est).

Après cramponnage sur le front du glacier, gravir ce dernier en restant bien sur la rive droite (donc à gauche). La pente est modérée, avec seulement quelques petites crevasses apparentes.

Pour quitter le glacier, ça se corse ! La sortie doit s’effectuer sur la gauche, à hauteur de la rimaye du glacier. Remonter au mieux la très raide pente d’éboulis croulants (20 mètres assez scabreux) en cherchant autant que possible les zones rocheuses pour s’agripper.

  • Remarque : la topographie en amont du glacier peut légèrement varier d’une année sur l’autre et tout au long de la période estivale. Lors de cette randonnée, la liaison entre le glacier et les pentes d’éboulis ne pouvait s’effectuer que par une étroite corniche. Avec l’amincissement inéluctable du glacier, la sortie du glacier risque d’être de plus en plus problématique à l’avenir. La glace, qui comblait la partie la plus raide des pentes d’éboulis, se retire un peu plus chaque année.

Après ce rude passage, continuer plein est pour gagner l’arête ouest-sud-ouest de la Pointe du Gros Caval. Sans aucune difficulté, suivre le fil de l’arête jusqu’au sommet de la Pointe du Gros Caval (3285m).

Ouille Noire par les cols du Montet et de l’Ouille Noire

Quitter le sommet par son arête est-sud-est, en restant sur le fil. Assez aérienne, cette arête comporte 2 ressauts qui nécessitent un peu de vigilance. L’arête se termine au Col du Montet (3185m), signalé par un important cairn.

Du col, engager à droite la descente d’un étroit et raide couloir (trace) pour revenir en Haute Maurienne. En bas de ce couloir, virer progressivement au sud-ouest et se diriger vers le lac du Montet sur des pentes très modérées.

À l’approche du lac, le terrain est un plus chaotique avec la traversée d’un vaste pierrier de prasinites (chouette, on marche sur de la vieille croûte océanique métamorphisée !).

Contourner le lac du Montet par la gauche (trop raide par la droite) en passant par son déversoir (point coté 2963m).

De l’extrémité sud du lac, reprendre la montée au sud-ouest (dans l’axe de la Pointe du Montet) jusqu’à l’altitude 3050m environ. De visu, repérer au sud une évidente et imposante barre rocheuse. Progresser à altitude constante pour la contourner par la gauche.

  • Remarque : une autre possibilité consiste à contourner cette barre rocheuse par la droite afin de prendre pied sur la branche centrale du glacier du Montet. Cette option a été écartée du fait d’un glacier peu engageant en cette fin août. Cependant, lorsque le glacier est bien bouché en début de saison, le passage sur glacier peut s’avérer préférable et plus confortable.

Après contournement de la barre rocheuse, obliquer sud-sud-ouest pour remonter une vaste zone de dalles couvertes de dépôts morainiques.

En amont, l’Ouille Noire et le Col de l’Ouille Noire sont bien en vue, ce qui permet de garder le bon cap pour la suite du cheminement.

Après les dalles, parcourir un alignement de gradins rocheux tout en prenant progressivement de l’altitude pour se rapprocher de la ligne de crête.

On peut au choix, naviguer sur les névés tardifs entre les gradins ou préférer un peu de grimpette facile en restant autant que possible sur les rochers. Ces derniers se présentent comme des escaliers, les marches sont juste un peu plus hautes !

À la fin de cet alignement de gradins, il faut se trouver à l’altitude 3200m environ.

Le Col de l’Ouille Noire n’est plus bien loin mais une dernière rangée de barres rocheuses en défend l’accès. Gravir alors le couloir situé tout à droite de ces barres rocheuses, assez raide mais très court.

Par des pentes plus douces, atteindre le Col de l’Ouille Noire au niveau du point coté 3254m (le véritable col se situant plus au nord sur la crête, à l’altitude 3229m).

Du col, une bonne sente mène plein sud au sommet de l’Ouille Noire (3357m) avec son superbe panorama sur la Haute Maurienne.

Retour au lac de Céma par le col de l’Ouille Noire et le ruisseau de la Reculaz

Revenir au Col de l’Ouille Noire (point coté 3254m) et prendre à gauche (ouest) la sente très bien marquée au début, un peu moins par la suite mais de fréquents cairns prennent le relai.

À partir de l’altitude 2900m, la pente s’adoucit lors de la traversée d’une petite plaine où s’écoule le ruisseau de la Reculaz.

  • Remarque : de l’altitude 2900m, possibilité d’une courte virée vers des petits lacs en quittant la sente au sud-est. Situés à une distance de 200 mètres, ces lacs peuvent être un prétexte pour une dernière pause rafraîchissante. Suivre ensuite la rive droite du ruisseau pour récupérer la sente au bout de la plaine.

Une fois cette plaine traversée, un bon sentier permet le retour au lac de Céma. Retrouvant la verdure, il longe un moment le ruisseau de la Reculaz qui s’engouffre dans de petites gorges encaissées.

On peut y observer quelques marmites creusées par le débit torrentiel. À voir aussi au bord du sentier, une cascade du ruisseau du Pisaillas (2760m).

Randonnée effectuée le 26 août 2016.

Dernière modification : 20 septembre 2016
Signal de l’Iseran (3237m - 3235m)

A propos

Auteur de ce topo :

Topo publié le 11 septembre 2016

(Avertissements et Droits d'auteur)

Commentaires

  • par Le 20 septembre 2016 à 17h04

    Salut Alexandre, bravo pour ces derniers topos et sorties avec toutes ces belles et nombreuses photos. Chouette coin en tout cas !

  • par Le 20 septembre 2016 à 17h25

    Merci beaucoup Dyn’s, c’est vrai que je l’aime ce coin ! Avec tes topos, je découvre le Dévoluy, notamment.

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