Pointe du Montet (3428m) par l’arête sud

Difficulté :
Alpinisme F
Dénivelé :
728m
Durée :
1 jour
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Le plus haut sommet dominant directement le col de l'Iseran reste peu fréquenté. Mis à part un passage sur un pierrier, c'est une belle ascension avec un bon rocher aux belles couleurs. Le glacier du Grand Pisaillas, lui, est dans un état misérable.

Accès

De la Tarentaise ou de la Haute-Maurienne, monter au col de l’Iseran. Prendre en face du magasin de souvenirs, la petite route qui mène au parking près du lac de Céma et du télésiège de la Cascade.

Itinéraire

Carnet de route

  • Carte : IGN TOP25 3633ET
  • Tracé IGN
  • Altitude de départ : 2750m
  • Point bas : 2700m
  • Distance : environ 8 Km
  • Heure de départ : 6h30
  • Sommet : 9h00
  • Entame de descente : 10h00
  • Retour : 12h00

Matériel

  • piolet, crampons, matériel de sécurité sur glacier

Difficulté

  • glacier peu pentu
  • pente d’éboulis instable pour parvenir sur l’arête
  • quelques pas rocheux faciles sur l’arête. Une cheminée non loin du sommet, mais qui peut se contourner par des vires à gauche

Ascension

Du parking, descendre vers la gare de départ du "Télésiège Cascade Express".

Passer sous le télésiège, et gagner le rebord du petit plateau herbeux à l’est.

Descendre dans le vallon pour longer le ruisseau de la Reculaz. On passe sous une barre rocheuse, franchie par la cascade du Grand Pisaillas.

Quand la barre rocheuse s’interrompt, prendre à gauche, une sente dans les éboulis, qui monte en direction du col de l’Ouille Noire, cairns.

Au niveau du haut de la barre rocheuse, laisser à droite la direction du col de l’Ouille Noire, pour se diriger à gauche et atteindre la rive gauche de la branche sud du glacier du Grand Pisaillas.

Longer, par les éboulis de la rive gauche, la partie inférieure du glacier.

Prendre pied sur celui-ci quand la pente s’atténue et traverser en oblique vers la gauche en direction de la Pointe du Montet.

Quitter le glacier avant le chaos de glace, de blocs rocheux et de terre, pour prendre pied sur la pente d’éboulis entre le glacier et l’arête sud de la Pointe du Montet.

Remonter aux mieux cette pente d’éboulis fins et instable, en traversant vers la gauche, pour trouver une zone où des blocs rocheux sont enchâssés dans les éboulis et vont faciliter la progression.

Monter alors directement sur l’arête.

Suivre l’arête, d’abord presque horizontale et qui va se redresser peu à peu, en évitant certains ressauts rocheux par des vires à gauche.

On arrive sous le bloc sommital que l’on remonte par de petits ressauts rocheux, jusqu’au pied d’une cheminée, haute d’une dizaine de mètres.

On peut soit la contourner par des vires à gauche, soit l’escalader directement, II, bon rocher.

Gagner ensuite, facilement, le sommet.

Magnifique panorama sur tous les glaciers de la Haute-Maurienne frontalière, les principaux sommets de Vanoise, le Mont-Blanc, la Grande Sassière, le Grand Paradis, les Ecrins, les Grandes Jorasses, le Grand Combin, le Cervin, le Mont Rose, le Mont Viso, le Rochemelon etc.

Descente

Du sommet, redescendre par le même itinéraire jusqu’à la partie horizontale de l’arête.

On domine le pierrier qui est sur la droite, versant glacier du Grand Pisaillas. Prendre une trace qui descend dans le pierrier vers la gauche, sud-est, puis qui effectue un lacet et revient sur la droite, nord-ouest.

Cette trace ce perd dans un vallonnement. Descendre ce vallonnement, en direction du glacier, en passant entre deux petites barres rocheuses.

Prendre pied sur le glacier, qui est, à cet endroit, en train de s’enfouir sous les débris.

Traverser en direction de la nervure d’éboulis qui sépare désormais le glacier du Grand Pisaillas en une branche sud et une branche nord.

Descendre par ces éboulis jusqu’au front du glacier.

Traverser au mieux, vers la droite, sous le front du glacier, en direction de la gare d’arrivée du "Télésiège Cascade Express". Traversée descendante puis, presque horizontale.

Après la gare du télésiège, passer sous un nouveau lac glaciaire, puis se diriger vers la départ du "Téléski du Montet".

A ce niveau, on trouve une piste 4x4, d’entretien.

Suivre cette piste jusqu’au lac de Céma.

Variante

On peut bien entendu monter par l’itinéraire décrit à la descente. Dans ce cas, crampons et piolet sont inutiles, sauf en début de saison. L’enneigement est bien visible du col de l’Iseran.

Cet itinéraire est quand même moins intéressant, pas de parcours sur glacier, proximité des remontées mécaniques, même si, dans ce sens, le pierrier est un eu plus facile en raison de la présence des traces. Cependant, il a quand même tendance à descendre un peu.

  • Rappel  : la voie un peu plus difficile de l’arête nord-ouest. Topo ICI.

Panorama

  • Panoramique personnel ICI. Cliquez sur l’image qui s’affiche dans votre navigateur et utilisez la barre de défilement horizontale.

L’ascension

Depuis des années que je fréquente la Haute-Maurienne, je n’ai jamais vu personne au sommet de la Pointe des Montet.

Difficile ? Dangereuse ?

Pourtant, elle est attirante avec son ressaut sommital très redressé.

Le mieux est d’aller voir avec comme solution de repli, l’Ouille Noire.

Le départ est commun avec le sommet précité. Ce n’est que parvenu au niveau du sommet de la barre rocheuse qui supporte le glacier du Grand Pisaillas que les deux itinéraires divergent.

Le bas du glacier est en glace et je le longe par les éboulis de la rive droite.

Il fait chaud, même ici, à 3000 mètres d’altitude, dans un versant ouest plongé dans l’ombre. Nous sommes le 15 août et des orages sont annoncés pour le soir.

Je prends pied sur le glacier du Grand Pisaillas. "Grand" est un bien grand mot pour ce glacier désormais scindé en deux lobes et qui connaît un recul spectaculaire.

Après ma mésaventure du Goléon, j’avance avec la plus grande attention. Cependant, piolet et crampons vont rester sur le sac. Bien qu’il fasse chaud, c’est du moins mon impression, le regel nocturne a été très bon. J’ai même vu, dans les moraines, un petit lac recouvert d’un fine pellicule de glace.

La neige est dure et avec mes bâtons je n’hésite pas à sonder devant moi.

Et puis je quitte le glacier pour prendre pied sur la pente d’éboulis, que je remonte en traversée ascendante de la droite vers la gauche.

Instables, fins, j’avance de 20 cm et je recule 10. Je passe un vrai "mauvais quart d’heure".

Enfin, j’atteins une zone avec de gros blocs enchâssés dans les éboulis et, par eux, je vais gagner l’arête.

Changement d’univers ! Je suis sur une arête pas très large, au Soleil, avec des vires faciles et des passages dans un beau rocher coloré brun-orange.

A l’est, les nuages accrochent les montagnes. Venant d’Italie, comme d’habitude, ils jouent avec la Pointe de la Galise qui apparaît et disparaît tour à tour.

A mes pieds, les glaciers autrefois importants du Grand Pisaillas et du Montet sont dans un état lamentable. Surtout celui du Montet, en versant est, qui était large d’environ 3 Km et qui est scindé en au moins quatre parties faméliques. L’Ouille Noire, qui était recouverte par une petite calotte de glace, ne l’est plus que par quelques lambeaux de glace noire, qui fondent d’autant plus vite que leur couleur est sombre.

Le sommet est très beau. Le final, présente une arête bien redressée dans un beau rocher, très sain. La petite escalade dans la cheminée, en opposition, est un vrai régal.

Sommet aérien, panorama magnifique, altitude respectable, c’est vraiment une ascension à découvrir.

Le Mont Blanc est couronné de nuages. C’est plus que l’âne. Le Cervin est visible, avant d’être absorbé par le gonflement des cumulus puis, le Mont Rose subit le même sort.

Après 1h00 au sommet, je redescends vers la nervure séparant les deux lobes du glacier.

Des lambeaux de glacier sont en train de s’enfouir sous les blocs, les éboulis et la terre. Je fais une rencontre insolite : une chaise en plastique orange vif. Beaucoup plus haut que la plus haute des remontées mécaniques, elle a sans doute été apportée par le vent.

Un instant plus tard, je vois un madrier d’environ 40 cm de section et de deux mètres de long. Difficile d’accuser le vent dans ce cas particulier.

Plus je me rapproche des remontées mécaniques et plus les éboulis ressemblent à un dépotoir. Merci Val d’Isère et vive le ski en station !

Sur le glacier, un énorme tracto-pelle au repos (nous sommes le 15 août, j’ai de la chance). Il est utilisé pour consolider les pylônes du téléski du Montet.

Mais pourquoi s’acharnent-ils ? Le téléski est condamné. Val d’Isère n’en est pas à une remontée près. Qu’ils laissent donc ce glacier agoniser en paix ! Faut-il polluer pour maintenir ce téléski quelques années.

Je m’assois un petit moment sur la table de piquenique près de la gare du télésiège. Et je vois une cordée sur l’arête nord-ouest de la Pointe du Montet. Trois personnes au sommet ce jour. Cela doit être rare.

Vers le départ du téléski, à 3045m, est garé un 4x4 immatriculé en Allemagne. Dedans, deux personnes dorment à poings fermé, en plein soleil et sans doute en pleine chaleur. Il est 11h30.

Le retour par la piste 4x4, n’est pas le plus beau qui soit...

Mais je m’en fous...au sommet, j’en ai pris plein les yeux !

Dernière modification : 16 mai 2018
Signal de l’Iseran (3237m - 3235m)

La carte du topo « Pointe du Montet (3428m) par l’arête sud »

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