Pointe du Ribon (3527m) par la vallée du Ribon

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
1800m
Durée :
1 jour
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Très longue randonnée alpine dans le cadre somptueux du glacier de Rochemelon. L'itinéraire évite le glacier et ne requiert ni matériel ni compétences en alpinisme. La pointe du Ribon n’a ni l'élan de l'Arbéron, ni le caractère aérien de la Levanna, ni l'élégance du Rochemelon, mais elle se situe au cœur d'un univers sauvage de neiges, de glaces et de roches où la végétation est presque inexistante. L'éloignement, l'isolement, en font un vrai "bout du monde". L'utilisation du VTT dans l'interminable vallée du Ribon permet, outre son aspect ludique, de "raccourcir" la course de plusieurs heures.

Accès

Le point de départ se situe à Bessans en Haute Maurienne au parking situé à 1740m, un peu en amont du "Pont du Ribon", panneau vallée du Ribon.

Précisions sur la difficulté

  • Itinéraire pour montagnards
  • Longueur et dénivelée
  • Passages exposés partiellement équipés de cordes fixes dans la barre rocheuse du Gripin
  • Conditions d’enneigement du plateau supérieur pouvant varier considérablement d’une année sur l’autre, névés peu raides
  • Orientation délicate dans le haut du vallon en cas de brouillard
  • La Nebbia peut déborder et arriver très vite
  • L’isolement est à prendre en considération
  • Ne pas oublier "au cas où" qu’il y a un refuge non gardé au sommet du Rochemelon tout proche

Les infos essentielles

  • Carte 1 : IGN TOP25 3633 ET
  • Carte 2 : IGN TOP25 3634 OT (Non indispensable)
  • Altitude départ : 1732m
  • Distance vallée du Ribon (AR) : 19,5km
  • Distance parcourue à VTT (AR) : 17,5km
  • Distance totale (AR) : 28,5km
  • Dénivelée à VTT : 468m
  • Dénivelée totale : 1800m

Matériel

  • Cette randonnée alpine se déroule en partie sur un haut plateau au-dessus de 3000 mètres d’altitude et jusqu’à plus de 3500 mètres
  • Les névés sont présents et d’une importance variable selon les années et l’avancement de la saison, ils sont peu raides, sauf au voisinage de la Selle du Ribon où la raideur est moyenne
    • Des chaussures cramponnables sont conseillées, elles assureront de meilleurs appuis sur la neige
    • Les crampons ne sont pas indispensables sauf si les températures sont exceptionnellement basses
    • Le piolet est conseillé, même s’il ne sert pas

Logistique
Plusieurs solutions

  • Course à la journée, prévoir de partir très tôt, (3h00 en début de saison ou 4h00 à partir de fin août) et de rentrer tard
  • Petites terrasses pour bivouaquer au-dessus de la barre rocheuse du Gripin, sans eau semble-t-il
  • Utilisation de VTT qui raccourcit considérablement la durée de l’approche et encore plus du retour
  • Ascension le 5 août, jour du pèlerinage de Rochemelon, et seul jour de l’année ou la piste est ouverte à la circulation (accessible aux véhicules de tourisme non surbaissés)

Balisage

  • De la moraine au plateau supérieur, balisage points rouges et traits jaunes
  • De la bifurcation avec l’itinéraire de Rochemelon (traits jaunes), points rouges qui cessent à l’entrée du vallon sous la Selle du Ribon
Itinéraire approximatif vu du Mont Tour.
Le glacier, le plateau de pierrailles, la Selle et la Pointe du Ribon.

Itinéraire

Du parking à la moraine

Du parking, remonter la raide piste qui franchit le seuil de la Vallée du Ribon.

Continuer la piste qui passe par l’oratoire Saint-Antoine, l’oratoire Sainte-Anne, point de départ de l’ascension de la Pointe de Tierce, par les hameaux abandonnés de Pierre Grosse de Jaffa et de l’Arcelle terminus de la piste.

Continuer par le sentier qui longe le torrent en rive droite.

On passe sous un promontoire, la Tête, alt. 2322m et on atteint la moraine 1850 à l’altitude de 2280 mètres.

  • Environ 350 mètres avant de passer sous le promontoire de la Tête, situé à gauche, des rochers sont propices pour y abriter les VTT car ensuite, jusqu’à la moraine, le sentier présente des passages peu roulants

De la moraine au sommet

Continuer en prenant la sente cairnée sur la moraine et qui ne correspond pas, pour le début, au sentier surligné de la carte IGN.

Franchir le ruisseau qui descend de l’ancien glacier de l’Arcelle et qui peut être délicat, voire infranchissable, en début de saison à en juger par la hauteur des rochers polis par les eaux.

Après le ruisseau, on traverse horizontalement la barre rocheuse du Gripin par des vires avec un pas avec une petite exposition.

Après la traversée, on remonte des gradins et une cheminée partiellement équipée de cordes fixes.

On débouche sur le plateau supérieur, recouvert de pierrailles et qui domine la gorge du glacier de Rochemelon.

Traverser ce plateau jusqu’à la bifurcation, marques jaunes.

A droite, l’itinéraire du Rochemelon par le glacier est possible, mais il est moins direct pour la pointe du Ribon et nécessite les crampons.

A gauche, pointillés jaunes sur le rocher, points rouges ensuite, une sente cairnée, ascendante, traverse le plateau de pierrailles.

Les névés deviennent de plus en plus présents.

  • Le 06 août 2015, après un mois de juin très chaud et un mois de juillet caniculaire, il restait de très nombreux névés alors même que le glacier était tout en glace sauf sous la crête frontalière

Se diriger vers le petit vallon qui s’ouvre entre la pointe du Ribon et la pointe des Cavales pour atteindre la Selle du Ribon, alt. 3357m, par des pentes de pierrailles ou des névés peu raides.

Remonter la large arête sud (donc plein nord) jusqu’à l’antécime séparée de la pointe Nord par une brèche profonde d’environ 4 mètres.

Désescalader les rochers, raides mais faciles et remonter l’autre versant de la brèche, de même nature.

  • Ce passage est plus impressionnant que difficile et l’exposition est faible.

Du sommet, je suppose que le panorama est conforme aux autres "3500" du secteur, époustouflant. (Exemple : l’Albaron.)

Retour

  • Par le même itinéraire.

Variantes

  • Si le temps est au grand beau, on peut faire un aller-retour vers l’aérienne pointe du Fort, au sud-ouest
  • On peut également faire l’ascension de la pointe des Cavales, descendre par des éboulis sur le glacier de Rochemelon et revenir par la voie normale française de la mythique montagne
  • On peut aussi gagner le sommet de Rochemelon et passer la nuit dans le petit refuge
    • Dans ce cas, l’atteindre assez tôt pour aérer le local, les matelas et les couvertures
    • Petit bémol, pas d’eau à proximité
    • Pour plus d’informations, voir le site de nos amis de Refuge.info
    • En cas de beau temps, coucher et lever de Soleil extraordinaires

Photographies de la vallée du Ribon

La sortie du 06 août 2015

Le 05 août, jour du pèlerinage de Rochemelon, il faisait grand beau. J’aurais pu monter en voiture jusqu’aux chalets de l’Arcelle puisque ce jour et ce jour seulement, l’accès de la vallée est autorisé aux véhicules.

Mais cela ne me plaisait pas. J’avais l’impression que la course en serait tronquée. La météo annonçant du beau temps pour le 6, je ferai donc l’ascension ce jour-là en avec une "approche VTT" plus puriste.

Il faut savoir qu’en Haute-Maurienne, les Offices du Tourisme affichent le bulletin montagne de Météo France de 7h00.
A 7h00, les montagnards sont partis depuis longtemps. De plus les OT ouvrent à 9H00. Le temps que ce petit monde arrive, s’installe, démarrent les ordinateurs et les imprimantes, imprime le bulletin météo, l’affiche...ridicule ! Je pars donc avec une météo "vieille" de presque 24 heures.

Je commence l’ascension du raide seuil de la vallée du Ribon, à la frontale, en toute confiance et en poussant le VTT sur le premier kilomètre car la pente avoisine les 20% et mon sac est bien lourd avec le piolet et les crampons pour le glacier.

A la hauteur de l’oratoire Sainte-Anne, la séance de poussage est terminée, je monte sur le VTT et je fonce vers les chalets de l’Arcelle.

Le jour se lève peu à peu avec de belles couleurs. Mais se sont des nuages qui sont colorés, des nuages qui semblent gonfler et cela ne me plaît pas, mais alors, pas du tout car ils rassemblent à des cumulus. Je rage contre cet affichage météo en dépit du bon sens. (Et je ragerai encore plus le soir, une fois rentré, quand je découvrirai que le bulletin annonce de nouveau le grand beau pour le lendemain. Et sans erreur cette fois.)

Après les chalets de l’Arcelle, je continue avec le VTT sur le sentier assez "roulant".

Un peu avant la Tête, au niveau d’un chaos rocheux, je laisse le VTT, la suite étant moins roulante.

La moraine est parcourue à bonne allure. Etrange !
Hier, durant l’ascension du Grand Cocor, j’avais mal aux jambes. Peut-être parce que le sentier du vallon de Prariond attaque directement une pente raide, sans échauffement. Alors que ce jour, je viens de faire plus de 8 Km à VTT.

Je franchis le ruisseau avant la barre rocheuse. Ce franchissement doit être difficile en début de saison.

La traversée de la vire comporte un passage un peu exposé, pas trop. C’est ensuite la cheminée, partiellement équipée de cordes fixes, puis le plateau de pierrailles qui domine le glacier.

Et j’arrive à une bifurcation.
A droite un itinéraire par le glacier. A gauche, un itinéraire par le plateau.
Demi-surprise car, quelques jours plus-tôt, du sommet du Mont Tour, j’avais eu l’impression que l’on pouvait éviter le glacier. Ce qui n’était pas dans mes intentions.
Cependant, ce jour, avec les nuages qui gonflent sur les sommets, l’option "plateau", plus directe devient intéressante. Je précise que je suis parti sans topo, n’ayant trouvé aucune indication sur internet.

Je délaisse donc le glacier et passe par le plateau ce qui va raccourcir l’ascension d’un peu moins de 2 Km. Un peu moins de 4 km pour l’aller-retour. Ce qui n’est pas négligeable car cela ramène la longueur de la course à 28/29 Km au lieu de 32/33 Km.
De ce fait, cette ascension va devenir plus abordable aux montagnards et bons randonneurs qui préfèrent ne pas cramponner. Je vais promener le piolet et les crampons... Mieux vaut les avoir et ne pas s’en servir que ne pas les avoir alors qu’il les faudrait.

Le plateau est long et peu pentu. J’arrive au-dessus de 3000 mètres d’altitude et commence à rencontrer de nombreux névés. Pourtant, c’est une année chaude. Le glacier, lui, est totalement découvert. Sans bassin d’accumulation, ce pauvre glacier est en pleine cure d’amaigrissement.

La sente, contourne un éperon issu du versant ouest de la Pointe du Ribon, continue sur le plateau et remonte un petit vallon qui se dirige vers la Selle du Ribon, entre la pointe homonyme et la Pointe des Cavales.

Toujours de nombreux névés, peu pentus et ramollis en surface.

Selle du Ribon !
L’altitude se fait sentir. J’aurais bien aimé faire l’ascension de la Pointe des Cavales et de l’aérienne Pointe du Fort. Les nuages sont trop nombreux. Comment cela va-t-il évoluer ?
Malgré les cairns, il serait moins simple de retrouver la cheminée, passage obligatoire, avec du brouillard.

L’ascension se fait plus rude, le souffle plus court. Je franchis le dernier névé et arrive à l’antécime. Le sommet est de l’autre côté d’une brèche profonde. Cela à l’air raide, difficile.

Après quelques doutes, je commence la petite désescalade. Raide, certes, mais avec de bonnes prises. La remontée sur l’autre versant est plus facile qu’il n’y paraissait de prime abord.

Je ferme les yeux et je rêve au fantastique panorama d’un sommet sans nuages. J’imagine le Mont Blanc, Les Ecrins, les montagnes du Valais, la vue sur le Piémont et les reflets bleutés de sa mer de nuage habituelle.
J’ouvre les yeux et reviens à la réalité nuageuse. J’aperçois quelques grands sommets de la Haute-Maurienne qui sortent fugitivement des nuages. Rochemelon, lui, reste caché.

L’environnement est désert. Que de la neige, des pierres et des rochers. Pas âme qui vive. Nul randonneur, nul alpiniste, nul animal sauf quelques papillons égarés qui cherchent désespérément à butiner ce qu’ils ne trouveront pas en ces lieux stériles.
C’est sauvage et isolé, c’est grandiose et désolé...c’est beau !
Ce sont les fins fonds des vallons de Haute-Maurienne.
Il n’y a pas d’équivalent en France à pareille altitude.

Je reviens à l’antécime après une facile désescalade suivie d’une petite escalade tout aussi facile. Le passage n’est pas trop exposé.

Je m’octroie une courte pause casse-croûte. Courte car les nuages gonflent sensiblement. De tous les "3500" du secteur, la Pointe du Ribon est la plus dégagée.
La chance au milieu de la malchance.

Retour par le vallon et par le plateau. Cela va plus vite à la descente. Je prends quand même un peu de temps pour observer les jeux d’ombres sur le glacier.

Enfin, retour vers le grand cairn au-dessus de la cheminée. Je vais pouvoir faire une pause plus longue.

Descente de la cheminée, traversée de la barre rocheuse, du ruisseau, descente de la moraine. Les passages se suivent. La fatigue commence à se faire sentir car, malgré les nuages, la chaleur est bien présente.

Le fond du vallon ! Il me reste environ 1,3 Km de faux-plat descendant à parcourir. Je passe sous la Tête et j’arrive au chaos rocheux où je retrouve ma monture. Enfin !

Le sentier est assez "roulant". Une petite remontée pour atteindre la piste des chalets de l’Arcelle.

Un coup de pédale... un autre... et... c’est fini !

Je me laisse glisser jusqu’à Bessans, sans efforts, avec le vent sifflant dans les oreilles et la tête pleine du bonheur d’une ascension projetée, mûrie et réussie.

Dernière modification : 16 mai 2018
Rochemelon (3538m) par la vallée du Ribon

La carte du topo « Pointe du Ribon (3527m) par la vallée du Ribon »

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