Roc de Garnesier ou Tête de la Plainie (2383m) par la face ouest et l’arête nord

Difficulté :
Difficile
Dénivelé :
1150m
Durée :
1 jour
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

C'est l'une des remarquables aiguilles de la Jarjatte, le Roc de Garnesier, ou localement, la Tête de la Plainie, semble inaccessible du fond du vallon. Pourtant un itinéraire confidentiel franchit sa grande face ouest et remonte son arête nord à quelques encablures du sommet... Mais c'est une ascension vertigineuse de tous les instants dans un environnement austère qui attend l'aventurier désirant gravir la belle cime dévoluarde, une des plus sauvages du massif.

Accès

De Grenoble ou Veynes, prendre en direction de Lus-la-Croix-Haute, puis la Jarjatte, remonter la petite route qui parcourt le domaine skiable, s’arrêter au terminus au parking.

Itinéraire

Cartographie

  • Carte IGN : TOP 25 3337 OT Dévoluy - Obiou - Pic de Bure

Données

  • Altitudes :
    • Départ : 1270m
    • Col de Corps : 2105m
    • Roc de Garnesier : 2383m
  • Dénivelé total : 1150m
  • Temps de montée : 3h30/4h

Difficultés

  • Terrain d’aventure sauvage, escarpé et vertigineux.
    • Itinéraire alpin non balisé et hors sentier pour montagnards aguerris.
    • Exposition forte sur de très raides pentes où le moindre faux pas pourrait être fatal.
    • Exposition aux chutes de pierres déclenchées par des chamois dans la traversée de la face (casque conseillé).
    • A ne pratiquer qu’en condition estivale sur terrain sec et par bonne météo.

Approche vers le col de Corps

Du parking, suivre la piste carrossable sur la droite, puis se diriger à gauche vers la piste skiable. La remonter entièrement jusqu’à l’arrivée du téléski, on recoupe alors à plusieurs reprises la piste carrossable.

Prendre en face la piste forestière qui s’infléchit plein sud. Sortir des bois sous les grandes falaises du Roc de Garnesier, repérer aisément la crête qui mène à l’étage supérieur. La piste se finit au pied du ravin de la Plainie, le traverser facilement.

Puis, un sentier discret part sur la gauche. Le remonter, il finit par rentrer dans les bois et atteint la crête. Bifurquer à gauche sur un autre sentier indiqué par un cairn.

Remonter la crête bordant le vallon de Corps, plonger dedans plus haut et rejoindre le col de Corps au plus simple, quelques sentes discrètes subsistent.

L’ascension du Roc de Garnesier

Traversée de la face ouest :

Du col, remonter la petite crête plein nord en direction du versant sud du Roc de Garnesier. A partir d’ici l’ascension devient très sauvage. Lorsque l’on vient buter sur les premières barres rocheuses, prendre à gauche dans les raides pentes du versant sud.

Longer sous les barres et déboucher dans les raides pentes de la face ouest. Se diriger tout droit et traverser au plus simple quelques petits gradins.

Traverser au plus simple le grand plan raidement incliné, le terrain est mi-herbeux mi-caillouteux. Les passages de chamois facilitent la progression bien qu’elle soit très exposée.

Vers la fin de la traversée, les pentes se raccourcissent et on surplombe de très près l’immense falaise. La progression est vertigineuse. On débouche finalement en vue du Grand Ferrand et de la Tête de Vachères.

Remontée vers l’arête nord :

Remonter à droite au plus simple une rampe très raide par de petits gradins, l’exposition est totale et le moindre faux pas peut coûter cher.

Puis, rejoindre par une raide pente l’arête nord du Roc de Garnesier.

L’arête nord jusqu’au sommet :

L’arête nord se remonte sans difficultés jusqu’à un petit épaulement.

L’ambiance est incroyable, on a l’impression que l’empilement des roches peut s’écrouler d’un moment à l’autre, c’est pour cela qu’il ne faut pas trop s’approcher du bord.

De l’épaulement, une courte arête vertigineuse donne accès au sommet et nécessite l’usage des mains.

Retour

Par le même itinéraire, avec une très grande prudence dans la descente...

L’ascension du 4 août 2016

Je viens de passer quelques jours de beau temps mais de travail, et le temps doit se gâter pour mes congés, je n’aurai que la première matinée et le début d’après-midi avec du soleil avant l’arrivée des nuages menaçants prévoyant un orage pour le soir.

J’hésite à réaliser le tour du Roc de Garnesier par les cols des Aiguilles et de Corps ou l’ascension du sommet même...

Au départ du parking de la station de la Jarjatte, vers 7h45, je ne me suis pas encore décidé... Soit je prends le GR en direction du col des Aiguilles ou soit la piste skiable vers le col de Corps et l’ascension du Roc... Je chausse mes grosses et décolle finalement pour la piste de ski...

Assez rapidement, je rejoins le haut du domaine, je suis par la piste forestière et me retrouve, en sortie de forêt, sous les colossales parois du Roc. Je continue jusqu’au ravin de la Plainie qui se traverse aisément. J’entame la montée à la crête bordant le vallon de Corps, et comme à mon habitude je quitte vite le sentier et coupe dré dans la pente.

Je débouche dans le superbe et sauvage vallon de Corps, même pas un vrai sentier qui monte au col, c’est pour dire !

Une fois arrivé au col de Corps, je prends une courte pause, et pars pour l’ascension. Je suis la petite crête menant au versant sud que je remonte pour accéder aux pentes de la face ouest.

Me voilà au début de la traversée de cette raide face mais je ne m’attendais pas à ça... je ne vois pas où passer tout droit. Je remonte alors à main droite la pente pour trouver un passage plus facile mais en vain. J’aperçois un cairn un poil plus haut, et je découvre une belle arche qui donne sur l’arche de l’éperon supérieur du Roc...

Mais c’est un cul-de-sac, et je dois redescendre. Je repère alors un endroit facile à franchir et je poursuis la traversée. C’est raide, même très raide, cela devient même vertigineux avec cet à-pic quelques dizaines de mètres plus bas...

Je regarde trop vers le bas et je suis pris d’hésitations pour la suite, dois-je continuer ? Et si c’est plus dur par la suite... Je dois penser au retour...
Je décide d’y aller pas à pas, et franchis au plus simple le plan incliné de la face ouest en laissant quelques cairns aux points stratégiques. Je reprends confiance, et ça passe plutôt bien ! Vers la fin, les pentes se raccourcissement fortement, c’est vertigineux au possible !

J’arrive en vue du Grand Ferrand et de la Tête de Vachères, remarquable de ce point de vue. Le début de la remontée vers l’arête nord est très raide, puis se désaccentue par la suite, je trouve bien plus aisé cette dernière que la traversée.

Puis, j’atteins l’arête nord du Roc... C’est tout simplement grandiose, les strates calcaires de la face est se présentent comme un vieux mur de briques prêt à s’écrouler...

Je remonte l’arête facilement bien que l’ambiance soit vraiment impressionnante. Je débouche à l’épaulement proche du sommet. Une courte arête m’en sépare, elle est vertigineuse, plein gaz de chaque côté !

Je ne peux m’arrêter là... à dix mètres du sommet du Roc... Je redouble de concentration, et grimpe l’arête en assurant chaque mouvement, chaque pas et chaque prise. Je franchis un dernier petit ressaut et c’est le sommet... Je n’en reviens pas... Je m’élève sur la cime du Roc de Garnesier...

Tant d’heures à te contempler... Des jours, des semaines, des mois à patienter le jour de ton ascension, à observer ta face imposante sous toutes ses coutures, de chaque endroit où tu trônes en maître dans le décor... Et après une rude et vertigineuse grimpée, me voilà à ton sommet... - Je n’y vois pas de victoire car il ne s’agit pas de gagner ou de perdre en montagne, il s’agit d’être intensément présent à chaque pas que l’on fait, porter son attention comme si le merveilleux surgissait à tout instant, c’est ainsi que la beauté de la nature se révèle... - Et ce merveilleux, plus intense que jamais, se dévoile au plus haut point de ta cime... Je n’ai juste qu’à te remercier pour le magnifique cadeau que tu m’offres...

J’ai du mal à vraiment réaliser ce que je viens d’accomplir tant ma concentration reste à son maximum pour la descente, d’ailleurs je ne reste pas longtemps au sommet, je redescends sur l’épaulement pour prendre une brève pause.

Puis, j’entame la descente de l’arête nord, le cheminement est impressionnant, on n’y voit même pas à dix, vingt mètres et ce sont les pistes skiables de la Jarjatte qui suivent...

Finalement, la descente sous l’arête et le retour par la traversée de la face ouest se déroule sans encombres, je suis bien plus à l’aise qu’à aller et je rejoins le versant sud donnant sur le col de Corps en une trentaine de minutes seulement.

Court arrêt avant de redescendre sur le col pour observer les vires de la Tête de Garnesier récemment parcourues, puis bonne pause de l’autre côté pour contempler le Roc, gravi aujourd’hui.

J’effectue le retour aux abords du ravin de Corps et observe le raide versant nord-est de Chamousset. Je repère une trace bien visible, c’est là que doit passer le confidentiel itinéraire de l’encoche nord-est...

Retour à la crête, puis au chemin forestier. Repassage sous les falaises du Roc et dans les bois. Le haut du domaine n’est plus très loin, la piste de ski non plus. Et, c’est vers 14h00 que je conclus cette majestueuse ascension. Encore un très beau rêve réalisé !

Dernière modification : 16 mai 2018

La carte du topo « Roc de Garnesier ou Tête de la Plainie (2383m) par la face ouest et l’arête nord »

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