Tamang Heritage Trek - Vallée du Langtang

Difficulté
Moyenne
Dénivelé
Non renseigné
Durée
3 jours et plus
Localiser le sommet

Avertissements et Droits d'auteur

Un trek moins célèbre que ceux des Annapurnas ou de l’Everest mais les paysages restent tout aussi grandioses avec ses nombreux petits villages ruraux et ses sentiers moins fréquentés. Il avait été ouvert depuis peu aux touristes mais malheureusement le séisme de 2015 a anéanti une bonne partie de son itinéraire. Petit hommage au Tamang Heritage Trek...

Accès

Le départ du trek est à plus de 130 km au nord de Katmandou, soit…. 7/8h de bus ! Cela donne un avant goût de l’état de la route (et du bus).

La route est en effet aussi large que le bus, sinueuse et rocailleuse à flanc de falaise. Heureusement la beauté du paysage donne un aperçu de ce qui m’attendra pour la suite...

Itinéraire

Quelques infos pratiques :

  • Permis de trek (TIMS) et droit d’entrée : Un petit tour au bureau des permis (Nepal Tourism Board) pour obtenir le TIMS et régler les frais d’entrée du parc étaient des formalités indispensables pour entrer dans le parc national du Langtang. La carte devait pouvoir être présentée tout le long du parcours. 
  • Argent : Il faut prévoir suffisamment d’argent liquide pour toute la durée de la rando, car il n’y a pas de distributeur de billets et les repas sont beaucoup plus chers qu’à Katmandou, les prix variant en fonction de l’altitude. Difficile de donner un prix exact, mais sachez qu’en comptant 10 à 15€ par personne/jour vous aurez trois repas chauds et un toit.
    Quant a l’eau, il est possible dans toutes les guesthouses ou lodges de remplir sa gourde avec de l’eau de montagne, sans oublier par précaution d’y mettre une pastille de désinfection (micropur).

La majorité des résidents de cette région est Tamang. Ce peuple est un des nombreux groupes ethniques du Népal. Leur culture est très proche des cultures tibétaine et sherpa.

Vendredi 25/04/2014

J’arrive à Katmandou après un vol un peu difficile.
Les semaines avant le départ ont été tumultueuses. J’aurais dû partir à 2, finalement je suis seule, soucis de santé... J’ai longuement hésité pour prendre le départ.

J’avais 5 jours à passer seule dans la capitale népalaise avant d’être pris en charge par le guide et le porteur (2 hommes que pour moi, cela pouvait être motivant...), j’avais peur, tout simplement peur.
Un gars de l’agence m’attend à la sortie de l’aéroport... je suis si soulagée de voir mon nom sur son panneau. On rejoint le centre-ville en taxi. Mes premières images de ce pays sont vraiment négatives : une circulation dense, du bruit, des klaxons qui n’arrêtent pas, la pollution, beaucoup de personnes portent des masques, des maisons effondrées... je me demande ce que je fais là.

J’arrive à l’hôtel situé à Thamel dans le quartier touristique, je retire de l’argent, achète de l’eau et me retrouve dans cette chambre plus que bruyante. Plus de lumière d’un seul coup, ma porte qui ne veut plus s’ouvrir, j’ai l’impression de vivre un cauchemar. J’arrive enfin à sortir, adresse un « hello » à ma voisine de chambre qui me répond avec un « bonsoir ». Cette salutation fera tout basculer... on partagera ensuite un thé, un repas, une 1ère journée dans la capitale qui m’apparaît sous un nouveau jour et surtout une amitié. Mon séjour au pays du sourire commence.

Tout s’enchaîne alors très vite. Ash mon guide passe le soir faire connaissance. Finalement il me propose de faire le guide touristique avant notre départ pour le trek. Son seul moyen de locomotion est une moto. Il paraît gêné, moi je suis aux anges !

3 jours de rêve s’enchaînent. Je visite les sites principaux : le temple de Swayambunath, Bhaktapur, ancienne capitale royale, Patan, la stûpa de Bodnath, lieu le plus important de pèlerinage de la vallée, Pashupatinath ou ont lieu les crémations, Dubar Square... on mange chez lui ou dans des « boui-boui » locaux... je suis en même temps touriste et membre à part entière de cette communauté népalaise.
Le sourire ne me quitte déjà plus, je me sens déjà si bien.

Katmandou - Gatlang

On quitte la capitale en jeep pour une longue journée de route. La circulation est dense à la sortie de la ville. La vallée se révèle petit à petit. Mes « hommes » dorment ...impossible pour moi. J’ai envie de profiter du paysage. Les routes se rétrécissent progressivement, les ornières sont de plus en plus nombreuses ...les accidents sont très fréquents ici.

Les voitures s’arrêtent... il y a eu un éboulement, toute une partie de la falaise est partie emportant notre chemin. Seule solution : traverser à pied et récupérer un autre véhicule de l’autre côté. Il n’y a jamais de problèmes au Népal, on trouve toujours des solutions !
On arrive enfin à bon port en fin de journée sous un ciel un peu maussade.

Thé pour se réchauffer, installation dans nos chambres et nous allons nous balader dans le village à la rencontre de la population. Gatlang est un village rural typique constitué de maisons faites de bois et de pierres. Leur rez-de-chaussée sert d’étable, l’étage est réservé à la famille avec petit balcon et fenêtres en bois sculptées, le toit est en ardoise ce qui donne un certain charme à ce lieu. Ash s’arrête souvent pour discuter. J’échange des sourires, prend des photos, mon immersion au Népal se poursuit.

Gatlang (2238m) - Tatopani (2607m)

On dit au revoir à Gatlang et prenons le chemin pour descendre dans la vallée

Après un long sentier bordé de chortens (forme tibétaine des stupas bouddhiques), on fera une pause au bord d’une rivière avant de traverser Chilime puis entamer la partie hard de la journée. Nous arrivons à Tatopani qui signifie « eau chaude ». Quel plaisir de s’y tremper même si on en ressort sûrement plus sale qu’en arrivant (eau très chargée en boue). Nous y rencontrons les locaux qui viennent se laver et se relaxer.

J’en profite après pour faire une balade seule dans le village et commencer à distribuer mes petits cadeaux. J’ai pris 2 sacs à dos. 1 petit pour moi et un gros pour les Népalais et pour le porteur !
Mes amis m’ont donné des habits, des peluches, des jouets...

Un groupe de femmes est réuni, je m’invite... les enfants auront vite des nouveaux bonnets... les filles de nouveau bijoux... une jeune fille m’invite à boire le thé chez elle. Elle m’explique qu’elle faisait des études à Katmandou, que la personne qui l’a parrainait avait arrêté son soutien, que son seul espoir de s’en sortir s’était effondré ce jour-là...

Je rentre au lodge, Ash me cherche depuis un moment, il est inquiet, moi j’ai la « banane ». Je lui explique mais il ne me croit pas. On retourne chez la fille, les hommes de la famille nous rejoignent, une soirée encore un peu arrosée...

Tatopani (2600) - Nagthali (3165m) - Thuman (2338m)

Nous entamons une nouvelle montée vers notre prochaine destination. Première halte ...une seule habitation dans ce hameau déserté. Un enfant sourit à Ash, je sens qu’il a peur de moi quand il m’aperçoit.
Peut-être la couleur de ma peau. Les hommes font une pause cigarette, j’en profite pour récupérer une petite balle dans mon sac.

Je m’approche du garçon en lui faisant voir la balle et l’invite à me rejoindre pour jouer. Des gestes, des regards pour communiquer. 30 min de jeu inoubliable pour lui comme pour moi.

Arrivés à Nagthali, le temps est incertain. On hésite à rester sur place afin d’aller voir le point de vue à Taruche le lendemain matin ou continuer notre chemin. Nous entamons finalement la descente vers Thuman, un autre village Tamang traditionnel à travers les rhododendrons et les rizières.

Le lodge est presque vide. Après une partie d’osselets avec la famille, je pars visiter le village avec la fille aînée. Nous mangerons dans la cuisine comme des amis de longue date.

Thuman - Briddim (2229m)

La journée s’annonce dure : il faut redescendre au fond d’une vallée pour remonter juste en face.

La descente vers la rivière à travers la forêt de sapin est interminable mais le paysage grandiose. Nous atteignons le pont suspendu au-dessus de la rivière de Bhote Koshi Nadji et terminons la journée par 500m de dénivelé positif.

Grand choix de guesthouses dans le village, nous en choisissons une perchée en haut du village. Après une petite sieste, petit tour dans le village. Ash connaît beaucoup de monde, on s’arrête souvent boire du thé.

Briddim - Lama Hotel (2480m)

Contrairement aux autres étapes, Lama Hotel n’a plus du tout de vie de village. Les habitations sont uniquement pour les touristes ...une dizaine de lodges et 1 épicerie. On commence à remonter la vallée du Langtang.

Lama Hotel- Langtang (3430m)

Le village de Langtang donne son nom à la commune et même à la région. Le village s’étale de 3300m à 3500m.
C’est le hameau principal et le seul vrai village de la vallée, son centre névralgique. Avec de nombreux lodges, des boutiques et une fromagerie.

En remontant à travers les terrasses cultivées, on arrivait tout d’abord aux lodges, les plus grosses maisons, récentes, construites en contrebas du village. Au-dessus, le vieux bourg avec ses ruelles... ce village n’existe plus, il a été complètement dévasté par des avalanches provoquées par le séisme du printemps 2015. (article de presse, Mai 2015)

Langtang – Kyanjing Gompa (3870m)

Dernier village de notre ascension, le village de Kyanjin Gompa à 3800m.
La végétation se fait plus rare, et le paysage devient plus minéral. La montée est douce et heureusement, car le manque d’oxygène ralentit nos mouvements.

Le village est entouré de quelques géants : Kyanji Ri (4779m), Tsergo Ri (4984m), Pargen Dopku (5930m) et Langtang Lirung (7227m). Demain nous iront grimper sur le Cherko ri (4984 m)… si on y arrive !

Cherko Ri (4984m) – Langtang

Dernière étape, but du trek pour beaucoup. Cette ascension du Cherko Ri (ou Tsergo Ri) à 4984m n’est pas une finalité pour moi, mais je suis heureuse de découvrir que le temps est dégagé ce matin.

Nous grimpons relativement facilement et découvrons de plus en plus de sommets enneigés. La pluie de la veille s’est transformée en neige à cette altitude. Une couche de plus en plus importante recouvre le sol. Parfois on s’enfonce entre les cailloux, mais on décide de continuer.

A 50 m du sommet, le chemin est vraiment trop dangereux. Nous décidons de faire demi tour. Ash est embêté... je suis à peine déçue, je ne venais pas au Népal uniquement pour cela.
L’après-midi nous redescendons vers le village de Langtang à 2h de Kyanjin Gompa. 

Retour

Nous avons 2 jours d’avance sur le programme, nous décidons de rejoindre DHUNCHE en passant par Syabru-besi

Le trek est fini, le voyage continue toujours pour moi... On ne revient pas « indemne » du Népal. Ce peuple aux apparences démunies a une richesse intérieure à l’antipode de nos valeurs matérielles. Le monde ne change pas autour de nous mais nous portons un autre regard sur la vie après un séjour dans ce pays.

Une « sorte » de deuxième vie a commencé pour moi... Une deuxième vie doit également recommencer pour ces personnes qui ont presque tout perdu lors du séisme de 2015.
Des initiatives sont prises, individuelles ou collectives... NE LES OUBLIONS PAS, ILS ONT VRAIMENT BESOIN DE NOUS .

Quelques témoignages

« Voyage solidaire au Langtang »
 
Les avalanches provoquées par les séismes du printemps 2015 ont durement touché la vallée du Langtang. Les habitants ont perdu de nombreux proches, leurs maisons et leur principale source de revenus : les trekkeurs.

Parce que la vie continue et que les Langtangpas ont toujours su garder espoir, nous avons décidé de revenir au plus vite dans la région avec un groupe. Bien sur les conditions seront plus difficiles qu’auparavant.

Nous dormirons sous tente, certains sentiers sont abîmés et la plupart des villages sont en ruine. Mais les montagnes et la nature sont toujours aussi belles et grandioses et les sourires, la force et l’hospitalité des Langtangpas toujours bien vivants. Ce voyage promet de vivre des moments intenses nourris de rencontres et d’émotions partagées, d’entraide et de solidarité, d’échanges et d’amitiés, de nature et de simplicité.

La logistique imposée par l’absence de lodges nous permettra de faire travailler de nombreux villageois du Langtang (2 porteurs par participant). En cette période difficile, leur seul moyen de subsistance provient de l’aide humanitaire, il est très important de leur donner la possibilité de gagner leur vie. Vous leur apporterez l’opportunité d’avoir une activité valorisante et de gagner un salaire.

Au-delà du soutien financier, vous leur permettrez aussi de vous accueillir dans leur montagne de continuer à partager leur culture et de faire vivre leur immense sens de l’hospitalité. Vous concrétiserez aussi leur espoir de voir revenir des groupes le plus vite possible dans leur région.

Témoignage d’un trekkeur sur le Tamang Heritage trail 2016 :

« En 5 jours de trek, nous n’avons croisé aucuns touristes. Les quelques touristes qui étaient a Syaphru Besi partaient tous dans la vallée du Langtang. L’immersion est donc totale.

C’est un peu triste pour la région, car les guesthouses abondent dans chacun des villages ou nous sommes passés, mais les touristes n’ont pas encore recommencé à venir après le tremblement de terre. Il est vrai que le séisme a détruit une partie de ce qui faisait le charme de la région (maisons en pierre et toits en bois - beaucoup de toits en tôle maintenant. Les sources chaudes de Tatopani sont taries. Mais il reste toujours beaucoup de choses à voir... }


Ash est toujours guide au Népal... avis aux amateurs.

Annick, Novembre 2016.

NAMASTE !

Dernière modification : 10 décembre 2016