Traversée du Liskamm (4527m) et du Mont Rose (4634m)

Difficulté :
Alpinisme AD
Dénivelé :
1900m
Durée :
2 jours
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Quelque part entre ciel et glace, c’est la plus longue et la plus haute traversée d’arête des Alpes, la course d’alpinisme de tous les superlatifs. Ne pouvant décrire une telle impression d’immensité, je me console à l’évocation de cette citation : " La montagne n’est pas l’infini mais elle le suggère "

Accès

  • Du refuge des Guides du Val d’Ayas
  • De la vallée versant italien.

Dans les deux cas, voir le lien dans le descriptif "L’accès au refuge"

Précisions sur la difficulté

  • Le Liskamm en traversée ouest-est : AD exposée
    Course essentiellement glaciaire. Parcours en crête et présence de corniches.
  • Le Mont Rose arête sud-est : AD
    Course en bon rocher, très sauvage et rarement parcourue. Ressauts et passages aériens, un mixte à plus de 4600m d’altitude !

Matériel pour courses d’alpinisme de niveau AD - Piolet technique et broches à glace recommandés.

Les infos essentielles

Les cartes pour le massif :

  • Carte Suisse 1/50000  : N°284 Mischabel et N°294 Gressoney
  • Carte Italie 1/50000 : N°88 Kompass

Les cartes pour le secteur :

  • Carte Suisse 1/25000 : N°1348 Zermatt et 1368 Teil Zermatt
  • Carte Italie 1/25000 : N°109 Monte Rosa

La traversée en chiffres :

  • Distance parcourue : environ 22km sur deux jours
  • Dénivelée premier jour : 1600m
  • Dénivelée deuxième jour : 300m
  • Points de départ et sommets atteints :
  • Premier jour : départ du refuge Quintino Sella (3585m)
  • Sommets atteints :
    • Liskamm Ouest (4479m)
    • Liskamm Est (4527m)
    • Signalkuppe ou Punta Gnifetti (4554m)
  • Deuxième jour : départ du refuge Margherita (4554m)
  • Sommets atteints :
    • Zumsteinspitze (4563m)
    • Dufourspitze (4634m) - (point culminant du Mont Rose)

Itinéraire

Présentation du Liskamm

La ligne de crête frontalière est composée de deux pointes distinctes, le Liskamm Ouest (4479m) et le Liskamm Est (4527m).
L’arête aérienne qui relie ces sommets s’étire sur plus de trois kilomètres,
surplombant de part et d’autre un immense précipice.

Façonnées par le vent, des corniches de neige suspendues contribuent à l’ambiance et à la réputation de ce parcours engagé.
Sa face nord, une imposante muraille haute de plus de mille mètres, donne à l’ensemble du massif une allure himalayenne.

Présentation du Mont Rose

C’est le deuxième sommet le plus élevé des Alpes (hors satellites).
La Pointe Dufour est le point culminant du massif du Mont Rose, Monte Rosa pour les Italiens, Dufourspitze pour les Suisses.

Sa face sud-est : par son caractère sauvage et sa démesure, ce parcours offre une alternative saisissante à la fastidieuse voie normale. Cependant, cette ascension est plus technique et requiert une parfaite acclimatation à l’altitude.
La nuit précédant ce challenge nous avons pu apprécier le confort du plus haut refuge des Alpes !

La cabane Margherita est campée à 4554m d’altitude sur un éperon rocheux nommé Punta Gnifetti. Elle surplombe la plus vaste paroi des Alpes : La Macugnaga.

Carnet de voyage

Cette aventure s’inscrit dans la réalisation d’une grande traversée au cœur du massif du Mont Rose.
Parmi cette pléiade de grands sommets et de glaciers hors normes, notre choix s’est porté sur une couronne de 4000 où se succèdent : Allalinhorn, Strahlhorn, Breithorn, Castor, Liskamm et Mont Rose.

L’accès au Refuge

  • Nous venions du refuge Guides du Val d’Ayas (ou Lambronecca) après avoir gravi le Castor.
    C’est une course d’alpinisme et l’objet d’un autre topo.
  • Pour ceux qui voudraient gagner le refuge Quintino Sella en partant de la vallée : voici un autre lien en français,.

Description de l’itinéraire, premier jour

  • Refuge Quintino Sella : réveil matinal

Des loupiotes qui s’allument, des chuchotements, des bruits de sac que l’on fouille et le sentiment d’être arraché prématurément des bras de Morphée.

Le refuge est construit sur un petit promontoire rocheux au pied du glacier.

Direction nord-est, remonter le glacier du Felik par une pente assez régulière.

Atteindre un col à 4093m (Felikjoch).

La pente s’accentue sensiblement, suivre une croupe glaciaire jusqu’au point coté 4201m.

Un muret de glace longe la croupe et permet un bon "appui piolet". Des vents tournoyants semblent pulvériser la neige alentour et projettent des cristaux de glace avec une rare violence.

S’élever par une forte pente se terminant par un petit couloir assez raide (40°). De là, rejoindre la première pointe du Liskamm (alt.4479m).

Traverser l’arête neigeuse, ponctuée de quelques ressauts rocheux qu’il faut franchir (très délicat). La prégnance du vide devient plus forte lorsque l’arête s’affine.

Rejoindre une petite selle au point coté 4417m.
Sur le fil de la crête ou en léger dévers, Il convient de rester prudent.
Une pente assez soutenue permet de gagner le point culminant du Liskamm (alt.4527m).

Suspendus sur l’abîme, des balcons de glace aux dimensions peu communes défient les lois de la pesanteur. Ces corniches sont à l’origine de la mauvaise réputation de cette traversée.

La pente est sévère dès l’entame de la descente. Elle s’atténue vers 4300m puis devient presque plate.

Séparant deux facettes immaculées, cette magnifique crête finit par tomber sur le col du Lis ( Lisjoch 4151m).

À plus de 4000m, un choucas tente d’obtenir pitance !
Une petite pause au col, et je peux constater que seulement deux cordées ont choisi de faire cette traversée (nous compris).

Vers l’est, contourner un rempart de glace pour atteindre le Grenzgletscher.

S’élever nord-est, une seule trace de neige assez profonde passe sous la Pointe Parrot en direction du refuge Margherita.

Un îlot au cœur d’une immensité glaciaire d’une beauté ineffable.

Description de l’itinéraire, deuxième jour

  • Cabane Margherita : réveil matinal

Assis sur les marches métalliques du refuge, je m’équipe déjà des crampons.
Aux premières loges d’un spectacle étourdissant, une voûte céleste comme je ne l’avais encore jamais vu... scintillante de myriades d’étoiles
.

Le trajet commence par une descente vers le col Gnifetti (4452m), immédiatement suivie d’une courte montée.

Tremplin pour un belvédère : la pointe Zumstein (4563m) permet de profiter d’un magnifique lever de soleil sur le Mont Rose.

Descendre sur le 4eme col à plus de 4000m de cette traversée, le Grenzsattel (4453m).

  • Rester vigilant, Les corniches sont encore présentes et les crevasses ne sont pas en reste. Visiblement nous serons seuls dans la voie.

Suivre l’arête rocheuse, un mixte où le rocher devient plus sûr.
L’ascension est parfois raide, alternant contour de gendarmes, escalade de dalles verglacées, ressauts rocheux et goulottes.

Une traversée en dévers, entre roche et glace, un itinéraire qui suit sensiblement l’arête dans une ambiance à couper le souffle.

De bonnes prises pour progresser sur une arête sommitale très aérienne, tels des funambules à plus de 4600m d’altitude (bon rocher).

Cette dernière longueur permet de gagner le Sommet du Mont Rose (4634m).

Les premières cordées viennent d’arriver au sommet par la voie normale (ce sera notre itinéraire de descente).

  • La descente : longue et parfois raide :

Suivre le fil de la crête avec quelques ressauts à désescalader. L’arête ouest est rocheuse jusqu’au point coté 4359m (col Sattel).

Obliquer nord-ouest et rejoindre la Satteltole.

Le parcours devient totalement glaciaire (Monte Rosagletscher) et certaines portions sont plus crevassées. Poursuivre, direction ouest, atteindre une moraine vers 3100m et gagner le refuge Monte Rosa-Hütte.

Une courte descente permet de prendre pied sur le glacier (Gornergletscher) que l’on traverse par le nord.

Quitter la glace au Gornerli. S’orienter à l’ouest, un bon sentier remonte à flanc de montagne vers la station de Rotenboden (2815m).

  • Un petit train à crémaillère facilite le retour à Zermatt.

Notes

  • Citation : Pierre Dalloz
  • Il s’agit d’un itinéraire "haute-montagne", ce topo a pour dessein de faire découvrir le massif du mont Rose mais ne peut se substituer aux guides spécialisés qui seraient nécessaires pour cette ascension.
Dernière modification : 17 mai 2018
Le Breithorn sommet ouest (4164m)

La carte du topo « Traversée du Liskamm (4527m) et du Mont Rose (4634m) »

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Periode de turbulences en matière de cartographie (voir actu) !
Si la carte ci-dessous vous parait un peu palichonne, nous vous invitons à la consulter sur OpenStreetMap

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Photos « Traversée du Liskamm (4527m) et du Mont Rose (4634m) »

Du refuge Quintino Sella Le début de la crête : le Cervin et la Dent Blanche coiffés d'un nuage. Un amphithéâtre de glace et de roche Un panorama fascinant. L'autre cordée. Zoom sur les glaciers tourmentés du mont Rose Le sommet du Liskamm Des funambules se jouant du vide La pointe Gnifetti à gauche, la pointe Parrot à droite Le Liskamm et ses balcons suspendus Cabane Margherita Lever de soleil sur le mont Rose Une pause dans la voie Bastion rocheux Etrave de glace façonnée par le vent Au fond, la Zumsteinspitze. Une des plus belles face nord des Alpes...Liskamm Panorama de gauche à droite : Pollux, Breithorn, Cervin et Dent Blanche. Sculpture sur glace L'itinéraire de descente Une pause. Le Valais en toile de fond Dernier regard. Les glaciers du mont Rose Perspective Les géants du Valais. Une vigie bien connue Découverte d'un des panoramas les plus fascinants des Alpes Le Breithorn à l'arrivée Le Trajet (indicatif) En bleu premier jour - En rouge deuxième jour