Une semaine autour du Mont Viso

Difficulté :
Moyenne
Dénivelé :
6219m
Durée :
3 jours et plus
La carte

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Sept jours de rando entre France et Italie, entre Queyras (05) et l'Italie. Un super trek au dessus de 2000 mètres.

Accès

Départ : Hameau de l’Echalp à RISTOLAS (05).

Itinéraire

2 jours en France - 5 jours en Italie - pâturages - pierriers - névés - le Mont Viso en toile de fond.
Et nous ferons connaissance avec "la nebbia", ce brouillard, qui, chaque jour, monte de la vallée du Pô et nous cache fréquemment les sommets.

Date : du 28 juin au 5 juillet 2008.

Avec : Christine et Momo, Annie, Lucile, Lydia et moi.

Carte italienne : MONVISO SAMPEYRE BOBBIO PELLICE n° 106 Valle Varaita - Valle Pô - Valle Pellice

En ce début d’été 2008, nous avons décidé d’effectuer un « Tour du Viso » entre France et Italie.

C’est au sommet du Col du Lautaret que le samedi 28 juin la jonction est faite entre ceux qui arrivent de la Drôme et nous qui arrivons de la Haute-Savoie.

Ne reste qu’à traverser Briançon, gravir l’Izoard, se diriger sur Château Queyras, Ristolas et enfin le terminus au hameau de l’Echalp où nous passerons notre 1ère nuit au Gîte « Le 7 Dégrés Est ».

Une petite promenade pour ce remettre de ce trajet routier, une bonne nuit par-dessus et nous sommes prêts pour un périple d’une semaine, avec étapes à :

  • Rifugio Granero (2377 m) ;
  • Rifugio Giacoletti (2741 m) ;
  • Rifugio Quintino Sella (2640 m) ;
  • Rifugio Bagnour (2025 m) ;
  • Rifugio Vallanta (2450 m) ;
  • Refuge du MontViso (2460 m).

C’est vers 8 h 45 que nous abandonnons nos véhicules pour nous diriger sur le Col Nalbert (2579 m) ou Colle Vittona en italien.

Nous franchissons une première fois la frontière franco-italienne après avoir cherché le cheminement de descente, car, ce n’est pas au col que l’on bascule sur le versant italien mais un peu plus haut (2592 m), à main gauche, à proximité d’une ruine italienne.

A peine passé le col, nous faisons connaissance avec « la nebbia » ce brouillard, qui, chaque jour passé en Italie, nous accompagnera une grande partie de nos journées.

Le chemin est bien balisé. Rapidement nous atteignons le fond de vallée avant de remonter sur le refuge italien terme de notre 1ère étape.
Une bonne nuit avec 21 personnes dans le même dortoir. Quelques sonorités diverses nous font prendre un endormeur.

Au matin de lundi, nous quittons Granero à 7 h 30 après avoir décidé une modification de notre projet. Nous avions en effet programmé l’ascension du Monte Granero (3171 m) en passant par le Passo Seillierino, mais compte tenu de très nombreux névés, nous avons opté pour un itinéraire plus sûr par le Colle Seillière (2851 m) où nous basculons sur le versant français pour descendre jusqu’aux ruines de la bergerie du Grand Vallon (2437 m).

Dès le début de la descente, nous évoluons rapidement dans la verdure bien fleurie à cette époque. Les photographes que nous sommes mitraillent en tout sens.

Ensuite, c’est la montée sur le Colle di Traversette (2950 m), dans un terrain rocailleux, puis sur névé à partir de l’entrée du tunnel. Ce tunnel est impraticable car totalement obstrué par la neige.

Ce trou dans la montagne fut percé pour épargner les derniers lacets du Col de la Traversette aux mules chargées de sel de l’étang de Berre, ainsi que draps, étoffes, meubles. C’est sous Louis XI que le percement eut lieu (1479-1480). Il a une longueur de 75 m pour une hauteur moyenne de 2 m et une largeur de 2,50 m. Nous ne verrons rien de tout cela, ni d’ailleurs des derniers lacets du col sous la neige.

C’est sur le névé et « dré dan l’pentu » que nous atteindrons le col. Versant italien, encore quelques névés modifient le cheminement habituel.

Après avoir passé des ruines militaires et de nombreux rouleaux de barbelés bien rouillés, nous ferons une pause à Pian Mait di Viso (2711 m).

Ce sera ensuite le sympathique chemin du « sentiero del postino » bien équipé d’une corde pour franchir un névé et d’échelons scellés dans la roche pour terminer la descente, ensuite c’est une montée bien raide, d’abord en itinéraire commun avec le lit d’un ruisseau puis sur névé jusqu’au rifugio Giacoletti (2741 m).

Le soir l’orage gronde et lave le ciel.
Pour la nuit, comme la précédente, elle sera égayée par les ronflements d’une partie des 34 occupants du dortoir.

Mardi matin, le réveil sonne à 4 h 45 dans l’espoir d’assister au lever du soleil sur la plaine du Pô depuis le sommet de Rocce Alte (2837 m) juste au dessus du refuge. Espoir déçu, une bande de nuages barrant l’horizon. Nous verrons tout de même les nombreux éclairs déchirants les noirs nuages dans le lointain.

Retour au refuge dans l’attente du p’tit déj et de l’addition. Pas très pressés à ce refuge, car ce n’est qu’à 8 h 15 que nous prenons la direction de Quintino Sella.

Pour cette matinée nous serons bien entourés de nebbia. Quelques gouttes de pluie nous obligent à bâcher les sacs et les gens.

Au refuge, la pluie a cessé. Nous pique niquons au soleil revenu et, sans sacs, nous repartons pour l’ascension du Mozzo Viso (3019 m). Le temps de quelques photos au sommet et c’est le retour de la nebbia. Retour au refuge pour une douche chaude, enfin au début, car pour ma compagne et moi, une fois shampooinés c’est la douche froide, même bien glacée. Fausse manœuvre de notre part ou bien ... Après çà, on est bien ravigoté. Le soir encore un bel orage.

Mercredi, c’est un départ en direction du rifugio Bagnour en passant par le Passo Gallarino (2727 m) et le Passo di San Chiaffredo (2764 m) où nous obliquerons sur notre gauche pour gravir la Punta Malta (2995 m) avant de descendre sur Valle dei Duc par un abominable pierrier.

Heureusement pour nous, la fin de journée s’effectue dans un cadre de verdure idyllique. L’arrivée au lac et refuge de Bagnour est appréciée. Nous prenons place sous la tente mise à notre disposition par les sympathiques tenanciers de ce refuge privé, car le refuge est complet.

Là encore, après le dîner, une promenade digestive est nécessaire. Très bon accueil par ce jeune couple dont le mariage est programmé le W.E suivant.

Après notre descente, de cet abominable pierrier, nous décidons une nouvelle modification à l’étape du lendemain. J’avais initialement prévu de remonter une partie de Valle dei Duc pour bifurquer à main gauche sur le Passo del Ranco (2668 m), mais compte tenu de ce que nous en avons vu, la montée caillouteuse sur le Passo ne nous tente pas.
Nous décidons donc de continuer dans cette belle forêt en descente sur Costa Ciarme avant de remonter le Vallone di Vallanta.

C’est ainsi que le jeudi, en fond de vallée, une surprise nous attend : la Vallanta que nous devons traverser à un fort débit et pas de pont en vue malgré sa présence sur la carte. Ne reste plus qu’à enlever les chaussures et de traverser ce torrent avec, au passage, un massage gratuit des mollets.

La pluie nous rattrape dans la montée sur le refuge Vallenta. Un peu frigorifiés nous déjeunons avec une bonne soupe bien chaude. L’après midi, la météo s’améliorant, nous repartons, sans sac, pour un aller-retour sur le Passo di Vallanta (2811 m) encore bien enneigé.
Après le repas, ce sera un tour du L.tto della Bealera Founsa toujours pour une bonne digestion.

Vendredi matin, nous quittons Vallanta pour notre second 3000 de la semaine : Monte Losetta ou Pointe Joanne selon le côté de la frontière qui culmine à 3054 m. Pour cela nous empruntons le Passo della Losetta (2872 m).

Au sommet, par un ciel radieux le 360° est magnifique : Aiguilles d’Arves - Mont Blanc - Mont Rose - Viso (bien sur) et bien d’autres cimes anonymes tout du moins pour nous.

Suit un nouveau passage au Passo della Losetta avant de rejoindre le Passo di Soustro ou col de Soustre (2950 m) car c’est par là que nous allons entrer à nouveau en France.

Si la montée côté italien ne pose pas de problème, côté France, le passage est plus délicat. Un névé, bien pentu mais aussi bien gelé est à traverser. Ne reste qu’à tailler des marches avec les pieds et à sortir la corde pour faciliter les passages suivants. Le reste de la descente, en terrain mi-caillouteux, s’effectue en file indienne pour éviter les chutes de pierre.

Plus bas, le vidage des chaussures est nécessaire. A l’approche du refuge du Mont Viso (2460 m) nous évoluons à nouveau dans de verts pâturages.

Petit arrêt au refuge où nous posons les sacs avant un aller retour sur le lac Porcielores (2640 m). Bains de pieds pour certains. Excellent massage des mollets dans cette eau encore bordée de neige.

Le soir, une petite sortie jusqu’aux ruines de la bergerie du Grand Vallon où nous étions passés il y a quelques jours.

Samedi, dernier jour, il ne reste plus qu’à descendre sur le hameau de l’Echalp en suivant le Guil. Que de fleurs tout au long de cette descente. Nous attendrons souvent nos deux « experts » photos qui sont plus souvent à genoux que debout. Pas facile de descendre à genoux, essayez un peu pour voir.

Quelques chiffres :

  • De l’echalp à Granero : D+ 1307 m ; D- 700 m - 5 h 25 ;
  • De Granero à Giacoletti : D+ 1264 m ; D- 969 m - 7 h 00 ;
  • De Giacoletti à Sella : D+ 932 m ; D- 1036 m - 5 h 45 ;
  • De Sella à Bagnour : D+ 605 m ; D- 1138 m - 5 h 55 ;
  • De Bagnour à Vallanta + l’aller retour au col : D+ : 1091 m ; D- 755 m - 7 h 00 ;
  • De Vallanta au Viso + lac : D+ 885 m ; D- 868 m - 5 h 30 ;
  • Du Viso à l’Echalp : D+ 135 m ; D - 787 m - 3 h 35.

Il est à préciser que de nombreux autres itinéraires sont possibles de plus ou moins longues durées.
Personnellement, je me suis documenté avec le bouquin : Tous les Tours du Viso de E. et G. Vallot.
Mon tour n’est pas intégralement décrit dans ce topo, mais il m’a été bien utile pour la préparation de ce trek.

Dernière modification : 16 mai 2018
Le Col de la Traversette (2947m)

La carte du topo « Une semaine autour du Mont Viso »

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