Pelvat de Chabrière (3157m)Sortie du 6 septembre 2017

Sortie réalisée le 6 septembre.

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Pénétrer ces vallons reculés, fouler ces cimes éloignés telles un bout du monde, c'est entrer dans univers sauvage et surprenant suggérant l'infini...

Conditions météo

Ciel voilé puis éclaircies.

Récit de la sortie

Tête de Gandin (3155m) et Pelvat de Chabrière (3157m) en traversée

C’est mon quatrième jour consécutif d’ascension en Ubaye de mon séjour de début septembre. Aujourd’hui, je vise l’enchaînement de deux grands sommets du secteur de Maljasset : la Tête de Gandin et le Pelvat de Chabrière. Départ avant l’aube, je traverse le hameau à la frontale. Après la chapelle, je descends pour traverser l’Ubaye et prendre le sentier en direction du Plan de Parouart par la rive gauche.

L’aube prend place dans le silence matinal. Après la traversée du premier mélézin, les premiers rayons rosissent les nuages. L’atmosphère est des plus saisissantes. Derrière moi, le Pic de Panestrel ne tarde pas à s’enflammer. C’est le début d’une journée qui s’annonce des plus belles ! Je longe le plan de Parouart, puis attaque le ravin de Chabrière par un sentier effectuant quelques lacets dans un bois de mélèzes.

Cela fait un an jour pour jour que je n’avais pas pénétré dans ce vallon, l’un des plus sauvage du secteur. Et encore j’avais coupé court à la bergerie de Chabrière pour rejoindre le couloir accédant au plan de Gandin. J’étais monté à la Tête de Malacoste, puis au Mont Salsa après la traversée de la crête de Mongioia... L’arrivée à la casse des Marchands est donc une première pour moi, bien que je commence à bien connaître le secteur. Le chemin s’insinue parmi de splendides blocs rocheux qui délivre le reculé plan de Chabrière. Ces espaces sauvages ne peuvent qu’instiller un sentiment d’infinitude...

Je découvre l’entrée du vallon de la Bouteille. Une montée sèche et herbeuse m’expédie entre les immenses parois du Pic du Pelvat et du sommet ouest du Pelvat de Chabrière. L’arrivée au replat au pied du cirque montagneux est spectaculaire... Tant de couleurs, de roches différentes... Ce bout du monde de la Haute Ubaye est assurément l’un des plus marquants à visiter !

Après 3h30 de marche, la Tête de Gandin prend place dans le décor. Je remonte les pentes les plus douces pour atteindre le pas homonyme. Ne me reste que l’esthétique arête sud-ouest. Un ressaut se désescalade facilement. S’ensuit du final régulier menant au sommet. De là-haut, c’est la cerise sur le gâteau : un panorama à couper le souffle, un point de vue aiguisé sur le Viso ! Et ces cimes en versant italien, j’irai leurs rendre visite un de ces jours !

Après un peu moins d’une heure passé au sommet, j’entame la descente par l’arête sud en direction du Pelvat de Chabrière, contourne l’antécime puis rejoins la crête face à la brèche de passage. Le terrain se fait plus raide et le cheminement s’escarpe dans l’âpreté du relief. La brèche me dévoile la magnifique arête sommitale. Après un ultime contournement par la face sud, je me dresse au sommet de la montagne. Au nord, la crête frontalière est en proie aux nuages. Le Rubren, le Salsa et le Viso émergent d’une brume éparse.

Je rejoins le haut du vallon de Chabrière après quelques aléas dans la raide face sud. J’avoue avoir perdu les cairns, bien que je n’y portais pas trop attention, fouiné pour trouver une autre descente, m’être retrouvé au pied d’un passage trop escarpé, et enfin remonté sur le bon itinéraire en suivant de près une famille de bouquetins.
Quelle plénitude dégage ce vallon ! Encerclé par la muraille des pointes effilées de Mary et du colossal Pic du Pelvat et ses voisins, il est propice à la contemplation.

Je retrouve plus loin mon itinéraire de montée au pied du vallon de la bouteille, la casse des Marchands puis l’étage inférieur du vallon. En ligne de mire à la descente, le Péouvou s’impose... Je ne le sais pas encore, mais je gravirai la monumentale montagne lors d’une folle ascension au cœur de l’automne... Je retrouve en fond de vallée le plan de Parouart. Encore une petite heure de marche avant de s’offrir une bonne mousse bien méritée au refuge de Maljasset !

Dernière modification : 5 décembre 2017