Sortie du 23 juillet 2018 par bibox Le Taillefer (2857m) en boucle par les Pas de la Vache et de la Mine et par le Col 2619m

De Grenoble, le Taillefer, tellement massif qu'on pourrait le toucher, nous semble faire partie de l'agglomération. Pourtant, une fois dessus, on trouve l'isolement dans la nature que l'on recherche en montagne. Son panorama à 360° permet d'admirer des sommets sublimes, et c'est un euphémisme, mais si on baisse la caméra, on aura aussi une vue unique sur le plateau des lacs avant de les explorer pour finir.

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Conditions météo

Très beau le matin jusqu’à 13h puis beaucoup plus couvert ensuite. J’ai eu quand même le temps de voir tout ce qu’il fallait.

Récit de la sortie

J’ai mis du temps à identifier cette cime pourtant si proche. Étudiant à Grenoble, je ne pouvais que nommer les sommets du massif de la Chartreuse. Celle-là, je l’avais déjà un peu parcourue. J’y passais une partie des vacances scolaires. Mon père nous emmenait faire quelques randonnées. Elle était presque la montagne à elle toute seule.

Le reste, les Alpes étaient encore une vaste étendue de sommets, de cols, de vallées sans beaucoup de repères. Au mieux, le Taillefer faisait partie intégrante du massif de Belledonne. De la vallée de l’Isère, dans le car, s’il m’arrivait de lui prêter attention, c’était pour confondre son gigantesque dôme avec les pistes de ski de Chamrousse !

Ce n’est que quelques années plus tard, lors d’un dimanche après-midi estival et facile au bord du Lac Achard, à deux pas de cette même station, qu’il m’a tapé dans l’œil, pour la première fois. J’ai demandé qu’elle était cette masse en fond. On m’a répondu. J’ai pris note.

Pour un 23 juillet 2018 donc. Il faut vraiment que j’arrête d’inscrire au hasard mes rendez-vous sur l’agenda car ça m’emmène trop loin. J’ai une rando programmée au Mont Blanc, le jeudi 26 juin 2025, je crois.

Ce sommet est dans mes favoris sur ce site depuis mon inscription. Pas trop loin et 2857m d’altitude, tout de même. On est plus haut que l’Obiou, zénith du Dévoluy.

Je suis décidé à faire la boucle royale depuis les chalets de Poursollet. On m’a demandé à l’arrivée pourquoi tout le monde ou presque la réalisait dans le même sens, à savoir en commençant par grimper côté Brouffier. Il me semble, que à la journée, il vaut mieux profiter du plateau des lacs l’après-midi, après les efforts et pouvoir prendre son temps.
Si bivouac, je m’installerai aux lacs pour passer la nuit avant de monter aux premières lueurs le lendemain.

Cette boucle, décrite en détail dans le topo, m’a offert un terrain de jeu bien plus varié que ce à quoi je m’attendais.

Ce que je savais, c’est que dans les hauteurs, le sol serait entièrement minéral, austère. Le massif porte bien son nom et la roche rouge ferrugineuse est omniprésente entre autre conglomérat. Attention, aux petites glissades dans les pierriers ou autres accrochages anodins ; on s’égratigne vite à son contact. Avec les micaschistes, on dit ouïe !

La montée vers le Rocher Culasson (2792m) depuis le col du Grand Van est courte mais pas forcément qu’une partie de plaisir. Son exploration avec prudence car sur crête exposée, reste en revanche très ludique.

Ce que l’on n’apprécie que rarement avec les photos et que l’on réalise réellement au moment où l’on se penche sur la carte, c’est le dénivelé. Surtout dans les passages à moindre intérêt. Pour moi l’ascension commençait au très beau Lac de Brouffier. C’était sans compter sur une approche pentue notamment le premier kilomètre depuis la combe Oursière, abrupte et dans les herbes folles.

On ne se représente pas non plus les volumes. Depuis le Taillefer, je ne voyais pas que la Pyramide en face serait si massive. Et que se serait si plongeant vers le col coté 2619m, entre les deux, plus bas que celui du Grand Van. La remontée vers la Pyramide fut fatigante et à l’arrachée dans les pierriers.
Celle-ci possède un large plateau sommital comme son voisin. Sauf que là, des ami(e)s ( je ne sais pas qui ils ou elles sont ) ont créés un salon canapé-table basse de toutes pièces, en roches ... merci, c’était juste parfait !

Au point culminant de ma sortie, je m’attendais à trouver ce bon Saint Eloi dont je ne savais absolument rien, décidément. C’est toujours l’occasion d’aller faire un tour sur l’encyclopédie pour apprendre qu’il est le patron des forgerons ; que sa croix n’est ni savoyarde ou suisse, ce qui aurait été incongru en Isère, mais catholique.

Il est aussi dit que le Pas de la Mine qui donne accès à la ligne de crête, parfois aérienne mais accessible, vers le Petit Taillefer (2696m) fut nommé en souvenir d’une véritable exploitation de plomb. Bref, dans les parties hautes, les vaches ne viennent pas.

J’ai l’impression de dire ça pour les 3/4 des montagnes que je gravis mais le panorama est impressionnant. Synonymes : renversant, émouvant, éloquent, inimaginable, considérable etc...

Cela faisait tout de même un bail que je n’avais pas contemplé Belledonne Sud comme ça. Une des bonnes surprises de cette rando est que je me suis senti suffisamment à l’écart des vallées. On domine Grenoble mais c’est un point fort qui ne gâche pas la sensation d’évasion dans la nature. On voit l’Alpe d’Huez mais ça pour un cycliste, c’est toujours un plaisir !

Belledonne, les 7 Laux, le Mont Blanc au lointain, les Grandes Rousses avec le Pic de l’Etendard, le Plateau d’Emparis, les Aguilles d’Arves qui se sont fait discrètes, le Grand Galibier, Les Ecrins en majestés, le reste du massif du Taillefer, le Dévoluy, Vercors et Chartreuse pour un tour presque complet.

Mais comme d’habitude, sous tous ses angles, il en est une qui trouve toujours une grâce infinie à mes yeux. Pourquoi avoir inventé Playboy quand on peut admirer la Meije ?

On la voit de partout et aussi du plateau des lacs. Ces derniers, parlons-en. Les contempler depuis le haut est un highlight du parcours, anglicisme couramment utilisé pour parler des meilleures actions sportives. Je n’avais encore jamais admirer une telle perspective. Plongée de cinéma.

Y poser les pieds est une véritable récompense pour le randonneur quelque soit le chemin prit pour les atteindre. Pour moi, ce n’était pas une cerise de luxe sur le gâteau mais bien une portion généreuse malgré le temps couvert. C’était pas si pire et puis du coup les lieux étaient calmes. J’imagine la foule ici par week-ends ensoleillés. Un bon spot de pêche aussi.

J’ai pris le temps de faire un petit tour même si je n’avais plus la force de visiter la partie haute du plateau. J’ai surtout pris le temps de me poser un bon moment au bout du Lac Noir puis du Lac Fourchu.

Mais pour profiter de ces derniers, ce jour là, il fallait d’abord y descendre. Au col 2619m se trouvait un gros névé, pas épais mais assez dur. La combe est orientée nord et comme pour Belledonne, on trouve pas mal de neige tardivement. Pour faire la boucle en randonnée, il faut attendre que les conditions soient bonnes. Les pentes avoisinent souvent du 40-45°.

Le névé descendu même si je n’avais pas peur de me tuer dessus, je ne faisais pas le malin et j’ai fini dans le plus pentu en glissant dans une technique digne du ski télémark avec mes bâtons mais en chaussures seulement. Des sensations.

Il faut alors partir en traversée sous le Taillefer pour rejoindre la descente balisée normale côté col du Grand Van, à travers encore un autre névé que l’on coupe tout droit et de frais petits ruisseaux.

Un vilain nuage gris m’enveloppe et bouche la vue vers les lacs en dessous. C’est encore long et raide avec même un passage limite en désescalade.

Pour finir, je ne savais pas non plus au début de la journée que encore près de 400m de dénivelé séparaient le plateau des lacs et le parking du Poursollet. Je voyais plutôt un bon kilomètre à plat peinard. Tellement d’inattendu et encore j’en passe des vertes et des meilleures, pour faire court.

Dernière modification : 25 juillet 2018

Sensibilisation

Pour une montagne plus propreLe milieu que vous allez traverser durant cette randonnée est fragile. Faites attention à la flore et ne dérangez pas la faune locale. Rapportez vos déchets chez vous et ramassez aussi ceux que vous trouverez. Vous soutiendrez ainsi le mouvement KeepTheMountainsClean

A propos

Auteur de cette sortie :

Randonneur avec de l'alpinisme F à PD dans la tête. J'aime les grandes boucles et les sommets. J'essaye de progresser en géographie alpine.

Randonnée réalisée le 23 juillet 2018

Publiée le 25 juillet 2018

(Avertissements et Droits d'auteur)

Commentaires

  • par Le 25 juillet 2018 à 23h27

    Super récit et superbes photos, comme d"habitude ! Bravo Rémi !

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