L’Aulp du Seuil (1926m) par le pas de Ragris Sortie du 28 septembre 2018

Pour la carte et l’itinéraire détaillé, veuillez consulter le topo

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Conditions météo

Très beau temps, sec.

Récit de la sortie

Il y avait du monde en ce beau vendredi de fin septembre. Au départ du col de Marcieu, un grand groupe avec guide est aussi présent. Après m’être engagé le premier sur le sentier en direction de l’Aulp du seuil, parcouru quelques hectomètres, je tombe sur la même bande d’une vingtaine de personnes qui arrive elle des pistes.

Je continue sur un bon rythme en m’engageant dans la forêt. Arrivé à un croisement repéré sur la carte IGN, je bifurque vers l’est pour pénétrer dans les bois du domaine privé du marquis. Après une légère descente, j’entends de nombreuses voix. Je constate que je suis toujours derrière le même groupe qui a encore pris le chemin le plus court ! Je le traverse de nouveau et récolte quelques indications en échangeant un peu avec ses membres.

Après l’épingle clé, il faut faire encore quelques centaines de mètres avant de couper tout droit et espérer sortir face au passage menant à la Tour. Mais je rattrape un duo père-fils et on décide de quitter le sentier au niveau de la première inscription verte. Ça s’avérera déboucher un peu trop à droite. Je cherche un peu d’entraide avec les deux autres mais apparemment c’est plutôt chacun pour soi. Sous les falaises, je repère ce que je pense être la bonne ouverture, un peu plus au sud et la rejoint grâce à des sentes passées par ceux qui s’étaient aussi égarés.

Pas de doute, c’est le bon passage et la montée est raide et glissante dans l’encoche. Je retrouve encore et toujours le même gang et il me faut faire attention à ne pas leur balancer des pierres, vu la pente. Arrive le court pas d’escalade en IV et exposé dans le dos, sur la corniche. Je le franchi prudemment et en levant les yeux, je réalise qu’elle est déjà là, la Tour Isabelle.

Les autres arriveront dans quelques minutes alors je profite du temps où je l’ai rien que pour moi. Elle n’est plus aussi confidentielle qu’il y a quelques années en arrière. Je passe sous l’arche et contemple les deux grands yeux percés dans la roche, de l’autre côté. C’est un lieu de bal masqué et peut-être que la montagne s’anime, à notre insu, de fêtes enchantées par certaines nuits, dans ce sacré décor. Je reste un moment, passe au-dessus avant de continuer l’ascension en direction des crêtes.

Il faut pour cela encore poser les mains plusieurs fois sur des rochers puis dans deux raides couloirs qui permettent de rejoindre le sangle supérieur après aussi la traversée d’une courte vire gazeuse. C’est aérien mais tellement bon de cheminer dans les falaises. Depuis le début, l’énorme masse blanche du Mont Blanc est omniprésente, au loin, et l’on distingue bien tous sommets de la chaîne de Belledonne, juste en face. Ces passages de vires sont le clou du spectacle dans cet environnement de calcaire gris et d’herbes verdoyantes.

Arrive le passage équipé d’une corde, sous le sommet, au moment de quitter le sangle qui continue vers le cirque de l’Aiguillette et l’Arche Miracle à ne pas confondre avec la Tour. La veille, j’étais à plus de 3700m, à la Grande Sassière, alors je me sens en très grande forme aujourd’hui, à une bien moindre altitude. J’ai à peine réalisé que j’étais déjà en haut ! Le final pour atteindre le relais est assez sympathique à grimper et même vertigineux sur quelques mètres très à l’étroit. Le point de vue est grandiose sur les parois en direction du Grand Manti jusqu’au Granier et du massif des Bauges.

La suite s’ouvre sur le vallon de Marcieu dominé par le col de Bellefont et les Lances de Malissard avec la Dent de Crolles en arrière-plan. Après avoir déjeuné au point culminant de la sortie, je suis le chemin de crête jusqu’au passage de l’Aulp du Seuil et décide de passer sous les clôtures afin de continuer à explorer les bords de falaises vers le sud.

Les montées-descentes alternent alors qu’il faut se frayer un passage entre les arbustes et ne pas se faire piéger par des lapiaz. Arrivé sur le secteur où il n’y a plus de proéminences en bord de plateau mais plus que des pâturages, je me dirige vers le chalet au cœur du vallon où des dizaines de vaches m’attendent, dont un taureau bien échaudé fait plus que mine de me charger. Je me sauve rapidement sur un rocher et heureusement cela suffit à l’animal qui en reste là.

Je suis trop pressé pour aller chercher les inscriptions romaines qui se trouvent à proximité. J’entame le retour tranquille et bucolique vers l’Aulp du Seuil avant une descente très esthétique sur un sentier en lacets bordés de clôtures pour que les bêtes puissent passer en sécurité lors des transhumances. J’adore les tracés en lacets !

Plus bas, un membre du groupe croisé en début de journée, de mon âge, me rejoint en courant et je le suis gaiement à travers les pistes de skis avant de retrouver le parking du col. En me retournant, je contemple les falaises alors que la Tour Percée à moins de secrets pour moi maintenant que je sais où elle se cache dans le décor.

Dernière modification : 7 octobre 2018