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Sortie du 26 octobre 2019 par CourtePatte Sommet du Carton (2614m) par les gorges de Saint-Pierre

Un sommet, des gorges, et toute la gamme des couleurs d'automne. Une dernière balade à l'heure d'été...

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Récit de la sortie

En toute justice, j’aurais dû prendre comme topo de référence celui-ci. Car c’est bien celui qui m’a fait ajouter les Gorges de Saint-Pierre à ma liste de destinations.
Seulement voilà : si, en plus des Gorges de Saint-Pierre, je peux prendre un petit air des sommets, la balade n’en sera que plus riche. Et c’est ainsi que j’ai compulsé les topos pour le Grand Coyer et le Carton. Si je ne trouve pas mon bonheur avec ça... !

Je suis partie de la Halte de Peyresq, sur le Train des Pignes. Et pour ceux qui comme moi apprécient les arrêts de train quasi-oniriques au milieu de nulle part, je recommande l’endroit. Quelques mètres de quai blottis entre la gueule béante d’un tunnel ferroviaire et un petit pont à treillis ; un abri à peine plus grand qu’un confessionnal ; le tout en pleine vallée forestière, sans route ni piste. L’endroit n’est accessible que par le menu sentier qui rallie le village de Peyresq, à deux bonnes heures de marche et 600m de D+.

J’ai lu plus tard que la vallée est célèbre pour ses érables en automne, et je peux témoigner que sa réputation n’est pas usurpée. Les érables y prennent des teintes écarlates extravagantes qui rehaussent encore l’or des autres feuillus, embrasant des pans entiers de la forêt.

Au-dessus du village de Peyresq, je m’élève dans un flanc herbeux ponctué de mélèzes qui n’ont pas encore reçu le message de l’automne. Il est vrai que nous sommes au Sud, et sous les 2000m. Puis c’est l’arrivée au Plan de Rieu, et je suis éblouie par le dépaysement. Roubines crevassées en calcaire désagrégé, prairie d’herbe blonde à reflets de steppe, et au fond les croupes de la chaîne du Coyer.

Mais le temps passe et je commence à douter de pouvoir monter au Coyer, qui était mon sommet de prédilection. Pourtant, comment renoncer à la tentation de découvrir ce qui se cache derrière ces croupes ? Je décide de pousser jusqu’à la Baisse du Détroit pour satisfaire ma curiosité.

Au-dessus du Ravin du Serre, mon Démon Intérieur me susurre "Pourquoi faire ce détour par les Cabanes du Pasquier ? Sûrement tu iras plus vite en montant à vue sur les flancs dénudés du ravin ?" Je lui rétorque que je connais ces "raccourcis évidents" qui m’ont souvent coûté bien cher, et qu’il suffirait d’une ravine sournoise bien accidentée pour me faire perdre toute cette belle économie de temps. Et je poursuis bien sagement en direction des Cabanes.

À la Baisse du Détroit, mes ambitions de vue sont largement satisfaites par le spectacle du plateau de Lignin, ravagé par l’érosion, où deux lacs s’étalent paresseusement ; et par un horizon de sommets franco-italiens enneigés, tous inconnus pour moi.
Seulement, ça serait encore mieux d’un peu plus haut. J’ai renoncé au Coyer. D’ailleurs, sous cet angle je lui vois un flanc noirâtre peu avenant qui ne me donne pas de regret . Par contre, l’épaule herbeuse du Carton, douce et blonde, s’avance comme une jetée d’où l’on doit avoir une vue du tonnerre. En route ! ce sera parfait pour le pique-nique.
Je ne le regretterai pas : non seulement j’y gagne en effet la vue ininterrompue sur la couronne des sommets enneigés, mais le regard plonge vers les vallées voisines, la Frema toute proche, et un enchevêtrement de cimes jusqu’à l’Ubaye. Je retrouve même la Grande Séolane !

Pour la redescente depuis la Baisse du Détroit, me voilà désormais sur l’itinéraire du topo. L’on traverse un dédale de rochers où je vois bien que les calcaires précédents ont pris, sur la partie haute de la montagne, une tournure gréseuse très nette. Par contre, à la Baisse de Mouriès, nouveau dépaysement. Soudain l’on se trouve sur la Lune : toute l’épaule du col est constituée d’un matériau de débris calcaire blanchâtres. De loin ça fait presque dune.
D’ailleurs, c’est tout le plateau qui est construit avec des ruines : pierriers, ravines, gradins rocheux délabrés. Ajoutons les mélèzes, qui ont ici bien pris leurs couleurs automnales, et le plateau prend une ambiance de sérénité extraordinaire. Mais il faut avancer !

J’arrive bientôt au-dessus des Gorges de Saint-Pierre. Qui sont déjà dans l’ombre. Mais à cette saison, y-a-t ’il une seule heure du jour où elles ne sont pas dans l’ombre ? Prenons encore un peu de l’air des hauteurs, et à moi les Gorges.

Disons-le tout net : ces Gorges sont absolument extraordinaires... et je n’y ai pas fait une seule photo dont je sois satisfaite.
Elles sont majestueuses, graphiques, avec parfois des faux airs de paysage chinois ; il y surgit de partout des cascades, des filets, des exsurgences et que sais-je encore. On se demande où le massif tenait toute cette eau ; ça tient de la prestidigitation. Le sentier en balcon est exactement comme je rêvais, suspendu à flanc de muraille entre le torrent bouillonnant et plusieurs centaines de mètres de falaise stratifiée.

C’est formidable, mais si j’y retourne (et j’y retournerai bien volontiers) ce sera après avoir consulté les astres - enfin, l’astre solaire plus exactement - pour déterminer à quelle saison et à quel moment l’on a une chance d’avoir un éclairage décent. À noter qu’un éclairage direct ne doit pas non plus être très favorable : il doit y avoir de ces contre-jours… Bref, en ce qui me concerne, il faut en profiter d’autant plus intensément qu’il ne faudra pas trop compter sur les photos pour la puissance évocatrice du souvenir !

Dernière modification : 7 novembre 2019

Sensibilisation

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A propos

Auteur de cette sortie :

Randonnée réalisée le 26 octobre

Publiée le 7 novembre

(Avertissements et Droits d'auteur)

Commentaires

Afficher les commentaires précédents (3).
  • par Le 8 novembre à 23h40

    Et pourtant....quelles belles photos !
    Ce paysage est fantastique...

  • par Le 9 novembre à 09h07

    Je n’étais pas non plus satisfait de mes photos.
    Peut-être dans la douce lumière du soir car les gorges sont orientées ouest-nord-ouest.
    https://www.altituderando.com/spip.php?page=album-photo&id_rando=854

  • par Le 9 novembre à 14h28

    Pas si sûre pour la lumière du soir...
    Voilà comment je vois le problème : en lumière rasante on a des contrastes atroces ; en éclairage direct le relief est écrasé ; dans l’ombre ça devient lugubre. J’en viens à me demander si l’idéal ne serait pas un éclairage quasi-zénithal mais avec un ciel couvert.

    On pourrait aussi mettre une pancarte à l’entrée "Photographes amateurs, abandonnez toute espérance"...

    Heureusement, le paysage est tellement grandiose qu’il en survit toujours quelque chose !

  • par Le 9 novembre à 17h50

    Les Gorges de Saint Pierre méritent une visite , par contre je confirme la difficulté de restituer en photos la réalité du terrain et surtout prudence en s’approchant du bord

  • par Le 13 novembre à 10h47

    Sacré trotte quand même ! Il est où l’arrêt du train, avant le tunnel sous la Colle Saint Michel ? Comment tu reviens une fois à Beauvezer ?

    En tout cas quelle que soit la saison, ce secteur est magnifique et les photos sont belles.

    Pour info, oui ! le ravin de Serre est un bon raccourci pour la Baisse du Détroit c’est par là qu’on était redescendu du Grand Coyer (mais c’est plus évident à la descente). Quant à la pente sommitale c’est raide mais plus impressionnant de loin que quand on est dedans.

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