Dôme de Neige des Écrins (4015m) Sortie du 12 août 2006

Pour la carte et l’itinéraire détaillé, veuillez consulter le topo

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Le Dôme des Ecrins est le deuxième sommet du massif des Ecrins. Un des 4000m les plus "faciles" mais qui nécessite tout de même un brin d'acclimatation, un bon physique et une maîtrise des techniques glaciaires. Sommet en 2 jours avec une nuit au refuge des Ecrins. Une belle sortie avec les 3 rescapés du Mont Thabor. Que du bonheur et notre premier 4000 !

Conditions météo

Conditions idéales : grand beau temps.

Récit de la sortie

Après une nuit mouvementée sur les bords de la départementale 2041 d’Ailefroide, Accès > Briançon > Vallouise > Prè de Mme Carle

Après une nuit mouvementée sur les bords de la départementale 2041 d’Ailefroide, les 3 rescapés du Mont Thabor sentent monter la pression. Objectif Dôme des écrins, un véritable défi pour cette bande de bras cassés.

Le 4° larron, notre ami François, ayant préféré opérer son acclimatation dans son bureau climatisé de Savoie Technolac rejoint la troupe à 9h05 pétante après plus de 3h de route. Il lâche à son arrivée "Désolé les gars pour le retard ..." , ce qui ne manque pas d’en faire sourire quelques-uns. Pendant que la tente sèche, lamentablement posée sur un parking, la location du matériel s’opère. Puis direction le Pré de Mme Carle 1800m.

Première bonne nouvelle, François à qui notre Cath nationale avait fortement déconseillé de ne partir qu’avec 2 pomelos, a le sac plein comme un oeuf. Les 3 autres pensent, dans un silence qui en dit long, que se taper 1/8 de saucisson à 3 ça va être assez chaud.

Après 2 heures de marche à vive allure et la rencontre de quelques marmottes, petite halte au refuge du glacier blanc (2550 m).

Lio, indomptable même en montagne, adresse régulièrement des "Bonjour" aux différentes jeunes filles croisées espérant que dans un élan, elles ne lui laissent leur numéro de téléphone. François sort ses 12 boites de pâtés, 3 miches de pain, 3 kgs de compote...les autres, leur reste de saucisson. La froideur commençant à se faire sentir, le groupe se remet en route pour atteindre le refuge des écrins (3170 m).

Nono que l’on entend plus depuis le parking commence à cracher ses poumons derrière le rythme "infernal" de ses coéquipiers qui lui lâchent un vieux "T’arrêtes pas, garde un rythme ... ".
Après avoir longé le glacier par la droite, nous y mettons enfin les pieds pour les 200 derniers mètres. Au passage une superbe vue dégagée sur le Dôme et la barre des écrins (car le temps s’annonce superbe pour le We avec des conditions idéales puisqu’il a neigé 3 jours avant).
Impressionnant, écrasant...
On enjambe quelques crevasses, qui nous rappellent que l’on commence à tâter la haute montagne. Un dernier raidillon casse-pattes et enfin le refuge ! On se rend compte assez rapidement que le sentiment de solitude en haute montagne est tout relatif, car moins de 2 heures après notre arrivée au refuge, on se croirait à la cantine des PTT avec plus de 120 montagnards entassés sur des bancs ingurgitant la soupe servie.

Après que Nono ait rippé sur le réchaud mettant un terme à son frugal dîner, nous rencontrons enfin notre ami Hervé qui doit nous emmener au sommet le lendemain.

Nono, quelque peu non rassuré sur sa forme physique, n’hésite pas à lui en faire part. Celui-ci le regarde, hébété, quand il apprend que son seul sport pratiqué dans l’année est le « lever de coude »et qu’en guise de préparation pour le sommet, il est parti une semaine sur la côte espagnole à s’empiffrer de paellas.

Dans un élan de solidarité, nous proposons à notre Nono de se charger de ses affaires perso pour qu’il n’ait pas de surcharge pondérale pour atteindre le sommet. Affaire conclue, la motivation remonte d’un cran. On se couche sur le champ car le lever à 3h30 s’annonce difficile.

Lio, enchanté d’avoir Nono le ronfleur sur son côté gauche (le seul du dortoir à dormir tête bêche - on se tape ses pieds toute la nuit), rêve que de l’autre côté s’endort une créature pulpeuse et aux seins laiteux (pas de bol, il s’apercevra au réveil, que c’était un bûcheron comme les autres). Le cumul de sommeil des 4 compères n’est que de quelques heures au réveil, François souffrant des effets de l’altitude ayant passé la plus claire partie de son temps dans la salle hors sac.

S’ensuit une cohue indescriptible, nous confortant dans le fait d’avoir préparé minutieusement nos différentes affaires la veille. Le bol de chocapic ingurgité, nous enfilons baudrier, chaussures, guêtres et sortons dehors, la frontale pour seule lumière.

Nous sommes une des premières cordées à nous élancer... rassurant quelque peu notre guide qui nous prend pour une bande de guignols (a-t-il vraiment tort ?). Après la descente du raidillon, on chausse les crampons et nous nous encordons, nouant ainsi notre destinée. Une heure de marche pépère sur le glacier nous attend pour un dénivelé de 300 m, nous amenant en bas du dôme. Puis commencent les choses sérieuses. La pente se raidit et le rythme s’accélère pour limiter le temps sous des séracs menaçants. François lance dans un sourire "Si j’avais su que c’était ça, je ne serais pas venu ....". Il n’est sûrement pas le seul.

Il reste 700 m de dénivelé à parcourir, les temps de pause sont très courts, et le rythme cardiaque s’accélère. 3 h de montée dans un décor exceptionnel, nous assistons au lever du jour. La motivation de voir le sommet est intacte mais la fatigue commence à se faire sentir. Nous atteignons finalement la brèche Lory pour un ultime effort sur la pointe des crampons et à la force du piolet. 10 minutes plus tard, enfin le sommet, le bonheur s’empare de nous ! On l’a fait les gars !!

Dernière modification : 21 juillet 2010

Photos « Dôme de Neige des Écrins (4015m) »

La montée après le Pré de Mme Carle pour le refuge du Glacier Blanc Pause au refuge du Glacier Blanc Le Glacier Blanc Vue sur le refuge refuge du Glacier Blanc Montée au refuge des Ecrins Premières vues sur la Barre et le Dôme des Ecrins Dôme et Barre des Ecrins La Montée au petit matin Pause au milieu de la montée : Fanch toujours aussi affûté Vue sur les Ecrins Des cordées appochent du sommet Séracs On l'a fait les gars !