Mont Margériaz (1845m) par Plainpalais et le Golet de l’Agneau Sortie du 12 mai 2011

Pour la carte et l’itinéraire détaillé, veuillez consulter le topo

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Le Mont Margeriaz par le Golet de l'Agneau

Conditions météo

Beau au départ, le ciel s’est chargé pendant l’ascension. La sortie au sommet s’est faite dans la brume, et la pluie nous a surpris pendant le casse-croûte.

Récit de la sortie

La belle falaise calcaire du Mont Margeriaz domine le col de Plainpalais et le vallon supérieur de La Leysse, qui n’est encore qu’un ruisseau à cet endroit.
Ce rempart semble inaccessible, infranchissable !
Seuls les chamois, et les randonneurs téméraires connaissant les deux passages qui permettent d’accéder au sommet osent s’aventurer dans cette face austère. Ces passages ont pour nom le "Trou de l’Agneau", et le "Golet de l’Agneau".

Quelle est l’origine étymologique de ces deux noms ? Le "trou", on voit ce que c’est, le "golet", c’est un passage étroit, un col, un couloir, une gorge.
Mais "l’agneau" ? Qu’est-ce que cette petite bête vient faire dans ce trou ? S’est-t-il perdu ? Est-il tombé ? Quelqu’un l’a-t-il précipité dans cet abîme ? Vous trouverez la réponse dans cet article.

Après avoir laissé une voiture sur le parking de la mairie au chef-lieu des Déserts, nous démarrons la randonnée au niveau du Col de Plaimpalais.
En empruntant la piste de ski, qui n’a pas été ouverte cette année faute de neige, nous prenons rapidement de l’altitude.

Pour voir le sommet de notre randonnée du jour, il faut se tordre le cou, car la falaise nous surplombe, très haut là-haut, au dessus de la forêt.
La montée est rude, presque abrupte, les mollets chauffent. Le replat offert dans la clairière du "Chalet des Carres" nous permet de souffler un peu, boire un coup et manger un morceau.
C’était nécessaire, car juste après, nous sortons de la forêt et nous attaquons dans des pierriers où les cailloux roulent sous les chaussures, où après avoir fait trois pas vers le haut, on redescend de deux !...

La falaise se rapproche et l’angoisse monte, car qui ne connaît pas le coin se demande par où il va bien pouvoir franchir cet obstacle.
Un câble facilite le passage d’un petit ressaut rocheux et nous guide jusqu’à une petite terrasse qui domine l’abîme : le col de Plaimpalais est très loin en dessous de nous !

C’est là que l’on comprend par où nous allons passer :
une faille, large de deux mètres environ, entaille la falaise. Mais avant de s’engager dans ce passage, une échelle branlante nous permet de nous hisser jusqu’à une autre plateforme.
De là nous nous enfonçons dans les entrailles de la montagne, les rochers au-dessus de nous se rejoignent en effet et donnent l’impression de nous enfoncer sous terre.
De la neige et de la glace encombrent le passage, il faut être prudent, ne pas glisser !...

Enfin, comme dans un tunnel, on voit bientôt le jour après une courbe et nous sortons au milieu d’un cahot de gros rochers et de crevasses. Quelques cailloux à enjamber et nous voilà au sommet, dans la brume !
Nous dominons les anciens alpages du Margeriaz, encombrés désormais de remontées mécaniques et balafrés par les pistes de ski sur lesquelles le gazon n’a jamais repoussé !

En fait ce passage était emprunté aux temps jadis, alors que l’agriculture montagnarde marchait à plein régime et que les alpages se remplissaient à l’été de nombreux troupeaux, par les bergers qui descendaient leurs bêtes aux marchés de la vallée, à Lescheraines, aux Déserts, peut-être même à Chambéry. Cet itinéraire leur évitait un long détour par Les Aillons.

Depuis, ce passage qui a donc vu passer nombre d’agneaux, certainement portés sur les épaules des bergers, a pris le nom de "Golet de l’Agneau".
Il existe à proximité, un autre passage, qui lui s’enfonce dans une grotte, et s’appelle le "Trou de l’Agneau". Mais je doute que les bergers aient un jour utilisé ce passage avec leurs animaux, car là il faut faire quelques pas d’escalade pour accéder à la grotte, ou pour en descendre.
Nous sommes d’ailleurs rejoints au sommet par un autre groupe de randonneurs qui ont emprunté ce passage et nous les voyons déboucher des entrailles de la terre, frontale allumée sur le front, tels des mineurs sortant de la mine.

Nous ne nous attarderons pas au sommet, car une petite bise nous agace et apporte quelques vilains nuages.
La montagne du Margeriaz est de type "karstique". De nombreux lapiaz lézardent la surface ; des crevasses, des gouffres et même une arche de pierre donnent un caractère "caussenard" à ce plateau.
Nous descendons jusqu’au dessus du col de La Verne pour aller casser la croûte.

Notre repas sera écourté avant qu’on ait eu le temps d’avoir pris le dessert et bu la gnôle traditionnelle, une petite averse nous fait décamper sous les ponchos et les "goretex".
Celle-ci sera de courte durée, mais va rendre la descente dans la forêt un tantinet glissante.

Sur le retour vers le village des Déserts, nous voyons quelques "sabots de Vénus", cette magnifique orchidée de nos montagnes calcaires, constellés de gouttes d’eau qui vont permettre aux photographes de réaliser quelques jolis clichés.

Fin de la randonnée, navette de voitures avant de redescendre dans la vallée, où le bar "La Guinguette" nous accueille pour le pot traditionnel ! (faut pas rompre la tradition !...)

Dernière modification : 7 octobre 2011

Photos « Mont Margériaz (1845m) par Plainpalais et le Golet de l’Agneau »

La face ouest du Margeriaz Passage impossible par là Au pied de l’échelle La faille Bientôt la sortie Sortie au sommet dans la brume Sur l’arche