Pointe du Lamet (3504m) Sortie du 9 août 2012

Pour la carte et l’itinéraire détaillé, veuillez consulter le topo

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Pour Jean-Luc.

Conditions météo

Belle journée lumineuse. Brumes montantes l’après-midi.

Récit de la sortie

2012

Me voici donc de retour sur cette Pointe du Lamet. Cela faisait longtemps que j’avais envie de remonter sur cette cime qui domine le lac du Mont Cenis et offre un magnifique panorama.

1981

J’avais effectué cette ascension dans mes premières années de pratique.

Nous voulions faire l’ascension par le glacier du Lamet dont la langue descendait très bas.

Nous avions trouvé la neige au lac Clair (début août !). Nous avons trouvé une énorme langue glaciaire, d’environ 45° d’inclinaison.

Nous devions faire l’ascension à 3, mais très vite, l’un de nous a cassé son piolet.

Avec Jean-Luc, nous continuons. Mais rapidement, je pense que c’est un peu limite. La langue glaciaire fait environ 200 mètres dans une glace vive dure comme du béton.

Nous n’avons pas de broches à glace, pas de piolets techniques et nous n’avions pas affutés nos crampons. L’ascension devenait exposée.

Nous avons donc traversé sur la gauche, pour nous échapper du glacier et remonter au col du Lamet par des dalles humides. Des dalle humides, quand il fait froid, elles sont verglacées.

Tant bien que mal, nous avons atteint le plateau glaciaire puis, le sommet. Mais j’avais dis à Jean-Luc que je ne redescendrai pas par cet itinéraire.

Du sommet, nous sommes redescendus sur le plateau glaciaire puis, dans les éboulis du versant sud où nous avons trouvé une trace.

Pendant ce temps, les rares nuages qui étaient dans le ciel se sont bien épaissis.

Nous sommes arrivés à une selle où nous pouvions voir une grande pente d’éboulis, en versant nord d’une crête. Cette pente plongeait jusqu’aux alpages, lesquels s’étendaient jusqu’au parking des Fontainettes.

Les nuages sont devenus de plus en plus épais et le brouillard nous a enveloppé.

Nous sommes arrivés alors que l’orage éclatait et quelques minutes avant le déluge.

1984

Un vendredi soir, alors que les activités du week-end pascal se décidaient, je voulais faire une dernière sortie de ski de fond : l’ascension de la cime Saurel dans le Briançonnais. Jean-Luc, lui, voulait faire de l’escalade, mais il hésitait. Finalement il a choisi l’escalade.

Il est sorti du local du CAF, un ancien magasin, et sur le trottoir, il a regardé à l’intérieur, par la fenêtre, et il a fait une petit signe, auquel j’ai répondu.

C’était un signe d’adieu. Je ne l’ai jamais revu. Ce garçon discret et un peu timide était aimé de tous. Il a laissé un vide immense.

2012

Cette année, plus de langue glaciaire. Je monte par le versant sud et la Baracon des Chamois.

Dès le départ, à 6h40, aux Carrières du Paradis,une randonneuse me demande si c’est bien le parking de départ pour le Lamet. Je reconnais son accent du sud-ouest. Je lui réponds que oui et lui demande si elle et son époux n’ont pas fait l’Ouille Allegra le même jour que moi.

2009

Je me souviens très bien de ce couple de toulousains, Brigitte et Eric. Du sommet de l’Ouille Allegra, j’avais vu Brigitte et son petit gabarit qui montait comme une fusée.

J’étais parti des Vincendières, ne sachant pas que la piste d’alpage était autorisée à la circulation pour favoriser la vente directe de fromages. Ils m’avaient proposés de me redescendre en voiture. (En 2012, cette route est de nouveau interdite et les fromages sont vendus à Bessans.)

2012

Nous sommes nombreux à entreprendre l’ascension ce jour. J’ai fait l’ascension de la Grande Sassière la veille et j’ai les jambes un peu molles. Je ne peux pas suivre le rythme des toulousains et d’autres.

Plus haut, cela va un peu mieux. J’arrive au sommet à 10h30 après 3h50 d’ascension pour 1600 mètres de dénivelée.

Un passage m’a paru assez exposé. Entre la pointe 3483 et le sommet, on trouve une brèche, encore occupée par le glacier il y a quelques années. Il reste pas mal de glace morte sous les éboulis et en particulier sous la sente qui traverse la brèche, assez étroite. Cette glace fond peu à peu et la brèche va se creuser en s’effondrant. Reste à espérer qu’il n’y aura pas de randonneur dessus.

Avec l’altitude élevée, le panorama est magnifique. Je contemple longuement le Rochemelon, que j’ai gravi l’an passé, depuis le même point de départ. Une "randonnée de OUF" que je ne suis pas près d’oublier. La Pointe de Ronce, est un autre bon souvenir.

Les glaciers aux alentours sont dans un état misérable. On ne voit plus, de la Pointe du Lamet, le glacier de Rochemelon.

Et toujours autant d’edelweiss dans les versant sud et ouest de ce massif.

Dernière modification : 15 septembre 2012