Topo de référence

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Conditions météo

Conditions hivernales renforcées par un vent violent et quelques passages nuageux.

Récit de la sortie

Depuis le temps de mes origines en Haute-Provence, le Cheval Blanc a toujours été une référence, un symbole et une fascination. C’est une crête qui dépasse largement les 2000 mètres d’altitude et qui préfigure la vraie haute montagne. De ma fenêtre de la rue des Cordeliers à Forcalquier, je regardais le Cheval Blanc pour avoir une idée de la météo (on le voit ou on ne le voit pas) et de l’enneigement. Lorsqu’on vient de Marseille, par l’autoroute, on voit sa longue échine plus ou moins striée de neige selon la saison.

Bien qu’il ne s’agisse pas encore d’un vrai sommet alpin comme peut l’être la magnifique Tête de l’Estrop, les crêtes du Cheval Blanc sont omniprésentes dans la mystique des randonnées de la Haute-Provence. En hiver c’est une magnifique barrière étincelante qui marque l’horizon. Aux premières chaleurs printanières la neige reste dans les couloirs et donne à la montagne un trait caractéristique. En novembre, le Cheval Blanc se coiffe de neige fraîche et l’on sait que l’hiver (et le ski) arrive. Ainsi combien de fois ai-je dit ou entendu dire « Il y a de la neige au Cheval Blanc » ou « il ne reste presque plus de neige au Cheval Blanc » ?

J’ai attendu bien longtemps avant de tenter l’ascension. En 2003 j’ai rôdé sur sa face nord et décrété que le moment idéal pour gravir cette montagne était avril ou mai quand les crêtes sont en neige pour profiter du panorama car l’ascension en elle même n’est pas très intéressante, c’est la vue et la marche sur les arêtes qui valent le déplacement.

Le 1er mai 2004 je me décide après m’être assuré que l’on peut coucher à la cabane (1850m, en face est) qui reste ouverte l’hiver. Ce refuge permet d’éviter de faire la course d’un seul trait. L’endroit est très austère, une source (potable ?) se trouve à 5 mn de marche de la cabane. Quelques mélèzes viennent tout près donner un peu de bois qui permet de se chauffer grâce à un poêle qui fonctionne bien.

De la vallée il y a un départ fléché (traversée des Préalpes), juste avant Château Garnier qui monte sur une épaule et qui conduit à la cabane. Je me décide début mai 2004. J’ai préféré rouler dans le vallon de Favier pour gagner un peu de dénivelé. Il m’a fallu me diriger au jugé dans des bois difficiles car encombrés de végétation, une vraie galère…Je crois que le sentier est mieux fléché actuellement.

Enfin, après bien des errances, en me dirigeant grâce à ma carte et à l’altimètre, je débouche sur le mince sentier qui rejoint la cabane par un petit bois de mélèzes où l’on voit quelques restes d’un planeur me semble t-il. La cabane est bien cachée derrière une bosse, et la clé sur la porte. Tout de suite je prépare un feu. Il y a du papier, des allumes-feu… ça fume un peu mais ça marche. Heureusement car il doit faire du zéro degré.

Après dîner, je fais une petite ballade sur le sentier jaune, puis dodo.

Au matin c’est un corbeau freux qui me réveille en tapant du bec sur la fenêtre et en poussant son cri de sauvage.

Je pars vers 8h00 et rejoins la crête à l’ouest du refuge, je passe devant une petite cabane de berger remplie de sacs de sel. J’attaque la montée vers les crêtes. Il n’y a pas de sente véritable, c’est assez fastidieux.

J’arrive sur la crête. Le temps est mauvais, on distingue à peine le Couard et le col de la Cine. C’est dommage car la vue est le point fort de ce sommet. Plus j’avance et plus c’est mauvais, je marche maintenant dans la neige et le grésil arrive, finalement je suis dans la purée de pois. Je continue encore jusqu’à un sommet marqué par une construction puis je fais demi-tour.

Retour par Favier, pas évident quand on ne connaît pas. Au début le sous bois de mélèzes est rigolo, puis on passe dans des parcs étranges, enfin il faut rejoindre le sentier qui retrouve le vallon initial.

...

S’en suivent les années, les cheveux qui s’éclaircissent, les genoux qui se raidissent... et quelques ascensions hivernales en raquettes avec des bivouacs épiques à la cabane...

2013, le cheval blanc fait toujours partie de la Mystique montagnarde. Nous partons le vérifier avec Roland pour une mémorable course hivernale avec une cabane quasi ensevelie sous la neige, une montée sous les bourrasques glaciales du nord. Et une boucle dans des conditions de neige variables avec des pentes parfois voisinant les 40°. Les pentes du versant Est sont les plus déstructurées et le risque de plaques y est bien présent.

Dernière modification : 6 février 2013

A propos

Auteur de cette sortie :

Site web : test-materiel-outdoor

Les Monts du Forez ont usé mes premiers godillots, puis les Pyrénées (Balaitous 1er 3000). Les calanques et le Verdon ont occupé tous mes WE des années 90 avec les boucans de Marseille ;-) Et puis sont venues la passion de l'image avec des vidéos... et les tests de matériel.

Randonnée réalisée le 4 février 2013

Publiée le 6 février 2013

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Commentaires

Afficher les commentaires précédents (8).
  • par Le 7 février 2013 à 00h49

    Belle sortie Paul. L’enneigement est remarquable, il suffit de comparer les photos de la cabane sur ta sortie et sur le topo. Ah s’il pouvait y avoir autant de neige dans le Forez !

  • par Le 7 février 2013 à 08h39

    Salut Alain,
    Il y a pas mal de neige cette année. La combe de la cabanne reçoit de plus la neige des crêtes qui descend 500 m plus bas. Beaucoup de vent en altitude ces derniers jours. Le Forez cher à mon coeur doit recevoir quelques couches supplémentaires aujourd’hui, profites-en bien !

  • par Le 7 février 2013 à 08h43

    Petite info, la première série de photos date de mars 2005, mois assez sec et froid selon mes souvenirs. Et il n’y avait pas la construction en béton sur le sommet. La cabane s’est bien améliorée également.

  • par Le 7 février 2013 à 11h54

    Salut Paul. Il neige à basse altitude depuis 2 jours. Le jardin est sous la neige. Les routes sont délicates. Heureusement c’est la campagne et je pars à pied de chez moi.
    La construction du sommet était commencée en 2009. Ce sera ou c’est déjà un observatoire astronomique automatique pilotable via internet : http://www.galatee-observatory.org/

  • par Le 8 février 2013 à 21h22

    Salut Alain, depuis 2010 et mon dernier passage au sommet du Cheval, le chantier semble arrêté : pas de dôme, pas d’instruments visibles, rien. Toujours cette méchante porte rouillée, un crépis-béton fait à la va-vite et ce bâtiment arrogant qui ne ressemble à rien et semble très-inutile.

  • par Le 9 février 2013 à 00h50

    Salut Roland, on trouve effectivement sur net des photos du chantier, mais rien qui ressemble à un observatoire en cours d’achèvement.

  • par heremeLe 9 février 2013 à 19h26

    Salut Alain, Roland, Paul et les autres (aucune allusion à certain film).

    Pour ceux que ça intéresserait, quelques infos sur les débris d’avion aperçus (ce ne sont peut-être pas les mêmes).

    " En 1948, deux avions militaires s’écrasent successivement, à trois jours d’intervalle, sur le petit massif du Cheval Blanc.
    Le 27 janvier, un C-47 Dakota (transport de troupes) de l’US Air Force ...alors qu’il est perdu dans une tempête de neige ... heurte vers 15 h 30 le massif du Cheval Blanc, à 2 300 m d’altitude environ, entre la Tête de Chabanne et le sommet des Croquets, un peu en dessous de la ligne de crête. Les deux pilotes, le mécanicien, le radio et les huit passagers meurent tous dans l’accident.
    Les 28 et 29 janvier, ignorant la route suivie exactement par le C-47, plusieurs appareils recherchent son épave dans les Alpes du Sud et au large de la Corse, sans succès à cause des mauvaises conditions météorologiques.
    Le 30 janvier, l’épave est repérée par un appareil de secours. Celui-ci reste sur zone en attendant un B-17 chargé de prendre des photos, qui arrive au-dessus du lieu de l’accident par le sud. Il fait face à un violent vent du nord, provoquant des courants descendants sur le côté sud des montagnes. Il fait alors un passage pour photographier la zone de l’accident, en suivant la crête vers le nord. Les photographes demandent au pilote de voler un peu plus bas, mais il évalue mal la pente, se fait également aussi surprendre par les vents. De plus, huit des dix personnes transportées se trouvent dans le nez de l’appareil, et celui-ci est alourdi d’un canot de sauvetage accroché sous son fuselage.... L’aile gauche de l’avion accroche le flanc de la montagne, juste en dessous de la crête ,...explosion de l’appareil ... versant nord de la montagne, à 1 000 m au nord de l’épave du C-47.
    ... des secours ... le 31 janvier ... aperçoivent un blessé qui se traîne dans la neige, à proximité du B-17 ... C’est un prisonnier de guerre allemand, ancien pilote de la Luftwaffe qui le découvre et porte les premiers secours au seul survivant de cette seconde catastrophe6. Le pilote avait également survécu, mais s’est retrouvé enfoui sous une morceau de carlingue. Il est mort de froid et son corps n’est retrouvé que le 25 mars. Les corps des autres victimes des deux accidents ont tous été retrouvés entre le 31 janvier et le 3 février8.
    ... le prisonnier allemand volontaire pour les secours est libéré par anticipation ...
    Une croix sur le versant ouest de la montagne commémore les accidents. "

    André Besson, « 27 et 30 janvier 1948 : la double catastrophe aérienne du massif du Cheval Blanc des appareils C-47 Dakota et B-17 Flying Fortress du 61st Troop Carrier Group, 14th Squadron de l’USAF », Chroniques de Haute-Provence n° 354 (2005, 125e année), p 83-167.

  • par Le 15 février 2013 à 19h39

    merci Hereme pour ces précisions historiques intéressantes.

  • par heremeLe 17 février 2013 à 18h18

    Concernant l’observatoire, voici un commentaire du 5 février d’un membre de "A4" :
    " Effectivement l’observatoire est actuellement en cours de construction ... aucune activité de construction n’est envisageable en cette saison. En pratique les travaux au sommet commencent en juin (la neige ne finit de fondre qu’en mai) et s’arrête en septembre / octobre. Tout ce projet est réalisé par des bénévoles ce qui ne permet de travailler au sommet qu’une vingtaine de jours dans l’année. Vous aurez remarqué qu’aucune piste ne conduit au sommet. Il est impossible d’acheminer des moyens lourds : pas de grue, pas de camion, pas de "base vie". C’est le Moyen-Âge au sommet. Mais nous espérons mettre néanmoins moins de temps que pour construire une cathédrale ... "

  • par Le 17 février 2013 à 18h58

    Une bande de naze...

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