Cheval Blanc (2323m) en Haute-Provence Sortie du 4 février 2013

Sortie réalisée le 4 février 2013.

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Rando-raquette hivernale sur le Cheval Blanc.

Conditions météo

Conditions hivernales renforcées par un vent violent et quelques passages nuageux.

Récit de la sortie

Depuis le temps de mes origines en Haute-Provence, le Cheval Blanc a toujours été une référence, un symbole et une fascination. C’est une crête qui dépasse largement les 2000 mètres d’altitude et qui préfigure la vraie haute montagne. De ma fenêtre de la rue des Cordeliers à Forcalquier, je regardais le Cheval Blanc pour avoir une idée de la météo (on le voit ou on ne le voit pas) et de l’enneigement. Lorsqu’on vient de Marseille, par l’autoroute, on voit sa longue échine plus ou moins striée de neige selon la saison.

Bien qu’il ne s’agisse pas encore d’un vrai sommet alpin comme peut l’être la magnifique Tête de l’Estrop, les crêtes du Cheval Blanc sont omniprésentes dans la mystique des randonnées de la Haute-Provence. En hiver c’est une magnifique barrière étincelante qui marque l’horizon. Aux premières chaleurs printanières la neige reste dans les couloirs et donne à la montagne un trait caractéristique. En novembre, le Cheval Blanc se coiffe de neige fraîche et l’on sait que l’hiver (et le ski) arrive. Ainsi combien de fois ai-je dit ou entendu dire « Il y a de la neige au Cheval Blanc » ou « il ne reste presque plus de neige au Cheval Blanc » ?

J’ai attendu bien longtemps avant de tenter l’ascension. En 2003 j’ai rôdé sur sa face nord et décrété que le moment idéal pour gravir cette montagne était avril ou mai quand les crêtes sont en neige pour profiter du panorama car l’ascension en elle même n’est pas très intéressante, c’est la vue et la marche sur les arêtes qui valent le déplacement.

Le 1er mai 2004 je me décide après m’être assuré que l’on peut coucher à la cabane (1850m, en face est) qui reste ouverte l’hiver. Ce refuge permet d’éviter de faire la course d’un seul trait. L’endroit est très austère, une source (potable ?) se trouve à 5 mn de marche de la cabane. Quelques mélèzes viennent tout près donner un peu de bois qui permet de se chauffer grâce à un poêle qui fonctionne bien.

De la vallée il y a un départ fléché (traversée des Préalpes), juste avant Château Garnier qui monte sur une épaule et qui conduit à la cabane. Je me décide début mai 2004. J’ai préféré rouler dans le vallon de Favier pour gagner un peu de dénivelé. Il m’a fallu me diriger au jugé dans des bois difficiles car encombrés de végétation, une vraie galère…Je crois que le sentier est mieux fléché actuellement.

Enfin, après bien des errances, en me dirigeant grâce à ma carte et à l’altimètre, je débouche sur le mince sentier qui rejoint la cabane par un petit bois de mélèzes où l’on voit quelques restes d’un planeur me semble t-il. La cabane est bien cachée derrière une bosse, et la clé sur la porte. Tout de suite je prépare un feu. Il y a du papier, des allumes-feu… ça fume un peu mais ça marche. Heureusement car il doit faire du zéro degré.

Après dîner, je fais une petite ballade sur le sentier jaune, puis dodo.

Au matin c’est un corbeau freux qui me réveille en tapant du bec sur la fenêtre et en poussant son cri de sauvage.

Je pars vers 8h00 et rejoins la crête à l’ouest du refuge, je passe devant une petite cabane de berger remplie de sacs de sel. J’attaque la montée vers les crêtes. Il n’y a pas de sente véritable, c’est assez fastidieux.

J’arrive sur la crête. Le temps est mauvais, on distingue à peine le Couard et le col de la Cine. C’est dommage car la vue est le point fort de ce sommet. Plus j’avance et plus c’est mauvais, je marche maintenant dans la neige et le grésil arrive, finalement je suis dans la purée de pois. Je continue encore jusqu’à un sommet marqué par une construction puis je fais demi-tour.

Retour par Favier, pas évident quand on ne connaît pas. Au début le sous bois de mélèzes est rigolo, puis on passe dans des parcs étranges, enfin il faut rejoindre le sentier qui retrouve le vallon initial.

...

S’en suivent les années, les cheveux qui s’éclaircissent, les genoux qui se raidissent... et quelques ascensions hivernales en raquettes avec des bivouacs épiques à la cabane...

2013, le cheval blanc fait toujours partie de la Mystique montagnarde. Nous partons le vérifier avec Roland pour une mémorable course hivernale avec une cabane quasi ensevelie sous la neige, une montée sous les bourrasques glaciales du nord. Et une boucle dans des conditions de neige variables avec des pentes parfois voisinant les 40°. Les pentes du versant Est sont les plus déstructurées et le risque de plaques y est bien présent.

Dernière modification : 6 février 2013

Photos « Cheval Blanc (2323m) en Haute-Provence »

la cabane à l'assaut des crêtes sur les crêtes Couard et Cucuyon vers le sommet au sommet itinéraire de retour 2013 : 1er jour 2013 : 1er jour, vers la montagne de Cordeil 2013 : 1er jour, vers la cabane 2013 : 1er jour, la cabane 2013 : 2em jour, les crêtes 2em jour ; montée à la crête 2em jour ; sommet 2em jour ; Roland au sommet 2em jour ; vue du sommet 2em jour ; descente face ouest 2em jour ; Roland dans la pente 2em jour ; les traversées 2em jour ; les conditions 2em jour ; retour cabane après 5hoo de marche 2em jour ; cabane