Aiguille du Goléon (3427m), voie normale du versant nord Sortie du 2 août 2013

Pour la carte et l’itinéraire détaillé, veuillez consulter le topo

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Conditions météo

Grand beau temps pendant la course.
Très grosse chaleur caniculaire, éprouvante pour la raide montée dans les schistes noirs du refuge.
Très bon regel sur les névés et le glacier Lombard le lendemain, enneigement continu bas pour la saison (2750m).
Glacier en très bonnes conditions, en neige et pas de crevasses.
Le couloir Nord était encore praticable, mais pas pour longtemps.
L’arête sommitale est sèche, vent froid assez fort au sommet et sur l’arête.

Récit de la sortie

SAMIVEL !

Le Goléon.

Certains topos parlent de ce sommet comme n’appartenant à aucun massif !

D’autres vantent sa position isolée et son panorama exceptionnel.

Enfin j’ai lu quelques jours plus tôt dans un vieil ALPI-RANDO, au refuge des aiguilles d’Arves, la veille de faire la Septentrionale, un article élogieux, vantant le coté esthétique et sauvage de l’ascension, superbes photos à l’appui.

Il n’en faut pas plus pour aiguiser notre curiosité, nous décidons donc d’aller visiter « Monsieur » Goléon.

Un repérage rapide nous a permis de voir que le versant nord, dont le couloir est encore en neige, et là , cela nous donne franchement envie !

La canicule règne sur la France, il ne fait pas un temps à mettre une semelle de « grosse » dehors.

Alors comme d’habitude, c’est avec des gros sacs et en plein cagnard que nous remontons les raides pentes qui mènent au tout nouveau refuge du Goléon.

Malgré la chaleur écrasante on ne peut s’empêcher de se régaler du panorama sur la Reine Meije, alors qu’est ce que ce sera demain ?

On rame, franchement ! On a rarement eu aussi chaud ! L’arrivée au refuge sera arrosée d’une bière fraîche à consommer d’urgence !

La position de ce sympathique refuge est stratégique pour faire les photos sur la Reine des lieux et de savourer un fantastique coucher de soleil sur les faces Nord du Râteau et du Grand Pic.

Soirée très sympathique avec des convives et l’équipe du refuge qui ne le sont pas moins.

Les excellentes lasagnes sont joyeusement englouties, ce qui laisse présager d’une bonne nuit !

Une fois la rituelle photo du coucher de soleil faite, tout le monde « au dodo » !

5h le 2 Août.

Départ tranquille dans le vallon le long du lac du Goléon, il fait frais le jour se lève.

La solitude sauvage du vallon est entière face à l’aiguille Méridionale d’Arves qui se fait de plus en plus imposante.

C’est au passage devant l’ancien refuge du Carraud que ma mémoire me revient.

C’était l’année de mon Bac, avec mes copains d’alors nous avions gravi la belle aiguille, il y a cela un peu plus de trente ans…Bigre, ça fait mal !

Et je me souviens de cette pauvre cabane soi-disant ouverte dont nous avions dû ouvrir la porte en fer à coups de piolet comme on ouvre une boîte de conserve !

La cabane était alors dans les névés, et sans matériel de bivouac adapté nous nous serions gelés !

Comme rien ne résiste à la jeunesse, nous avions ouvert la vielle cabane sans rien abimer, elle avait capitulé sans offrir une grande résistance ! Nous y avions finalement passé une joyeuse nuit bien arrosée…

Mais je n’ai plus de souvenir de cette course ! Alors aujourd’hui je graverai dans ma mémoire les superbes paysages et panoramas que nous verrons.

Et c’est peu de le dire !

Comment décrire la minéralité du haut-vallon sous les aiguilles de la Saussaz ?

Comment ne pas s’enivrer de la chaude odeur minérale des roches rousses et détritiques de ce massif ?

Comment ne pas prendre le tournis à regarder devant, derrière, le glacier tout blanc et tout plat et les raides aiguilles qui pointent de partout ?

Le glacier Lombard, débonnaire, est un monde clos à lui tout seul, cerné de toute part par des pics et des aiguilles. Il ne manquerait que le hurlement du vent et les vouivres pour se retrouver dans les comtes Lombards !

C’est à toutes à ces pensées, mêlant souvenirs de lecture et d’alpinisme que nous arrivons sur la crête sommitale.
Le couloir Nord n’a pas retenu notre attention, une tendinite naissante m’incite à m’économiser.

Les faciles pas d’escalade sur des schistes compacts et sains de l’arête sont un véritable enchantement.

Et je m’amuse alors du dessin de Samivel dans "Contes à pics", montrant deux alpinistes grimpant un « bout de clochetons », intitulé « comment ils l’ont fait », et le même dessin plus avantageux ou les deux grimpeurs finissent l’ascension d’une fière aiguille par de grandes envolées et de sévères pas d’escalade, intitulé « comme ils le racontent » !

Notre Goléon c’est un peu ça !

Il n’empêche que le spectacle sommital est d’une rare étendue ! Une description ne servirait à rien.
Alors le mieux c’est encore d’y aller voir, d’aller chercher l’émerveillement duquel naitrons nos futurs projets d’ascension…

Dernière modification : 17 octobre 2018

Photos « Aiguille du Goléon (3427m), voie normale du versant nord »

Hameau de Valfroide. La toile de fond majesteuse ! Coucher de soleil sur la Meije. Les premiers névés a 2800m La Haute Maurienne, vue depuis le glacier Lombard. Vallon de Maurian vu du sommet. Les Grandes Rousses, vue depuis le somet. Aiguile Méridionale d’Arves sur fond de Mont Blanc. Sur l’arête sommitale du Goléon. Glacier Lombard et face Nord du Goléon. Col Lombard et l’aiguille Méridionale d’Arves. Vallon de Maurian et le pic des 3 Evéchés. Lac du Goléon et la Meije.