Roc de Bassagne (3220m) Sortie du 30 juillet 2012

Pour la carte et l’itinéraire détaillé, veuillez consulter le topo

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Traversée d’un magnifique paysage minéral, dominé par les parois dolomitiques de Bazel et Calabre. Des nuages très particuliers, 2 bouquetins et un champ d’edelweiss embellissent encore un peu plus cette randonnée.

Conditions météo

Beau temps en atmosphère stable. Température douce et absence de vent lors de l’ascension, vent fort et frais sur la crête sommitale. Quelques nuages observés au cours de la journée, dont de très beaux spécimens.

Récit de la sortie

Je gravis le petit raidillon qui part au-dessus du pont Saint-Charles, une des portes d’entrée dans le parc national de la Vanoise.

Il permet d’accéder, via les Gorges du Malpasset, au vallon du Prariond avec son refuge, sa stèle et ses innombrables marmottes. Lieu de mes anciennes et toutes premières randonnées vers la Galise, le Grand Cocor, la Lose, etc.

Court replat avant d’engager la montée des Pentes des Cavales par une sente discrète et peu fréquentée qui bifurque au nord-est (gauche) vers 2185m.

Rapidement, les edelweiss apparaissent en très grand nombre. Elles apprécient particulièrement cette pente herbeuse exposée sud-ouest, entre 2280m et 2450m. C’est un grand plaisir de les voir proliférer ainsi.

À partir de 2550m, la montée se fait dans un couloir très caillouteux avant d’arriver sur un large replat à 2661m.

Petite pause bien méritée, le temps d’observer ce magnifique vallon glaciaire. Très minéral, avec les parois de calcaire dolomitique des pointes de Bazel et Calabre. Quant à l’objectif du jour, il se dresse tout au fond du vallon.

Je poursuis l’ascension et me dirige vers le secteur de Tenn de Rhêmes. Après une légère descente, je passe dans une petite dépression verte et humide (ancien lac glaciaire) couverte d’une pelouse alpine rase.

Un gros bloc rocheux d’environ 7 mètres de haut sur 10 mètres de long s’y trouve. Je me demande alors à quelle date et de quel endroit exactement cet imposant bloc s’est décroché de la paroi de Bazel. Ces questions resteront certainement sans réponses.

Plus loin, je contourne le verrou qui porte les dernières traces de végétation. A la sortie du verrou, une bonne pente exposée nord se franchit en dévers. La fonte tardive de 2 névés (respectivement de 10m et 15m de large) rend la progression délicate. Hésitation à sortir les crampons car une glissade est inenvisageable.

Finalement, la neige est encore dure mais des traces de la veille ont bénéficié d’un bon regel et offrent la stabilité suffisante pour ces courtes traversées.

Je quitte ensuite le talweg pour prendre de la hauteur sur la gauche du vallon. Je remonte alors un peu par l’itinéraire du col de Rhêmes-Calabre puis me dirige à nouveau plein est sur les éboulis d’une moraine en direction du col de Fons (3067m).

C’est alors que je rencontre 2 bouquetins, un vieux mâle et un jeune. Je pensais en voir davantage, étant le seul randonneur sur le secteur. Le jeune bouquetin s’arrête sur un rocher et on s’observe quelques instants.

Vers 2950m la pente est moins soutenue et j’évolue en amont du lac sans nom situé au point 2895m, avec une belle vue sur celui-ci.

Débute alors la traversée d’une zone où alternent larges névés et îlots de blocs rocheux. Les névés sont encore en neige assez dure mais parfois, celle-ci cède et le pied s’enfonce de 40cm.

J’oblique ensuite sud-est et m’approche des restes du glacier, encore récemment nommé glacier de Calabre (carte IGN de 1998). Celui-ci peut facilement être dépassé par la gauche mais je décide de cramponner pour franchir la partie en glace vive et observer de plus près ce glacier qui ne présente aucun danger. Au mieux, 50 à 60cm de glace, souvent mêlée à des sables glaciaires grossiers.

Décramponnage vers 3120m pour attaquer la dernière pente libre de neige et assez raide dans des éboulis.

L’arrivée au sommet Nord du Roc de Bassagne est très venteuse et le refroidissement immédiat. Mise à l’abri sous la crête avec polaire et coupe-vent.

À l’ouest, le sommet offre une magnifique vue sur les parois dolomitiques des pointes de Bazel et Calabre. La Tsanteleina dévoile son impressionnante et inhabituelle face Est.

À l’est, la pointe de la Galise avec le glacier de Bassagne, le glacier du Fond et le glacier de Lavassey sur le versant italien.

Au sud, la crête entre Tarentaise et Maurienne, du Pas du Bouquetin au Signal de l’Iseran.

Belle vue également sur quelques sommets plus lointains, comme la Grande Motte et la Grande Casse, le Grand Paradis et le massif du Grand Combin.

Cette journée permet aussi d’observer de beaux spécimens de nuages : superbes altocumulus lenticularis qui se multiplient et stationnent au-dessus du val de Rhêmes, aussi quelques cirrus castellanus et fibratus.

Après un rapide passage par le sommet Sud pour la vue sur les sources de l’Isère, descente des éboulis puis en ramasse sur la rive gauche en neige du glacier, afin de ménager un peu les chevilles.

Longue pause sur un rocher avant les Pentes des Cavales, au pied de la paroi de Bazel. Pour profiter encore du paysage de ce superbe vallon.

J’observe aussi quelques instants la pointe de la Sana (ouest-sud-ouest). La rampe d’accès (est) semble déjà libre de neige et le glacier des Barmes de l’Ours, réduit au minimum. C’est alors que la décision est prise d’entreprendre l’ascension de la pointe de la Sana qui sera accomplie le 04 août 2012.

J’ai évolué seul dans ce magnifique paysage tout au long de cette journée et je retrouve un parking pourtant bien rempli. Les randonneurs sont tous au Prariond...

Dernière modification : 4 novembre 2013