Grand Ferrand (2758m) par la voie normale Sortie du 7 septembre 2014

Pour la carte et l’itinéraire détaillé, veuillez consulter le topo

Auteur : (Avertissements et Droits d'auteur)

Un itinéraire un peu moins esthétique mais plus difficile et plus exposé aux chutes de pierres que l'Obiou.

Conditions météo

Beau temps, luminosité moyenne. Arrivée progressive des nuages vers 12h00.

Récit de la sortie

Fin mai dans les années 80...

Partis de la Jarjatte où nous avons bivouaqué, le camping n’étant pas encore ouvert, nous franchissons le col de la Croix, le col des Aurias et enfin le col de Charnier.

Le plateau est enneigé, le ciel est nuageux et il n’y a pas eu de regel nocturne.

Nous montons, en brassant un peu, jusqu’à la première barre rocheuse. Ensuite, les pentes plus raides sont déneigées.

Nous atteignons le sommet dans le brouillard.

Nous ne restons pas longtemps tout là-haut et nous nous encordons pour la descente qui sera rapide grâce à la neige.

La voie d’ascension était intéressante. Le brouillard qui coiffait le sommet a en partie gâché la journée.

Il faudra revenir.

Septembre 2014 - Jour J-1

Longtemps envisagée, toujours repoussée, l’ascension du Grand Ferrand est programmée.

Je ne connais pas le départ par l’intérieur du Dévoluy. La veille, j’ai effectué l’ascension de la Tête de Clappe. La randonnée est courte et me permet d’aller faire un repérage.

A Lachaup, je m’engage sur le chemin très étroit. Deux véhicules ne peuvent se croiser. Je recule, me gare sur le parking du village et sors le VTT que j’avais emmené pour la cas où.

Le chemin s’élargit un peu plus loin mais est relativement défoncé en plusieurs endroits. Je suis un peu dubitatif sur la possibilité de passer en voiture dans la grisaille de l’aube.

Un peu avant Pré Long, une piste en bon état arrive de la droite.

Je continue la piste pastorale.

Dans une clairière des tentes sont plantées. Un groupe de spéléos est là et je demande si leur voiture basse est passée par le chemin défoncé.

On me répond que tout le monde (ou presque) emprunte la piste qui vient de Maubourg et qui est en bon état quoique raide et gravillonneuse.

Riche de ce renseignement je continue à VTT jusqu’au parking sur une piste facilement carrossable.

Septembre 2014 - Jour J

Départ à 6h10, aux premières lueurs de l’aube dans l’espoir de capturer un beau lever de Soleil sur ce versant est.

Le sentier est facile à suivre dans l’obscurité et j’ai laissé la frontale dans la voiture.

En vue de la Cabane du Chourum-Clot, je passe tout près d’un troupeau de mouton, attentif à une brutale arrivée du patou.

Mais le patou ne se montre pas et, l’après-midi, au retour, je ne le verrai pas non plus.

Au petit col qui marque la descente pour atteindre le vallon de Charnier je me poste sur une éminence rocheuse et attends le lever du Soleil. La Tête de Vallon Pierra et le Grand Ferrand sont face à moi avec suffisamment de recul pour en apprécier la majesté.
Il est 7h00, j’ai 25 minutes d’avance mais je suis à l’abri du vent et il ne fait pas froid.
Le lever de Soleil est magnifique et à 7h30 l’ascension reprend.

Ascension qui commence par une descente dans le vallon de Charnier. La remontée vers le col de Charnier, peu raide et agréable.
Petite pause bien méritée au col de Charnier.

Après le col de Charnier, la végétation va peu à peu disparaître pour laisser la place à une monde minéral.

Les pierriers sont bien stabilisés et l’ascension est agréable.

Le passage dans la première barre rocheuse est facile. Derrière moi, un couple avec un chien vient de sortir des Charances.

Après une pente raide d’éboulis, on rejoint une arête rocheuse.
On passe à côté d’un gouffre dans lequel il vaut mieux ne pas tomber. Percé, c’est un puits vertical d’une dizaine de mètres.
Quelques pas d’escalade (II) parfois exposés et c’est une sente facile jusqu’au sommet que j’atteins un peu avant 10h30, pas trop épuisé par ma septième randonnée en sept jours.

Je ne m’arrête pas de suite et continue l’arête en direction du Petit Ferrand. La paroi de ce dernier se révèle alors dans toute sa verticalité.

Je descends un peu en direction de la brèche. Je vois les Arches Interferrantes. D’ici, elles ne sont pas très spectaculaires. Il faudrait passer sur l’une de arches, très étroite et descendre dans le petit vallon au pied.
Ce vallon est encore dans l’ombre, les photos ne seront pas exceptionnelles et je juge le passage un peu "péteux" et, dans ce sens, il faudrait le franchir deux fois.

Je remonte au sommet où le couple des Charances est arrivé.

Nous sympathisons. Le monsieur me montre son exploitation agricole, le toit du hangar est immanquable, tout en bas dans la vallée.
Il regrette un peu de ne pas avoir son parapente.
Là, je me dis que je devrais moderniser les clichés, un peu vieillots, que j’ai du monde paysan...

L’Obiou est le point culminant du massif et le sommet le plus connu avec le Pic de Bure.
Cependant, le Grand Ferrand se pose davantage en rival qu’en faire-valoir. Presque aussi haut, plus difficile, offrant un panorama étendu, on peut, du Grand Ferrand, admirer le Mont Blanc à 148 Km quand, de l’Obiou, on ne voit qu’un petit bout des Grandes Jorasses.
La revanche du Grand Ferrand en quelque sorte...

Deux jeunes gars arrivent, allure sportive et dynamique. Ils ne restent pas au sommet. Il vont traverser jusqu’au Petit Ferrand et sauter en BASE jump.

A 11h50, les randonneurs arrivent les uns après les autres et il est temps de redescendre, le ciel se couvre de nuages peu à peu.

Avec le couple et leur chien, nous redescendons ensemble pour éviter de nous envoyer des pierres venant de très haut. Tu vois Galice, le Grand Ferrand est peut-être à ta portée. Peut-être car il sont deux et dans les quelques passage difficiles, quand l’animal hésite, c’est un qui pousse et un qui tire.

Au bas de l’arête rocheuse, nous voyons le Petit Ferrand et les silhouettes des deux "BASE jumper" descendant prudemment au plus près de la paroi.
Et puis une petite course d’élan et c’est le plongeon.
"Couillu" quand même !

Après l’arête rocheuse, nous arrivons dans la pente d’éboulis. Nous suivons une bonne sente qui nous amenè trop à gauche et au-dessus de barres rocheuses infranchissables.
Petite remontée, traversée scabreuse et nous nous retrouvons sur l’itinéraire, au-dessus de la première barre rocheuse qui voisine avec une belle arche.

La barre franchie, nous prenons la gravière que nous dévalons en un rien de temps.
Au bas de la pente, je constate que mes genoux n’ont pas trop souffert.

Plutôt que de prendre la sente du vallon, nous prenons celle qui traverse horizontalement dans les éboulis de la Tête de Vallon Pierra.

Petite pause au col de Charnier. Des randonneurs descendent déjà. L’un fait tout en courant, les autres n’ont pas fait le sommet dont les pentes impressionnent et en rebutent plus d’un. Même par la voie normale, le Grand Ferrand "n’est pas donné".
La voie d’ascension est un peu moins esthétique que celle de l’Obiou (qui est l’un des plus beaux itinéraires pour randonneurs de toutes les Alpes) mais elle est plus difficile et plus exposée aux chutes de pierres.

Mes compagnons d’un sommet redescendent en versant ouest sur le lac du Lauzon et moi en versant est par le vallon de Charnier, comme à l’aller.

La balade est agréable avec le retour du Soleil. La petite remontée n’est pas raide, la température est idéale, bien loin de la fournaise d’un mois d’août.

A droite, on peut voir le sommet de Roche Courbe et la couleur du ciel au travers d’une arche naturelle (photo de michel).

Pour mon retour au Grand Ferrand, c’est une réussite totale.

Au parking, je ressens quand même un peu la fatigue de ces sept jours de randonnée. Le temps devant se dégrader un peu le Grand Ferrand marquera la fin de mon séjour dans le Dévoluy.

Dernière modification : 19 septembre 2014